J’ai signé mentalement le 30 octobre 2021 un bail de trois ans renouvelables avec des amis, chacun écrit chaque jour un poème autodaté selon la forme inventée par Benoît Richter ;
D’après son inventeur Benoît Richter, le poème autodaté « se calque sur la date du jour.
C’est un poème de 8 vers, (puisque dans notre espace-temps la date du jour comporte en général 8 chiffres, aujourd’hui, par exemple : 12 02 2022), dont chaque vers est compté en nombre de mots selon la ligne. (Zéro mot verra un saut de ligne).
Suit la version chronologique. Pour lire les derniers en premier, rendez-vous par ici.
Alors :
30 10 2021
éveil des plantes
–
verdeur
–
Végétal rêve
–
songe végétal
immobile
31 10 2021
Rousseur des platanes
Charonne
Dominical
–
Froide douceur
–
Vouloir encore
Vivre
1 11 2021
–
Silencieux
Immobile
Éternel
Christ vert
–
Buisson ardent
Invaincu
2 11 2021
–
Bach résonne,
religieux,
auprès
du vaisselier.
–
Fleurs séchées,
mandarines.
3 11 2021
–
Persiennes, bois blanc ;
brume
urbaine,
focale matinale.
–
Fractale automnale,
Café.
4 11 2021
–
Fin de la pluie.
Paris,
Novembre,
Lierre mouillé.
–
Hôpital Quinze-Vingts,
Tranquillité.
5 11 2021
–
Les tours de la banlieue
bleutées
béton
baie vitrée
–
Cactées succulentes
déracinées
6 11 2021
–
Il était une fois l’attente
novembrale,
organique,
douce amère…
–
Sucs miscibles,
endosmose.
7 11 2021
–
Blafarde émersion, saleté des vitres, euphorbe transie,
Altostratus,
Chauffage,
Café lyophilisé
–
Intestins dominicaux
ruinés.
8 11 2021
–
Sérénade schubertienne au creux de l’immense insomnie.
Intimes
ténèbres.
Silence minéral,
–
Terrarium embué,
Cosmos.
9.11.2021
–
Battements arythmiques du cœur dans la rue Saint-Nicolas
Légère
Angoisse
Moteurs lointains
–
Lumière pâle
Pensées.
10.11.2021
Gésir…
–
Perfide
Réel ;
Sortilèges écartelés.
–
Arbre dépouillé,
vaincu.
11.11.2021
Cris
Jeux
Disputes
Rires
Chien, enfants
–
Ô silence
perdu !
12.11.2021
Brouillard
Du Vexin
Café
Harar
Fillette endormie
–
Maison biscornue
Corbeaux
13.11.2021
Attente.
Ouate musicale, nappes
sonores…
Andante,
mouvement lent.
–
Passagère anxiété
bienfaisante.
14.11.2021
regarde
les eaux très dormantes
et
prie
l’étang
–
l’étang
lugubre
15.11.2021
Feuilles
tourbillonnant dans le vent frais
fauteuil
roulant
Hémiplégie gauche
–
Hémisphère Nord
temporal
16.11.2021
Ittoqqortoormiit.
grande maison, tôle et neige, fjord,
Glace,
Kangertittivaq
Narval délicat
–
Nerlerit Inaat
Voyage.
17.11.2021
Sonde,
épiderme des tuyaux, dissipation statique, formulations variationnelles.
capteur
sensible,
…cortex plié…
–
lignes célestes…
VOR
18.11.2021
Endofoncteur
du hêtre peuplant la hêtraie de la clairière,
monade
végétale
faînes tombés
–
fagus sylvatica
endomorphique
19.11.2021
Nuit
Les pas de l’inconnu dans la ville vide
étranger ?
étrangère ?
Rue sombre
–
Boulevard lointain
Effacement
20.11.2021
Palpitations cardiaques
–
Avenue
Kleber
Frog XVI
–
Edouard Ferlet :
Vendry
21.11.2021
Fourrés remuants,
meute,
Chiens
courants
Saint-Hubert
–
Sonneurs, piqueurs,
Cors !
22.11.2021
Pianiste charmant,
tu mens ?
Yeux
bleus,
mains délicates
–
Technique pure
mélodieuse.
23.11.2021
Tout transformer,
Changer de monde,
Répudiation,
Métamorphose,
Idéaux brûlés.
–
Idées renouvelées,
élévation !
24.11.2021
Pommes fraîches
Pure eau de source
Légère
Fatigue
Amours lasses
–
Sorores : fraternité
irréversible.
25.11.2021
Tu traduis
du tchèque jusqu’en français
impassible
concentré
ce poème
–
Le lierre
écoute
26.11.2021
Champagne obligatoire
Poison inévitable, piège mondain, piège fatal
Ennemi
Tueur
Infect breuvage
–
Pancréas torpillé
Larmes
27.11.2021
Il neige
Ce matin sur la ville de Plombières
Les
Bains
Epicéas, oiseaux
–
Intense prière
Blanche.
28.11.2021
Cette nuit,
Ma main se rétracte, la peur se dilate,
Service
commandé
du Diable
–
Satan sans
pitié.
29.11.2021
Miserere mei
Si je flanche au moment de te rester fidèle
et
abandonne
le courage
–
Miserere mei
Deus
30.12.2021
Soupe d’électrons
–
recette :
Ions fous,
Gaz fragmenté.
–
Aurore boréale
Plasma.
1.12.2021
–
Toi,
libre,
si libre,
si douce,
–
si pure,
inexistante.
2.12.2012
–
Vague sonore,
Tube
électronique ambient,
Ether palpitant,
–
Emporte-moi
Au-delà.
3.12.2021
–
L’asperges me
dans
le vestibule.
Sept heures
–
Laudes, psaumes,
messe.
4.12.2021
–
Morphine à libération prolongée
Skenan
Douleur domptée
Humour noir
–
Assas : camping
sauvage.
5.12.2021
–
Asphyxie lente des psychismes épuisés.
Torsions.
Molécules attendues.
Ciel blanc.
–
Rêve : mort
heureuse.
6.12.2021
–
… occultum lapidem invenies, promesse d’alchimiste
V.I.T.R.I.O.L
Acide gothique
Pierre philosophique
–
Âme philosophale
éblouie
7.12.2021
–
Déjà commence le grand voyage d’hiver
Winterreise
Climat sonore
Temps suspendu
–
Paysages nus
Manteau
8.12.2021
–
La truite se glisse dans l’allegro vivace,
Clarté
Eaux vives,
Danse ichtyomane
–
Arpèges polissons
joyeux.
9.11.2021
–
Hôtel de Massa, salle du comité, camaïeu de bleu
soporifique
Budget, gestion.
Majestueuses fenêtres,
–
Jardin secret
dehors.
10.12.2012
Instance.
–
Insistance.
Te fuis,
Shadenfreude, méchante.
–
Te désire,
Mudita.
11.12.2021
Jeune
viril
militaire
Carrure élégante
Sourire doux
–
Hélice tournoyante
Envol
12.12.2021
Symphonie
pour une
femme
qui cherche
l’accomplissement
–
Temps présent
insomnié
13.12.2021
Barque
Saule pleureur immergé
Vase
Eaux mortes
Carpe méfiante
–
Ploc ploc
Ramer
14.12.2021
Cueille
au creux du jour
gercé
la nudité
des arbres
–
Brouillard bleuté
Dormance
15.12.2021
Pulsation
Moteurs internes, moteurs externes, machinerie
Spectre
Éliane Radigue
Musique drone
–
Alaska mental
excessif
16.12.2021
Dévaler
Troupeaux de nuées, troupeaux de brebis,
Paysage
bleu froid
Nuages métalliques
–
Chlorophylle phospohorescente
addictive.
17.12.2021
Feu
dans la cheminée ouvragée de l’aïeule
Fauteuil
93 ans
Une crapète
–
La vieillesse
ensoleillée
18.12.2021
Buchelier
Les fagots de derrière les fagots, le chien
épagneul,
La fillette
des bois
–
des prairies hivernales
19.12.2021
Boum !
La lampe chinoise tombée sur ma tête m’éveille
Arnica
Bosse caboche
Café brioche
–
Et dodo
encore
20.12.2021
Maison morte
–
Je
te réveille ;
maison vide
–
Je te
repeuple.
21.12.2021
Col roulé
Gants
Bottines
Le sable
L’océan
–
Le port
originel.
22.12.2021
Eliane Radigue
Laurie Spiegel
1970
New York City
Silhouettes musicales
–
Longs cheveux
bouclés
23.12.2021
Des huitres
sur le port
et
ton amour
si proche
–
Les années
passent
24.12.2021
Le boulevard,
La closerie des Lilas.
Loupiac,
Domaine Lavialle.
Viens, enfant…
–
Ante luciferum
genui
25.12.2021
Douce nuit
Serviteur muet chargé de fruits
Tintinnabulement
Pleines ténèbres
Effluves boisées
–
Hautes grilles,
Gui.
26.12.2021
Au Luxembourg
les statues blanches, les arbres nus.
Conciliabules.
Le Sénat,
L’Observatoire.
–
Promenade postprandiale
Éternité.
27.12.2021
Nuit psychédélique
Corps de plante verte, lente émersion lunaire
Pôles
Monacale danse
Transe monocorde
–
Carl Gustav
Jung.
28.12.2021
Destin contrarié
Une vie entière à se porter soi-même
vainement.
La lutte,
le souffle
–
Vents obscurs
perpétuels
29.12.2021
Tours, tours !
Grisaille de Charonne défiguré, du périphérique, du boulevard Davout,
Immigration :
accueil béton,
Familles parquées.
–
Poumons enfantins
abîmés.
30.12.2021
Ta Nissan Xtrail
–
Ô
mon frère
rue Guynemer,
–
Ta voix
chaude.
31.12.2021
Magnus liber organi :
Léonin,
Pérotin,
entrailles bénies
du déchant.
–
Notre-Dame
immortelle.
01.01?2022
–
Enfances
–
Candeur
Joie pure
–
Force vitale
Vents frais
02.01.2022
–
(Confidentiel Défense)
–
Anxiétistan,
Haut-Commissariat.
–
Latcho drom,
omerta nomade !
3.01.2022
Nos lectures roumaines…
–
Evidemment,
tu relis.
–
Deux cafés,
oui, merci.
04.01.2022
Regardez, petits, ces immeubles
–
Humez
cet humus.
–
Pierre taillée,
Béton armé.
05.01.2022
Un rendez-vous dans la ville
–
Pluviôse.
Narcose bleutée,
–
Ivresse profonde
des rencontres.
06.01.2022
Rue de Varenne, pavés des cours.
–
Examen,
léger recul.
–
Retour vers
le passé.
07.01.2022
Sandor Maraï au creux de la nuit
–
Littérature
élégante, passive.
–
Révolte impuissante,
pensée solitaire.
08.01.2022
S’il te plait, rends-moi ma liberté
–
Oh,
ou alors
–
donne-moi
ton cœur.
09.01.2022
La cheminée fume sur le toit d’en face
–
Tuiles
de ville.
–
Toitures sur
ciel gris.
10.01.2022
Henry-Louis
–
–
de
La Grange
–
Passion intense
Gustave Mahler.
11.01.2022
Muscle
Pompeur
–
Coeur,
Fidèle cœur,
–
Contraction, propulsion,
rouge poing.
12.01.2022
Vent
Rue froide
–
Mâtines
Voix rauques
–
Beau Val
de Grâce.
13.01.2022
Suspension
Vos vies parfaites
–
Idéaux
Réseaux sociaux
–
Maisons, bonheur,
neige, soleil.
14.01.2022
Bar
de la Vieille Grille
–
Livres
Quartier latin
–
Poches sous
les yeux.
15.01.2022
Flamands
de l’Œuvre au noir
–
Flamands
en peinture
–
Flandres musicales
Adrian Willaert.
16.01.2022
Ferveur
Vers Thérèse-Bénédicte de la Croix
–
Sainte
Edith Stein
–
« Allons pour
notre peuple ».
17.01.2022
Aube
La silhouette de buis dans la pénombre
–
Café
Pain, miel
–
Mère voûtée,
si serviable
18.01.2022
Viens,
nous marcherons ensemble dans les champs de Liouville ;
–
Ami,
nous descendrons
–
l’escalier
de Cantor.
19.01.2022
Tendre
vers le but, vers cela qui me rendra vivante
–
Etendre
mes bras
–
Je changerai
mon nom.
20.01.2022
Une bruyère
–
–
Entrouverte,
une fenêtre.
–
Des persiennes ;
cour intérieure.
21.01.2022
Haute tension
tendre.
–
Extrasystoles :
Rock ? Jazz ?
–
Tout simplement
très classique.
22.01.2022
Ciryl Gane
Francis N’Gannou
–
Anamnèse
de combat.
–
Ce soir
l’Histoire.
23.01.2022
Dracaena, rappel
qu’ailleurs existe.
–
Papyrus,
Kentia, Dieffenbachia,
–
et puis
le lierre.
25.01.2022
Les cimes
du mont de Joie
–
Blancheur
des neiges
–
Grande chaleur
des corps
25.01.2022
La slack
remue entre les deux tilleuls
–
silhouette
se balance
–
Lac Daumesnil
équilibre mental.
26.01.2022
Visage endormi
auprès du Seigneur de l’Aurore
–
loin
des Envieux
–
Sourate 113
Al Falaq.
27.01.2022
Complot ferroviaire
Derrière une vieille grille du cinquième arrondissement
–
Jérémie,
éternelle jeunesse.
–
Les livres,
le vin.
28.01.2022
La brume
lèche le béton de la ville trop sale.
–
Fermer
les yeux
–
pour ne
pas voir.
29.01.2022
Rue Traversière,
le concerto en mi mineur pour violon de Mendelssohn
–
répand
sa beauté.
–
Depuis quelle
fenêtre mélomane ?
30.01.2022
Petit matin brun
–
–
Absence
du silence.
–
Grouillement bruitiste
des cités.
31.01.2022
Les rideaux pâles
tremblent
–
dans
le vent
–
janvier fuit
tout doucement.
01.02.2022
Février
–
Laurence évoque
Ingmar Bergman
–
Plan rapproché
sur nous.
02.02.2022
–
Jardin privé
–
Maison secrète
en ville
–
Le kangal
m’observe.
03.02.2022
Dans mes espérances,
–
une lumière
vient guérir
–
la lourdeur
des matins.
04.02.2022
–
Assis près du feu
–
tu penses
aux structures
–
de la
langue tchèque.
05.02.2022
–
Trois squelettes en noeud papillon
–
Salon Renaissance,
Whisky fumé,
–
Cigares et
Guerre civile.
06.02.2022
–
Fabriquer des bougies dans la nuit
–
Je doute
de nous.
–
Glacis urbain,
avenir flou.
07.02.2022
–
Survivaliste dans la cave du vingtième arrondissement
–
planqué là,
batterie hightech,
–
réchaud, conserves
de poissons.
08.02.2022
–
Beaux jeunes hommes musclés dans leurs vêtements Norrøna
–
Barbes de
deux jours
–
Aventuriers amarrés
aux salons.
09.02.2022
–
Rais lumineux filtrés tombant penteusement dans le studio serein ;
–
café, immanence.
Jeunesse ressuscitée
–
Au soleil
d’hiver.
10.02.2022
Négociations
–
–
Salon feutré
de Massa
–
Je conserve
le silence
11.02.2022
Samuel
code :
–
Mains frémissantes,
cavalcade clavier.
–
Balises, café,
logiciel commun.
12.02.2022
Au Fort Bastiani,
–
les jours
se consument ;
–
Je guette
ma vie.
13.02.2022
Cousin
en son presbytère,
–
rue Choron.
Glaise, fusains.
–
Enfance mystérieuse,
pays englouti.
14.02.2022
Rue
de Damiette, du Nil,
–
Petite Egypte
(patronyme grec) ;
–
Les petits
Quirvane livrés.
15.02.2022
Ichimoku !
Appartement acousmatique rue d’Aumale
–
Ondes spectrales,
Tristan Murail.
–
Courbes Atom,
Terra Luna.
16.02.2022
Etranges
jours d’Europe dont le mystère
–
est absent.
Etrange larme
–
d’incertitude.
Etrange tourment.
17.02.2022
Réunionite :
regarde les cèdres décoiffés par le vent
–
Fais semblant
d’écouter
–
près des
hautes fenêtres.
18.02.2022
Pénombre,
Slack tendue entre bouleau et chêne, lointains rossignols
_
– Café thermos,
silence mental –
–
L’écriture
du journal.
19.02.20232
Muet,
l’horizon s’en va sur les rails noirs.
–
Une chanson
gitane romani…
–
Maudite tendresse
sans retour.
20.02.2022
Cernes, poches,
–
–
zones lourdes.
Entre, vieillesse !
–
Fais comme
chez toi.
21.02.2022
Camion de
poubelles
–
La rue
s’ensoleille
–
La vie
se renouvelle.
22.02.2022
Mon amour
sans joie,
–
nous irons
sans foi
–
au phare
sans lumière.
23.02.2022
Nuit Armagnac
avec Dame Léonor.
–
Foie humain,
foi divine.
–
Diplomatie de
Henry Kissinger.
24.02.2022
Matin glacé
Parmi les enfants joyeux
–
Chars lointains,
café brûlant
–
(Tolstoï déjà
savait tout).
25.02.2022
Enfants barbares
pigneurs, piailleurs, pilleurs, hâbleurs, hurleurs,
–
vous ressemblez
au fléau
–
mongol, sublime
nuée destructrice.
26.02.2022
Planquée, immobile
entre la colonne et la tenture,
–
ai fui
la marmaille
–
le temps
du café.
27.02.2022
Nostalgie atlantique –
Février fuit dans les ruelles du port ;
–
Tu lis
Saramago encore…
–
J’écoute
ton silence.
28.02.2022
Firmament noir;
Des astres ; le vent coulis ; la Talisman glisse.
–
La petite
nièce dort.
–
L’immensité
des routes.
1.03.2022
–
Moxa
–
Senteur d’armoise
Tapis afghan
–
Horloge comtoise
Samovar russe
2.03.2022
–
Se taire,
–
Unique vraie sagesse
de ceux
–
qui pensent
trop différemment.
03.03.2022
–
Hier les cendres…
–
Et quarante jours,
et quarante nuits.
–
Douce montée
vers Pâques.
04.03.2022
Par delà les nuages,
–
ton lubitel attrapait
des éclats
–
du ciel
éternellement juvénile.
05.03.2022
Lenteur obscure de ma vie,
–
boulets si lourds…
Et parfois,
–
une clarté
m’appelle.
06.03.2022
–
La chaux blanche, le parquet blond.
–
Lampées de ciel ;
flaques miroir.
–
Hortus delicarium,
chants éternels.
07.03.2022
–
Lourmel et Boucicaut, ces zones trop fonctionnelles.
–
Cette Seine grise,
fleuve malade.
–
Cette promenade
bien involontaire.
08.03.2022
–
Vois, la candeur atlantiste darde ses derniers feux.
–
Les nouvelles puissances
le savent :
–
Les pôles se redessinent.
09.03.2022
–
Le bâtonnier d’Amiens raconte cette drôle d’histoire,
–
la grande meute
de chiens,
–
la foule
en suspicion.
10.03.2022
Mars ;
–
–
La ville ensoleillée,
Luxuriantes plantes ;
–
Poèmes de
Jaroslav Seifert.
11.03.2022
Jours
abouliques.
–
Le vide avale
mon existence.
–
J’avale
mon café.
12.03.2022
Villa-Lobos,
cette guitare…
–
Suite populaire brésilienne.
Pisco sour,
–
pour noyer
la peur.
13.03.2022
Humer
l’air frais,
–
hauts bambous bercés,
terre fertile,
–
petits oiseaux
des nuées.
14.03.2022
Paris,
capitale du XXIème siècle :
–
contre le coq
de Charonne,
–
les voisins
pétitionnent. Cocoricons !
15.03.2022
Entrouverte,
la fenêtre aux rideaux frémissants ;
–
recouvertes de poussière,
les étagères,
–
Où dorment
les Benoist-Méchin.
16.03.2022
Fasciapulsologie :
mains lentes le long des tissus ;
–
régénération des balises
du moral.
–
Le corps,
cet inconnu.
17.03.2022
Découverte…
Profond bonheur technique, sérénité matérielle, joie administrative !
–
Corps très léger,
cerveau frais,
–
Voici venir
la liberté.
18.03.2022
Carafe
Le vin rouge chatoie à travers le cristal
–
Pot-au-feu
aux chandelles
–
Crème glacée
d’amande
19.03.2022
Vivre
Dans la partie cachée, celle qui fomente en secret
–
tous les avenirs
du monde.
–
Féconds ferments
du temps.
20.03.2022
Soleil dominical.
–
–
Quelques douceurs viennoises,
fruits frais.
–
La table
du matin.
21.03.2022
Ta peau
étoilée,
–
Ton mystère intact,
doux sourire,
–
Yeux troublés,
voix infime.
22.03.2022
De Skagen,
elle écrit
–
qu’elle songe
au passé.
–
Rubjerg Knude
la retient.
23.03.2022
Le bonheur
s’en revient.
–
Son pas approche,
son contrejour
–
dépose du
suc visuel.
24.03.2022
Peupliers, peupliers !
Ô bord des routes…
–
Sous le soleil,
les prés,
–
les blés,
les toits.
25.03.2022
Ciel nacré
sur la baie d’Olonne.
–
Sables d’or,
goélands fous.
–
Mémoires jaunis
de Metternich.
26.03.2022
Jours raccourcis.
Les pins parasols, le lac salé,
–
et l’écriture
du temps.
–
Café tombé
sur Metternich.
27.03.2022
Chambre rose.
Ton corps endormi dans le lit visité
–
par le soleil.
Cloches dominicales,
–
effluves grillés.
Rouvrir Metternich.
28.03.2022
Youssef Chahine,
traverser la nuit dans ses images et soudain,
–
Gare centrale, ou
gare Montparnasse,
–
revoir enfin
ma jeunesse.
29.03.2022
Vingtième arrondissement.
Le survivaliste entrepose et amoncelle dans la cave voisine ;
–
la fonction exponentielle
devenue folle,
–
les murs
de sardines.
30.03.2022
Laurence et Paul
–
–
Leurs yeux clairs.
Leurs lectures.
–
Leur raideur.
Ma fascination.
31.03.2022
La nuit lancinante
brûle
–
foie et coeur
et soupirs
–
et langes
d’angelots.
01.04.2022
–
Citadelle :
–
bibliothèque d’un père,
cimetière vivant.
–
Voix profonde :
Mouloud Feraoun.
02.04.2022
–
Ezéquiel prophétise :
–
les os retrouvent chair.
Sépulchres entrebâillés…
–
Ainsi souffle l’Esprit.
03.04.2022
–
Mots d’hier
–
Contrejour de l’aurore
La chaise
–
Le rideau
L’enfant
04.04.2022
–
Le shiatsu du matin,
–
les étirements, les pompes,
–
la respiration ;
–
bourgeons éclos,
ombres dansantes.
05.04.2022
Chuchotements en tenue de soirée
–
Smokings et robes longues
Impression mitigée
–
Haute couture
Basses manoeuvres
06.04.2022
–
La blondeur des quatre frères savoyards
–
ouvre en mon âme
un désir
–
des lacs,
des cimes.
07.04.2022
–
Voici le ciel blanc fin du monde,
–
Voici le temps perdu
puis retrouvé,
–
Et voici
l’heure.
08.04.2022
–
Et la pluie doucement berce la rue Saint-Nicolas ;
–
je me rappelle Saumur,
la vigne-vierge,
–
la grille,
les dalmatiens.
09.04.2022
–
Un filet d’air frais, l’appel du vent
–
Poumons emplis de joie
Sourire latent
–
A quoi
penses-tu ?
10.04.2022
Olonne…
–
–
Je vous attends, citoyens,
rue Constantine,
–
huitres vernales,
troussepinette fraîche.
11.04.2022
Sable
innombrable,
–
ruelles étroites tombant sur
l’océan ;
–
aucun amour
ne sauve.
12.04.2022
Golgotha
sanglot sanglant.
–
Le lieu du Crâne
s’approche.
–
Leçons ténébreuses
du Christ.
13.04.2022
Entendre
ce chant malinké
–
Les soleils des indépendances
de Kourouma
–
(la nuit
je lis)
14.04.2022
Tricoter –
pique, passe, traverse, échappe –
–
près de la fenêtre
et siroter
–
le soleil
du matin.
15.04.2022
Ciel
chaud dégoulinant dans la chambre
–
par les baies vitrées
plein Sud,
–
Furtifs baisers
du jour.
16.04.2022
Silence.
Et les mélodieuses jérémiades d’Allegri.
–
Le dernier cierge éteint,
Ténèbres ! Strepitum !
–
Dehors, païennes
artères animées.
17.04.2022
Crainte.
Le hibou et le sanglier des écussons
–
Suggèrent les rouges aurores
des combats.
–
La guerre
s’éveille…
18.04.2022
Silhouettes
palpables, sepulchrum Christi viventis et gloriam vidi resurgentis ;
–
comme un lundi heureux,
lève-toi
–
au soleil
de midi.
19.04.2022
Marche
dans le désert du doute, sans monture, sans eau,
–
avec juste une sourate,
un désir,
–
le courage
en bandoulière.
20.04.2022
Hallux valgus
–
–
Vague à l’âme
Bémol tendre
–
Note bleue
des Contre-jours
21.04.2022
Le hérisson
lape
–
l’eau de rosée
du sureau.
–
Homme, passe
ton chemin.
22.04.2022
Le train
des Sables
–
Le sang des rails
au Ponant
–
La rouille
du temps
23.04.2022
Le chalutier
glisse au loin
–
Nuée de mouettes rieuses
en furie
–
Port distrait
Lune diurne
24.04.2022
Stabat mater
pour deux castrats napolitains
–
et cette armoire ancienne,
ce lutrin…
–
Pluie vendéenne
pour Pergolese.
25.04.2022
Voyage immobile
dans le labyrinthe d’Insomniapolis
–
Les formes de pensée
se noient
–
Nue clarté
des démissions.
26.04.2022
Lueur orange,
pain grillé, confiture de fruits rouges ;
–
Les épais rideaux dissimulent
l’aube ;
–
La pénombre,
l’entre-deux.
27.04.2022
Le soleil
s’immisce par les fentes des volets
–
Sa majesté des mouches
est revenue
–
J’assassine
les insectes.
28.04.2022
Emile Ollivier,
j’entre dans votre journal pour une retraite ;
–
Je vivrai cette année
avec vous,
–
étrange républicain,
démocrate spirituel.
29.04.2022
Il faudrait
larguer les amarres, quitter ce port lascif et laid,
–
il faudrait vivre avant
de mourir.
–
Connaitre enfin
l’existence.
30.04.2022
Dans le lointain
–
–
retentissent les cloches épiscopales.
Tout proche,
–
la grive
sifflote, joyeuse.
01.05.2022
–
Vexin
–
La brume de l’aurore
Les bourgeons
–
Les clous
au mur
02.05.2022
–
sexte, none,
–
les chants monocordes des frères,
–
leur miel,
leur pain.
03.05.2022
–
Le piano inonde
–
la verte vallée d’Obermann ;
ciel matinal,
–
afflux neuf de vitalité.
04.05.2022
Je couds une nappe.
–
La joie crépusculaire s’épand.
En arabe,
–
tu murmures
la talbiya.
5.05.2022
–
Lueurs bleues de l’aube
–
(les derniers dilemmes se déchirent),
yaourts réchauffés.
–
Champs ionisants.
Uranium fissile.
06.05.2022
–
Le loup est revenu en Bretagne,
–
signe du retour aux forêts.
Adieu Urbs.
–
Ton règne
prend fin.
7.05.2022
Deux frères s’aiment d’amour tendre
–
et sous le cerisier printanier
de Chaumontel,
–
leur bonheur
se partage.
08.05.2022
–
La douceur de l’herbe dans la roseraie
–
et les chants des oiseaux
à Provins
–
en contrebas
des remparts.
9.05.2022
–
Comme un souffle, comme un rêve à l’aurore,
–
glisse ce corps d’ adolescente
presque cinquantenaire
–
Atemporelle silhouette,
mystère laurencien.
10.05.2022
Imiter
–
–
de saint Charles de Foucauld
l’abandon.
–
Evoquer Saumur
à mi-voix.
11.05.2022
Moi,
impie,
–
je crois au refroidissement climatique,
en Dieu,
–
et aux
opérades algébriques.
12.05.2022
Esprit,
souffle, glaise,
–
vere tu es Deus absconditus.
Ces voix…
–
Ce plain-chant
innervé, endophasique.
13.05.2022
Secrets
du registre noir
–
et des sacrements sous condition.
Ce soir,
–
Tu fais
mon initiation.
14.05.2022
Dormir
avec Halil Hamid Pacha.
–
Manger et rêver avec Halil
Hamid Pacha
–
à Saint-Germain
des Près.
15.05.2022
Chez
les sœurs de la Visitation,
–
le temps, suspendu au silence,
s’écoule
–
une goutte
par siècle.
16.05.2022
Torpeur
face à la crise de rage.
–
Puissance monstrueuse de la haine
de soi.
–
Frustration expressionniste,
normes fracassées.
17.05.2022
Prends
deux trois gouttes d’hydrolat de romarin ;
–
assieds-toi sous la fougère
– tracheophyta, ophioglossophyte –
–
écoutons encore
Dimitrie Cantemir.
18. 05. 2022
Danse,
pendant que le vieil Erard chevrote ses notes.
–
Chorégraphie sur la troisième consolation.
Fenêtre entrouverte…
–
Dehors, remue
le tremble.
19.05.2022
Ratatouille,
je te cuisine lentement, à trois fourneaux, fenêtre ouverte
–
tandis que le matin passe
très tranquillement.
–
Légumes, épices,
bahut Louis XIII.
20.05.2022
Il pleut ;
–
–
ton secret est une tombe.
Regarde, enfant,
–
ce chien
qui attend.
21.05.2022
Guérissez, chérobophes,
avant
–
que ne tombe le ciel
de Teutatès
–
sur nos
têtes hirsutes.
22.05.2022
Subtile prestance
des ombres.
–
Tactile présence des morts absents.
Tu sais,
–
plus faciles
à aimer.
23.05.2022
Le café
La pluie drue
–
Le pin ciré des chaises
et toi
–
qui joue
Francisco Tarrega.
24.05.2022
Le café
les lampées de soleil
–
Le chêne ciré du parquet
et toi
–
qui joue
Fernando Sor.
25.05.2022
Rue Cassini,
dans la fraîcheur du matin,
–
je cours derrière la trottinette
de Natacha
–
au milieu
des pollens.
26.05.2022
Votre coeur
s’en est allé si loin
–
que je ne sais plus
très bien
–
s’il
existe encore.
27.05.2022
Coquelicots, œillets,
houlques laineuses sur la prairie du château.
–
Les lapins, le tuffeau angevin.
A table !
–
Fer forgé,
vieux cognacs.
28.05.2022
« … nous c’
est une illusion d’amour, un éclat de
–
rire en plein cœur, une
histoire de
–
rien du
tout, nous… »
29.05.2022
Larmes chaudes
sur les joues d’une amie près du clavecin
–
Ô l’amour ce piège,
cette illusion
–
Ce mirage
du désert.
30.05.2022
Nostalghia de Tarkovski
–
–
La beauté sauve le monde,
Ô prince !
–
Lev Mychkine,
soyez éternel.
31.05.2022
Epuisement des corps
sado-masochistes,
–
perles de sueur, de peur,
peaux sauvages.
–
Matin calme ;
Soleil, café.
01.06.2022
–
Ensemble
–
fêtons l’éveil des âmes psychédéliques
et savourons
–
la nuit :
crapaud, tisane.
02.06.2022
–
Nuit blanche
–
La longue nuit des familles désunies
Brûlures, déchirures
–
Nuit noire
du coeur.
03.06.2022
–
Face aux toits
–
de la ville lumière toute grise
Léonor fume
–
une cigarette
de tendresse.
04.06.2022
–
Saint Ephrem le Syrien
–
Vous veillerez avec nous ce soir
quand descendra
–
sur nous
l’esprit.
05.06.2022
–
Tout meurt dans l’orgue.
–
Tout renaît sous la voûte sulpicienne.
La chair,
–
l’amour,
la foi.
06.06.2022
–
Sous les troubles tropiques, peaux déchirées.
–
Chaines, cuir et dentelles : cousu main
pour soulever
–
un cœur
de pierre.
07.06.2022
De l’autre côté de la frontière,
–
nos corps régénérés oublient la pression
des interdits
–
politiques du
pays muselé.
08.06.2022
Sur mon stand, mes petits livres tous frais !
–
Comme une maraîchère littéraire, place Saint-Sulpice,
mes étals,
–
Poings sur
les hanches.
09.06.2022
–
Assise à côté de l’inventeur du Poème autodaté,
–
Bel homme, beaux yeux, belles histoires,
cigarette électronique –
–
et toute cette attente.
10.06.2022
Ether…
–
–
L’intérieur des livres, leur peau.
Chasse gardée.
–
Le fusil
du lecteur.
11.06.2022
Tatouages
partout
–
dessins, poèmes, blasons sur les cuirs
des humains
–
au soleil
du marché.
12.06.2022
Jour
de torpeur
–
Les étals du marché se vident,
badauds amorphes…
–
Les battements
du coeur.
13.06.2022
Ô
passacaille de Haendel,
–
tu sautilles sous les doigts dextres
du garçon,
–
Europe savante,
sourire polonais.
14.06.2022
Là
où finit ton corps,
–
s’ouvre le poème, aux interstices
de silence ;
–
Grâces à
Fouad El-Etr.
15.06.2022
Nuit :
Pouvoir politique et classes sociales.
–
Je retrouve étrangement ce livre de
Nicos Poulantzas.
–
La bibliothèque
du père ?
16.06.2022
Songe
au son du violon d’Ingres
–
dans la fraîcheur des grandes nuits
de juin,
–
sans étoiles
ni souci.
17.06.2022
Je
peux faire de la voile sans vent
–
et je peux t’étreindre encore
une fois,
–
sans larmes
d’adieu.
18.06.2022
Lointains…
Y vivre d’amour et d’eau fraîche –
–
sur les hauteurs calmes d’Inmenström –
avec Oberman,
–
mon amant,
mon frère.
19.06.2022
13
boulevard du Montparnasse, perchée sur ces hauts talons verts,
–
je foule à nouveau les herbes
d’enfance,
–
caresse les
lilas nocturnes.
20.06.2022
Légère ivresse
–
–
d’une blanche chemise repassée, tendresse
étrange, et
–
si je
t’aimais ?
21.06.2022
L’eau
vive
–
a rafraîchi l’heure de midi.
Jambes nues,
–
temps suspendu
de quiétude.
22.06.2022
Enfant roulée
en boule
–
autour de ses rêves sans souci.
Je regarde
–
sa nuit
s’évider.
23.06.2022
Boulevard Haussmann,
Les beaux garçons,
–
costumes noirs, regards bleus, sourires conformes ;
j’effleure,
–
frémissante, vos
vies corporate.
24.06.2022
Diane danse,
Aram sert le champagne,
–
le jazzband sort les vieux standards
et Massa
–
s’allume
la nuit.
25.06.2022
Anouar Benmalek
résonne au temps des insomnies
–
pour ceux qui savent aimer debout
quand Arès
–
revient hanter
nos villes.
26.06.2022
Boulevard Arago,
la prison, le couvent, les marronniers ;
–
les allées où mon coeur chante
à contretemps ;
–
le tango
du soleil.
27.06.2022
Force pure
d’un frère, voix grave, muscles saillants ;
–
pomme d’Adam, plaisir d’Eve.
Enfants innés,
–
Comme vous seriez beaux !
28.06.2022
Réunionite, palabres,
vingt administrateurs sous le bel arbre à perruques.
–
Un ordre du jour, un désordre,
une romance
–
administrative et
délicieusement décatie.
29.06.2022
La carafe
aux armes du sanglier écoule son pommeau de 1933.
–
Le temps s’arrête à Senlis,
chère madame,
–
et sur vos paupières.
30.06.2022
Rails de Loire.
–
–
Caténaires de nos vies sans merci,
nuages bleus,
–
Ifs et
éperviers vifs.
01.07.2022
–
Cavac
–
sur le port de pêche et ratatouille
en cuisine,
–
fatigue profonde,
bonheurs simples.
02.07.2022
–
pull marin
–
au fond des yeux de la fille.
Chlore piscinal ;
–
poissons jaunes,
piscos sour.
03.07.2022
–
huitres pleine mer,
–
Gewurztraminer, hymne des chérubins sur le tourne-disque,
la langueur
–
du dimanche.
L’espérance.
04.07.2022
–
Sous les chênes-lièges,
–
le camp des gitans ; leurs guitares magiques.
Mais, seule,
–
je quitte
les lieux.
05.07.2022
–
Les cousins virevoltent, tournent, pavanent,
–
sous les charmilles, auprès des vieux vélos.
Quelques chevaux,
–
le Saint-Hubert,
madame Champmartin.
06.07.2022
–
Le Grand Maître sous l’Oeil.
–
Les Frères : leurs cannes, épées, foulards maçons :
procession fascinante.
–
Christian Roblin
parle longtemps.
07.07.2022
–
Les remix du bon Vivaldi s’enchaînent,
–
Vivaldi remixé me déchaîne, hiver électro dansant,
dansant endiablé
–
l’été
impulsif, immanent.
08.07.2022
–
c’est un palais florentin en pays agenais
–
et les dames au violon, au clavecin,
le champagne,
–
l’écureuil,
la joie.
09.07.2022
–
Angélique à la harpe sous les corps de Félix
–
et la ressouvenance de cette femme rousse.
Tante Astrid,
–
soeur Marie-Madeleine
en religion.
10.07.2022
Garonne.
–
–
Sous le soleil du temple des madrigaux,
une femme
–
en plâtre
nous contemple.
11.07.2022
Lendemains
fatigués
–
emplis encore des longues heures de chant ;
bella ciao,
–
le monde
est ressuscité.
12.07.2022
Pistolets
à eau
–
Enfants trempés rieurs comme des chiots foufous
Corps miniatures
–
Tétines, glaces,
jus délicieux.
13.07.2022
Voix
de Joan Baez :
–
Diamonds and rust, la rouille du temps
et les
–
diamants de
l’amour.
14.07.2022
Fentes
à travers les volets
–
la lumière coule du lit au sol
et Brahms
–
avale toute
la passion.
15.07.2022
Ici,
la chaleur n’étouffe pas.
–
Entrez dans la maison de la mémoire.
Venez, voyez
–
les chandeliers
du désir.
16.07.2022
Jambe
de Laurence sur les toits calmes
–
Charonne village l’été, dixième été, baies
vitrées poisseuses,
–
fine voix
d’éther.
17.07.2022
Lacération
Tailler dans les veines du corps mystique passé
–
Aimer tellement souffrir et ressentir la joie
de vivre
–
cette douleur
en entier.
18.07.2022
Krismenn
rappeur entre cieux gris et pluie d’été
–
La tiédeur de nos vies sans intersignes
Le bruit
–
Cette musique
cette route
19.07.2022
Minuit
Les gouttes fraîches sur nos visages au Delaville Café
–
Frictions politiques, amour, rires du souvenir, sensualité,
six vies,
–
six voyages,
six destins.
20.07.2022
Lendemains rêveurs
–
–
aux arômes d’olives et de mathématique.
Poèmes charnels,
–
confits spirituels
d’aubergines.
21.07.2022
Pêches cuites,
Armagac.
–
Seins nus dans la fontaine de bronze,
tu fredonnes
–
un nocturne
de Chopin.
22.07.2022
Les ombres
m’encerclent
–
et nous dansons la ronde en riant,
en sautant
–
Par dessus
le temps.
23.07.2022
Amer pétrichor
Jardin de nuit
–
Comme un ouragan de Stéphanie de Monaco
nous dansons
–
nues, riant
aux éclats.
24.07.2022
Cahin-Caha
le train des Sables
–
vogue sur la mer rouille de rails
et décoiffe
–
les blondeurs
et rousseurs fauves.
25.07.2022
Deux foncteurs
sur le treillis des ouverts
–
se muent en faisceaux étales de topos.
Indécidabilité dissoute –
–
qui résoudra
l’énigme ?
26.07.2022
La Loire
aussi a ses fluxions mathématiques fluides
–
qui chevauchent les siècles, se jettent dans
l’océan
–
et défient
les axiomes.
27.07.2022
Rugissements sauvages
des enfants reclus dans la chambre rose
–
rires de fous furieux, yeux de drogués,
cris hallucinés.
–
Tout près,
grand’mère dort.
28.07.2022
La famille,
cette catastrophe sans cesse recommencée, cette came tueuse,
–
ce venin amoureux qui nous tient malheureux
et soumis,
–
étrangers à
toute liberté.
29.07.2022
Nox terribilis.
Petite Lily-Swann habitée d’agitations, souvenirs obscurs de maltraitance.
–
Je connais son passé, caresse ses cheveux
et récite
–
un rosaire
de guérison.
30.07.2022
Lève-toi, observe
–
–
la table de nuit et le bidet,
le crucifix,
–
le paravent,
le flacon.
31.07.2022
Désir, plaisir, surprise,
extase.
–
Buvons encore une dernière fois, jeune inconnu,
et oublions
–
cette parenthèse
presque scoute.
01.08.2022
–
Vieille
–
et l’esprit plus large que vingt jeunesses
95 ans
–
le fief
la poussière
02.08.2022
–
Chez elle,
–
le couloir de ma chambre abrite des chauves-souris :
amies bizarres
–
aux portes
du grenier.
03.08.2022
–
Chez l’aieule.
–
Tous les retours du monde ont leur matin,
leurs grenouilles,
–
leurs corneilles,
leur poison.
04.08.2022
–
Assise sur le saule
–
pleureur, la longue marche à travers la théorie
de Galois
–
souffle sur
ma sève.
05.08.2022
–
La vase des étangs solognots,
–
les cerfs, les bécasses, les tanches, les marcassins,
les soleils
–
à travers
les futaies.
06.08.2022
–
Sur la rivière de la nuit
–
glissent les petites barques sombres de l’angoisse.
Etoile mélatonine,
–
conduis-nous
au répit.
07.08.2022
–
Axe majeur de Cergy-Pontoise, descendre, monter, souffler.
–
Fermentation de nos colons, nous devenons barils agricoles.
Puissance ventrale !
–
Maubuisson : panier
de légumes.
08.08.2022
–
Le lierre frémit dans la courette aux poubelles
–
au tout petit vent du matin d’août,
je doute
–
encore mais
j’avance.
09.08.2022
–
Nedjma et Nadja, filles littéraires de Kateb et Breton,
–
le long créneau de la Saab du voisin,
le temps
–
enrayé, le
tempo rayé.
10.08.2022
Hébétudes.
–
–
Parallèles dévorants pour une ville existentielle, longitude du silence ;
tendres coordonnées
–
des jours
sans fin…
11.08.2022
Fais
attention ;
–
la ville dont le prince est un enfant
a perdu
–
ses eaux
et flambe.
12.08.2022
Moi
je poignarderai
–
les trop fortes chaleurs et leur sang giclera.
Je jouirai
–
aux émulsions
de froid.
13.08.2022
Addiction
aux douches froides,
–
plaisir accru du giclement froid sur ma peau,
je succombe
–
plusieurs fois
par jour.
14.08.2022
Clic-clic
Ouvrir les réseaux sociaux
–
Voir défiler les océans, les enfants, les amours,
les maisons,
–
les réussites,
bonheur pornographique.
15.08.2022
Mets
robes de bal et bottes,
–
descends vers le marécage, la barque t’attend,
tu rameras
–
et le
fleuve jaillira.
16.08.2022
Nuages,
la charpente, les pierres, les graviers,
–
esquisse topologique d’un corps de ferme normand,
les pommes,
–
la trompette,
les vins.
17.08.2022
Pleuvent
les regrets de monsieur de Sainte-Colombe
–
sur la cour close de la ferme isolée,
gouttes musicales
–
qui ne
mouillent pas.
18.08.2022
Rosée.
Cruel Maine-Coon, ton loir mort empèse l’aurore.
–
Le clafoutis à la rhubarbe sur la table
refroidit et
–
les fougères
arborescentes boivent.
19.08.2022
Vincent,
Doigts d’or, à l’orgue de la Madeleine,
–
borde savamment les draperies du Super Flumina Babylonis,
fleuve lourd
–
d’Egypte,
à Paris.
20.08.2022
Pourquoi donc
–
–
fuis-je toujours la lumière qui s’approche ?
Est-ce
–
par peur,
par choix ?
21.08.2022
Prends
ma main.
–
Glissons le long du quatuor pour la fin
des temps.
–
Messiaen messianique
à contre-jour.
22.08.2022
Nous avons
réellement besoin
–
d’îlots de confiance, d’océans d’exploration,
de tendresse,
–
d’art,
de chiens.
23.08.2022
Ciels de
Neuilly sur Seine,
–
petit peuple international d’enfants joyeux et malades
qui jouent
–
aux étages
des petscans.
24.08.2022
Songe matinal
au café du Harar,
–
Considérations sur les opportunités des jours à venir,
lovée dans
–
la chaconne
de Bach.
25.08.2022
Basses oeuvres
d’une mercenaire du verbe.
–
J’écris sur commande pour de l’argent
en rêvant
–
d’une délivrance profonde.
26.08.2022
Voix grégoriennes
dans la nef de l’église
–
Repos divin entre deux plages d’engrais littéraire
et commercial
–
Heureuses entrailles
beata viscera
27.08.2022
Avec patience,
et en la présence sonore d’Ockeghem,
–
faire des ménages littéraires pour renflouer les caisses
et tenir
–
l’an
qui vient.
28.08.2022
Adulte encroûtée,
exténuée par les présence harcelante des petits enfants,
–
je m’enfuis dans les recoins d’ombre
pour respirer
–
mon café
de solitude.
29.08.2022
Frais matin,
deux garçons blonds et moi dans une porsche noire,
–
vers la chapelle du temps de Brem, encore
close, encore
–
vierge de
supplications humaines.
30.08.2022
Ciel de nacre.
–
–
Les fils électriques sur les foins ; les semis
d’avenir
–
et mon
muscle cardiaque.
31.08.2022
Engrangé tant de
lumière –
–
« Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire » –
et allumé
–
tant de
cierges là-bas…
01.09.2022
–
Septembre…
–
Souvenirs d’une scolarité brutale, terne, destructrice, méprisante, hermétique,
éliminer psychiquement
–
tous ceux
qui dénotent.
02.09.2022
–
Je cherche
–
l’affectataire qui me guidera vers le poste songeur,
celui où
–
je servirai
le Rêve.
03.09.2022
–
Terres grasses, arbres,
–
la Beauce dans le brouillard auroral et Charles Péguy
en mémoire.
–
Gallia vulnerata,
Europa invicta.
04.09.2022
–
Les cris des mouettes.
–
Nous nous sommes baignées dans l’Atlantique, de nuit.
Halo lunaire.
–
Au lit,
Paul Thureau-Dangin.
05.09.2022
–
Dans la grande armoire normande,
–
j’ai attrapé la liquette brodée de tante Marthe
(1894-1976).
–
Je flotte
en dentelles.
06.09.2022
–
La troisième sonate d’Ysaÿe glisse
–
dans l’appartement de septembre partagé entre lumière et
secrètes ténèbres.
–
Douce tristesse
des instants.
07.09.2022
–
Comme il pleut sur la ville atlantique
–
et comme l’espérance est violente, l’angoisse piquante,
l’attente
–
éternelle, douce,
incertaine, palpitante.
08.09.2022
–
Lorsqu’il pleut sur la ville, en septembre,
–
il faut, entre deux labeurs, relire Antigone de Sophocle,
féroce miroir
–
de nos
conflits insolubles.
09.09.2022
–
Les hommes d’action et de combat, Ernst Jünger,
–
Les femmes fortes qui tiennent le foyer, feu éternel,
définitivement morts
–
ou prêts
à renaître ?
10.09.2022
Solitude.
–
–
Soliloques blancs, comme des ondes sur l’étendue lisse
du temps.
–
L’esprit
au repos.
11.09.2022
Moucherons
minuscules
–
dansent au creux du rayon de soleil, filet fumant
du café,
–
liturgie des
heures douces.
12.09.2022
Oublier
les détails,
–
oublier les soucis quotidiens, se noyer dans la voix
grave de
–
Latinovitz Zoltàn,
en cachette.
13.09.2022
Marteau-piqueur
perçant les rues,
–
omelette aux fines herbes et travail aux petits oignons.
Décor sempiternel
–
des travaux
et jours.
14.09.2022
Paris.
Riche Richelieu, palmiers, façades
–
Labyrinthe de livres précieux, somptueuses collections royales, délicatesse, raffinement,
deux femmes :
–
Marie vendéenne,
Isabelle algérienne.
15.09.2022
Déjeuner
au rez-de-chaussée, notre condition bien-aimée,
–
à ras de cour, face aux troncs, aux faux-pas
des visiteurs
–
de l’
immeuble parisien.
16.09.2022
Cloches
de Saint-Jean Bosco dans le lointain ;
–
tendre tiédeur du petit déjeuner au creux du lit.
Conversation laurencienne –
–
toitures infinies –
nimbostratus – café…
17.09.2022
Oyez !
Mesdames, messieurs, voici l’hôtel de Massa,
–
son histoire amusante, ses meubles, son jardin, ses missions,
son âme,
–
sa fatigue,
son avenir.
18.09.2022
Silence.
Sous l’Ondée de Cécile, le travail calme,
–
lent, fécond, ressemble à l’orage muet, au feu
sans craquement,
–
aux pluies
sans eaux.
19.09.2022
Pourquoi
les plus grandes joies émergent-elles du minuscule studio ?
–
La reviviscence des exaltations estudiantines, peut-être, ou l’exultation
de transmuter
–
la matière
en prière ?
20.09.2022
Murs ocres
–
–
Tracer les lignes du projet sur le temps long.
Etat profond.
–
Hora lungà
de Ligeti.
21.09.2022
Tout demeure
immobile
–
dans l’amour vespéral des histoires, dans les rires
des enfants
–
et des
grandes personnes.
22.09.2022
Le goût
du travail,
–
matériel et immatériel, ses odeurs, ses ambiances, ses fichiers
informatiques classés,
–
ses banals
temps morts.
23.09.2022
Salle bleue
du comité : réunion…
–
La belle Léonor enroulée dans son châle s’ennuie
peut-être autant
–
que moi,
peut-être pas.
24.09.2022
Rue Daguerre,
les enfants se redécouvrent
–
et le ciel se couvre. L’Armagnac s’apprivoise,
profond, chaleureux ;
–
dehors, passent
les passants.
25.09.2022
Village dominical
de Charonne. Bleu ciel horizontal,
–
qu’apportes-tu aux bêtes avides que nous sommes ?
J’attends
–
ta sonate
d’automne.
26.09.2022
Fuir loin
des grandes hontes de la veille.
–
Sur la scène du théâtre de la distinction sociale,
je saccage
–
mon rôle
très flou.
27.09.2022
Train absurde
du sommeil immobilisé sur la voie insomniaque…
–
… dans ce combat, dans cette guerre qu’on ne
commence jamais.
–
Une tisane
pour rustine.
28.09.2022
Nous, cyborgs,
nourris en enfance de grands romans d’aventure,
–
noyons nos yeux au fond de l’étang triste
des écrans.
–
Cristaux liquides,
eaux mortes.
29.09.2022
Zestes de
cucumber Martini entre les neurones, éoliennes par la vitre,
–
Attila Jozsef sur les genoux, café sur la tablette,
un sourire
–
sur mes lèvres gercées.
30.09.2022
Le soir tombe.
–
–
Enveloppée dans une couverture, j’entre dans le requiem
de Fejtö.
–
Autriche-Hongrie,
belle éternelle.
01.10.2022
–
Corpuscules,
ondes.
–
L’amour
–
comme volonté
et représentation.
02.10.2022
–
Octobre, pluie
monotone.
–
Ta voix
–
à nulle
autre pareille.
03.10.2022
Ton âge tendre
éclôt.
–
Mon ange,
–
mon âge
mûr fond.
04.10.2022
–
Le frère, voix chaude,
sympathie,
–
regard brun,
–
charnel malgré
la pudeur.
05.10.2022
–
Sienne et Matera en mémoire,
Gesualdo,
–
café tendre,
–
matin long,
automne lent.
06.10.2022
–
Pour ce garçon de vingt ans,
enfui
–
une nuit.
–
Météore inconnu.
Prénom : Sacha.
07.10.2022
–
Au jour hypothétique de mes 80 ans,
que
–
veux-je
–
regarder dans
le miroir ?
08.10.2022
–
Je t’aime en ce matin doux, musique
tonale,
–
lorsque, mutine,
–
tu quittes
les autoroutes.
09.10.2022
–
Ocre du mur, Hora lunga par Tamestit, air frais.
Epure ;
–
ville spectrale.
–
Messe dominicale,
fruits frais.
10.10.2022
Peurs,
–
craintes.
–
Lumière orange.
–
Ennui diurne,
mélancolie nocturne.
11.10.2022
Buxtehude,
Saint-Nicolas,
instances…
–
Ma honte
–
de toujours
trop parler.
12.10.2022
Radio,
rap polonais.
Pluie
–
de lumière.
–
La Talisman
file droit.
13.10.2022
Tambourinage
de la pluie,
chambre
–
claire ; immobiles,
–
deux femmes
se taisent.
14.10.2022
Vivante
encore, sortie de clinique.
Marcher,
–
deviser, rire :
–
la mort
dort encore.
15.10.2022
Oblique
lumière d’automne sur mon
éveil,
–
oblique sourire
–
au fruit
du jour.
16.10.2022
Solitude
belle comme le soleil qui caresse,
demeure
–
en moi !
–
Microscopie en
champ sombre.
17.10.2022
Ocre,
se noyer dans les nuances d’ocre,
puisque
–
pour nous,
–
parler vrai
est interdit.
18.10.2022
Octobre,
ivre de vin perdu, ivre de mots jetés,
octobre,
–
verres bus,
–
baisers donnés,
baisers volés.
19.10.2022
Sillage
de ces familles hongroises de Compiègne, littéraires, financières, musicales,
dynamiques,
–
double élégance,
–
double culture,
double fierté.
20.10.2022
Utopistes engagés,
–
collectivistes.
–
Planète, tolérance,
–
nouvelle religion
du bien.
21.10.2022
Boulevard Saint-Germain,
Sofia :
répartition,
–
licences commerciales,
–
copie privée,
café crème.
22.10.2022
Provence (rue
de), amitié,
conversations,
–
Police nationale,
–
tapenade sur
les rails.
23.10.2022
Si conventionnelle,
si sérieuse jeunesse,
blafarde,
–
jusque dans
–
ses fêtes
sans pitié.
24.10.2022
Se lever
pour écouter un hymne
national
–
qui ressemble
–
au sanglot
du Danube.
25.10.2022
Reste ici.
N’allume pas la lampe.
Ecoute…
–
Au loin,
–
le murmure
des rues.
26.10.2022
Un banc.
Compote, pain au lait et chocolat.
Corneilles.
–
Feuilles mortes.
–
La tante,
la nièce.
27.10.2022
École buissonnière.
Nous essayons les scooters de la ville,
tranquilles,
–
errantes, manantes,
–
sous les
feuilles tourbillonnantes.
28.10.2022
Je marche.
Au téléphone, les sanglots étouffés d’une sœur.
Tombe-Issoire.
–
Qui dira
–
le désespoir
du quotidien ?
29.10.2022
Dersou Ouzala !
Dans le noir de la cinémathèque, huit cents yeux
contemplent
–
la taïga,
–
le feu,
les hommes.
30.10.2022
Tes désirs francs
–
ravivent
–
les sens
–
d’un
corps affaissé.
31.10.2022
La marmaille hurle
abondamment.
Navrance.
–
Cernes violets.
–
Matin déchiré
d’automne.
01.11.2022
–
Pique,
passe,
traverse,
Échappe ! Tricoter
–
une fuite
sur place.
02.11.2022
–
Souffle vent.
Gronde
bébé.
Ici, tempête.
–
Les hauts
de Hurlemarmaille.
03.11.2022
–
Bleu d’Atlantique.
Etendue
plane.
Aurore suspendue.
–
Un zeste
de nacre.
04.11.2022
La nuit, la toux
se
mêle
au vent.
–
Deux bronchiolites
se mélangent.
05.11.2022
–
Tigre tapi dans l’âme
Ô colère
toujours tue
–
Pénombre mentale
sur Atlantique
06.11.2022
–
Fine pluie sur le Père Lachaise
Là-bas
Au-delà des toits.
–
Et Laurence
qui dort.
07.11.2022
–
La main tremblante de Parkinson, la théière –
thé,
brioche -,
une cousinade…
–
Souvenirs de
Menthon Saint-Bernard.
08.11.2022
–
Je rêve d’échafauds en fumant mon houka.
Miroir :
ennui.
Jours : ennui.
–
Occupations : ennui.
Ennui profond.
09.11.2022
–
Au pays des lumières, de Gérard Mourou et des gabegies,
les
platanes
me toisent
–
en perdant
leur feuillage.
10.11.2022
Clarté :
–
empyrée
enfuie,
matin perdu ;
–
poussière blanche
du fleuve…
11.11.2022
Plantes
vertes,
succulentes
cactées,
évasion sauvage
–
au milieu
des immeubles.
12.11.2022
Lavialle,
Millésime 1978,
or liquoreux.
Lustre baccarat ;
–
la nuit
s’enivre.
13.11.2022
Varenne,
vastes bureaux vides,
café
froid ;
confidences dominicales,
–
saga des
espérances déçues.
14.11.2022
Seule
danser comme une furie,
gorge déployée,
hanches renversées,
–
vie folle
à délier.
15.11.2022
Trinité.
Un ami sous la pluie.
Déjeuner
parisien.
La montée
–
des idéologies
de demain.
16.11.2022
Mercredi,
temps frais sur la ville pâle,
feuilles
mortes,
et toi
–
qui traduis
du thèque.
17.11.2022
Retour
à Saint-Etienne sous Bailleul, la ferme carrée
froide,
boueuse ;
avoir faim
–
et revoir
les étoiles.
18.11.2022
Aube
le feu crépite encore dans la cuisine froide,
–
châtaignes,
pommes,
chat sauvage.
–
Faisons cuire
le pain.
19.11.2022
Fumerons
dans la chambre, chaleur irradiée, quelques paroles, hululement dehors.
Lentement,
lentement,
très lentement,
–
je surmonte
la vexation.
20.11.2022
Beau samouraï,
–
viens
dans
mon rêve…
–
Combattant perdant
avec panache.
21.11.2022
Rivers of
light
de
Esenvalds,
inondez-moi
–
pour que
je pleure.
22.11.2022
Pâte brisée,
crème, poireaux,
œufs,
échalotes,
ce soir,
–
avec Talleyrand
de Waresquiel.
23.11.2022
Méchante inspiration !
Tu t’enfuis.
Écrire
alors
devient bête.
–
Mais scribo
ergo sum.
24.11.2022
Me languir
en rêvant, adolescente encore
éternellement
transie
de rêve,
–
rêverie éternelle
des lendemains.
25.11.2022
Eux sages,
moi noyée dans le Fixin.
Étrange
Laurence !
Mystérieux Hector…
–
Fabuleux Porte-Christ
chez Elle.
26.11.2022
Temps immobilisé.
Le pavillon, 13 boulevard du Montparnasse.
Passé
vivace,
visages vieillis ;
–
visages surgis,
intime histoire.
27.11.2022
Passive, oisive,
envieuse de ceux qui se lèvent tôt
spontanés,
énergiques,
je voudrais
–
en moi
un moteur.
28.11.2022
Vos yeux,
bars, merlans, soles, pagres, dorades, ombrines, seiches, limandes,
morts,
globuleux,
vos corps
–
froids, translucides,
vos écailles.
29.11.2022
Sables novembraux.
Le mystère des armoires, la beauté de l’Atlantique.
Et
puis
l’âme
–
des chorals
de Bach.
30.12.2022
Pigeons, cailles, colverts,
–
perdreaux,
faisans,
lièvres, biches,
–
sanglante tristesse,
têtes séchées.
01.12.2022
–
Volontairement
casser
la voix
pour oublier
–
les éveils
sans joie.
02.12.2022
–
Le visage
laurencien,
feintes nacrées,
sa dissolution
–
en mer
de Timidité.
03.12.2022
–
Le vingtième arrondissement,
son
pain naturel,
son tutoiement,
–
ses Vignoles,
sa Réunion.
04.12.2022
Ballade de la dépendance
sexuelle.
Ô berceau
des dominations.
–
Main gauche
des nuits.
05.12.2022
–
Les litanies de l’humilité
égrennent
leurs fruits.
Soyez béni,
–
Cardinal Merry
del Val.
06.12.2022
Le chat miaule sur le toit
rue
Saint-Nicolas.
Téméraire félin,
–
que faire
pour toi ?
07.12.2022
–
L’habituation hédoniste nous blase,
le vent
souffle
aux fenêtres
et les
–
idéologies millénaristes
se réveillent.
08.12.2022
–
Sur le pont Maria Valeria, les amants hongro-slovaques
langoureusement
s’étreignent.
Ils recousent
–
les nuits
d’Europe.
09.12.2022
–
La fougère excroissante dans la chambre surchauffée se meut
et
m’enserre,
liane violente.
Peur, panique,
–
le végétal
se venge.
10.12.2022
Gorge
–
vin
de bouche,
liqueur sombre
–
chaudes amours
de décembre.
11.12.2022
Homélie
du
père
Kévin Anastase,
lumière jaillissante
–
à Notre-Dame
de Lorette.
12.12.2022
Miroir,
regarde-moi
et
donne-moi
le courage
–
d’être
moi-même.
13.12.2022
Glacée
l’eau jaillit,
fuse
la joie
du corps
–
tendu vers
l’impulsion.
14.12.2022
Canards
glissant sur l’onde
brune.
Eaux mortes,
arbres nus.
–
La barque
s’endort.
15.12.2022
Moxas.
La maison de la mère,
minuscule,
embaume, exhale
l’armoise.
–
Kodaly Zoltan
(Veni Emmanuel)
16.12.2022
Exaltation !
L’elevaverunt de Mondonville, fleuve vocal,
Drogue
psychédélique sonore…
Ma sœur
–
guérie, miraculée
du chœur.
17.12.2022
Rideau.
Le serviteur muet chargé de fruits tendres.
Tenture.
Deux enfants
murmurent sagement ;
–
sœur pestouille,
frère gribouille.
18.12.2022
Bivouac.
24 m2 : grand’mère ronflant, enfants étendus, tante insomniaque.
Rires éteins.
La ville
–
soudain devient
colline inspirée.
19.12.2022
75005.
« Celui qui marche vers la mosquée dans l’obscurité
de
la nuit »…
Ecoute, écoute
–
l’homme
de foi.
20.12.2022
La veille
–
de
l’hiver,
une vanité
–
lancinante comme
un tourment.
21.12.2022
Nos stocks
fondent
et
se reconstituent.
Nos livres
–
s’accompagnent
de cidre.
22.12.2022
L’appartement
en face :
masturbation,
voisin perdu
au fond
–
du rêve
sexuel-amoureux.
23.12.2022
Bœuf bourguignon,
fromages coulants, Bordeaux,
miel
sur banane,
temps doux ;
–
un air
de Rabelais.
24.12.2022
Marche vespérale.
Les hautes portes cochères.
Petite
pluie fine
sur Port-Royal.
–
Pourquoi pas
India Song ?
25.12.2022
Hiver mental.
Emmanuel de Michel Colombier, soudain
tout
me revient :
l’adolescence,
–
ses ennuis,
ses matins.
26.12.2022
A Cerfroid,
Tahitiennes, Malgaches, Versaillaises, Bretonnes, Antillaises, Calédoniennes.
Silence
des arbres.
Nos cellules.
–
Maison trinitaire,
pierre blanche.
27.12.2022
La cloche
ponctue la nuit ; elle divise le silence.
Douceur
des Vigiles,
pas perdus.
–
Les renards
du Valois.
28.12.2022
Heure sainte
(tous ces lits de morts, tous ces affligés),
nuit
du monde.
Les grelots
–
du cortège
des pénitents.
29.12.2022
Midi, Cerfroid.
La cuisine de l’église universelle : piment vietnamien, boulettes
nigérianes,
vin kazakh,
vanille marquisienne –
–
Merci Jean
de Matha.
30.12.2022
Cette âme triste
jusqu’à
la mort.
Ce calice
–
qui ne
s’éloigne.
31.12.2022
Dans ma tête
un
piano-bar,
quelques notes
et puis
–
se retirent
au loin.
01.01.2023
–
Paillettes,
–
raisons.
Transe danse.
–
Le retour
de l’avenir.
02.01.2023
–
Pénombre douce,
–
tendresse.
Un café,
une tartelette,
–
mon travail
et ma solitude.
03.01.2023
–
Eça de Queiroz
–
Lente,
calme lecture,
–
les arômes
chuintants du Portugal.
04.01.2023
–
Rue Saint-Nicolas, Amalia Rodriguez,
–
fado.
Pourquoi travailler ?
–
Mon cœur
préfère vraiment chanter.
05.01.2023
–
Sur le fauteuil d’osier
–
Pomaré,
tu regardes
–
la nuit
qui s’effile.
06.01.2023
–
Un dîner intime à la campagne.
–
Amitié,
tu demeures
–
le pilier
d’une vie.
07.01.2023
–
Dès l’aube, nous plantons ce mirabellier
–
et
tu évoques
–
l’école
mathématique de Lwow.
08.01.2023
–
Dans le soleil dominical de janvier,
les cloches
–
de
Saint-Jean Bosco
–
font vibrer
le village Charonne.
09.01.2023
–
Nous nous enfoncerons toujours plus loin, entre les hêtres,
–
dans
la forêt
–
du passé,
haute, sombre, marécageuse.
10.01.2023
Janvier
–
–
2024 :
viendrez-vous
–
aux bains
chauds de Budapest ?
11.01.2023
Sourire
coquin,
–
mystère
savamment entretenu,
–
charmes discrets
du beau Jérémie.
12.01.2023
Prince,
tu chantes
–
que
la neige
–
tombe parfois
en plein avril.
13.01.2023
Plus
une seule nuit
–
sans
Nuit rhénane,
–
d’Apollinaire,
entre les reins.
14.01.2023
Bougie
écorce d’orange, parfum
–
corsé,
deux mains
–
s’effleurent
rue Emile Richard.
15.01.2023
Oblique
lumière, tombant sur la fenêtre
–
Parallèle
des caresses
–
trapèze dorsal
sur le plancher.
16.01.2023
Quelquefois,
le jour passe comme en rêve,
–
blanc,
sans action,
–
en déshérence,
dans la culpabilité.
17.01.2023
Quelquefois,
deux jours se suivent comme en rêve,
–
blancs,
sans moteur,
–
en transhumance
dans la déréliction.
18.01.2023
Ici
saint Jean de Dieu et tous les saints,
–
toits
d’ardoise,
–
clarté au
jardin des malades.
19.01.2023
Hiver :
au jardin de l’Observatoire, la guerre des jumeaux.
–
Lutte
sans merci,
–
bestiale concurrence
autour du toboggan.
20.01.2023
Rachmaninov facétieux
–
–
Rayons
de janvier
–
Petite danse
dans mon cœur.
21.01.2023
Baies vitrées
végétales,
–
adieu.
Bientôt vous
–
ne serez
qu’un souvenir.
22.01.2023
Plein froid,
chevaux bruns.
–
Courses
de Vincennes.
–
La majestueuse
Flamme du Goutier !
23.01.2023
Insomnia mundi
Les angoisses universelles
–
remplissent
la nuit
–
d’infimes
poussières d’étoiles
24.01.2023
Tu chevauches
la jument des nombres
–
entiers,
jusqu’aux
–
terres blanches
de l’infini.
25.01.2023
Le smog
descend sur la rue Pétrarque
–
Ulule
une chouette
–
La ville
s’efface complètement.
26.01.2023
Quatrième étage,
un immeuble cossu du seizième arrondissement.
–
Soieries,
vieux bois,
–
le passé
s’est recomposé.
27.01.2023
… par sa
douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et
–
pour
le monde
–
entier, par
sa douloureuse passion…
28.01.2023
Murs ocres
assombris par les longs rideaux. La mémoire dort,
–
douteuse ;
je chante
–
une ode
à la tristesse.
29.01.2023
Briques ensoleillées
du mur d’en face, vastes terrasses minérales, végétales,
–
Saint-Jean-Bosco,
cloches dominicales.
–
Quelques baisers,
un roman XIXème.
30.01.2023
Je dors encore,
–
–
éveillée,
parce que
–
je ne
veux pas voir.
31.01.2023
Mendiante de nuit,
solitaire,
–
tu prends
ta marche
–
en patience
jusqu’aux aurores.
01.02.2023
–
Amours,
–
vous reviendrez
me prendre
–
en vos
doux bras clandestins.
02.02.2023
–
courbatures sans
–
sport. Hématomes
sans coup.
–
Sang sans
liquide. Amour mort.
03.02.2023
–
Minuit des douleurs.
–
Morphine douce.
Quelques mots,
–
mère coriace
défiant le temps.
04.02.2023
–
Connais-tu la beauté
–
des énantiosèmes ?
Ils insufflent
–
l’immensité
de la complexité.
05.02.2023
Sur un piano Gustav Rösler,
–
à Eledény,
tu égrenais
–
des notes
de Raimann Rudolf.
06.02.2023
–
Et les jours passent, se suivent,
–
se ressemblent :
chocs, habituations,
–
la turbulence
est devenue banale.
07.02.2023
–
L’enfant regarde ses muscles avec application ;
–
je bois
mon café.
–
Qu’aura
été ma vie ?
08.02.2023
–
La voix du frère, injection d’énergie sacrée.
–
Soleil hivernal,
trêve heureuse.
–
Je crois
au patriarcat magnifique.
09.02.2023
Dans le Uber, pont d’Austerlitz, oublier les métastases
–
et revoir
Christophe, Laurent,
–
Laurence, Léonor
danser la vie.
10.02.2023
Bach
–
–
(Jesus bleibet
meine Freude)
–
et nems
aux petits légumes.
11.02.2023
Eternelle
Notre-Dame,
–
expérience immersive,
réalité virtuelle,
–
J’adhère
à la magie.
12.02.2023
Poutres,
chaux, tomettes,
–
un massacre
au mur,
–
la campagne
du quartier latin.
13.02.2023
Tricoter
à mains nues
–
la couverture
bleu marine
–
deux mètres
sur deux mètres.
14.02.2023
Regarde
le visage de Laïla.
–
En vieillissant,
il embellit,
–
s’affine
et devient mystérieux.
15.02.2023
Neige,
tu m’entoures, tu tourbillonnes.
–
Blanc rêve
m’emporte
–
au pays
des âmes invaincues.
16.02.2023
Comptabilité,
lentement, j’apprends à t’aimer.
–
A te
trouver créative,
–
séduisante et
même hypnotisante, parfois.
17.02.2023
Abandonne
ces affres culturels, artistiques, ces pièges littéraires
–
et plonge
avec délice
–
au fond
des plaisirs financiers.
18.02.2023
Quitter
les baies vitrées, les vastes pièces, les tours,
–
le ciel,
la périphérie,
–
pour un
nid à Lutèce.
19.02.2023
Certes,
point besoin de refuge autre que la grande lame ;
–
ange lucifuge,
ta nuit
–
se meurt
dans le cristal.
20.02.2023
Rajeunir doucement…
–
–
Qaada Chaabi
de Guerouabi.
–
Le passé
irrigue le présent.
21.02.2023
Lutèce, premier
matin.
–
Vivre libre :
un café.
–
Hiver tendre
comme un amour.
22.02.2023
Saint-Jean
de Dieu.
–
Des chimiothérapies
en intraveineuse,
–
des cendres
sur le front.
23.02.2023
Faisselle, miel
et Kristin Lavransdatter
–
aux aurores
d’hiver.
–
Europa, Europa,
mon amour identitaire.
24.02.2023
Aimé-je
étendre le linge humide
–
pendant que
la bouilloire
–
chauffe pour
un café éthiopien ?
25.02.2023
Cheveux longs,
bide bien gras, odeur pestilentielle,
–
voix castrée,
crises nerveuses,
–
obsessions pointilleuses,
voici mon (mot autocensuré) !
26.02.2023
Le chevalier
de Malte et sa Dame se
–
vouvoient sur
l’Atlantique
–
dans leur
salle à manger.
27.02.2023
Famille, ennui
sempiternel des cris, des tartines, des pipis,
–
des promenades,
des jeux,
–
des emmitouflages,
des journées enfantines.
28.02.2023
Les ruelles
bleues et roses derrière le port de pêche
–
les cris
des goélands
–
quelqu’un siffle
« Adieu cher camarade ».
01.03.2023
–
Lecture
–
du schtroumpf financier,
magistrale leçon
–
de sociologie
et d’économie.
02.03.2023
–
radiateurs troués,
–
toiles d’araignées,
hibou mort,
–
parquet écroulé,
quelques loirs heureux.
03.03.2023
–
Déjeunons au club
–
telle une vieille
tante célibataire
–
en compagnie
d’autres hurluberlus.
04.03.2023
–
Graviers dans le silence,
–
un épagneul somnolant,
la cour,
–
le figuier
allongeant son ombre.
05.03.2023
–
Une fenêtre ouverte, un aboiement,
–
un chant vosgien,
ton coeur
–
n’a
jamais quitté Cornimont.
06.03.2023
–
Les carabines, les hermines, le Viré-Clessé
–
sous les massacres
de cerfs,
–
en compagnie
des trois brigands.
07.03.2023
–
La nuit je ne dors plus jamais ;
–
je m’enfuis
en souriant
–
au fond
des pensées floues.
08.03.2023
–
Rejoins-moi sur l’Île des morts de
–
Rachmaninoff, mon amour,
en Uber :
–
le chauffeur
exhalera Fahrenheit (Dior).
09.03.2023
–
Un café sur les bords de la Seine brune
–
par un frais
matin parisien ;
–
les platanes
frémissent de joie.
10.03.2023
Nox
–
–
ton manteau noir
m’enveloppe
–
j’écoute
mon propre cœur.
11.03.2023
Remix
vivaldien,
–
nappes électros de
Terje Rypdal,
–
les cimes,
vers les nuées.
12.03.2023
Remets
le requiem
–
d’Osip Klozowsky,
qui distille
–
la paix
dans les alarmes.
13.03.2023
Ici
et partout, poubelles,
–
sacs, déchets répandus ;
à minuit,
–
dans Paris,
les rats festoient.
14.03.2023
Chut !
Une quinte de loup
–
chuinte sans cesse.
Bruit fantôme,
–
harcèlement cruel
depuis vingt ans.
15.03.2023
Ouvrir
les fenêtres du cœur, laisser
–
entrer le vent,
siffler Ipanema,
–
se servir
un second café.
16.03.2023
Fascinée
par la finance comportementale – émotions liquides-,
–
tes longues mains
qui frémissent,
–
mon frère
au visage calme.
17.03.2023
Silence.
Faible lueur rosée, émergeant de la plante ;
–
L’âme tranquille,
bruits lointains.
–
L’attente
vespérale des amis.
18.03.2023
Soudain
J’ai fui les conversations, subtilisé la clef…
–
Bergère de merisier,
merle siffleur,
–
quiétude solitaire
du grand bureau.
19.03.2023
Exil
auprès des hautes fenêtres, pour chuchoter au cerisier fleuri
–
que sa fraîcheur
me sauve,
–
sa fraîcheur
calme et rose.
20.03.2023
Plage Monge.
–
–
La septième symphonie de Bruckner,
–
du tzatzíki,
des feuilles de vigne.
21.03.2023
Premier matin
printanier,
–
éternel premier matin.
Regrets, espérances.
–
Cadence plagale
de nos vies.
22.03.2023
Je dors
par terre.
–
Vue sur mère,
conversations allégées.
–
Ma vie,
ce film français.
23.03.2023
C’est
donc la terreur
–
qui prévaut ici
rue Daguerre.
–
Courage, sœur,
courage, enfants chéris.
24.03.2023
Les poubelles
flambent dans la ruelle.
–
A ma fenêtre,
j’écoute
–
les sirènes
strier le faubourg.
25.03.2023
Fatigue morale
de suivre jour et nuit
–
ce cauchemar psychique
de maltraitance.
–
Un beau
chemin de croix.
26.03.2023
Ici, café
dans la lumière ; là-bas, cris aigus,
–
secouages, immobilisations, reproches
du chevelu.
–
Mon café
refroidit un peu.
27.03.2023
Rodogune, Cléopâtre,
se détestaient ce soir rue Charles Fourier,
–
et le cidre
nous enivrait,
–
in memoriam
Cécile Hussherr-Poisson.
28.03.2023
La Visitation.
Dans la chapelle, j’entends le coq chanter !
–
La ville disparait
avenue Denfert-Rochereau.
–
Belles dames
derrière les grilles.
29.03.2023
La revoilà,
l’exaltation, avec ses cafés noirs, ses textes forts,
–
ses envolées lyriques,
ses rires,
–
son requiem :
Franz von Suppé.
29.03.2023
La revoilà,
l’exaltation, avec ses cafés noirs, ses textes forts,
–
ses envolées lyriques,
ses rires,
–
son requiem :
Franz von Suppé.
30.03.2023
Au Florentin, cafés,
–
–
croissants, fragiles pouvoirs :
la monnaie
–
du roi,
les réseaux Foccart.
31.03.2023
Deux bébés endormis
respirent
–
sur mon sein
en contrepoint.
–
Angelots potelés,
valets de cœur.
01.04.2023
–
Mourir
–
à l’aube, renaître
à midi,
–
vivre encore
jusqu’au dîner.
02.04.2023
–
Le bleu,
–
la neige, les chalets,
les sapins,
–
les épicéas,
la mystérieuse Anne-Claire.
03.04.2023
–
Messe des oiseaux
–
pour choeur de femmes,
Dynam-Victor Fumet.
–
L’art
des hautes cimes.
04.04.2023
–
Une bière, des livres,
–
et cet air tendre
de Tarrega.
–
Un baiser
sur mes lèvres.
05.04.2023
–
Dans la nuit sans lune,
–
petite Thérèse posée là,
cœur ouvert :
–
chapelle intime
de la nuit.
06.04.2023
–
Je m’enfonce dans l’Europa
–
de Georges-Henri Soutou,
pour conjurer
–
le chaos,
accueillir la clarté.
07.04.2023
–
Sur le lac de Genève, en 1841,
–
Sturm et Colladon jouent.
Enfants sages
–
devenus grands,
leurs barques immobiles.
08.04.2023
–
Assise à la Rotonde au soleil du printemps,
–
exaltée par la solitude,
ma joie
–
de vivre
palpite au vent.
09.04.2024
–
Par la tonalité en mi mineur des ciels purs,
–
« nos jours s’échappent
du silence »
–
à Imenström
(amertume des caresses).
10.04.2023
Hétérosexuelles
–
–
profondeurs : Bagration et Rachmaninov,
j’aurais
–
brûlé pour
vos hautes statures.
11.04.2023
Il
hurle
–
« Connasse ! Connasse ! Connasse ! » devant
les enfants
–
et se
roule par terre.
12.04.2023
Gouttes
de pluie,
–
tôle des toits, cheminées,
ciel blanc.
–
Je crapote
un poème cendré.
13.04.2023
Vexin.
Les enfants dorment.
–
Dans le grand lit,
me rejoint
–
le chien
de la maison.
14.04.2023
Aurore
sur les champs gras.
–
Mes yeux plissés scrutent
l’épervier
–
qui fend
sur le lapin.
15.04.2023
Aube.
Terre mouillée, les bergeronnettes pépient.
–
Sept coups au clocher.
Chien et
–
enfants étalés
dans mon lit.
16.04.2023
Conversations
à maux couverts des villageois désespérés.
–
Maisons salafistes, muezzins sauvages,
indifférence institutionnelle.
–
Blondinettes converties
à quatorze ans.
17.04.2023
Incommensurable
ennui de la vie familiale, Ô dysharmonie.
–
Les objets, les cris,
vide moral,
–
désaffection intellectuelle,
tribulations sans envergure.
18.04.2023
Bach
aux notes dilatées dans l’oeuvre de Nystedt.
–
Immortal Bach, emportez-moi
plus loin,
–
plus loin que mes chagrins.
19.04.2023
Salons,
Union Interalliée : la beauté au service de l’argent.
–
C’est plus élégant,
pourtant, quand
–
l’argent
sert la beauté.
20.04.2023
Se souvenir…
–
–
Rue Allix, à Saumur,
le bureau,
–
la fumée
bleue des cigarettes.
21.04.2023
Beauté
des images.
–
Journal intime de Meszaros.
Scénario profond.
–
Langue magnifique.
Beauté des visages.
22.04.2023
Eve avait
l’éclat
–
métallique de l’été ;
j’attends
–
la promesse
de mon adolescence.
23.04.2023
Laurence mijote
un bœuf bourguignon
–
du chef Sébastien Baud.
Fumets croisés
–
rue Dolomieu
dans la cuisine.
24.04.2023
Belinda et
Jérémie, la petite Thérèse,
–
les bêtes empaillées, les
privilèges, les
–
gauches mortes,
les tartes flambées.
25.04.2023
La joie
monte souvent dans la solitude
–
des champs de pensée.
Je vibre
–
tant que
je me transforme.
26.04.2023
La demeure
de Sablé-sur-Sarthe demeure intacte (meubles, rideaux) ;
–
grand miroir me reflète :
quadragénaire acnéique.
–
Les poussières
étoffent le souvenir.
27.04.2023
L’Atlantique
offre ses huitres et sa grisaille agitée
–
aux vacanciers chanceux, promeneurs
en attente
–
du frais
muscadet de midi.
28.04.2023
Les voitures
ronronnent sur la rue Nationale et l’armoire
–
grince avec le vent.
Vent-coulis,
–
coulis rouge
sur la nappe.
29.04.2023
Du déambulatoire
de Notre-Dame la Grande où sainte Radegonde nous sourit
–
jusqu’au balcon rustiqué,
nous pérégrinons
–
en attendant
les burgers vespéraux.
30.04.2023
Mon poumon droit
–
–
ventile mon bras gauche.
Souffle profond,
–
quel méridien
stimule ton flux ?
01.05.2023
–
Jérémie,
–
Tendre prophète des jeunesses éternelles ;
à Saint-Savin,
–
brume douce
sur la Gartempe.
02.05.2023
–
Rue Daguerre.
–
Le jour décline, le mur
s’assombrit.
–
Je pense.
Les enfants dorment.
03.05.2023
–
Zelda la rousse
–
beauté fatale aux yeux verdure
m’effleure
–
Devant nous
la skyline scintille.
04.05.2023
–
Fluides, fluide fluide, fluides,
–
fluides fluides fluides fluides fluides
Fluide fluide
–
Fluides fluide
fluides fluide fluides.
05.05.2023
–
Tu chantes la sourate al-Falaq ;
–
je chante le Pange lingua.
Musique, drogue
–
des guerres
et des paix.
06.05.2023
–
Elle élégantissime, intelligente, tendre et drôle,
–
lui beau, cultivé, mordant, sérieux,
Lefébvristes cachés,
–
hauts commis
de l’Etat.
07.05.2023
–
Alcool, ébullition mentale, tachycardie, criard drapeau tricolore,
–
des nuits même pas fauves,
sans oubli,
–
ni discernement,
des nuits maladives.
08.05.2023
–
Les chants lointains, le vent frais, jour férié :
–
tous les ciels du pays
se succèdent
–
au-dessus
de nos têtes.
09.05.2023
–
Il faut savoir danser toute seule avec Marvin Gaye,
–
sans peur et sans reproche,
Sexual healing
–
et crêpes
caramel beurre salé.
10.05.2023
Païva.
–
–
Un dîner portugais aux chandelles.
Tendres Champs-Elysées :
–
caissons dorés
du Second Empire.
11.05.2023
Extournes
2022.
–
Bilan et compte de résultat ;
produits, charges.
–
Stocks. Voix
monocorde du comptable.
12.05.2023
Lucas
et Kevin
–
jeunesse inconnue, beaux garçons aux
idées étranges,
–
extraterrestres que
j’aimerais séduire.
13.05.2023
Chantilly
Chevaux se cabrent
–
Enfants se demandent pardon après
la dispute
–
Poney Shetland
Calva au hameau
14.05.2023
Dolomites,
le vieux parquet craque.
–
Asperges blanches et rouges fraises,
timide soleil.
–
Pourquoi fermes-
-tu les rideaux ?
15.05.2023
Draperies
soyeuses du désespoir qui descendent
–
lentement sur nos vies poussives
et enveloppent
–
nos âmes
de laque noire.
16.05.2023
Vagues
de vide, au clair du jour.
–
Flux et reflux d’absurde.
Onde abstraite,
–
barque fragile
sur le néant.
17.05.2023
Inspire
dans l’air frais du matin bleu ;
–
expire à l’heure vespérale.
Profond apaisement
–
au clair
de la lune.
18.05.2023
Planquée,
recroquevillée, accroupie derrière le vaisselier de la cuisine,
–
j’avale pain au raisin
et café
–
à la
barbe des enfants.
19.05.2023
Entre
les pins palpite, entre les tombes, temple du temps,
–
beau ciel, vrai ciel montparnassien,
cimetière terrien,
–
plus terrien
que nos silences.
20.05.2023
Tu évoques
–
–
l’année dernière à Hanoï ;
j’invoque
–
le dieu
des promesses suspendues.
21.05.2023
Viens, touche
encore
–
la paume de ma main ;
le rayon
–
de soleil
attrape les poussières.
22.05.2023
Aux arènes
de Lutèce,
–
deux sandwichs sur un banc
sustentent ensemble
–
dix ans
d’amour tendre.
23.05.2023
Aube bleue,
fumante, fraîche, liquescente,
–
quelques notes perdues se saluent
au détour
–
d’un piano
quart de queue.
24.05.2023
Ô caverne
dont je m’extirpe !
–
Négocier un salaire après tant
d’années
–
sans salaire,
un défi surréel.
25.05.2023
Un déjeuner
au jardin de la chasse ;
–
les moineaux sautent de buis
en buis ;
–
je chasse
un vieil ennui.
26.05.2023
Omar Sharif,
votre furtif baiser à Julie Christie
–
et tout ce qui s’ensuivit :
la neige,
–
et la
chanson de Lara.
27.05.2023
Samedi calme,
le lit, le rayon et l’ombre,
–
et les pages du livre ;
un café,
–
un moustique,
la voisine folle.
28.05.2023
Dimanche mayen.
Esprit-Saint, langues de feu sur les apôtres.
–
Pergolèse, je suis très amoureuse
de vous.
–
La soirée
SM s’efface.
29.05.2023
Je glisse
sur l’éclisse d’Oren Ambarchi, dans l’après-midi,
–
avec le plaisir du faune :
un désir
–
en suspension,
une impulsion inachevée.
30.05.2023
L’étrange cœnesthésie
–
–
que provoque la voix grégorienne
m’emporte
–
par-delà
les zones connues.
31.05.2023
Sourire aux lèvres,
Orsolya
–
me suit dans la noyade
au fond
–
du poème
d’Ady Endre.
01.06.2023
–
Folie,
–
ne m’emporte pas trop loin.
Je crains
–
ton aiguillon
sur mon destin.
02.06.2023
–
Les jumeaux
–
s’égaillent dans le jardin secret
de Massa.
–
Moi, je
pense à toi.
03.06.2023
Vingt amis réunis.
–
Cyprès, cigales, crapauds, chemises blanches repassées,
eau bleue,
–
Bulles dansantes,
champs de coquelicots.
04.06.2023
–
Au mas de Villebonne,
–
je te rejoins dans le lit ;
tu pleurais ?
–
Leurs rollex
ont trop brillé.
05.06.2023
–
Dans la belle allée Velasquez,
–
à l’hôtel de la Scam,
grincheux, teigneux,
–
bilieux, incompétents,
les auteurs réclament.
06.06.2023
–
Boucliers transparents, les hommes en noir
–
marchent lentement vers le combat rapproché.
La fillette
–
silencieuse, consternée,
assiste aux affrontements.
07.06.2023
–
Tu bois pour oublier que je bois,
–
que le temps passe, que jeunesse
s’efface.
–
Comment séduire
avec des rides ?
08.06.2023
–
Damien, cheveux flottant dans la lumière, un déjeuner
–
près d’une fenêtre entrouverte. Plantes,
reflets verts,
–
serviteur muet ;
la conversation meurt.
09.06.2023
–
Loin sur le faubourg, les klaxons, les sirènes nocturnes ;
–
je suis allongée sur mon lit.
Je pense
–
à Dieu,
à autre chose.
9 bis. 06.2023 BIS
–
Le soleil des Récondo se réfléchit sur un balcon
–
face à la mer de toits.
Je contemple
–
l’amour,
cette geôle romantique.
10.06.2023
Léonor
–
–
s’avance sur la route libre.
Elle enjambe
–
les doutes
du fleuve Amour.
11.06.2023
Chaleurs
haïes.
–
J’aime tant la vie fraîche,
sans manteau,
–
mais avec
un col roulé.
12.06.2023
Arbres,
ciel blanc.
–
Le vent souffle dans le jardin
de Matignon
–
et sur
ma tête farcie.
13.06.2023
Mozart
drôle d’oiseau
–
Petite musique de nuit, quartier lointain
de lune
–
halo blanc
dans la cuisine.
14.06.2023
Déjà
le café du matin,
–
les figures souriantes de l’office,
les escaliers,
–
le flux,
le lourd reflux.
15.06.2023
Bleu
à travers les barreaux noirs.
–
Les gendarmes glissent dans les couloirs.
Le soir
–
coule lentement
rue de Varenne.
16.06.2023
Lourdingue
et sans pitié, le soleil tombe
–
sans retenue sur la ville dépressive,
il écrase
–
sans distinction
nos âmes damnées.
17.06.2023
Mangue,
vanille, chocolat blanc, les magnums glacés fondent
–
dans nos bouches colorées, tandis que
les arbres
–
remuent doucement
dans la cour.
18.06.2023
Cour
de l’immeuble, une lumière au quatrième étage
–
en contreplongée, un grésillement, un fumet,
à minuit
–
la voisine
cuisine un steak.
19.06.2023
Oublier,
juste oublier tout ce qui n’est pas là,
–
ici-même, dans le moment présent,
exister pleinement
–
le temps
d’un instant.
20.06.2023
Liqueurs amicales
–
–
Récifs au milieu de la ville.
Je veux
–
rajeunir et
défier le temps.
21.06.2023
Hier soir
encore
–
vos yeux clairs, bleus, verts, gris,
ma jalousie,
–
clarté fascinante
des regards européens.
22.06.2023
L’été
s’ouvre
–
par la porte de la joie
avec Mozart
–
planeur musical
sur la Seine.
23.06.2023
A distance,
je me décompose.
–
Éveil onirique des métastases hépatiques, ballet
des molécules.
–
Embolie mozartienne,
embellie pulmonaire givrée.
24.06.2023
Café-croissant,
Prigojine sur les écrans ;
–
dans les couloirs vides de Varenne,
je marche
–
en suivant
le rayon lumineux.
25.06.2023
Désert dominical.
Comme j’aime cette solitude !
–
Osmanthes faux houx, motards lointains, murs
Varenne, Babylone ;
–
destin abstrait
que le mien.
26.06.2023
Tu sais,
à cinq heures, la ville est
–
si belle que je me pâme
d’amour
–
pour elle,
Ô urbs aurorale.
27.06.2023
En face,
la tôle du toit chauffe au soleil.
–
Alentour, les silhouettes vont et viennent.
Le revoilà,
–
l’ennui
de l’enfance.
28.06.2023
Encore, toujours,
deux poids et deux mesures, et l’impossibilité
–
de parler franc, de parler vrai,
en attendant
–
la délivrance
ou la mort.
29.06.2023
Trois tapisseries
années cinquante, une fresque de Souverbie, un beau discours,
–
la beauté massive, l’élégance mastock
de Perret.
–
Intime/extime
place d’Iéna.
30.06.2023
Et je sais
–
–
que vous dînez ensemble ce soir
à Almaty,
–
au fond
du café матрос.
01.07.2023
–
Oh,
–
Douchanbé, la grand’place et ton appartement bizarroïde,
et moi,
–
ici à
Laboissière-le-Déluge.
02.07.2023
–
Nuit avancée
–
dans les rues de Méru sans lumières.
Nacre silencieuse,
–
la soirée
nous a déboussolées.
03.07.2023
–
N’évoque plus
–
les torrides matinées de la rue Agripas,
en mars,
–
mars 1997,
à Jérusalem-Ouest.
04.07.2023
–
Café entre deux livraisons,
–
ma vie commerciale dans Paris estival motorisé ;
des guêpes,
–
des pigeons
et des livres.
05.07.2023
Soulève ce vieux chandail troué,
–
vois comme la poussière est belle, ramasse
ce blouson
–
de vieux
cuir de vachette.
06.07.2023
–
Pluie et vent sur Télumée Miracle
–
Son nom de Venise dans Calcutta désert
et aussi
–
les dimanches
de Jean Dezert.
07.07.2023
–
Mur du vestibule : la carte du Tendre ;
–
je longe le couloir jusqu’au chambres.
Campagne humide,
–
brume perfide,
Imenström s’oxyde.
08.07.2023
–
Qu’est-ce que le pouvoir, la puissance ?
–
Contraindre par la force, créer la beauté ?
Qui tient
–
le gouvernail
de ce monde ?
09.07.2023
–
Chaux blanche, pan de mur ocre, poutres, une madonne,
–
un dessin d’enfant, un deuxième café,
l’ennui
–
du dimanche,
le muscle cardiaque.
10.07.2023
Oui.
–
–
Nous écoutions face à l’océan Le
Grand Bleu,
–
la nuit,
à seize ans.
11.07.2023
Moteurs
ronronnant
–
en bas, dans la rue Saint-Nicolas.
Café fumant,
–
rideaux remués
par le vent.
12.07.2023
Ceux
qui cherchent
–
à compliquer les procédures, rallonger le travail,
par ennui,
–
pour oublier
le vide intersidéral.
13.07.2023
Marteau-piqueur
dans la ruelle.
–
Shehnaï de Philippe Hersant, une fougère silencieuse
et toi,
–
toi qui
lui ressembles tant.
14.07.2023
Liberté :
posséder son propre temps.
–
Pouvoir : écrire un monument intemporel sans succomber
aux modes.
–
Et puissance :
prier sans supplier.
15.07.2023
Couloirs
de l’Hôtel de Matignon,
–
mes pas perdus troublent mon propre silence ;
j’erre.
–
En France,
rien de nouveau.
16.07.2023
Nuit
si courte, vêtue des atours estivaux,
–
ta robe légère s’enfuit déjà, aux aurores
tu disparais,
–
amante evanescente
au pas léger.
17.07.2023
Rez-de-cour,
la chapelle intime de Saint-Jean de Dieu,
–
un chant de moine, au loin, là,
un encens,
–
les traces
d’une présence.
18.07.2023
Harpe,
quelques notes égrenées, mi-celtiques, mi-arabes, un chant,
–
harpe de vie, harpe de joie
harpe
de combat,
–
le combat
de la douceur.
19. 07.2023
Effervescence
dans les couloirs, au fond des verres, tout pétille,
–
remaniement ministériel et paracétamols, ferme les yeux,
deux minutes,
–
convoque Apollinaire,
sa Nuit rhénane.
20.07.2023
Vagues intérieures.
–
–
Une faible lampe à côté du lit.
Talleyrand, Sun Tzu,
–
l’océan
de mes impensés.
21.07.2023
Une fleur
rose,
–
très pâle, délicate comme un amour immense,
éclot encore,
–
éclot toujours,
ne mourra jamais.
22.07.2023
Cri silencieux
la nuit.
–
Le masque de la douleur me regarde
sans parler.
–
Dehors, bruits
de l’insouciance.
23.07.2023
Canche cespiteuse,
herbe de feu,
–
houlque laineuse, armoise, chélidoine, Véronique de Perse,
brome stérile,
–
fumeterre, coquelicots,
mouron des oiseaux.
24.07.2023
Tu dors ?
Oxygène, grésillement de cigales.
–
Jour et nuit se divisent ; sombre soleil,
France pure,
–
Voie lactée,
Ô mère ténébreuse.
25.07.2023
Un chien,
élégant barzoï promenant son maître,
–
un banquier qui fut beau et qui
reste riche,
–
matin et
soir, rue Daru.
26.07.2023
Je suis
le loir d’armoire de Matignon.
–
Je gratte dans mon antre noir, clic !
clic ! clic !
–
je furète
dans le jardin.
28.07.2023
Briques rougeâtres,
fenêtres industrielles au premier plan, dômes orthodoxes derrière,
–
j’enclenche le lubitel, à l’aube,
presque jeureuse,
–
presque libre,
presque encore jeune.
29.07.2023
Fleurs sauvages,
un pré parisien qui ressemble aux vacances d’enfance ;
–
ce vaste appartement, vue sur le Luxembourg,
cette théière,
–
cette âme
en fer forgé.
30.07.2023
Ciel bleu nuit.
–
–
Un quartier calme comme un désert résidentiel.
Des Maserati.
–
L’argent
à chaque fenêtre.
31.07.2023
La station spatiale
315 ;
–
les chariots abandonnés, les yaourts pas mangés,
les tuyaux,
–
Voyage voyage,
glissent des ailes…
01.08.2023
–
Amis,
–
saluez le prieuré, les statues, les transis, saluez
dame Cécile,
–
festoyez ensemble,
je vous aime.
02.08.2023
–
Mitan estival.
–
Les jeunes bouchers de la Grande Epicerie préparent
de minuscules
–
tartares pour
tes derniers repas.
03.08.2023
–
Non ; cette nuit,
–
je ne jetterai pas la radicalité du poème
de Daumal
–
aux transis
traversés de lumière.
04.08.2023
–
Tu reprends ton souffle.
–
Tu t’es assise, torsion impossible au corps
en berne.
–
Détresse respiratoire ;
je te souris.
05.08.2023
–
Entre dans cette nuit, maman,
–
cette nuit d’été fraîche, douce, presque enchantée.
Voici venue
–
la nuit
de ta naissance.
OU
Tu es née ce matin
–
à 8 heures ; ton fils tenait ta main ;
je marche,
–
je chante,
je t’aime
06.08.2023
–
Je regarde la mort en face
–
et mon cœur est fatigué après la bataille.
Seigneur, tuez
–
en moi
le vice verbal.
07.08.2023
–
Je dors dans la chambre du moustique ;
–
ton cercueil repose dans le salon de billard.
La Grostière…
–
Vanitas vanitatum
et omnia vanitas.
08.08.2023
–
Les jeux des enfants brisent le grand silence ;
–
les silences des adultes ressemblent à des mensonges.
Quelques grillons.
–
Été vendéen,
toile de Jouy.
09.08.2023
–
De l’église au cimetière en suivant le convoi
–
lent comme un escargot sous le ciel vendéen,
nos pas,
–
nos litanies
jusqu’à la pyramide.
10.08.2023
Semence.
–
–
Jeunesse généreuse et folle dans sa ferveur, espoir
de demain,
–
beauté intemporelle
des jeunes cousins.
11.08.2023
Rêve
intact.
–
Une lecture traverse l’après-midi aoûtien, odeurs jaunies,
vieux papiers,
–
l’amour
de la liberté.
12.08.2023
Matérialité
des toiles,
–
matérialité de la civilisation que tu as construite,
huiles, papiers,
–
prière incarnée
dans les créations.
13.08.2023
Chut…
Remémorez-vous simplement
–
Saumur, Sablé-sur-Sarthe, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, ces maisons des tantes veuves,
leurs nouettes,
–
leurs gelées
au nèfle sauvage.
14.08.2023
Cachée
sur un canapé noir,
–
dans la pénombre d’un grand bureau oublié,
je finis
–
ma nuit
rue de Varenne.
15.08.2023
Corps
de ferme, enclos des lapins.
–
La motte castrale domine le vallon – Ô nuit,
tu inondes
–
de mystère
les Ave Maria.
16.08.2023
Vivre.
Par un matin perdu, ville sage ;
–
dire par cœur les poèmes de mes parents.
Leurs mots
–
m’emplissent
d’oxygène psychique.
17.08.2023
Solitude,
cela faisait longtemps que tu étais partie.
–
Tu me prends par la main ce soir,
nue, diaprée,
–
soudain tu
montres ta sollicitude.
18.08.2023
Certitudes,
qui peuplez les esprits de tant d’hommes,
–
vous m’avez quittée depuis si longtemps. Demeure
la foi,
–
ce pari
des grands enfants.
19.08.2023
Icône,
écrite un soir d’août 1913 sur une rive
–
du Danube, sainte Anne et sa fille, pleines
de rouge,
–
rue Guynemer,
appartement russe blanc.
20.08.2023
A 4.
–
–
Bitume, asphalte, goudron, en fiat ou en maserati,
avec Bashung
–
ou Allegri,
rouler la nuit.
21.08.2023
Des fous
jouent
–
le requiem de Florian Gassmann dans une chapelle
de Maintenon
–
mais omettent
de l’enregistrer.
22.08.2023
Carré frais
de fenêtre
–
avant l’accablement du jour ; café chaud, consolation lisztienne ;
tu vois,
–
je veille
encore sur toi.
23.08.2023
Homme pudique,
penseur, poète, militaire,
–
historien au style pur, aux belles phrases claires,
tel fut
–
Marc Bloch,
assassiné en 1944.
24.08.2023
Vieille pendule
sur la console ouvragée,
–
angelot de métal, verres à pied rouges, coupelle,
–
chandeliers argentés,
crâne de lièvre.
25.08.2023
Nous, égarés
dans le désert des Tartares.
–
Lorsque tu évoques la condition éxilique du salarié,
je souris
–
en silence,
face au mur.
26.08.2023
Varenne, Matignon.
Le grand silence saturnal, presque effrayant.
–
Mohamed dit le Fadjr, Edith les laudes et
il rient.
–
Laïcité arrangée,
thé au miel.
27.08.2023
L’ami
de jeunesse a encore vieilli, il parle,
–
les défauts toujours vifs, mais l’énergie enfuie,
miroir fatigué,
–
il prend,
il faut donner !
28.08.2023
Vieille poliorcétique
appliquée à la ville intérieure de la famille,
–
comptes, décomptes, recomptes, à rebours et à rendre,
citadelle célibataire,
–
nous sommes
la cinquième colonne.
29.08.2023
Un livre
sur les genoux, assise à côté de la fenêtre,
–
j’attends l’automne, vieil ami des tisanes.
Lire, attendre.
–
J’aime
ne rien faire.
30.08.2023
Je t’aime
–
–
et je te vois et je t’entends
toujours, partout,
–
tu es la Reine mère.
31.08.2023
Sous un manteau
étoilé,
–
entre l’érable et le bouleau, la slack
remue doucement.
–
Nous funambulons,
minuit se déshabille.
01.09.2023
–
Aurore…
–
… aux doigts de rose, café de Harah, un silence
de solitude,
–
septembre attend
derrière les rideaux.
02.09.2023
–
Septembre pénètre
–
à travers l’entrouverture de la haute fenêtre Nord.
Tasse ébréchée,
–
la fumée
du café martiniquais.
03.09.2023
–
A la chandelle,
–
recueillons-nous dans la joie silencieuse de la nuit.
Guillaume Dufay,
–
Charles Péguy
et notre apaisement…
04.09.2023
–
Gorges nouées, cœurs serrés,
–
les enfants dans le matin marchent vers leurs destin.
Multitude, solitude.
–
Souvenirs terrorisés
de la rentrée.
05.09.2023
–
Un mois de douleur dissimulée
–
derrière le calme de la vie sociale, un sourire
aux lèvres,
–
encore bercée
par ton amour.
06.09.2023
–
Un mois d’approfondissement de toi
–
afin de rester pour toujours reliée à ton destin.
(Affinité élective).
–
Je resterai
ton fidèle satellite.
07.09.2023
–
La fatigue s’amoncelle, je la combats
–
dans le ring banal d’un quotidien sans héroïsme.
(Ce soir,
–
une panthère
me regarde fixement).
08.09.2023
–
Dans les reflets, ma silhouette prend du ventre.
–
Il faudrait reprendre en main le pilotage du destin,
pensé-je
–
en dansant
avec la magistrate.
09.09.2023
–
Lorsque nos égrégores graves, gores et grèges se désagrègent,
–
nos gruges n’engrangent plus que grabuge et gabegie.
Grondement des
–
groupies grégaires.
10.09.2023
Bahut
–
–
plein à craquer de verres en cristal pour boire
ce Muscadet,
–
argenterie armoriée,
colonnes de porcelaines.
11.09.2023
Plage
infinie,
–
infinitésimales molécules qui forment la matière du paysage serein,
horizon calme,
–
scintillement ondulatoire
sous mes yeux.
12.09.2023
Heures
de travail,
–
au lit, le soir, tout ce que tu faisais
pour Quirvane
–
pèse lourd
sur mes épaules.
13.09.2023
Bruits
de cette cour ;
–
la vie sensitive emplit l’âme, eau des gouttières
s’écoulant,
–
barbacane à
tête de truite.
14.09.2023
Plongée
dans les raisons profondes
–
des confessions d’un bourgeois de Màrai Sandor, langue
de fer,
–
langue de
frère, sans doute.
15.09.2023
Laurence
glisse prestement sur le parquet
–
de la cuisine rouge à la salle de bains
bleu clair,
–
adolescente cinquantenaire
aux yeux secrets.
16.09.2023
Calme
après le dîner des cousins surexcités.
–
Le chien Sid et moi nous soupirons, épuisés, fraternels.
Silence. Dehors,
–
s’endort
le Vexin français.
17.09.2023
Crâne,
laisse passer la douleur, détends tes vaisseaux.
–
Les désirs avides, les hontes ; les angoisses, les détresses
se dissoudront
–
demain, parmi
les herbes folles.
18.09.2023
Déluge,
pluie heureuse sur nos visages dans une cuisine,
–
ruissellement des façades, carafes de vin jaune, tes gestes ;
vaisseau urbain,
–
cheminées rouilles
sur les toits.
19.09.2023
Spleen
aux effluences douces, étrange ennui, maussade bien que vivace,
–
spleen de Màrai Sandor sur les plages que tournent
mon doigt,
–
flegme de
fin d’été.
20.09.2023
Lentement, mystérieusement,
–
–
le jour se lève ; par la fente s’immisce
la lumière,
–
presque bleue,
comme une ecchymose.
21.09.2023
Centre Ségur.
Agents,
–
écoutons les voix normatives des sous-directeurs et secrétaires généraux.
Orgasme blanc,
–
exotisme étatique,
noyade presque douce.
22.09.2023
Je deviens
agent étatique.
–
Mes veines accueillent le sang de la grande administration.
Ô matrice,
–
j’entre
dans ta mer.
23.09.2023
Intimité, premier
jour d’automne.
–
Vivre est devenu quelque chose de distant, une activité temporaire
du cœur,
–
une annexe
de notre histoire.
24.09.2023
Calme étrange
d’un dimanche matin.
–
Les feuilles des néfliers frémissent, le tremble me parle
du silence.
–
Claquement lointain
d’une porte.
25.09.2023
La solitude
est une cage d’échos ;
–
les sons du Deus absconditus y réfractent leurs résonances
et soudain,
–
du néant
surgit l’amour.
26.09.2023
Coulure lumineuse
Prosopopées des demi-éveils aux aurores septembrales
–
Epiphanies scintillantes sur l’océan calme de l’absence
Méridien (Greenwich)
–
Langue avide
(nerf glossopharyngien).
27.09.2023
Une main
se pose sur mon épaule et reste
–
quelques discrètes secondes, le temps du surgissement du désir,
puis tout
–
redevient banal,
boulevard de Port-Royal.
28.09.2023
Onzième heure.
Je déchire les voiles de la prison mentale.
–
Comme un rêve, très ancien, qui vient de loin,
une invitation,
–
une lumière,
une vague Mavericks.
29.09.2023
Un jour,
il faudra que j’apprenne à me coiffer correctement.
–
Les cheveux des gens, ces crinières tristes d’animaux
de zoo
–
me dépriment.
Comment rester vivants ?
30.09.2023
Grand avion restaurant
–
–
survolant un indéfini désert peuplé d’oasis en métal.
Trois femmes,
–
un haut-fonctionnaire,
une musique trouble.
01.10.2023
–
Mort
sémantique.
–
Cueillette sauvage.
–
Supérette givrée.
Apocopes et paragoges.
02.10.2023
–
L’angoisse
monte.
–
Haute vague.
–
Ne pas
combattre le flot.
03.10.2023
–
Nuages, feuilles rousses,
marrons.
–
Eternel Luxembourg,
–
sempiternellement arpenté.
Quelle étrange mélancolie.
04.10.2023
–
Ô nuit, balade mentale,
ballade,
–
infinie destinée,
–
Le Caire,
Fontenay-Saint-Père.
05.10.2023
–
L’esprit, ce pays intérieur
inparcouru.
–
Un amour.
–
Un appel ?
Secretum meum mihi.
06.10.2023
–
Une nuit malade comme un chien,
épouvante
–
d’épouvantails.
–
Cheveux dressés
sur la tête.
07.10.2023
–
Altitudes glacées : givre de mes sondes Pitot,
décrochage.
–
Cockpit mental :
–
l’exaltation
et la joie.
08.10.2023
–
Deux hommes drôles et secrets remplissent le camion
dimanche.
–
Tsahal goy.
–
Jérémie, Samuel,
prophètes de bonheur.
09.10.2023
–
Le bleu du ciel, le blanc des murs
dehors.
Octobre :
–
#flux informationnels,
–
#émotions bloquées.
L’air frais.
10.10.2023
Solitude.
–
Soliloques.
–
Subordination douce.
–
La République
manque de fantaisie.
11.10.2023
Cruelle,
impitoyable
enfant,
–
j’achète,
–
offre, porte,
et tu boudes.
12.10.2023
Bioluminescence
des fantômes.
–
Luciférine,
–
froides lueurs,
–
matières autoengendrées,
non pas créées.
13.10.2023
Tourbillons,
torsions végétales, chênes,
roseaux,
–
le vent
–
se moque
de nos destins.
14.10.2023
Joie,
étrange sensation de paix,
confiance,
–
tendresse amusée,
–
voilà vraiment
mes sensations préférées.
15.10.2023
Normandie
A l’écart du village
Tourbe
–
Chat sauvage
–
Cour déserte
Manteau d’étoiles
16.10.2023
Imperturbable,
docteur NGuyen me pique d’aiguilles.
Beethoven
–
(Emil Guillels),
–
ma mère
vient me chercher.
17.10.2023
Salpêtrière.
Nous voici encore aux urgences du coeur.
Laurence,
–
pâle soror,
–
aux bras
des beaux pompiers.
18.10.2023
Souffle,
le souffle de l’avenir chasse le souffle
passé ;
–
inspire, expire,
–
la respiration
épure les dissensions.
19.10.2023
Sara,
ton esprit flotte sur la foule des visages aimés,
Toi,
–
Mystère, déchirure,
–
folie massaïote,
les amis démultipliés.
20.10.2023
La secrétaire
–
espionne
–
les cadres,
–
les haïssant
depuis trente-cinq ans.
21.10.2023
Le beau-frère
crie,
hystérique.
–
Les enfants
–
demeurent cois,
mornes matins éventrés.
22.10.2023
La grand’mère,
avec acuité,
joue ;
–
les quarantenaires
–
perdent encore
contre l’aïeule.
23.10.2023
En contrebas
de la maisonnée éveillée,
–
le vent
–
fait frémir
les hêtres centenaires.
24.10.2023
Vol concentrique,
craillement sérotinal des corneilles.
Galerne,
–
petite Ourse,
–
les clausules
du douloureux rosaire.
25.10.2023
Je pénètre
dans le congrès de Vienne.
Bals,
–
négociations secrètes,
–
traités, gastronomie,
amours et diplomatie.
26.10.2023
Arvo Pärt :
Sarah was ninety years old, tintinnabule
ici,
–
Voix baltiques,
–
Hôtel Matignon,
dans les communs.
27.10.2023
Étranges nuits
d’Europe, dont le mystère se fait
sang ;
–
étrange tourmente,
–
étrange étang
d’affreux tourments.
28.10.2023
Nuit Quirvane,
jour Varenne, words don’t come easy to me.
Pluie,
–
plateau repas,
–
cheap musique
et vraie déglingue.
29.10.2023
Couloirs vides ;
rires étouffés des commis de l’office, Atom Heart
Mother.
–
Pink Floyd.
–
Je veux
de la drogue.
30.10.2023
Aube : ténèbres cathédrales :
–
lueur.
–
Au lointain,
–
hymne acathiste
par des anges.
31.10.2023
Majesté d’Ingmar
Bergman.
Images,
–
visages, propos,
–
pure fascination :
Fanny et Alexandre.
01.11.2023
–
Premier
novembre
pluvieux,
sainte cohorte,
–
le long
convoi Stratus Nebulosus.
02.11.2023
–
Vents violents,
bourrasques,
trombes,
rafales, tornades,
–
gros temps,
coup de tabac.
03.11.2023
–
Tu meurs presque
de
détresse
si seul
–
si triste
en ce monde.
04.11.2023
–
Les matins d’automne
étangs
corneilles
feuilles mortes
–
poches sombres
sous mes yeux
05.11.2023
–
Les cours pavées de solitude,
Ô
Matignon,
grand désert,
–
un violon
berce ton jardin.
06.11.2023
–
Léonor aux chandelles dans le ciel
de
Charenton,
calme vespéral
–
des dames
du temps présent.
07.11.2023
–
Natacha et Didith tremblent comme des feuilles
rue
Broca :
la sorcière
–
de Mouffetard
est si méchante !
08.11.2023
–
Laurence vaque à des opérations don les bruits
familiers
distendent
le matin.
–
Place Monge,
rue du destin.
09.11.2023
–
Un rayon de soleil automnal balaye la table dressée,
gypsophiles
séchés,
agrumes confits ;
–
Théotime caresse
la harpe celtique.
10.11.2023
Mains,
–
veines,
cernes,
aide-moi
–
chaque jour
à te ressembler.
11.11.2023
Traits
tirés,
joues
creuses,
souffle syncopé,
–
je suis
ton alter ego.
12.11.2023
Ambition
jamais dévoilée,
profonde,
indicible ;
timide, opiniâtre,
–
je marche
vers mon but.
13.11.2023
Demeurera
le fantasme inassouvi –
étatique
ou
en entreprise -,
–
d’insertion
dans un cadre.
14.11.2023
Monte
par vagues, rouleaux incessants,
déborde,
submerge,
étendue infinie,
–
l’océan
de la tristesse.
15.11.2023
Enfin
trois années de guerre littéraire
finissent,
Emmanuelle
et Edith
–
signent majestueusement
le contrat Sussmayr.
16.11.2023
Jeudi :
gouttes de pluie avant le lever
du
jour.
Noroît lointain ;
–
la buée
sur les vitres.
17.11.2023
Rue
du soleil d’or, silhouettes en contrejour.
Larme
sèche,
cri muet,
–
ville pimpante,
cœur sans bagage.
18.11.2023
Discrètement,
le médecin de peste est entré dans Chartres,
fourbu,
accompagné
du Roy
–
son malade,
et de Sara.
19.11.2023
Curry
de demi-lune et son satellite de gouttes de pluie
arrosé
de
vin cendré
–
pour fêter
la neige violette.
20.11.2023
Monsieur Novembre
–
passe
lentement
le long
–
du mur
de l’ennui.
21.11.2023
Vérité, arbre
nu,
décharné,
isolé
au milieu
–
du champ
des illusions fauchées.
22.11.2023
Je parle
de moi,
toujours
volubile.
Ego malade,
–
fatiguée de
toi, je dors.
23.11.2023
Samuel, prenons
la route nocturne.
Roulons,
pensons,
conversons longuement,
–
évoquons celle que nous aimons.
24.11.2023
Escalade nocturne
du mur du cimetière.
Vigny :
Mort
du loup.
Lune, arbres
et ta pyramide.
25.11.2023
Frère sœur
la Nissan et le macadam
Olonne
Chartres
nos silences
–
des ponts
pour la traversée.
26.11.2023
L’angélus
sonne dans le soleil de novembre.
Secrets
perdus,
combats naissants.
–
Chacun prédit
la Guerre civile.
27.12.2023
Je ronronne
dans la moiteur du conseil de surveillance,
boulevard Saint-Germain.
Ô Sofia,
–
joli prénom
et mignons millions.
28.11.2023
Ce matin,
le congrès de Vienne s’achève avec le café,
lit
défait,
yaourt céréales,
–
droit fluvial
et préséances diplomatiques.
29.11.2023
Trois mandarines
près d’une amphore en pierre claire ;
rayon
de
soleil presqu’hivernal ;
–
John Dowland
sur ton luth.
30.11.2023
Les eaux dormantes,
–
étangs
stériles,
lemna minor,
–
la sexualité
combat la mort.
01.12.2023
–
Toi
qui
m’aimais,
connaissais-tu
–
le poème
de Cesare Pavese ?
02.12.2023
–
Le commissaire
allume
sa cigarette.
Au loin,
–
la flèche
de la cathédrale.
03.12.2023
–
Nocturne, la cathédrale
penchée
vers moi,
fantôme gris
–
me berce
dans mon lit.
04.12.2023
–
L’oubli du jour
ressemble
au vide,
au deuil,
–
aux naissances
des grandes détresses.
05.12.2023
–
La rue du cheval blanc
écluse
le vent
de décembre.
–
Le safran
et l’ambre.
06.12.2023
–
La rue de l’Étroit Degré
percluse
de vieilles
pierres blessées.
–
La safrane,
son hayon rouillé.
07.12.2023
Rue des Tristesses, auberge des vieux amis.
Calva,
demi-sourires, col-roulés,
variations Goldberg.
–
Matins ennemis
de mauvaise froidure.
08.12.2023
–
A chaque embranchement, prendre la route qui brille,
asphalte
du bonheur,
horizons scintillants
–
comme vos
mers du Sud.
09.12.2023
Réverbères des petites villes de province – Chartres ou Esztergom-,
que
réverbérez-vous ?
–
Vieille Europe
aux lourds secrets.
10.12.2023
Atlantique,
–
Sables
d’hiver.
Ma doué,
–
la joie
des bécasseaux sanderling !
11.12.2023
Million
d’
oiseaux
d’argent,
grande plage,
–
joie pure
des bécasseaux sanderling.
12.12.2023
Crêperie
du Port.
Bruine,
orage lumineux.
Le cidre,
–
les sirènes
des vieux chalutiers.
13.12.2023
Cœur,
sexe et poumons,
méridien
du désir ;
régate lunaire
–
en mer
de la Sérénité.
14.12.2023
Intimité.
Profondeurs lourdes du psychisme.
Fuir,
fuir, fuir,
courir vers
–
les montagnes
de la liberté.
15.12.2023
Trouée
lumineuse, amourettes d’Aliocha Schneider
inondant
le bar.
Barre-toi,
–
Édith, au
bout du monde.
16.12.2023
Lustral
bleu de tes yeux doux plissés.
Rythmique
cantique cardiaque.
Désir factuel.
–
Auroral café
avant le destin.
17.12.2023
Eveil
au creux des cloches, café Claudio Magris.
Bois
du cerf,
chant hivernal.
–
Messe tridentine
sur l’Eure.
18.12.2023
Avent.
Aux Sables de l’aurore, emplissons les camions.
Hommes,
vous portez
les miroirs.
–
Je tinte
mes bracelets sonores.
19.12.2023
Corentin,
quelle fraternité me rapproche inexorablement de tes yeux bleus ?
Mystère
des personnalités,
rencontre fortuite
–
des rires
qui se ressemblent.
20.12.2023
L’âge
–
ne
compte pas.
Deux ans,
–
quarante-cinq,
le même rire.
21.12.2023
Hôtel particulier
pluvieux,
mère
Chaumet-Hermès,
rue résidentielle,
–
jeunes hommes
lisses en apparence.
22.23.2023
Lumières, éteignez-
vous ; jour
étouffé
d »hiver,
lueur lupanar,
–
rappel peinture
de La Tour…
23.12.2023
Silence chartrain.
Lecture, écriture, sinécure,
désir
de vivre
en maître,
–
dans et hors
du monde.
24.12.2023
La lueur
des chandelles, le silence.
Pas
perdus, lointains.
Un livre ;
–
le Loupiac,
verre d’espérance.
25.12.2023
Le ciel
d’un gris très clair
mange
les tuiles
des toits.
–
Vol d’
un corbeau freux.
26.12.2023
Les peupliers
sous le ciel blanc ; la terre
humide,
la boue,
les flaques,
–
mes bottes
sur les chemins.
27.12.2023
Soleil
sur la trêve des confiseurs, pas perdus
rue de Varenne.
Jardin désert,
–
confident hivernal
de mes rêves.
28.12.2023
Ecoute cela :
après le temps du déclin vient le tournant.
Pas
de blâme.
Cadence rouillée ;
–
le cœur
est une pompe.
29.12.2023
Pourquoi dormir ?
Il y a l’insomnie. Pourquoi étreindre ?
L’onanisme
existe.
Pourquoi combattre ?
Le fleuve
–
est ami
du vrai stratège.
30.12.2023
L’aube noire ;
–
tacticiens
et stratèges
se déchirent.
–
La guerre
de l’ombre.
31.12.2023
Les enfants jouent
bruyamment
puis
se taisent
et regardent
–
le vent
par la fenêtre.
01.01.2024
–
Buffet,
–
bergère,
carrelage carmin ;
–
esquisse immobile
dans la nudité matinale.
02.01.2023
–
Quel voyage
–
préparer
pour
se propulser
–
à travers
toutes nos marottes consuétudinaires ?
03.01.2024
–
le temps passe
–
et
je rajeunis
–
en désirs
et en secrets sacrés.
04.01.2024
Vinyle : musique de Bilitis,
–
amorce
floue… Moi,
–
je reste
fidèle à David Hamilton.
05.01.2024
–
Capitaine de ma propre clarté,
–
en
haute mer
–
je navigue
vers le phare insubmersible.
06.01.2024
–
Ligne de vie, train Chartres-Paris,
–
œuvre au noir,
–
fragments jetés
pour les temps futurs.
07.01.2024
–
La guitare de Ry Cooder se glisse
–
rue
de Varenne
–
et balaye
les grands couloirs vides.
08.01.2024
–
Bouleaux et frênes, nus le long des rails
–
et
l’espérance,
–
mon front
appuyé sur la vitre.
09.01.2024
–
Le cheval à bascule, tout près de la fenêtre,
–
regarde
les flocons,
–
les brasseries,
l’église presque ensevelie.
10.01.2024
Expiration ;
–
–
inspiration.
Au froid,
–
souffle chaud.
L’argile devient chair.
11.01.2024
Tumulte
absurde.
–
Convoquer
la quiétude,
–
cette amie
douce comme un secret.
12.11.2024
Clic
clic clic
–
clic
clic clic
–
Née humaine,
je suis devenue cyborg.
13.01.2024
Aurore
au froid blême,
–
mords
ma peau
–
et couvre
ma ville de givre.
14.01.2024
Tinte
le fouet des cloches,
–
geint
le vent ;
–
brûlure glacée
sur les âmes pénitentes.
15.01.2024
Eclats
des rires dans la nuit
–
rue
Cardinal Pie.
–
Une solitude,
les persiennes qui grincent.
16.01.2024
Croassement
du freux sur la flèche chartraine.
–
Silhouettes
des solitaires.
–
Tristes rives
de l’Eure grise.
17.01.2024
Brouillard,
Laurence, silhouette glissant à travers l’aube
–
hivernale,
adolescente éternelle,
–
énigme suspendue
à son sourire lointain.
18.01.2024
Rachmaninov.
Ecoute. Les vigiles de la nuit me sauvent.
–
Délivrance
du Mal.
–
Doute, foi,
Espérance, consolation, consolation, consolation.
19.01.2024
Tiens
la main gauche de la nuit, entends les djinns
–
murmurer ;
cache-toi
–
tandis que
bourdonnent les acouphènes expiatoires.
20.01.2024
Suffocations, saignements,
–
–
hurlement
dans Matignon
–
désert. Perte
d’une mère exceptionnelle.
21.01.2024
Seule avec
Oberman
–
entre
deux neiges
–
à Imenstrom
dans le chalet fraternel.
22.01.2024
Nuit des
désirs venteux
–
Vent
si vigoureux
–
qu’il
emporte loin les vertiges.
23.01.2024
Un an
loin de Charonne,
–
loin
des Vignoles.
–
(Si je
t’oublie, vingtième arrondissement…)
24.01.2024
Un lit
près de la fenêtre ;
–
mer
de toits,
–
ciels poussifs,
le café fume encore.
25.01.2024
Comment évacuer
ma honte d’être assimilée
–
aux
collègues encroûtés,
–
face à
l’élégante conseillère interloquée ?
26.01.2024
Ferme donc
la vieille armoire aux passions tristes ;
–
écarte
les rideaux,
–
que pénètrent
les lampées de jour.
27.01.2024
Vers Reims,
le soleil danse sur mes paupières closes.
–
Faste
des lieux.
–
Le rectorat,
rue du Grand Cerf.
28.01.2024
Je cuve
les bulles de Veuve-Clicquot, de Pommery, de Heidsieck,
–
de
Dom Pérignon
–
et Ruinart,
en la basilique mineure.
29.01.2024
L’amour,
sanglante blessure originelle, saint breuvage auquel nous sommes addicts,
–
saillance,
plaie ouverte,
–
quête avide
de nos âmes hyènes.
30.01.2024
Je me souviens
–
–
et
le souvenir
–
devient vraiment
l’instant présent réunifié.
31.01.2024
Soleil hivernal, hôtel
Matignon.
–
Guerre
des fauteuils,
–
des titres,
des honneurs et servitudes.
01.02.2024
–
Ainsi
–
la tristesse
rend tristes
–
ceux qui
veulent croire au monde.
02.02.2024
–
Méchant miroir.
–
Cernes moirés,
ride léonine.
–
Qui devinerait
le feu du désir ?
03.02.2024
–
L’avenue Denfert-Rochereau
–
m’offre
air frais
–
et solitude
après les enfants fous.
04.02.2024
–
Les rires, les vins.
–
Amis brillants,
beaux destins.
–
Une tablée,
ton regard, ta main.
05.02.2024
–
Destin confus comme le brouillard,
–
je procède
à tâtons ;
–
peut-être préféré-
-je les horizons noyés.
06.02.2024
–
Souviens-toi du docteur Jivago, 1992,
–
en hypercapnie
à Bâle,
–
fauteuil capitonné
à côté d’elle.
07.02.2024
–
Au Cordon Bleu, le cocktail du CRSI.
–
Des visages, des figures,
du champagne.
–
Des lumières
sur le fleuve nocturne.
08.02.2024
–
Corps aplati sur le lit refuse de bouger
–
Souffle obscur
Fonction naturelle
–
Sempiternel cauchemar
des sonneries de réveil.
09.02.2024
–
Lorsque les dominicaines entonnaient le Te lucis ante terminum,
–
à Pontcallec,
février dernier,
–
je pressentais
que ces temps viendraient.
10.02.2024
Vents
–
–
de février,
pas perdus
–
au bord
de l’Eure calme.
11.02.2024
Silence
dominical.
–
Tu dors.
Je pense.
–
Volutes caféïnées,
blêmes lueurs d’hiver.
12.02.2024
Flamboiement
du soir,
–
nuits égrenées
d’insomnies,
–
Grand Œuvre
aux vapeurs d’antimoine.
13.02.2024
Chers
Paul et Anne.
–
Soleil invaincu,
chêne immortel.
–
Nos verres
d’eau-de-vie « Vendée militaire ».
14.02.2024
Ennui
doux comme du coton.
–
Je voudrais
un barzoï
–
pour briller
dans les rues élégantes.
15.02.2024
Février,
fraîche douceur des matins calmes.
–
Enfants roux,
café chaud.
–
Miel soleil
coule dans blanche faisselle.
16.02.2024
Clair-obscur,
j’aime tes lueurs très pâles.
–
Tes petites
ombres indochinoises.
–
Ton ambivalence
tiède et comme irrésolue.
17.02.2024
Invisible,
tu maintiens toute chose à sa place ;
–
tu souffles
la vie,
–
l’esprit
et l’amour infini.
18.02.2024
Départ.
Longue traversée en solitaire d’un océan inattendu
–
Points cardinaux
des Osismes,
–
des Touaregs
la Croix du Sud.
19.02.2024
Frères
les heures partagées, les planches de surf, les crépuscules
–
les pizzas
les Adelscott
–
la jeepwrangler
et Milele de makeba.
20.02.2024
Jeunes hommes
–
–
Corps magnétiques
Mots étranges
–
Nylon distordu
Souvenirs vinyles, rock progressif.
21.02.2024
Tes yeux
clairs.
–
Ta maison
de Clisson.
–
Comme toujours,
La concerto de Sibelius.
22.02.2024
La peur
de vivre.
–
La peur
d’aimer.
–
La peur
des nuits sans lune.
23.02.2024
Eveil brutal :
Mp3 des hurlements
–
du beau-frère.
Trois tout-petits
–
pleurent sous
les nocturnes mugissements hystériques.
24.02.2024
Nuit cryptomaniaque
Ecrans Binance et Kraken
–
L’agix
en percée
–
Maillon sur
la chaîne des blocs.
25.02.2024
Yeux fermés
Oublie les tracas, les fracas,
–
au creux
du silence
–
tu découvres
des territoires d’éternité.
26.02.2024
L’actualité,
cette grande dévoration de l’existence,
–
ennemie de
la beauté,
–
implacable entrave
à la haute civilisation.
27.02.2024
Semblance adolescente,
ayant poignardé la banalité des jours rances,
–
tu fends
les rues,
–
à cheval
sur ta vespa blanche.
28.02.2024
Je savoure
le calme d’un studio empli de souvenirs.
–
Mes parents
le connurent ;
–
leur amour
glisse entre les instants.
29.02.2024
Dame Souris
trotte sur le tapis, à l’auberge du Hibou,
–
dans Lutèce
un soir,
–
un soir
de Chinon, de laitue.
01.03.2024
–
Merde.
–
La bière belge
m’entraîne
–
trop loin
de ce Fils&Chips mayonnaise.
02.03.2024
Le bleu-vert
–
de tes yeux
me fascine,
–
ta voix
vivifie mes zones profondes.
03.03.2024
–
Envie et admiration
–
curieusement incompatibles. Quand
j’admire,
–
j’aime.
J’envie sans estime.
04.03.2024
–
Chartres, rue d’Alger.
–
Un if craque,
minuit sonne.
–
Des rires
pour recoudre les meurtrissures.
05.03.2024
–
Sa voix grave et stoïcienne
–
enveloppe mon corps.
Il parle ;
–
jusqu’où
emportera-t-il mon adhésion ?
06.03.2024
–
La difficulté de tenir une entreprise
–
contre fournisseurs, urssaf
et clients
–
me stupéfie
à chaque nouvelle étape.
07.03.2024
–
Le soleil perce à travers les nuages,
–
le cours de
l’agix
–
grimpe et
les filles chantent là-bas.
08.03.2024
–
La joie sonore, la joie visuelle, air frais
–
dans le gris
du soir,
–
un chant
dans l’eau lointaine.
09.03.2024
Le papier déchiré s’envole par avion vers Abu Dhabi,
–
le Louvre là-bas
t’attend,
–
bon voyage,
jolie belette de Sara.
10.03.2024
Laurence,
–
–
thé vert et
Saramago ouvert,
–
quatrième dimanche
de carême à Chartres.
11.03.2024
Brumes
flottantes
–
sur la cathédrale,
café brûlant
–
pour lever
le rideau du jour.
12.03.2024
Douche
glacée, péché
–
mignon, petit plaisir
SM, aucun
–
gémissement ne
se glisse entre nous.
13.03.2024
Par
les forêts paisibles,
–
nos vains désirs
sensibles troublent
–
nos cœurs
sauvages pris pour cibles.
14.03.2024
File
le train du temps
–
sur ses rails
sans fin,
–
par délicatesse,
nous perdons nos vies.
15.03.2024
Nus,
les arbres étirent leurs branches
–
dans les chants
des oiseaux ;
–
des flaques,
la boue m’appelle.
16.03.2024
Entre,
entre dans le mémorial des Lucs.
–
Ici, les morts
se penchent
–
vers toi
et touchent ton cœur.
17.03.2024
Frère,
les vagues bleues splachent devant nos pieds
–
ce jour spécial.
17 mars :
–
le sable,
le ciel, les cieux.
18.03.2024
Volvo,
tu roules dans la boue de flaques lumineuses,
–
entre les chênes
d’Amérique
–
qui longent
ces chemins de fortune.
19.03.2024
Sexualité
Dans le mitan du lit nous devisons sans peur
–
et sans reproche.
Corps mémorables,
–
visages oubliés,
garçons et filles en-allés.
20.03 2024
Une main
–
–
caresse le velours.
Un souffle
–
traverse nos
matinales chorégraphies du silence.
21.03.2024
Un charme
discret,
–
des aveux silencieux,
un effleurement,
–
tacite reconnaissance
de l’attirance mutuelle.
22.03.2024
Tous trois
rue Saint-Lazare,
–
un restraurant lusitanien,
vos sourires ;
–
joie de
vous aimer si fort.
23.03.2024
Mets Shurik’n,
démarre l’Alpine.
–
Je t’aime
un peu…
–
Mets Shurik’n,
« Si j’avais su ».
24.03.2024
Amour fou
pour un enfant lointain
–
Ne rien dire,
pas penser
–
Un jour
il sera un homme
25.03.2024
Encore vivre
au creux de tes reins
–
des heures courtes,
sans mots ;
–
se deviner
sans jamais se connaître.
26.03.2024
J’emporte
Mathilde aux beaux yeux clairs souriants
–
dans mon insomnie ;
me remémore
–
le temps
adolescent des cigarettes enflammées.
27.03.2024
De nuit,
j’avance vers la porte étroite, moi
–
voyageuse sans bagage,
sans lumière,
–
sans rancune,
vers les lagunes paraliques.
28.03.2024
Stabat mater
pour des religieuses, stabat mater pour deux castrats,
–
Stabat mater pour
une castrée,
–
Stabat mater
dolorosa, stabat mater aeterna.
29.03.2024
Au creux
d’une vie banale urbaine, je suis l’ascète.
–
Ascète sans maître,
ma vie
–
se tord
dans des sacrifices invisibles.
30.03.2024
Trois hommes
–
–
au Café Français.
Un amour
–
presque interdit.
Je te regarde regarder.
31.03.2024
Entre mes hanches
recourbées,
–
toutes les insomnies
du monde
–
attendent encore
ton labour à cheval.
01.04.2024
–
Seule,
–
ne plus jamais penser.
Juste rêver
–
et oublier,
grâce à la musique.
02.04.2024
–
Yéléna, Nord-Macédonienne
–
aux yeux vert acier,
silhouette androgyne ;
–
soleil matinal,
traversée de la cour.
03.04.2024
–
Jour de pluie
–
La lumière passe à
travers fentes
–
Le café
fume sans rien dire.
04.04.2024
Je voudrais souffler sur
–
ton beau visage intelligent
un zéphyr
–
qui diffuse
des salves de quiétude.
05.04.2024
–
Je mens tous les jours
–
avec mon air joyeux.
J’aime
–
l’éclat
que procure l’illusion.
06.04.2024
–
Des couloirs vides rue de Varenne,
–
je domine le silence,
je chante
–
Hôtel California
dans le Salon bleu.
07.04.2024
–
Je traverse le jardin et mon destin ;
–
fantôme au masque rieur,
mi-consciente, mi-abusée,
–
je cherche
la porte du monde.
08.04.2024
–
Nathalie Stutzmann chante et l’Eure me berce.
–
Il est dix heures
et Léonor
–
de Récondo
entre en jachère poétique.
09.04.2024
–
Comme un souffle, comme un vent, comme une vague
–
qui vient de loin
et murmure
–
en quechua
des choses du passé.
10.04.2024
Rire
–
–
entre vin et fromages,
place Monge,
–
et parier
sans compter les points.
11.04.2024
Manuscrit
sublime.
–
Soudain tout se justifie,
les livres,
–
le travail,
le choix de vie.
12.04.2024
Respire
la musique,
–
ce morceau arabo-ambient qui
nous ressemble.
–
Cette nuit,
écoute l’air frais.
13.04.2024
Turin,
y retourner, y
–
retrouver ce jeune homme
tendre, y
–
écouter Vivaldi
au bord du lit.
14.04.2024
Toi
qui m’as créée,
–
tes toiles me recréent
chaque saison.
–
Leurs couleurs :
fusées vers demain heureux.
15.04.2024
Ronronnent
les moteurs dans la rue.
–
Pardonne aux enfants tristes,
leurs fautes
–
de goût.
Ils tissent la beauté future.
16.04.2024
Nuit,
tu me fais peur. Nuit, tu
–
n’en finis pas.
Coke en
–
rails rouillés,
champs de boue consacrée.
17.04.2024
Oxmo
touche l’horizon, son rap lyrique stimule
–
les oiseaux de passage.
Je relis
–
Leibniz, Wittgenstein.
Tu prépares un café.
18.04.2024
Avril,
asperges vertes et blanches, douce rhubarbe – Rheum Rhabarbarum -,
–
quelques cervoises bien fraîches
et toi
–
qui sourit
de toute ta jeunesse.
19.04.2024
Khôl
autour de vos yeux noirs, où pointe une ambivalence,
–
une agressive tendresse, fuyante,
que rien
–
ne pourrait
désarmer – un baiser, peut-être ?
20.04.2024
Doum, maksoum
–
–
dans votre voix murmurant
des banalités.
–
Tendresse armée
sans pitié, mais pure.
21.04.2024
Se lever
tard
–
et le regretter amèrement
chaque jour
–
ou presque
depuis tant d’années.
22.04.2024
Rails rouillés
au soleil
–
comme des coeurs encombrés
de suie,
–
nos trains
renversés dans les marécages.
23.04.2024
Barres HLM,
champs de colza.
–
Ici commence la ville
et finit
–
la campagne.
Sous le soleil exactement.
24.04.2024
Un rosaire
pour les martyrs arméniens
–
dans la petite église
de banlieue
–
avril brisé
de sang à Adana.
25.04.2024
Soleil froid
sur mon grand manteau noir.
–
Macadam gris-bleu, la musique
hongroise tzigane
–
Ando Drom
et le café fumant.
26.04.2024
Je mets
mes mitaines, j’enfourche le scooter,
–
je fends la ville
d’avril,
–
la route
m’emporte au loin.
27.04.2024
Cinq enfants :
Cris, jeux bêtes, joie maligne des désobéissances.
–
Cette vitalité débrode et
nous abat ;
–
mes cheveux
blanchissent dans le miroir.
28.04.2025
Nuit noire.
Je suis seule au monde avec cinq enfants.
–
Mère d’un soir,
je pense
–
aux mères
de tous les soirs.
29.04.2024
Idées noires
sur lit de rythm&blues français et hongrois, syncope
–
d’une âme bleue
et tempête
–
de sable
dans une oreille droite.
30.04.2024
Un café chaud
–
–
dans le lit défait.
Un songe
–
à poursuivre
aux creux du monde.
01.05.2024
–
Insomnia…
–
et ce déjeuner de soleil
au Nord
–
de Paris.
Le charme d’Anne-Claire.
02.05.2024
–
je marche
–
sous la pluie de Paris ;
j’attends
–
que vienne
le temps des cerises.
03.05.2024
–
A l’Annexe
–
de la Petite Périgourdine, attablée ;
un fantôme
–
du passé
traverse, rue des Ecoles.
04.05.2024
–
Hier soir, l’ennui
–
étendait son emprise, mais elles,
elles voulaient
–
encore marcher
lentement et deviser longtemps.
05.05.2024
–
A Saint-Etienne sous Bailleul,
–
cueillir l’ail des ours
en chantant
–
tandis que
les ânes causent tranquillement.
06.05.2024
–
Le trouple d’hommes prend place.
–
Jérôme, Pierre et Jean-Sébastien partagent
le lit,
–
les familles
et la facétie intelligente.
07.05.2024
–
Au soleil chartrain, sur la pierre blanche,
–
je marche vers des lendemains
d’évidence,
–
sans savoir
pourquoi je souris tranquillement.
08.05.2024
–
J’emporte John Abercrombie dans ma douce insomnie.
–
Stat nox dum volvitur somnum.
Calme dehors,
–
calme dedans,
Calme des sans-dents.
09.05.2024
–
Grenouilles de la verte Anjou coassant dans les inondations,
–
l’ombre chinoise de Simenon,
pâquerettes guillerettes,
–
la vie
dévoile ses paisibles secrets.
10.05.2024
Retour.
–
–
J’ai quitté ces rives
vertes inondées,
–
cette chambre
angevine, cette ardoise bleue.
11.05.2024
Silence
liminal,
–
rue de Varenne, samedi matin.
Heureuse solitude.
–
Aux cuisines,
un zeste de Talleyrand.
12.05.2024
Anne,
tu apparais
–
soudain au creux du jour,
belle, vivante,
–
souriante, aimante,
tu indiques la direction.
13.05.2024
Rome
sur mon bureau.
–
un colisée miniature et Moravia…
… en attendant
–
l’été,
te revoir Via Margutta.
14.05.2024
Paris,
mai sous la pluie,
–
livreuse de livres à travers
les rues,
–
les scooters
et les marronniers malades.
15.05.2024
75008
La Sofia, rue de Lisbonne.
–
Mon huitième conseil de surveillance.
La quiétude
–
des décomptes,
grands comptes et résolutions.
16.05.2024
Stéphane
ses étranges souvenirs de jeunesse
dure :
–
Terre et peuple, le Gud,
Maurice Bardèche,
–
GRECE, Occident,
les bastons en prison.
17.05.2024
Quand
le bien et le mal se mélangent,
–
quand la littérature s’en va,
quand tu
–
écoutes Bachar
Mar Khalifé, kyrie eleison.
18.05.2024
Hyacinthe
Rigaud : au Musée des Beaux-Arts de Chartres
–
et sous tes lèvres entre
lesquelles pendouille
–
une cigarette
qui se consume doucement.
19.05.2024
Porte-fenêtre.
Le cheval à bascul et les piles de vinyles.
–
La cathédrale minérale d’après la pluie.
–
Le silence
épouse le temps présent.
20.05.2024
Christus imperat !
–
–
18 000 pélerins sous mes fenêtres.
Missa solemnis
–
ad orientem.
Lys et coeurs sacrés.
J’entame
dignement
–
l’engloutissement méthodique des pâtisseries
du Liban…
–
لبيروت
من قلبي سلامٌ لبيروت
22.05.2024
ጥላሁን ገሠሠ
chante encore
–
አንቺን ክፉ አይንካሽ et Matignon
vibre discrètement.
–
Soleil lointain
entre ces murs intemporels.
23.05.2024
Un oud,
des notes chaudes,
–
des notes rares et précieuses.
Zénithale tendresse :
–
ce sourire
à travers les persiennes.
24.05.2024
Déclarations Urssaf
et café au lit
–
par un matin de mai
sans nuages.
–
J’oublie
tout sauf l’amour.
25.05.2024
Les rires
au resto d’en bas.
–
Le printemps pétille en ville.
Un chien,
–
un Simenon
déjà lu dix fois.
26.05.2024
L’alcool
–
d’une très vieille poire
se balance
–
au fond
du très vieux verre.
27.05.2024
Fonts baptismaux
de la collégiale de Mantes-la-Jolie.
–
Je soulève l’enfant chéri
qui tend
–
sa tête
vers l’eau bénite.
28.05.2024
Minuit passé.
La traversée de la nuit commence ; taisons-nous.
–
Eteignons les petites lampes rouges
et prions
–
ces dieux
assoiffés d’amour humain.
29.05.2024
« Didith, Didith !
Est-ce que tu pourras me donner ta bague,
–
après, quand tu seras morte ? »
Mais oui,
–
bien sûr,
c’est tout naturel.
30.05.2024
Boutons d’or
–
parmi les rails couleur rouille.
Une gare,
–
les coquelicots
des bords de route.
31.05.2024
Deutérium et tritium
encapsulés :
–
au fond de l’hohlraum.
Plasma brûlant…
–
Confinement intertiel !
La magie du grand totamak.
01.06.2024
–
Nahla
–
où la ville qui sombre, Beyrouth
méconnu, film
–
qu’évoquait
souvent Paul, mon père.
02.06.2024
–
Sensations tristes
–
dans le tourbillon de la soirée.
Chacun vieillit ;
–
boire trop
et suppurer l’amertume.
03.06.2024
–
La nuit dort.
–
Moi je ris dans le silence.
Il faut
–
mille rires
pour recoudre le passé.
04.06.2024
–
Dans la nuit fade,
–
J’ai dormi avec Leo Perutz.
Le miroir
–
me rappelle
les affres du temps.
05.06.2024
–
Lorsque la honte s’abat
–
sur un corps pris au piège,
le rouge
–
se répand
dans toute l’âme.
06.06.2024
–
Marchant vers le déclin du jour,
–
j’attends le jour sans déclin.
Un chant,
–
une pensée,
un dernier gros chagrin.
07.06.2024
–
Une chemise à carreaux, un pantalon gris,
–
une montre noire, un sourire calme,
un instinct,
–
un humour,
de beaux yeux troubles.
08.06.2024
You could be my unintended choice to live
–
my life extended et tu pourrais
devenir celui
–
qui marche
auprès de mon ombre.
09.06.2024
–
A quelle heure sortirai-je cette nuit, mesdames, messieurs,
–
de cette belle cage dorée gouvernementale
si sage,
–
et pour
quels destins d’Europe ?
10.06.2024
Marteau-piqueur
–
–
et reflets du soleil sur le mur
de Varenne.
–
Ma mère
me donne la main.
11.06.2024
Abdelkader,
souriant
–
dans cet appartement avenue de Breteuil ;
jeux interdits
–
entre nous
comme à la guitare.
12.06.2024
Reste,
reste encore.
–
Le café fume, le gâteau dort.
Vivre fatigue
–
ceux qui
doutent matin et soir.
13.06.2024
Emotions
comme des vagues
–
qui viennent du bout du monde
se fracasser
–
en séries
sur nos rivages salés.
14.06.2024
Dans
un doux murmure lactique,
–
tu marches vers mon rêve ; tu
touches ma
–
bouche sous
l’épicéa de Serbie.
15.06.2024
Aube
sur ma pauvre cuisine pâle.
–
C’est encore et toujours aujourd’hui
le vertige
–
des néannts
sans tempo ni boussole.
16.06.2024
Vaillante,
ce sourire cynique toujours, vous préférez
–
les chiens aux enfants, les meubles
aux gens
–
et Dieu
à vos pâles descendants.
17.06.2024
Brume
sur la route tordue, sur le sable.
–
Des pins, des pas, des tombes,
la promesse.
–
Aucune parole
n’abîme le silence.
18.06.2024
Passagers
de la chambre haute, aux fenêtres du temps,
–
le coeur est une pompe et
l’amour
–
un mirage
au milieu du désert.
19.06.2024
Passager de la salle basse, à la porte du Sud,
–
ton corps, ce vaisseau de souffle,
de sang,
–
fuit par
les pores du temps.
20.06.2024
Juin pluvieux
–
–
Le mois des longues assemblées générales
au fond
–
des théâtres –
Rapports atones, votes aphones.
21.04.2024
Concertos
de Marcello.
–
Le hautbois coule dans le studio
studieux ; intègre,
–
il aspire
les moutons d’angoisse.
22.06.2024
Chèvre frais
au basilic ;
–
averse drue sur la rue Saint-Nicolas ;
ma vie
–
se ressemble
et je l’observe.
23.06.2024
Par une
trop chaude journée,
–
quelques mazurkas de Szymanowski égrenées par
tes doigts ;
–
l’après-midi
ronronne comme un chat.
24.06.2024
Je descends
la rue Sidi Brahim
–
vers le soleil, vers ton visage
souriant comme
–
la fraîcheur
des matins de jeunesse.
25.06.2024
Vivre à
Port Saint-Rêve des Morts
–
Y couler des jours sans soucis,
aux sons
–
du hautbois
et des ressacs salés.
26.06.2024
Franz Liszt
La rue est calme et tranquille
–
Vos trois consolations arrosent ce mercredi
de gouttes
–
de douceur
Il pleut sans eau
27.06.2024
Silhouettes vieillies.
Les collègues se plaignent de la nourriture,
–
des voitures, des horaires, des personnes.
Docteurs en
–
sciences politiques
ayant dépolitisé leurs vies.
28.06.2024
Sigur Ros.
Je deviens une fougère, je deviens un sous-bois.
–
Je deviens le végétal, nordique, froid.
Equinoxe blanc.
–
Gwenved, éther ;
chevauchée du cheval Sleipnir.
29.06.2024
Frisson pensif.
Cocoa butter et Mom’s Mercedes, des Shudder to think.
–
Mémoire : chat noir et souris lesbienne.
Boulevard Montparnasse
–
numéro 13.
Une voyageuse sans bagage.
30.06.2024
Mandorle de pierre,
–
–
belle amie chartraine aux yeux figés.
Qui pleure ?
–
J’écoute
l’avancée du silence.
01.07.2024
–
Ciels.
–
Un long courrier de nuages loin au-dessus
des peupliers ;
–
sortilège nostalgique
des étés d’enfance.
02.07.2024
–
Je ris
–
mais je pleure et je danse et
libre, je
–
chante au
fond de ma prison.
03.07.2024
–
Mes nuits courtes
–
mes longues promenades aux aurores sans visages
mes tractations
–
avec moi-même
sans faire de cadeaux.
04.07.2024
–
Que ce soit clair.
–
Give me one reason to stay here
and I’ll
–
turn right
back around. Ad libitum…
05.07.2024
–
Ouvre la fenêtre d’Overton
–
afin que nous puissions apercevoir l’arbre
qui cache
–
la forêt
et ses grands cerfs.
06.07.2024
–
Napoléon lance des boules de neiges
–
dans la fameuse école militaire de Brienne.
Sept heures
–
d’émotion
pour notre assemblée fervente.
07.07.2024
–
Nos pas s’éloignent de la cinémathèque ;
–
l’Ave verum corpus reste avec moi.
Abel Gance
–
a bercé
notre rêve de France.
08.07.2024
–
Opiniâtre, flegmatique ; pourtant je te trouve tendre aussi.
–
Planant au-dessus des conflits et des soucis,
sachant toujours
–
viser juste.
Sans chercher la reconnaissance.
09.07.2024
–
Et c’est une valse pour piano de Merikanto,
–
loin du syphon bouché de la cuisine
et des
–
souvenirs mitigés
d’un passé composé.
10.07.2024
Jungle.
–
–
Cachée derrière les larges feuilles, dans mon
fort Bastiani,
–
je sirote
un lait d’orgeat.
11.07.2024
Emil
Gilels –
–
inimitables doigts sur les notes de Beethoven.
Vinyles parentaux :
–
vos choix,
vos traces de doigts.
12.07.2024
Arabology :
Coït me.
–
Et une notule dans le matricule angélique.
Petites touches,
–
grands orgasmes
en mon immobilité frigide.
12.07.2024
Arabology :
Coït me.
–
Et une notule dans le matricule angélique.
Petites touches,
–
grands orgasmes
en mon immobilité frigide.
14.07.2024
Eutrapélie
des dimanches de juillet.
–
Fracas de la vie qui se cherche
encore, toujours,
–
avec la
poussière dans la bouche.
15.07.2024
Actualités :
conspiration diabolique contre l’intemporalité.
–
Sous la mousse de l’urgence dorment
les réalités
–
profondes et
la beauté du monde.
16.07.2024
Souffle
sur la mort qui te parle.
–
Entre dans le Salve regina de Pärt.
Ne crois
–
plus Satan.
Dieu est assis là.
17.07.2024
Râ
pénètre par la fenêtre matinale de Matignon.
–
Dans le bureau solitaire tonnent, ventent, clapotent
des notes :
–
Rach 3
remue mes pensées mobiles.
18.07.2024
Hydreliox.
Accrochée à la gueuse je descends je descends
–
Mon corps ondule au rythme distendu du silence,
adieu, adieu.
–
Finir dans
l’ivresse des profondeurs.
19.07.2024
Jeux
du désir, de la vie et de la mort
–
quand minuit nous cueille ahuris, instables.
Glassworks (Opening),
–
piano tendre,
corps avides de caresses.
20.07.2024
Masques spleenétiques.
–
–
Juillet derrière les rideaux ; un dogue allemand,
un figuier.
–
Preisner accompagne
la décision du jour.
21.07.2024
Longue apnée ;
expiration.
–
Les cris des mouettes, la grande mosquée.
Kraftwerk : mitternacht.
–
Ton baiser
sur mon épaule nue.
22.07.2024
Sex and
the City.
–
Amour, gloire et beauté – embrasse-moi Lucille,
six pieds
–
sous terre,
aux frontières du réel.
23. 07. 2024
Corentin bien-aimé,
blondeur d’enfance.
–
Je voudrais t’emmener sur une route
sans fin,
–
ton rire
serait ma joie parfaite.
24.07.2024
La manic
résonne dans ma solitude.
–
Le Québec de mon père, le salon
de Montparnasse.
–
Ecrivez-moi
des lettres d’amour.
25.07.2027
L’aube
ne sera pas encore l’
–
aurore, entre deux bleus parsemés d’orangé,
tu effleureras
–
du doigt
coeur, sexe et âme.
26.07.2024
Vitres sales
d’une fenêtre aimant la pluie,
–
tasses de café fumant près du livre
de Sara,
–
sourate Al_Kahf
des mendiants du vendredi.
27.07.2024
Tes bracelets
tintent dans la pluie du matin calme.
–
Comme l’année dernière, tu joues Liszt –
les consolations -,
–
le piano
plongé dans la pénombre.
28.07.2024
J’entre
dans la nuit profonde comme dans du beurre.
–
La saillance de tes muscles, la vaillance
du désir,
–
la ferveur
des soldats sans armes.
29.07.2024
Je crois
que Dieu connaissait trop les mathématiques de son temps
–
pour ignorer que sa création un jour
subrepticement glisserait
–
puis tomberait
au fond du gouffre.
30.07.2024
L’homme pense
–
–
dans la fraîcheur de l’escalier tournant.
Il refuse
–
la fatalité
d’un destin écrit.
31.07.2024
Garonne aux remous
lents,
–
les culottes sèchent suspendues aux crochets ferrés
des volets,
–
arachnide dans
la chambre du temps.
01.08.2024
–
Vignes
–
le long de la route de l’oubli.
Au Mas,
–
les violons
ont consolé mon coeur.
02.08.2024
–
Amères amertumes
–
au bord des lèvres, au fond du coeur,
commissures tristes.
–
Où croquerai-
-je le fruit salvateur ?
03.08.2024
–
Anne, mater, soror,
–
il y a un an souffrance et amour
nous berçaient,
–
incroyable danse
dans les vagues hospitalières.
04.08.2024
–
Jérémie, blondeur du dimanche,
–
sur le quai de Valmy, eaux du canal
et liquide
–
en poche,
nous achetons une statue.
05.08.2024
–
Les anniversaires sont des rendez-vous.
–
Ta main tenait la mienne ; je te suis
fidèle, aimante
–
et libre
comme le vent violent.
06.08.2024
–
Viennent les jours, sonnent les heures
–
des rencontres sans suite et des rhums caressants,
jouir encore
–
des sortilèges
avant de tirer révérence.
07.08.2024
–
Le corps bonheur et l’argent roi
–
au milieu de l’été, des rhums arrangés,
des fleurs,
–
des brasses
entre les vagues salées.
08.08.2024
–
Le journal de Matthieu Galey s’offre à moi ;
–
premières pages dans le lit défait du matin.
Un ramier
–
se pose
sur le fer forgé.
09.08.2024
–
Les gros glaçons flottent au fond de la carafe ;
–
feuilles de basilic et zestes d’agrumes immergés ;
apnée en
–
air libre,
aire de combat intérieur.
10.08.2024
Samedi.
–
–
Le parvis de la cathédrale scintille au zénith.
Café, Cicéron.
–
La pastèque
est une boisson solide.
11.08.2024
SM
StabatMater
–
Une longue nuit sous le fouet de Dvorak
à genoux.
–
Larmes, sueur,
un grand amour inaccessible.
12.08.2024
Hommes
sans qualités
–
issus de la vieille Europe aux mille qualités,
Ulysses intranquilles,
–
romans inachevés
des vingtièmes siècles désabusés.
13.08.2024
Bryan,
ton tatouage fleuri,
–
ton sourire éclatant de vingt ans, tes gâteries
pour moi,
–
aux cuisines
de l’hôtel Matignon.
14.08.2024
Equilibre
entre musique et silence,
–
minéral et végétal, prière et action, entre solitude
et amitié ;
–
Balance sentimentale
entre mystère et clarté.
15.08.2024
Nausée
au lit avec une casserole.
–
J’ai peur, j’enfouis ma tête sous
les draps.
–
Je veux
quitter ce monde affreux.
16.08.2024
Aurore
le rose des nuages m’éveille
–
les vieux immeubles craquent comme les vieux corps
La respiration
–
nous maintient
en vie, ici, maintenant
17.08.2024
Habits
prenant leur douche sous la pluie matinale
–
au ciel blanc de Paris, près des toits,
et toi
–
souriante encore
dans la cuisine pâle.
18.08.2024
Nue
derrière les stores baissés, pluie mélangée de soleil,
–
plants de basilic et pierre de taille parisienne.
Les moteurs
–
ronronnent ; Liszt
s’écoule du vinyle.
19.08.2024
Estival.
Mes vertiges sont noirs et tes mains sont fraîches.
–
Lorsque je perds pieds, l’arythmie devient tempo.
Chanson douce,
–
chanson sombre
des zones d’ombres.
20.08.2024
Deux teckels,
–
–
poils longs et poils durs, baguenaudent et chicanent,
quartier Saint-Sulpice,
–
humant ça
et là les pipis.
21.08.2024
Sébastien de
Brossard
–
nous emporte en son vaisseau vers les hauteurs.
Ciel sonore,
–
voûte créée
à Meaux en 1702.
22.08.2024
Lascive existence,
paresse sirupeuse,
–
Dans ma main, le poil devient liane folle,
cactus grimpant,
–
palmier géant…
Délivrez-moi de moi !
23.08.2024
Rouge sang :
fraises des bois.
–
Le soleil sur mes épaules nues, mes lèvres
aux abois ;
–
Gianni Versace
le long des jambes.
24.08.2024
Krzysztof Penderecki
samedi dans Matignon désert.
–
Voix d’un homme, utérus d’une femme :
féconde faconde.
–
Frisson minéral
(les statues aussi désirent).
25.08.2024
Tais-toi ;
je m’enfuis cette nuit.
–
Ne me pourchassez pas : mes angoisses gonflent. Brume,
arbres noyés.
–
quelqu’un tressaille ?
Course-poursuite avec les fantômes.
26.08.2024
Rires, sanglots,
la voix d’une petite sœur
–
qui, perdue dans la haine, fut repêchée par
l’amour
–
et qui
marche avec nous désormais.
27.08.2024
Matin blizzard.
Du point de fuite, jaillit l’horizon.
–
« Le temps qui passe a des reflets bizarres »,
chante Patricia
–
Kaas, tandis
que la Porsche file.
28.08.2024
Hommes et
femmes au bord de la crise de nerfs.
–
Rue de Varenne, les conseillers tombent la veste
et lâchent
–
les mots
contre celui qui tergiverse.
29.08.2024
Alcôve tendre,
où la statuette que tes mains sculptèrent rue Vavin
–
attend sagement que je lui parle de toi.
Montparnassienne, sablaise,
–
puis chartraine,
elle t’aime encore.
29.08.2024 bis
Je monte
les deux-cents marches inégales de l’escalier en spirale
–
Parce que je veux toucher les pierres d’attente
puis éprouver
–
l’anode
du vieux couple électrolytique.
30.08.2024
L’Eure file.
–
–
Refermer un livre, renaître au pays du soir.
Liszt encore,
–
Liszt toujours,
les consolations consolent vraiment.
31.08.2024
L’Eure coule.
–
Ouvrir un livre, sourire au pays du matin.
Tandis que
–
les variations
Goldberg se suivent inlassablement.
01.09.2024
–
Vois
–
le vieux pays, la haute cathédrale, la nuit noire.
Ecoute comme
–
barbotent encore
les poules d’eau.
02.09.2024
–
Rue Mouffetard,
–
les pains et les fromages coûtes les yeux de
la tête.
–
Je sifflote
le Pange Lingua gloriosi.
03.09.2024
–
Encore un soir
–
de rosé frais, de raisins blancs, de conversations banales,
ici même
–
où jadis
nous croyions au futur.
04.09.2024
–
Dans la lumière rouge,
–
deux danseuses se cherchent et se trouvent sans parler,
sans penser,
–
sans oublier
le poids du corps.
05.09.2024
–
Un café dans la pénombre
–
du lit défait, dans la chambre pleine de désordre.
Un café,
–
noir désir
sur un mensonge blanc.
06.09.2024
–
J’aime deux beaux enfants blonds
–
comme je n’ose le dire à personne, adoration
muette, calme.
–
Princes élus,
je vous donnerai tout.
07.09.2024
–
Aux heures de grand silence, j’écoute
–
le vent violent qui souffle dans la haute nuit.
Matelots et
–
boxeurs ronflent,
échoués sur des poubelles.
08.09.2024
–
La quiétude de la rue du Vieux Cerf ;
–
le hululement lointain, très lointain, d’un hibou moyen-duc ;
la fenêtre
–
qui grince ;
une partition de Liszt.
09.09.2024
–
Au-dessus des marais et des marécages, craillent les corneilles,
–
dans les arbres qui s’effeuillent en cet automne naissant :
chênes, ormes,
–
charmes, aulnes,
branches caressant les étangs.
10.09.2024
Elles,
–
elles bavassent dans l’appartement de la rue Dolomieu,
Laurence sage,
–
Natacha espiègle ;
moi je m’endors.
11.09.2024
Charme
extrême,
–
haute malléabilité du jeune homme, gay souriant, chaleureux, bien-pensant,
sans aspérité,
–
ambitieux, intelligent
et tactile avec tact.
12.09.2024
Place
d’Italie,
–
la grande fontaine ronde sous la pluie de septembre.
Eaux tristes
–
d’automne.
Les yorkshires ont froid.
13.09.2024
Mangeons
ces bonnes mirabelles
–
tombées des arbres de septembre aux premières rosées fraîches ;
souvenons-nous
–
de ceux
qui les aimaient aussi.
14.09.2024
Soleil
sur la ville saturnale.
–
Entre la Tombe Issoire et la Santé, les ombres
des silhouettes
–
se projettent
sur les murs inexpressifs.
15.09.2024
Café.
Blick Bassy chante en bassa.
–
Les livres traînent, la guitare dort, le passé revient
cet après-midi.
–
Instances immobiles
en attendant l’automne.
16.09.2024
Sang
de lumière, lumière de sang, seins
–
des statues de pierre blanche, seins noires des dames
de bronze.
–
Veines ivres
sous nos peaux vives.
17.09.2024
Nourrisson
dans nos bras incapables, avenue de Ségur,
–
nu comme un ver humain dans la ville torve,
un jour
–
tu destitueras
les vieux rois impétrants.
18.09.2024
Cherche
et ne trouve jamais car quand tu trouves,
–
tu perds le désir, tu perds le plaisir et
le sourire.
–
Cherche, savoure
chaque goutte de frustration.
19.09.2024
Taxis
en cortège dans les rues de Paris au soleil.
–
Fontaine de l’hôtel de Castries où pique-niquent ensemble
cinquante collègues.
–
Musique tchèque
dans un appartement lointain.
20.09.2024
Square Giacometti,
–
–
la fraîcheur des feuillages abrite mes rêves d’Immenstrom.
Te rejoindre,
–
cueillir ensemble
les edelweiss des Alpes.
21.09.2024
Crise d’
angoisse
–
au soleil matinal, dans la solitude des champs mentaux.
Descendre encore
–
deux rues
vers le fleuve imperturbable.
22.09.2024
Du houmous
de sésame
–
après la grand’messe, dans le salon, rue de Poissy ;
la Seine
–
se refroidit
sous les meneaux XVIIème.
23.09.2024
Je cours
sous le déluge,
–
avenue de Villars, dans mon imperméable blanc comme neige,
tandis que
–
la lumière
troue le ciel mouillé.
24.09.2024
Cette femme
exprime un malaise profond.
–
Et je fais face à ma très grande intolérance.
Pourquoi donc
–
haïssé-je
cet étalage de détresse ?
25.09.2024
Averses transverses,
l’eau tombe à verse.
–
A la renverse, la pluie réelle rencontre les pluies
du métaverse.
–
L’obverse
des eaux du caniveau.
26.09.2024
Volets mi-clos,
Paris en cette fin de septembre.
–
L’oud de Clarissa Bitar coule dans un appartement
à contrejour,
–
à contretemps,
berçant les objets oubliés.
27.09.2024
L’involucre
d’une fleur d’artichaut, le sucre
–
de ton sourire lorsque tu tentes une effraction mentale.
Le lucre
–
des gens
qui vivent parmi nous.
28.09.2024
Le Beauceron
fièrement gambade à mes côtés, sérieux, digne, responsable,
–
sous les aulnes centenaires qui demeurent impassibles lorsque nous
les dépassons.
–
Ils savent
qu’ils nous survivront.
29.09.2024
Urbs magique.
Un rap crépusculaire émane lentement de la haute muraille.
–
De l’autre côté de la prison, quelqu’un écoute…
Boulevard Arago,
–
voix noires,
pluies transparentes, masques blancs.
30.09.2024
Mavrommatis, rue Daubenton.
–
–
Des figures, des visages, des sourires, des regards vifs,
un chant,
–
des vins
et des petits fours.
01.10.2024
–
Place
Monge
–
quelques enfants,
–
quelques marchands,
quelques marrons d’octobre.
02.10.2024
L’été
enfui,
–
la ville
–
redevient sale,
mais son coeur bat.
03.10.2024
–
Le petit Timothée
sourit ;
–
sa main,
–
ma main,
sur l’avenue Denfert-Rochereau.
04.10.2024
Refuser obstinément la carte premium ;
–
lire dans
–
le regard
du banquier la désapprobation.
05.10.2024
–
Tomettes orangées par l’or
solaire.
–
Orchidoclastes, laissez-
–
moi entendre
l’appel du lointain.
06.10.2024
–
Au rectorat de Reims un dimanche
octobral,
–
Vincent Stanek
–
présente Alexandre,
l’enfant tant attendu.
07.10.2024
–
Une petite lumière orange dans le studio
studieux ;
–
un café,
–
un lied
de Schubert, une pensée.
08.10.2024
–
Les policiers en civils, pleins d’yeux mobiles,
veillent,
–
nous scrutent,
–
anges gardiens
de Montbrial et Bergeaud-Blackler.
09.10.2024
–
Je traverse les couloirs en me demandant comment porter
autrui,
–
comment aider
–
les souffrants
perclus dans leurs vies.
10.10.2024
Susurre-
–
moi
–
des choses ;
–
je veux
du sucre au cœur.
11.10.2024
Un, deux,
trois,
–
quatre, cinq,
–
six, sept,
huit, neuf et dix.
12.10.2024
Comme
un souffle
fragile,
–
l’esprit
–
se faufile
entre les âmes éternelles.
13.10.2024
Insistance
de la faim
matinale.
–
Laurence glisse,
–
elfe transparente,
sur le carrelage bleu.
14.10.2024
Charme
des châtaignes qui craquent.
Sortilège
–
d’automne.
–
Une sonate
et le ciel gris.
15.10.2024
Mabillon,
la terrasse d’un italien.
Chianti,
–
guerres, territoires,
–
immigration, capitalisme,
Aram et Edith ferraillent.
16.10.2024
« Here
comes the rain again, falling on
my
–
head, like
–
a mémory.
Here comes the rain.
17.10.2024
« I
only want to see you bathing in
the
–
purple rain,
–
see you
underneath the purple rain ».
18.10.2024
Anne,
ton visage profond sur la place Edgar Quinet
sourit ;
–
nous reprenons
–
la beauté
de tes maquettes épurées.
19.10.2024
Aube.
L’angélus sonne dans la ruelle, dans mon lit.
Cloches
–
de Marie.
–
Une prière,
un café, une pomme.
20.10.2024
Persiennes closes,
–
brouillard.
–
Corbeaux endormis.
–
Le glas
tinte dans le lointain.
21.10.2024
De longs
nuages
blancs
–
inondent longuement
–
la ville,
la grande ville grise.
22.10.2024
Et soudain
le travail
devient
–
intéressant, intelligent,
–
utile, percutant :
je sers mon pays.
23.10.2024
Entrer dans
la nuit comme
on
–
se rend
–
au bout
d’une traque inégale.
24.10.2024
Pénombre douce
des aurores octobrales, silhouettes
familières
–
des morts
–
qui oeuvrent
au destin des vivants.
25.10.2024
Il y
a vingt-cinq ans, passage Dallery
ou
–
boulevard Montparnasse,
–
nous quatre
aussi excités qu’aujourd’hui.
26.10.2024
Mer étale
de nuages sur les toits parisiens
samedi.
–
Aucune vague
–
ne trouble
la ligne du temps.
27.10.2024
Grands chiens.
Sons guérisseurs des sonneurs de trompe en
habits.
–
Parvis mouillé.
–
Hautes flèches
avalées par la brume.
28.10.2024
Un soliloque,
pas perdus dans les jardins de l’Archevêché.
Fraîcheur
–
et douceur
–
sous le
regard de l’ange.
29.10.2024
Qui dormit ?
Moi je tins mon quart de veille à Insomniapolis.
Oui,
–
matelot nocturne
–
sans navire,
dans les tempêtes sèches.
30.10.2024
Dans le train
–
je
–
dors debout
–
bouffée par
les neveux ogres-hurleurs.
31.10.2024
Donnez-moi la
chambre
maudite
–
aux chauves-souris,
–
sans chauffage,
très loin des enfants.
01.11.2024
–
Déchirante
solitude
parmi
les familiers ;
–
larmes secrètes
dans la demeure bas-poitevine.
02.11.2024
–
La veuze
sonne
encore
au fond
–
des bois
humides de La Garnache.
03.11.2024
–
Je t’aime
au
creux
du doute,
–
quand vient
l’heure du loup.
04.11.2024
Les familles s’effritent lentement
en
province,
mais toi
–
tu ris
plus fort qu’avant.
05.11.2024
–
Le miroir dans le miroir
réfracte
encore
le reflet
–
du sombre
visage de ma mère.
06.11.2024
–
Minuit ; il est déjà demain. Déjà
je
renonce
au bonheur.
–
Déjà je
crains, doute et rechigne.
07.11.2024
–
Je frappe à la porte des interdits
rouge
sang.
Le fantôme
–
qui ouvre
ressemble à mon père.
08.11.2024
–
Par-delà les nuages, là où meurt le vertige :
nappes
cotoneuses,
blanc silence.
–
Lente descente :
ton oeil bleu-vert s’ouvre.
09.11.2024
–
Les ponts se vident ; le jour a décliné
en
ténèvres
innombrables.
Qui chante ?
–
Il dort,
le beau Danube noir.
10.11.2024
Sip-Utca
–
deux
robes
et puis
–
un bouiboui
et un reggae bar.
11.11.2024
Souffle
régulier
sans
saccade,
lit solitaire
–
au creux
d’une ville tendre.
12.11.2024
Vapeurs
brûlantes, bains
froids,
corps
se mouvant
–
lentement entre
les colonnades, temps suspendu.
13.11.2024
Je
vais et je
viens
entre
les reins
–
des souvenirs
et je les adoube.
14.11.2024
Turbulences.
Vol de nuit intérieur,
ciels
insomniés.
Garçons manqués,
–
garçons efféminés,
danse avec mes anges.
15.11.2024
Ripeur
debout contre sa benne verte,
regard
plein
de grandeur ;
–
destin obscur
des hommes sans bagage.
16.11.2024
Puisque
descend la nuit, prends ton bain
de
tristesse,
ami amer ;
–
je tiens
ta main qui tremble.
17.11.2024
Remix
de Pachelbel, de Morricone et de Bach,
lit
défait
des rêveries
–
de novembre,
des audaces en solitaires.
18.11.2024
Peur,
grande peur de l’éditeur face aux egos
illimités,
impitoyables,
des auteurs,
–
merveilleuses victimes,
outrées, orgueilleuses, suffisantes, médiocres.
19.11.2024
Elle
me parle au Foyer Vietnam, mais ses yeux clairs
voguent
ailleurs.
Elle ressemble
–
au lendemain,
même quand elle divague.
20.11.2024
Novembre épaissit.
–
Froid-
gris,
mouillé-triste.
–
Pardonnez-moi
si je m’accagnarde.
21.11.2024
Trois fenêtres
fermées,
rideaux
légers,
deux cafés ;
–
une langueur
avant l’hiver profond.
22.11.2024
Le long
du jour
se
traîne
une fatigue
–
muette, sourde,
lancinante comme l’automne.
23.11.2024
Au milieu
d’une mer
de draps,
qui peut
–
faire de
la voile sans vent ?
24.11.2024
Salon bourgeois.
Trois Laurence papotent, guillerettes.
Je
finis
le doubeurre
–
au milieu
des beaux hommes tristes.
25.11.2024
Les rues
des sous-préfectures, rues Constantine, Joffre,
Romain
Rolland,
leurs devantures
–
graffitées de
kebabs et de pizzerias.
26.11.2024
Chaleureux dîner
de juges, procureurs, inspecteurs, notaires possédant
grande
science
étatique et
–
grande confiance
dans le bienfondé républicain.
27.11.2024
De nuit
en nuit, de peur en peur, guerre
et
paix,
souffle, sortilège,
–
la barque
sur l’onde noire.
28.11.2024
Hôtel Saint-Nicolas.
Premiers feux du jour : une joie blanche tinte.
Café,
brioche.
Vivre cachée,
–
rideaux tirés
sur mon propre mystère.
29.11.2024
Hôtel Dolomites ;
mon corps prend la forme d’une île déserte.
Pas
besoin
de drogues :
–
je plane
hors des champs euclidiens.
30.11.2024
Rue de Varenne,
–
canapé
noir,
soleil novembral ;
–
l’attente,
la magie du silence.
01.12.2024
–
Frère,
oiseau
de nuit,
étendu là,
–
au sol,
endormi sous mon regard.
02.12.2024
–
Jours autotéliques,
années
sans logique.
Force pure
–
des courbures
du temps sans mesure.
03.12.2024
–
Confire les aubergines
sur
les plaques
à induction
–
en écoutant
Christophe chanter la Dolcevita.
04.12.2024
–
Quelques pommes cuites fondues
dans
du beurre
citronné, saupoudrées
–
de cannelle ;
un doigt de calva.
05.12.2024
–
Un matin comme un autre
ou
presque comme
un autre,
–
café noir
et tartine d’incertitude.
06.12.2024
–
Dans le flottement du temps, Orion
de
Kaija Saariaho,
boule musicale
–
traversant lentement
des ciels de pensée.
07.12.2024
–
Son nom de Calcutta dans Matignon désert.
Oui,
petite marguerite,
son nom
–
de Venise
dans Matignon désert désert.
08.12.2024
–
Tant de concertos pour violon, de sonates déchirantes
pour
l’âme.
Ecoutons encore
–
Samy Moussa
en embrassant Johnny Walker.
09.12.2024
–
poser le suc des jours sur l’étagère poétique
sans
t’oublier,
enfance lointaine,
–
impressions premières
gravées dans le corps.
10.12.2024
Prendre
–
à
la nuit
son suc
–
tandis que
tout le monde dort.
11.12.2024
Je
veux
fuir
ma médiocrité,
partir loin,
–
par delà
les latitudes des chevaux.
12.12.2024
De
l’autre
côté
du miroir,
se trouve
–
l’énigme
de la jeunesse éternelle.
13 12 2024
Carapatée
dans le jardin
désert,
j’entends
la passation
–
se dérouler
dans la cour débordée.
14.12.2024
Laisse
le souffle des nuits
se
mêler à
ton souffle
–
de safran
et d’aubépine bleue.
15.12.2024
Une
mer de toits de tuiles
emporte
mon rêve
de sable
–
au-dessus des
eaux de l’Atlantique.
16.12.2024
Chats
gris, la nuit, toits noirs sous
blanche
lune ronde,
branches nues
–
des aulnes,
frissons des échines humaines.
17.12.2024
Cypherpunks,
les généraux byzantins ont compris leur péremption
et
votre victoire
ne fait
–
qu’initier
l’insurrection qui vient.
18.12.2024
Comme
des vagues qui viennent de loin se briser
sur
nos rivages,
au bord
–
du monde,
ta voix me berce.
19.12.2024
Douce,
la voix du jeune comptable en bras de chemise,
rue
de Budapest,
la nuit ;
–
immobilisations incorporelles
au compte de résultat.
20.12.2024
M’ayant
–
imposé
ce dîner,
il parlait,
–
pontifiant, attendri,
m’expliquant la vie.
21.12.2024
Les osmanthes
bruissent,
dans
le jardin
de Matignon :
–
minuit désert,
sombre, dense et profond.
22.12.2024
Le rap
de Jemon
lancine
ce soir.
Miel pur,
–
beurre fondant,
si tendres gâteaux arabes.
23.12.2024
Le lac
des cygnes noirs
s’ouvre :
prélude ondoyant de forêts,
–
symphonie lente,
lent désastre des astres.
24 12 2024
Un seul,
puis deux, puis dix,
langue
glissant entre
les dents,
–
noyée dans
le sucre du Liban.
25.12.2024
La souffrance,
notre identité la plus profonde ;
elle
qui ne
ment jamais
–
nous bercera
dans un dernier baiser.
26 12 2024
Vous naquîtes
rue Sainte-Félicité, dans le quinzième arrondissement.
Rue
Léon Delhommes,
vous avouez
–
un secret
cinquante ans plus tard.
27.12.2024
Ciel serein
Eclats de pure joie et de chocolat
Coeur
du monde
à venir
–
Tu vois
Je dis n’importe quoi.
28.12.2024
Toi aussi,
écoute la radio dans la nuit impulsive ; bois
brûlant
le café,
le murmure
–
du vent,
les riffs de Led Zeppelin.
29.12.2024
Un if
se balance derrière les toits de petites tuiles plates,
vert
d’hiver,
sombre, massif ;
–
je crois
qu’il me parle.
30.12.2024
Train Chartres-Paris glacé
–
Rues
sans visages
Je rentre
–
pour rien
Triste chanson de vagabonde.
31.12.2024
Un long soulier
de
satin,
de magie,
de beauté,
–
lustre, chants,
joie des heures parfaites.
01.01.2025
–
Aurore
–
Morves
de nuit.
–
L’inconfort
au coeur du nouveau monde.
02.01.2025
–
Je te
–
veux,
offerte sous
–
un manteau
d’étoiles, là-bas à Imenstrom.
03.01.2025
–
Nuée d’étourneaux !
–
Je
me souviens.
–
Leurs cris !
Nos visages tendus vers eux.
04.01.2025
–
Tu conduis nos souffles.
–
Essentielle,
inspirée, inspirante.
–
Principe intégral.
Le vent doux se lève.
05.01.2025
–
Cigarettes d’Alexandre se consumant
–
entre
deux chandeliers,
–
masques tombés
sous une piéta de Carracci.
06.01.2025
–
Puisque la belle Floriane me retient
–
en sa tempête,
–
je demeure
provinciale, loin des ministères amers.
07 01 2025
–
Rideaux tombés sur les vestiges du temps,
–
poussière
des ans,
–
pénombre hivernale
dans le studio des amants.
08.01.2025
–
Marrons glacés posés sur les rebords des fenêtres.
–
Lourd
couvercle céleste.
–
Ni ville,
ni campagne, une banlieue étendue.
09.01.2025
–
Nous plongeons dans l’océan profond de l’Osint.
–
Calme
rendant addict.
–
Je sniffe
la poudre blanche des informations.
10.01.2025
Rouler
–
–
vers l’Ouest.
–
Au wagon-bar,
un café et Joseph Brodsky.
11.01.2025
Le chien
–
dort
avec moi ;
–
il prend
tout l’espace du lit.
12.01.2025
Lourdes
vagues glacées,
–
fin
sable gelé,
–
sages enfants
sous les ciels d’Olonne.
13.01.2025In
Bed with Laurence.
–
McMafia,
épisode II.
–
Yeux révulsés,
cheveux dressés sur la tête.
14.01.2025
Vivre
au fil des jours
–
selon
la liberté.
–
Aurai-je
dû plutôt choisir l’action ?
15.01.2025
Noir
col-roulé, noir futal, nois désir,
–
Noire
manuelle mémoire,
–
Noir minuit,
Noires fluidités des caresses expérimentales.
16.01.2025
Plaisir
de vieillir dans le grand miroir :
–
livre
de vie.
–
Chaque énigme
sera levée – sauf la dernière.
17.01.2025
Amères,
nos rides, nos langues après l’amour ;
–
amers,
nos tropiques
–
du matin.
Amers des cartes marines surannées.
18.01.2025
Face
à celui qui vient te tuer, lève-toi,
–
tue
le premier.
–
Haine et
Amour des tréfonds du Talmud.
19.01.2025
Depuis
les hauteurs d’Ecouen, contemplons la plaine de France.
–
Brume,
ciel glacé.
–
Au loin,
feux de piste de Roissy.
20.01.2025
Calme, calme.
–
–
Chêne
ou roseau,
–
reste calme,
au centre de la quiétude.
21.01.2025
Amours sans
bagage,
–
Destin
sans nuages,
–
J’ouvre
la porte des lendemains vierges.
22.01.2025
Baisers caresses
soupirs profonds
–
chevauchée
sans halte
–
deux hallebardes
chant épique dans le lointain.
23.01.2025
Poignard posé
sur ta peau
–
jeu
dangereux, bizarre
–
qui cherche
encore à vaincre l’ennui.
24.01.2025
Les pommes
fondent dans le four
–
Sanglot
du beurre
–
Sérénade sucrée
Cocon dans une ville fêlée.
25.01.2025
Intérieur nuit,
Hôtel Matignon dans son obscurité
–
Exultation
des heures
–
Saudade politique
avec une chanson du Cap-Vert.
26.01.2025
La discrétion
quelquefois ne ressemble pas au mystère.
–
Parle,
ris, partage ;
–
ainsi personne
ne devinera ton vrai silence.
27.01.2025
Masque portuaire :
esplanade traversée de bourrasques,
déchirures du climat ;
–
bateaux
à quai.
–
Ambiance mortuaire :
bateaux partis pour l’infini.
28.01.2025
Deux seins
de pierre, deux seins de glace, corps alangui,
–
tordu,
sourire étrange
–
en attendant
la caresse des mains noires.
29.01.2025
Rideau vespéral ;
les choses à leur place et ma bouche fermée.
–
Silence
d’or
–
qui recouvrirait
mes paroles inutiles ou regrettées.
30.01.2025
Cache le secret
–
–
sous
tes paroles
–
puisque tu
ne sais pas te taire.
31.01.2025
Tout petit bonhomme
endormi
–
parmi
les cables,
–
les bips,
dans ton couffin de verre.
01.02.2025
–
Hassan ?
–
Raconte-moi
Doura Europos.
–
L’Euphrate ;
le long mur d’enceinte…
02.02.2025
–
Brunchs branchouilles :
–
dimanches matins
des bourgeois
–
qui ne
vont plus à la messe.
03.02.2025
–
Sondes de Forschwiller,
–
sous le
ciel gris
–
de Lorraine,
remonterez-vous l’hydrogène blanc ?
04.02.2025
–
Une soirée de scénaristes ;
–
archistes, dialoguistes.
Jécoute.
–
Regretté-je ?
J’aimais l’écriture industrielle.
05.02.2025
–
Croassement noir des corbeaux blancs
–
perchés sur
les frênes ;
–
deux éoliennes
se caressent sous les nuages.
06.02.2025
–
Un soir, t’en souviens-t-il ?
–
Nous voguions
en silence.
–
Notre amour
se mourait sur l’onde.
07.02.2025
–
Pain grillé, échalote et filet d’huile
–
d’olive,
whisky tourbé,
–
hier soir,
festin crépusculaire d’ermite chartraine.
08.02.2025
–
Jour de pluie fine ; un pub, deux guinness,
–
Caroline Mirkovic.
Mes cernes,
–
nos mères
et ses beaux yeux bleus.
09.02.2025
–
La lueur du téléphone dans la chambre toute noire.
–
Mon souffle,
ma pensée.
–
Une habitude :
écouter les bruits du silence.
10.02.2025
Jérémie
–
–
Prophète des
Îles froides
–
Pleureur salin
Dans les vagues du Nord.
11.02.2025
Ecole
militaire
–
Jeunes hommes
en pagaille
–
au wargame
du commandement du combat futur.
12.02.2025
Peau
de peterbald
–
et cernes
d’or,
–
j’entre
dans l’âge des vérités.
13.02.2025
Kriegspiel
entre généraux européens.
–
Sans enjeu,
propos tactiques,
–
stratégie fantômatique ;
Otan en emporte le vent.
14.02.2025
Intelligence :
j’ai toujours connu
–
mes limites.
J’ai
–
toujours compensé
par une faconde claire-obscure.
15.02.2025
Islamabad
où le soleil se lève,
–
Mosquée Faisal ;
un vœu
–
s’envole
vers les collines de Margalla.
16.02.2025
Seuls
Nous sommes tous vraiment si seuls
–
Jetés au
Monde comme
–
Des tourments
Depuis la falaise du destin.
17.02.2025
Fumés,
les jours de février, comme un whisky ;
–
et tourbés,
ses matins
–
bancals, banals,
dans la suie des repentirs.
18.02.2025
Peur
et Amour de l’Atlantique jusqu’à l’Oural,
–
d’Est
en Ouest.
–
Famille divisée.
Le temps dévérrouillera nos impasse.
19.02.2025
Refuge
rue Saint-Vincent de Paul, lustres, rouges tentures.
–
A travers
les mondanités,
–
l’intelligence
de la très vieille dame.
20.02.2025
Tu mens.
–
–
Je ne
t’ai
–
pas souri.
Je t’ai mordue hier.
21.02.2025
Ô guerre
informationnelle,
–
harcèlement cognitif,
rumeur agitée,
–
brouillage radio.
L’arsenalisation de l’information.
22.02.2025
L’ennui
se faufile
–
au creux
des jours
–
et stagne
comme l’eau des étangs.
23.02.2025
Une mare
de mon enfance,
–
les soirs sans lune ;
–
la flûte
entêtée de l’alyte accoucheur.
24.02.2025
Elton John
et son chemin de
–
briques jaunes,
autoroute A11 :
–
béton moelleux,
nos voix en mode pause.
25.02.2025
Oui, longtemps,
j’ai pris les attachements
–
pour de
l’affection,
–
les affects
pour de la fidélité. Regrets…
26.02.2025
Qui peut
faire de la voile sans vent ?
–
Qui peut
se lever
–
le matin
sans pleurer les amours perdues ?
27.02.2025
Vents nocturnes,
Engoulevents au raz des herbes folles gelées.
–
Campagne rase,
Etoiles méprisantes.
–
Je crois
Que je t’aime encore.
28.02.2025
La guerre,
tout milieu : terre, air, mer, cyber, espace, informationnel.
–
Plus humble,
la paix :
–
quelques noix
sur une table de cuisine.
01.03.2025
–
Vois
–
Comme le soleil
Se lève
–
Il inonde
Les limans de sa lumière.
02.03.2025
–
Demi-jour ou
–
trois-quart de nuit,
il était
–
une fois
les volutes du café noir.
03.03.2025
–
Givre aux cils
–
Narcose d’azote
peau bleue
–
Qui ressemble
aux cousines noyées de Kerguelen ?
04.03.2025
Hier Jérémie a dissout
–
la nuit soufflée.
Ce matin,
–
à Forschwiller,
Foulques sonde l’hydrogène blanc.
05.03.2025
–
La fin de l’hiver
–
Les oranges pulpeuses
Le miroir
–
Matin mutin
Rideaux tirés sur nos soupirs.
06.03.2025
–
Gros bourdon, petit bourdon en volée,
–
Puis le silence,
Des cloches,
–
Le café,
La lecture des matins calmes.
07.03.2025
–
Pensées de Pascal et pensées des prés
–
Pierre de taille
Béton armé
–
Grenades jetées
Dans nos vieilles âmes dégoupillées.
08.03.2025
A Vierzon dans le noir l’organiste joue
–
pour Sainte Perpétue.
Devant moi,
–
Fabien et
Côme ne font qu’un.
09.03.2025
Apprendre à fuir, apprendre à hurler, apprendre à frapper.
–
Apprendre à porter
secours aussi.
–
Vigilance, confiance –
et un pas de côté.
10.03.2025
Lierre
–
–
dans le contrejour,
café surexposé,
–
repos matinal
qui s’oppose à la volonté.
11.03.2025
Ministère
délétère
–
Rage d’ennui
Angoisse tremblante
–
Parfois, hurler
tout bas dans les couloirs.
12.03.2025
Echos
du lointain,
–
qui vous entend,
murmures ireux ?
–
Mare crisium,
qu’aucun navire ne dompte.
13.03.2025
Laurence
écoute les PinkFloyd
–
après la compote.
Elle divague.
–
Le vin
a fait du bon travail.
14.03.2025
Comme
une vague qui s’achève
–
sur le sable
du rivage,
–
je veux
mourir au bout du rêve.
15.03.2025
Bouleaux
proches, peupliers dans le lointain ;
–
carabine en joue,
je tire.
–
Souffle court
dans l’odeur de poudre.
16.03.2025
Reviennent
les babillages stridents des enfants espiègles
–
léchant leurs assiettes,
génioglosses tendus,
–
au fond
d’un restaurant de Denfert-Rochereau.
17.04.2025
Seule,
tu tiens ta peur entre tes bras
–
afin de contenir
son explosion
–
d’angoisse
sans forme et sans fond.
18.03.2025
Opus.
L’oeuvre invisible se ramidie dans le terreau
–
de la foule,
sans rumeur
–
ni médias,
et ad majorem gloriam Dei.
19.03.2025
Quelquefois,
je regrette les temps où j’étais de gauche,
–
généreuse sans limite
ni surcoût,
–
le camping dans le camp du Bien.
20.03.2025
« Camp 1940 »
–
–
Léopold Sédar Senghor,
mon grand’père
–
vous lisait
au bord de l’étang.
21.03.2025
L’élégant
visage
–
d’Anne-Claire surgit
boulevard Beaumarchais,
–
équinoxe urbaine
dans les vapeurs du soir.
22.03.2025
Café noir
avec vue
–
sur la rue
Tendre studio
–
Edredon observatoire
Chantonner au bord du monde.
23.03.2025
Nomcebo Zikode,
cette voix rocailleuse,
–
tes bras fatigués.
Repose-toi,
–
repose-moi
dans la doulce langue zoulou.
24.03.2025
Silence, don
descendu du ciel calme.
–
Soleil serein et
ses ombres.
–
Quelques gouttes
de café au zénith postprandial.
25.03.2025
Là-bas, toujours
les feux éternels d’Abşeron,
–
et chez nous
l’hydrogène
–
blanc lorrain.
La terre est encore vierge.
26.03.2025
J’attends
les chaudes averses sur nos visages,
–
au bord de
ta mer.
–
Caresses inédites
des vents sur les terrasses.
27.03.2025
Demeure pourtant,
dans le respect du droit, le silence
–
du doute et l’accueil
–
des divergences,
un combo salvateur et durable.
28.03.2025
Je regarde
le torse nu d’un jeune homme brun
–
à la dérobée ;
il fume
–
square Vergennes,
troisième fenêtre, immeuble en brique.
29.03.2025
Colonnade, ocre
des murs, bleu nuit du ciel et silence sage
–
des grenadiers… Chante
au loin
–
le tibibt
qui semble psalmodier toujours : inch’Allah.
30.03.2025
Casque noir brûlant
–
–
Moto Honda grise
et blanche
–
Autoroute bleue
Soleil vert à l’horizon.
31.03.2025
Entre les peupliers
bleutés
–
glisse la Maserati
d’Intissar.
–
La France
se prépare dans le secret.
01.04.2025
–
Chiapas,
–
Intifadas, Communes de Paris,
printemps berbère,
–
Nord-Irlande, anti-junte :
je t’aime, éternelle Vendée.
02.04.2025
–
Je longe
l’ancien portail armorié,
la Porsche,
–
la componction
placide du dogue de Bordeaux.
03.04.2025
–
Jours de lumière
–
Photographies argentiques venues de
notre enfance
–
Yeux plissés
Persiennes entrouvertes sur le passé
04.04.2025
–
Adhérer à la SGDL
–
au soleil d’avril,
poisson péché !
–
Jolie pêche
pour conjurer l’angoisse oratoire.
05.04.2025
–
Les fentes des stores strient
–
les lattes du parquet
place Monge
–
où lézardent
les agaves d’Amérique panachées.
06.04.2025
–
Les sourires, les regards, la choucroute,
–
les violons, le clavecin, le Riesling,
–
le temple
du Foyer de l’âme.
07.04.2025
–
Personne ne sait quand finira la nuit.
–
Le cercle est formé.
Déjà s’élève
–
le stupéfiant
Panda chant de Meredith Monk.
08.04.2025
–
Si tu n’existes pas, je me dissous
–
dans les abysses, dans
les abîmes,
–
je tombe
et je meurs chaque jour.
09.04.2025
–
Mes jambes et mes bras jouent aux tentacules autour
–
du corps sans défense
du fantasme
–
Je pique
je me venge des humains.
10.04.2025
Aram,
–
–
Grand maître des satellites
et Yuko
–
Oshima, percussionniste,
parade immobile sur le fleuve.
11.04.2025
Petite
marchande
–
de prose faviériste en
livraison chez
–
Jacquemart André
sous le soleil d’Haussmann.
12.04.2025
Lac
de solitude
–
Souffle court du silence
Soudain surgit
–
L’angoisse
cette vieille ennemie sans pitié
13.04.2025
Marchent
les jeunes hommes
–
vers le soleil pur
du destin
–
leurs pensées
naissent dans le jour tendre
14.04.2025
Chartres
était tendre ce soir
–
Mais dans ma colère
sans paroles
–
Je ne voyais que l’orme mort.
15.04.2025
Passementerie
dans l’obscurité du matin
–
Poutres fatiguées, chaux épaisse,
vieilles lunes
–
Le goût
du miel et du café.
16.04.2025
Demain
sous vos yeux vieillis j’aveindrai
–
des tissus de chagrin
et vous
–
comprendrez pourquoi
les vieilles armoires pleurent quelquefois.
17.04.2025
Foehn…
Le vent te rend fou, petit garçon.
–
Tu dévales
le flanc de Piz-Corvatsch.
–
Deux Saint-Bernard
te font office de parents.
18.04.2025
Tandis
que les incessants progrès techniques accablent ou sauvent,
–
les âmes demeurent perdues
sans repères,
–
la peur
ne les quitte jamais longtemps.
19.04.2025
Bâtir
dans le secret, à l’écart des terrains convoités,
–
de solides demeures pour
l’esprit.
–
Ce seront
mes archives de l’Ouest.
20.04.2025
Nycthémère amoureux
–
–
dans la lumière rouge
des lampes
–
Ici aussi
la cage dorée nous ensorcelle.
21.04.2025
Une jambe
repliée
–
Un sourire en coin
Quelques primevères
–
Le printemps
d’une jeunesse en fleur
22.04.2025
Insondable silence
des citadelles
–
La mienne demeure minérale
Ni eau
–
ni feu
La pierre et la voix
23.04.2025
Insondable citadelle
du silence immobile
–
Le verbe devient minéral
L’eau
–
s’évapore sous
la pierre et la croix
24.03.2025
Insondable immanence
des hautes citadelles immobiles.
–
Le vent se suspend
et meurt.
–
Seules demeurent
la chair et la croix.
25.04.2025
Insondable souffle
du vide en sa citadelle ;
–
Craquement silencieux.
Au désert
–
murmure encore
la voix de la croix.
26.04.2025
Murmure silencieux
des soldats désarmés de la citadelle.
–
Touaregs chrétiens en majesté,
chèches bleus.
–
Eternelle demeure
de pierre et de foi.
27.04 2025
Ballade lectuaire
de nos amours hétérarchiques sur musique électro,
–
Nul besoin de fouet
pour souffrir
–
Les caresses
savent faire mal avec tact.
28.04.2025
Balade nocturne
Frère-soeur voix masculine voix féminine, les pas syncopés
–
aux brèches du désir
politique, artistique
–
Tu sais,
La frontière de nos destins
29.04.2025
La perspective,
seuls sur la route comme des enfants sans passé
–
Quand l’avenir nous atteindra
Nous aurons
–
Déjà compris
la séparation électromagnétique des isotopes
30.04.2025
Et sans doute
–
Faudra-t-il du temps
Pour apprendre
–
à aimer
sans cathinones ni méthylènedioxyméthamphétamine
01.05.2025
–
Pleurant
–
sur la troisième consolation de
Franz Liszt,
–
nous regardons
la pluie mouiller les paquerettes.
02.05.2025
–
Soliloque sotériologique
–
(avec un pain grillé beurré,
à Saumur,
–
au printemps),
les Stromates de Saint Clément.
03.05.2025
–
Depuis les montgolfières
–
le temps distend les vallées,
les prairies,
–
les rivières
et les pensées sans filets.
4.05.2025
–
Sur le klismos, à
–
l’ombre rétrécie au zénith,
le pâtre
–
regarde sans
réfléchir la courbe des collines.
05.05.2025
–
Chacun me tient une main
–
dans les rues de Paris.
Fleurs, graffitis,
–
Motos, bourgeons,
nous humons l’air urbain.
06.05.2024
–
Une douce odeur de cigarette blonde
–
flotte autour de mes pensées ;
à coté,
–
je crois
que Laurence lit un roman.
07.05 2025
–
Un larme d’arak avec Marwan Chahine,
–
un soupçon de tokaj avec
Grecsó Krisztián,
–
quelques gouttes
de Lagavulin avec Irvine Welsh
08.05.2035
–
L’Orient le jour, l’Orient la nuit,
–
et l’Orient encore aujourd’hui,
qui finit
–
en catimini
avec les chercheurs de midi.
09.05.2025
–
Le soleil invaincu se dévêt par un matin perdu
–
Laissant le monde se noyer
de peur
–
Je croise
Des passants aux yeux éclatés
10.05.2025
Dolomites :
–
–
un poème de Mandelstam ou
de Cavafy
–
pour entamer
la traversée du jour blanc.
11.05.2025
Clemens
Rector
–
Une mélodie grégorienne de Lioncourt
Un dimanche
–
À Motey-Besuche
Dans la maison des vignes.
12.05.2025
Université
de Besançon.
–
Fille illégitime de ma mère,
j’écoute
–
les spécialistes
évoquer sa vie, son œuvre.
13.05.2025
Main
dans la main
–
Dans le train du rêve
avec elle
–
Très loin
des regrets et des remords
14.05.2025
Laurence :
Qui est-elle, silhouette
–
adolescente de cinquante ans, sortie
de douche,
–
déjà partie
vers son mystère sans ramage.
15.05.2025
Comme
le soir tombais, je vis
–
Un chien dans un jeu
de quilles
–
boire sous
une tonnelle un armagnac ténarèze.
16.05.2025
Olives
offertes sous le soleil frais
–
La perceuse des ouvriers chante
se mêlant
–
à Liszt
Et je crois en Dieu
17.05.2025
Amour
sombre, vert-de-gris tournant à l’eigengrau, amour /
–
sans pitié, je t’aime
en coulant
–
sans nager
dans les étangs d’Insomniapolis.
18.05.2025
Choufleur
braisé dans le curry sur lit de yaourt
–
Échalottes émincées crues, jus de
carotte gingembre,
–
Pain noir
Ciel bleu du boulevard Beaumarchais.
19.05.2025
Subir
Sa propre volonté sans la comprendre, comme une malédiction ;/
–
Se laisser hanter par soi-même
Et siroter
–
Sans penser
Une vieille liqueur de vulnéraire.
20.05.2025
Une porte
–
claque dans le quartier calme.
Café harar,
–
tu emplis
mes veines de sang noir.
21.05 2025
Le temps
passe
–
comme un vieil ennemi narquois
qui sonne
–
aux portes
des femmes n’ayant rien prévu.
22.05.2025
La théorie
des motifs ;
–
nos cohomologies étale et cristalline,
vos foncteurs.
–
À Cornimont,
la ligne bleue des mathématiques.
23.05.2025
Brillants, cultivés,
chaleureux, sociaux, aimables,
–
pensant exactement comme il faut,
sans écart.
–
Profession : journalistes.
L’ordre moral en souriant.
24.05.2025
Techno musique
Ici dans l’aquarium
–
Dansent les poulpes de Matignon
Pieuvres, méduses
–
Léviathan cogne
Dans mon coeur d’otarie
25.05.2025
Je ressens
Un besoin de drogues dures
–
Un appel du large psychologique
Un frisson
–
Larguer enfin
Les amarres du bateau ivre.
26.05.2025
Léger vent
dans les cheveux longs du monde
–
Il était une fois toi
et moi.
–
Lourde tache,
celle d’éliminer les fioritures.
27.05.2025
Poussière crépusculaire
Éclats d’amitiés au fond des verres
–
Si l’amour nous lie
tous ensemble
–
Je crois
que nous traverserons le temps.
28.05 2025
Nuit tendre
lorsque les nuages glissent lentement sur les toits,
–
Que les brindillent craquent sous
les pas,
–
Crapaud ému
au clair de la lune.
29.05.2025
Ici sonnent
les cloches des heures, depuis mille ans ; bourdon Marie
–
et autres pièces de campanologie.
Aucun angélus
–
n’estompe
L’attente latente des latences.
30.05.2025
Le silence gronde
–
–
dans la vallée du Lötschental.
La chute
–
du glacier
et le vol des hélicoptères.
31.05.2025
Une belle femme
parle
–
et j’écoute de loin,
timide, consciente
–
qu’aucun
rêve ne mérite sa divulgation.
01.06.2025
–
Foule
–
éclatante de liesse et d’inconscience,
croyant fêter
–
une victoire,
se dévoile esclave du Qatar.
02.06.2025
–
Une chambre.
–
Une chaise paillée, une lampe allumée.
L’amour.
–
Une mouche.
Deux jambes nues se replient.
03.06.2025
–
Reviennent les temps
–
du sexe des anges en Sorbonne,
des barbaries
–
médicales, et
des politiques de terres brûlées.
04.06.2025
–
J’abandonne mon téléphone,
–
condition pour pénétrer dans cet hôtel
des Invalides
–
que Gange,
ma chienne, rêvait d’explorer.
05.06.2025
–
La longue route de vagabonde
–
Nous entraîne à travers la ville
Du temps.
–
Volcan, Révolution,
Dans la gueule du loup.
06.05.2025
–
La bibliothèque nationale déploie son manteau
–
de cotte de maille gris ;
Esplanade fraîche
–
où fricotent
les soleils des jours calmes.
07.06 2025
–
À Saint-Riquier au pied de l’abbaye,
–
La table est bonne, la bière
douce-amère ;
–
Et toi
Tu n’existes presque pas.
08.06.2025
–
La fierté victorieuse des parents accentue mon isolement.
–
La poussière du château en décapilotade
me console.
–
Je monte
dans la chambre du souvenir.
09.06.2025
–
La lune se lève sur la pointe du Hourdel ;
–
les phoques se couchent au loin.
À Saint-Valéry,
–
Quelques cygnes
glissent sous les fenêtres Art-Nouveau.
10.06.2025
Descends…
–
–
… cet escalier de l’intime conviction.
Ne cherche
–
aucun raccourci.
Chaque marche réchauffe ta volonté.
11.06.2025
Vineuse
ivresse
–
Hôtel de Massa à la dérive
Jardins lascifs
–
Directeur flippant
Le cotinus exhibe ses perruques.
12.06.2025
Kérygme
des Douze
–
Souffle spirituel incertain sur la nuit
du monde
–
Desposynes dispersés,
vos soirs engendrent nos matins.
13.06.2025
Chat,
Bonhomme de lune,
–
Sages comme des images de livres
pour enfants
–
Dormant au
fond des greniers de province.
14.06.2025
Répéter
La fraction du pain.
–
Pieds de pierre, pieds chaussés, pieds
de nez.
–
Feux orientaux
(missiles sans âmes, poème blessé.)
15.06.2005
Suie
des fortes chaleurs sur Turin
–
Cappuccino délicieux pour la vieille droite croulante/
Rives calmes
–
d’Europe :
Un bateau sur le Po.
16.06.2025
Mercurochrome…
Sous les arcades Laurence et Jérémie
–
noyés dans le capuccino, les miettes
–
de sucre,
se disputent avec les pigeons.
17.06.2025
Partie
la femme qui dormait près de moi,
–
parties les longues jambes blanches, parti
l’énigmatique
–
léger sourire
laurencien et sa vaporeuse étrangeté.
18.06.2025
Si
le jaune est la négation de l’immanence,
–
le rouge sublime la transcendance ;
si et
–
seulement si
le bleu désaltère le monde.
19.06.2025
Turin
s’est effacé le long des rails après les Alpes
–
et l’Europe est un extase
lent, sérieux,
–
locataire précaire
dans la gangue du temps.
20.06.2025
Midi brûlant.
–
–
Je savoure un café de solitude
loin de
–
l’assemblée,
à l’étage des secrets.
21.06.2025
Minuit tiède,
microclimat.
–
Cette nuit, le solstice d’été
nous rapproche
–
des contrées
chevauchées par des licornes psychopompes.
22.06 2025
L’Eure
vive glisse ;
–
poules d’eau, couleuvres à collier,
lavoirs désuets.
–
Les heures
tendres de l’Eure filent.
23.06.2025
Tu cherches
la.voie pure
–
en papier déchiré. Tes doigts
tâtonnent encore,
–
toujours avides
des mystères de la vie.
24.06.2025
Enfant roi
Tu contemples mes orteils
–
Tu miaules, tu grimpes, tu ris,
Tu manges
–
Des fraises
Le temps retient son souffle.
25.06.2025
Alta nox.
La topologie régénère le sang.
–
Sleipnir cavale sur l’aurore boréale.
Latitudes cadavériques.
–
Un hypogriffe
court et vole vers Occismor.
26.06.2025
Diégèse fluide.
Éclipse du récit, surimpression des impressions.
–
La pluie écrase la rue accablée
de chaleur
–
et ravive
la chair et le verbe.
27.06.2025
Zéro étoile ;
chiens hurlants dans la ville de nuit.
–
Tu expérimentes la faim, la mathématique.
Désiré Désir,
–
passager clandestin
du train de la soumission.
28.06.2025
Bona fide
j’ai cuisiné cette ratatouille avant midi,
–
pensant mes amis que vous ne
quitteriez pas
–
les lieux
avant l’arrivée des montgolfières.
29.06.2025
Tempus fugit.
Qui se souvient des bourgeons quand l’eté fleurit ?
–
Je t’aime, je t’aimais
Et personne
–
Ne sait
Si je t’aimerai toujours.
30.06.2025
In illo tempore
–
–
Le silence dominait la lumière, Maître,
Et toi,
–
Tu taillais
Le bois de ce violon.
01.07.2025
–
Élévation
–
Les clochettes du servant de messe signalent /
le miracle
–
Christus vincit
Christus regnat et Christus imperat
02.07.2025
–
Helen Thompson
–
connaît par coeur la série Dallas et
les cours
–
du pétrole,
du vent et du charbon.
03.07.2025
–
Gisements d’hydrogène
–
qui changerez la face de la France,
la Lorraine
–
de Barrès
vous pressentait en son sein.
04.07.2025
–
Le vent ; les ténèbres.
–
Pange lingua, gloriosi corporis mysterium, les voix /
des moines,
–
le murmure
du passé dans mes cheveux.
05.07.2025
–
Tu viens dans mon corps
–
fluide se glissant parmi les fluides rapides/
Tu lisses
–
les parois
Et la musique nous emporte.
06.07.2025
–
Et tu sors de mon corps,
–
Fléau sans peine parmi les âmes en peine
Tu glisses
–
en musique
sur les parois du monde.
07.07.2025
–
Les parois de nos lunes trop terrestres,
–
Ô l’étude sélénographique de nos firmaments contraires !
Astres, désastres :
–
marées tièdes
dans une valse de Villa-Lobos
08.07.2025
–
Sur incises, Pierre Boulez, un poème de Cummings /
–
Anaclase de la carotide, anastase des inclinations /
très amoureuses,
–
Torsion intégrale
du bassin sous ses mains.
09.07.2025
–
Louis XIV dans l’ombre de la persienne semiclose,
–
Corentin endormi sur le fauteuil empire bleusombre –
blondeur tranquille ;
–
Je récite
la litanie des motardes butch.
10.07.2025
Corentin
–
–
poursuivait ce matin son long rêve ferroviaire.
Rail libertaire,
–
horizon rouille,
anspects abandonnés sur le ballast.
11.07.2025
Esplanade
BNF
–
Un rêve en noir-gris-blanc de
danseurs urbains
–
qui déchirent
le ciel et le béton.
12.07.2025
Sexe
et amitié
–
plutôt qu’amour et couple. Neveux plutôt
qu’enfants
–
et transit
plutôt qu’une adresse fixe.
13.07.2025
Natacha,
depuis l’aurore,
–
pérore, jase, gazouille, papote, jacasse, potine, caquète, /
babille, bavarde,
–
bavasse, cancane ;
je bois un cinquième café.
14.07.2025
Sex
and the rural area.
–
Love in the digital age, electric cars
with leatherette
–
rear seats ;
foreign hands on local thighs.
15.07.2025
Quelques
noisettes, un verre de lait.
–
Un air de Villa-Lobos : planto do caboclo.
J’aime
–
quand tu
fais semblant d’être ailleurs.
16.07.2025
Panique,
panique le long des longs couloirs.
–
Le budget atermoie, se déploie, nous broie.
Ordres, désordre.
–
Au jardin,
les fleurs exhalent leur mutisme.
17.07.2025
Rentrons
dans le palais brûlant du prince élu
–
dans la noire nuit longue du prince
Nobis datus
–
Nobis natus
Le théorbe geint pour nous.
18.07.2025
Tétons
brûlants, peau lisse aux frontières, poils oubliés, ondulations /
–
saccadées de rires mixés, tempo chaud sur
draps tièdes,
–
gouttes glissant
le long d’une apnée.
19.07.2025
Été
Lascif été au creux des reins la paresse amoureuse
–
Au creux des chiens les tiques pernicieuses
Eclipses mentales
–
Aposiopèse, ellipse
Le sens fond au soleil.
20.07.2025
Clarté oblique
–
–
venue des rideaux flous à demi tirés.
Heure électrique,
–
mon ombre
devant la machine à café.
21.07.2025
Bleue, l’
aube
–
se glisse par la fente des fenêtres.
Trois corbeaux
–
craillent ; deux
enfants s’enfuient vers le Nord.
22.07.2025
Hébétude encore
et toujours
–
Quand la nuit trop courte a laissé
un trou
–
Qui grandit
avec les heures du jour.
23.07.2025
La honte,
la honte congénitale,
–
sœur cachée et mère indigne, grand’mère insoupçonnable, /
amante défaillante,
–
amie perverse,
un jour je te tuerai.
24.07.2025
Toi, enfant
du port de Brest,
–
tu connaissais sûrement Barbara de Prévert, mais/
connaissais-tu
–
déjà alors
le simple mot de Palestine ?
25.07.2025
Burning Spear
Dans un grand appartement parisien.
–
Tandis que les étoiles brillent trop loin
d’ici.
–
Un jour
ton désir sera mon esclavage.
26.07.2025
Les moines
chantent pour le sauveur du monde.
J’ai il y a longtemps entendu
là-bas,
–
au Barroux,
l’office du Saint-Sacrement.
27.07.2025
Europium, yttrium,
Tulium, lutécium, terbium, dysprosium, scandium, si ductiles
si malléables, aux orbitales difficiles et fructueuses.
Physique, chimie,
–
Mont analogue
et la géopolitique qui vient.
28.07.2025
À Matignon,
les voix murmurent dans les couloirs sans fin
–
et les feuilles bruissent dans le hêtre,
les magnolias…
–
Position fœtale
sur le canapé du bureau.
29.07.2025
Une araignée
se meut le long de la rainure du parquet.
–
Un café fume sur le rebord de
la fenêtre.
–
La nuit
je sais qui je suis.
30.07.2025
Grandola, Vila Morena.
–
–
Notre terre est une terre de fraternité.
Fraternité invisible,
–
Fraternité inlassable
des villes brunes sans âge.
31.07.2025
Une péniche stylisée
industrielle.
–
Un homme et une femme à côté
de moi,
–
yeux clairs,
visages calmes sur la Seine.
1.08.2025
–
Café
–
Sur le faubourg saint-Antoine, Catherine depuis trente-cinq ans ; /
Iconographe pointue,
–
Catalogueuse avisée
Anne t’aimait d’amitié.
02.08.2025
–
Le café
–
ressemble à l’amour ; il fouette, il caresse,/
il manque ;
–
il laisse
un goût sur la langue.
03.08.2025
–
Une immense solitude
–
descend sur la ville et accable le studio /
des Quinze-Vingts.
–
Yeux fermés
je convoque mon peuple interieur.
04.08.2025
–
Je finirai seule sûrement
–
face au Dieu tout-puissant que j’ai inventé /
pour contredire
–
la mort
et pour pleurer en Lui.
05.08.2025
–
La vie et la joie,
–
La création artistique, la lecture nocturne, le libre-arbitre, /
La transmutation
–
des souffrances :
héritage cédé un cinq août.
06.08.2025
–
Deux images viennent souvent me hanter.
–
Le fouet de mon père sur cette femme ;
Et ma
–
mère peignant
femme nue sous homme habillé.
07.08.2025
–
Stasis, engendreuse de guerres civiles ! Enserre désormais /
–
la République, cette Reine Morte dont le prince
est encore
–
un enfant,
un enfant à naître monstre.
08.08.2025
–
Love is a stranger in an open car/
–
It is noble, it is brutal, it shines/
like destruction.
–
Tempt me
And drive me far away.
09.08.2025
–
Quand tu viendras, emporte-moi vers les terres rares,
–
où les métaux entremêlés alchimisent notre avenir commun.
Ma main
–
tiendra enfin
la main de l’Europe.
10.08.2025
жаным…
–
–
Le sceau de cet amour si pur brillera
un jour
–
à Almaty
sur tes yeux grand fermés.
11.08.2025
Individus
agglomérés,
–
perdus au fond de nos silos de certitudes,
pour ne
–
plus voir
la désaffectation de la vérité.
12.08.2025
Кино
Souvenir tendre
–
D’un rock samizdat russe plus beau que
Le rock
–
rue Boissonade
In my own private Ideal.
13.08.2025
Podcasts
Toute la journée
–
Je nage dans les eaux de la banque
centrale européenne
–
Les voix
Des économistes caressent mon coeur.
14.08.2025
Implacable
soleil rue de Varenne.
–
Le muscle du coeur pompe et bat avec
hésitation quelquefois.
–
Nul chant
n’égale le bruissement végétal.
15.08.2025
Ave
Ave Ave Maria Ave Maria
–
En ville la sainte Vierge à bout de bras /
Ruelles saturées
–
D’humains,
De saints et d’anges.
16.08.2025
Sous
le lagerstroemia, les enfants enchantés chantent /
–
le chant ancien des mousses amoureux des sirènes /
et dansent
–
la ronde
joyeuse autour des vieux mariés.
17.08.2025
Danse
au fond d’un verre de whisky /
–
tandis que dans la fontaine les poissons rouges /
se gobergent ;
–
Toute première
fois, la toute première fois.
18.08.2025
Flairant
la paresse ensoleillée de la ville en suspension ;/
–
je poursuis sans soucis ma lascive balade dans /
Paris aoûtien…
–
Humons discrètement
Les secrets du square Récamier.
19.08.2025
Estival
rendez-vous dans le bureau beige d’un long couloir ;
–
Avenue de Ségur, les ressources sont humaines, très /
humaines, mais
–
pas trop ;
Comme une douceur d’État.
20.08.2025
Jérémie Gallois
–
–
Cinq heures quarante-cinq : toi non plus tu ne /
dors pas,
–
Tu écris
Avant le lever du jour.
21.08.2025
I am
Walking
–
Along with the father and the son of
Cormac McCarthy’s
–
The road,
And my heart slowly heals.
22.08.2025
Le train
De Chartres
–
Et dans l’humide et chaude nuit d’été
La cathédrale
–
M’accueille
En sa majesté de solitude.
23.08.2025
Les osmanthes
du grand jardin.
–
Les politiciers, les militaires, les cuisiniers, les maîtres /
d’hôtel.
–
Les silences
séditieux de mes lectures clandestines.
24.08.2025
Bistrot caché
Au village Saint-Paul
–
Manu chéri le bel ami perdu et retrouvé
Estivale parenthèse
–
Nous vidons
Une bonne bouteille de Brouilly.
25.08.2025
Hôtel Matignon.
Dans le crépitement du crépuscule,
–
Somnoler entre les bras chauds de Binyavanga Wainaina. /
Ô Afrique,
–
Ô Europe,
Ô langues coloniales et décoloniales.
26.08.2025
Ludwig, amples
Habits autour de son long corps
–
Ses yeux jeunes se plantent dans les miens
Vaguement tristes
–
Tu sais
Nous allons devoir partir bientôt.
27.08.2025
C’était,
tu sais, le ciel triste d’Oxford.
–
C’était ta voix, ta main, mon rêve
encore inachevé.
–
C’était
la rêverie suspendue au temps.
28.08.2025
C’est
Le sel de la terre sous le vent,
–
La terre bleue balayée par les rafales
Du noroît,
–
Mes lèvres
Asséchées par ses froids silences.
29.08.2025
Ce sera
L’élégance du scintillement argenté à l’horizon lointain/
–
Ce sera une caresse dérobée à tout regard.
Furtive, sauvage.
–
Ce sera
La magie de la mort.
30.08.2025
Et ce sera
–
–
ma réponse amère à votre question romantique, en
cette matinée
–
où
politique et morale s’entredéchirent.
31.08.2025
Dans les sous-bois
murmure
–
une herbe folle et volatile qu’aucun feu
ne brûle ;
–
les druides
l’utilisaient pour penser librement.
01.09.2025
–
Jérémie
–
Blouson de cuir dans le jardin de la démocratie /
La beauté
–
du visage,
L’eau bleue des yeux.
02.09.2025
–
Tu contestais
–
l’intimité du café matinal au bord du lit. /
Tu préférais
–
les rires,
les cris des familles nombreuses.
03.09.2025
–
Les corps ivres.
–
Ivre de joie, de foi, de toi, ivre de /
vin perdu.
–
Semblance trouble,
Fente lumineuse des volets fermés.
04.09.2025
–
Au Port Saint-Rêve,
–
Lorsque l’aurore aux doigts roses chasse la nuit, /
Les réverbères
–
Soudain s’allument
Pour guider les ombres solitaires.
05.09.2025
La maison de l’Atlantique.
–
Les enfants au piano, les enfants aux fléchettes, rires,
saltos, hotdogs,
–
jeux interdits.
Le chien fronce les sourcils.
06.09.2025
–
Le dogue aux larges babines baveuses
–
Se meut solennellement sous la colonnade ornementale du perron. /
La Bentley,
–
doucement ébranlée,
Remonte l’allée du souvenir.
07.09.2025
–
Mouettes blanches sur les vastes plages atlantiques
–
Méchantes et capricieuses, aux ailes recouvertes de sel, lucides, /
Belles, cruelles,
–
Sans peur,
Planant sur les humains dérisoires.
08 09.2025
–
Cette nuit, amis, quand la lune sera haute,
–
je cacherai ma lèpre sous un chèche de lin.
En Jaguar,
–
nous fuirons
par la baie des Olonnes.
09.09.2025
–
You’re a piece of shit, no one cares…
–
Après la messe fervente de l’Île d’Olonne,
les enfants
–
à tue-tête
hurlent POS dans la LandRover.
10.09.2025
Inflexions
–
de la voix de ma mère, à jamais vibrantes,
souvenirs riants.
–
Nous revoir,
l’an prochain à Jérusalem.
11.09.2025
Murk
comes.
–
Shoes in the sludge, butt on the hood, dunked,
I stoop
–
to see
stars collapse in the meadow.
12.09.2025
So
old photos,
–
So young faces, in the last drawer of Anne.
We were
–
Smiling, unhappy ;
Yet she captured our future.
13.09.2025
Nimbostratus
dessus les prés.
–
Les freux planent en cercles concentriques sur les marais. /
J’attends.
–
L’enfant
cueille un tison de Satan.
14.09.2025
Éclair,
Coup de tonnerre, foudre. /
–
Les freux fuient les noirs marécages du ciel troué. /
Je crie.
–
L’enfant
lâche le tison de Satan.
15.09.2025
Paysage ;
Théorème de l’axe prinxipal.
–
Petite musique de jour et grandes angoisses de nuit, /
Théorème spectral.
–
Commisure labiale ;
Symétries axiales et centrales.
16.09.2025
Voix
lointaines, alentours de la rue Saint-Nicolas.
–
Étirement lent d’un matin blanc comme un linge, /
Fragiles instants,
–
entre rêve
de ouate et désir flagrant.
17.09.2025
Anne
avait emmené ses enfants voir Bagdad Café.
–
10 ans, 8 ans, 4 ans. Souvenir
Du boomerang,
Du piano,
–
Du désert,
De la voix calling you.
18.09.2025
Parmi
Les cerfs et les rapaces, l’enfant grandit
–
Sans peur, sans reproche, sans honte ni culpabilité, presque
Libre, presque
–
Sauvage, tendre,
cruel, auprès de son père.
19.09.2025
Dreamers
Adjust their weapons in order to aim their rage,
–
Rage against the machine, A.I.
stuff replacing us, and
Rage, rage
–
rage against
the dying of the light.
20.09.2025
Massa mansion
–
–
Green gold double doors opening to the lost garden.
Wig tree
–
Tender gravels
Heritage days in the rain.
21.09.2025
But don’t you
–
hear « a formless music for the age to come »,
coming through
–
a pause
between your long dark sobs ?
22.09.2025
Words of
love are
–
gone with the ones who loved me true and
I remain
–
forever lost
in the cold worldly sneers.
23.09.2025
Dark circles
under my eyes :
–
I am the one who never sleeps, smile or
weep but
–
I can
laugh when the thunder rumbles.
24.09.2025
You want
to be a lesbian
–
but you don’t know where to start ? Don’t
try me.
–
Fast fashion
is now also about sex.
25.09.2025
Long memories.
Ba’asists and Nasserists, enemy brothers
–
whose sisters were dancing on the old Damas tiles
in 1975.
–
Your smile
stirred their joy, Bassel el-Assad.
26.09.2025
Sea of
beeches, oaks, maples, pines and elms ;
–
waves of leaves in their last green before their
red-yellow agony
–
and fall.
The Earth feeds on death.
27.09.2025
A slanting
light falls from the sky. Sanderlings race
–
through the foam border between the sand and the/
Atlantic waters.
–
I swim
in an April Gornik’s painting.
28.09.2025
I wonder
why are our countries driven by good students
–
rather than magnificent timeless gods like Alexis Ladot and
Titouan Leduc.
–
The times
of wild horses is coming.
29.09.2025
Serene foreheads
do reflect feelings and sensations I have never experienced.
–
This morning, sitting on the edge of the void,
I sang
–
a song
for the rise of freedom.
30.09.2025
–
All my frustrations,
–
–
composted for so long, would make a rich fertilizer
for a
–
new life
if I had some courage.
01.10.2025
–
June,
1389
–
Eternal battle
–
Kosovo Polje
Nothing could erase this memory.
02.10.2025
–
Ubiquitous mother…
Funny
–
how death
–
gave you
another way to express love.
03.10.2025
–
Land of silence.
Land
–
of knowledge.
–
Rare earths
sleep under the innocent river.
04.10.2025
–
In the secret heart
Of
–
Its castle,
–
Does Saint-Georges-de-Pointindoux
ever remember its lost heyday ?
05.10.2025
–
Eight years old : age of
Honesty.
–
And so
–
I completely
disgust you with my lipstick.
06.10.2025
–
Words of love are coming out
from
–
her tomb.
–
Clouds of
sperm brighten the dark womb.
7.10.2025
–
Voices whisper at Nidhe Israel in Bridgetown,
Barbados
–
וְיַמְלִיךְ מַלְכוּתֵהּ
–
as dust
floats in the sun’s rays.
08.10.2025
–
Hundreds of books litter the studio floor and
Shelves
–
I hear
–
Their hissing.
Literature is a transformative power.
09.10.2025
–
Salons Hoche. A handsome boy named Sofiane with gold
earrings
–
is smiling
–
at Retailleau
at the European competitive summit.
10.10.2025
Heaven ?
–
Hell ?
Frenzied climax.
–
Very bad
mix of phenylethylamine and serotonin.
11.10.2025
The
History
Of
–
The Decline
–
and Fall
Of the Roman Empire (Gibbon).
12.10.2025
History
of hysteria
Geography
–
of paranoïa
–
Linguistics of
the silent waves of solitude.
13.10.2025
I
can’t get enough
of
–
your love,
–
I can’t
but what’s driving me crazy ?
14.10.2025
Timothée
Is walking far ahead
In
–
the gentle
–
October sun,
slowly healing my autumn wounds.
15.10.2025
Don’t
Cry when night is falling.
Wait
–
For dawn.
–
Wait until
You drown in the dew.
16.10.2025
Beneath
our tired feet, the rooftops of
Paris
–
stretch out
–
as far
as the eye can see.
17.10.2025
Cumulocirrus.
Intertwined hands on the teak wood table ;
–
Bright eyes ;
–
Dark skin ;
Half boy and half man.
18.10.2025
Backlights
On our lifes running toward winter ; courtyard, dark
windows,
–
Gloomy twilight.
–
Red hair ;
Two glasses kiss on a table.
19.10.2025
Lazare
on my knees, at the Tridentine Mass concelebrated by
Martinican
–
and Breton
–
priests, on
this 19th Sunday after Pentecost.
20.10.2025
Still life
–
With
–
Nuts, apples,
–
And bottles
of wine in a mirror.
21.10.2025
Brown skin
Red
smile
–
Soft hands
–
Dark sex
And mysteries in your eyes
22.10.2025
Victor Laszlo
In Casablanca.
Yet
–
Viktor lazlo
–
In a
Canoe rose, far from Marienbad.
23.10.2025
Harley-Davidsons for
three old lesbians
who
–
hate victimization,
–
transmania, and
Like to remember their 1970s.
24.10.2025
Global South
And Collective West are
In
–
A boat.
–
The boat
Is sinking to the Northeast.
25.10.2025
Liquid worlds.
Weak powers and powerful weaknesses
merge.
–
Deep south,
–
sharp North ;
And the West can rest.
26.10.2025
Yesterday, yesteryear,
When I am old, I will
read
–
von Rezzori
–
in his
original desolate German poetic language.
27.10.2025
Syr Daria –
Where great Crested Grebes and Black Winged-silts
Sing
–
Aral songs
–
Far from
Our dry sea of anguish.
28.10.2025
Les escaliers
des hôtels de Castries et Gouffier de Thoix,
–
Labyrinthe
des huissiers,
–
Où quelquefois
Surgit une trace du passé décomposé.
29.10.2025
Tombe-Issoire Street.
Indian Pale Ales on the wooden and formica tables.
Who
–
Can say
–
who finally
Kissed the woman in red ?
30.10.2025
Des mers rouges
–
S’écoulent.
–
Je sauve
–
La face.
Feminité : implacables règles du jeu.
31.10.2025
In the cold
kitchen,
potatoes
–
wrapped in
–
aluminium foil
are cooking in the fireplace.
01.11.2025
–
Feux
follets
des
cimetières et
–
roboratives galimafrées
des chaumières vendéennes en hiver.
02.11.2025
–
Brown rains,
Black
clouds,
Green suns,
–
Blue frogs
Purple waves and yellow submarines.
03.11.2025
–
Ton utérus fut
Ma
Première
Demeure et
–
Ta tombe
Sera peut-être la dernière, maman.
04.11.2025
–
Laughing and showing off
to
mask
the grimaces
–
that remorse
gradually draws on our faces.
05.11.2025
–
Les armoires, les commodes en
bois
normand,
les bahuts,
–
les bretonneries,
renferment les secrets des ailleuls.
06.11.2025
–
If the monks in my family,
Had
left
A trace,
–
I would
understand the Mysteries of sacrifice.
07.11.2025
–
… amour que j’aimais tant ne dura
qu’
un
clair de
–
lune – elle
avait le nom de Ninon.
08.11.2025
–
Reread Anne Applebaum and sip that old Polish
herbal
vodka,
at night,
–
in november,
in the realm of Insomnia.
09.11.2025
–
L’intensité du monde, les subtils pistils du safran ;
Toi,
ta
joie tactile ;
–
Ma patience
et la montée du torrent.
10.11.2025
Caresses
–
slow
down.
Over there,
–
wind turbines
danse in the dusty sunset.
11.11.2025
Il
était
une
fois
le garage
–
à Jeeps
sous le soleil de Satan.
12.11.2025
Once
upon a
time…
a
green-eyed, red-haired
–
maiden who
stood at an open window.
13.11.2024
Entrez,
entrez donc, mais
ôtez
derechef
ce couvrechef ;
–
soyez poli,
Découvrez-vous encore, monsieur Novembre.
14.11.2025
Far
beyond deserts and seas,
gleam
the
oil rigs :
–
sensual sculptures
that shape our distant lifes.
15.11.2025
Destins
cousus de fils de chagrin.
Pourtant,
parfois,
la joie
–
surgit, inédite,
sur le boulevard du quotidien.
16.11.2025
Let’s
enjoy the countryside in the rain.
–
Heavy
skies,
slight depression.
–
Thyme, rosemary,
wet twigs littering the ground.
17.11.2025
Là-bas,
l’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud.
Magie
ultraviolette,
immensité ionisée.
–
Chasteté sadomasochiste
des ceintures de Van Allen.
18.11.2025
Flying
Among the white and gray birds
Laughing
In
The air
–
And swimming
In the age of consent
19.11.2025
Comme
les vagues de mémoire se brisant sur la grande /
plage
de
l’insomnie,
–
ainsi vont
les heures fragiles du doute.
20.11.2025
A song
–
escapes
from
the house
–
and crosses
the street of the inaudible.
21.11.2025
L’étoile
chute.
Désastre
de
l’astre ;
–
Circonvolution céleste
en proie au clinamen lutécien.
22.11.2025
Blithe like
a boy
playing
with
his soldiers
–
and resolving
The greatest battles of History
23.11.2025
Qui saura
guérir ton coeur
lorsque
viendra
le jour
–
tant attendu,
le jour du grand pardon ?
24.11.2025
Lost room
on a lost highway
on
a
gray day.
–
Horizon dust.
My hands in your hair.
25.11.2025
Chandail noir,
Boucles d’oreilles à terre.
Vespéral
Whisky.
Une rumeur
–
Au loin…
L’envie d’une caresse.
26.11.2025
Your skin;
your white skin with its freckles.
Your
hands.
Your lips.
–
Your hopes.
Your hair, full of dust.
27.11.2025
Chandail beige ;
le café noir, la pâte d’amande
« agriculture
biologique ».
La flûte
–
de pan
et le temps des secrets.
28.11.2025
Love it
when raindrops come to slide and die on
the
windows
of my
–
Parisian existence.
Then November becomes almost seductive.
29.11.2025
Fraîcheur novembrale ;
Le sourire de Raphaël Merlin cité de la Roquette.
Vins,
Dinde,
Lumières multicolores.
–
Saillies sheraziennes
– et les garages à bites.
30.11.2025
Wave of emotions
–
under
the
windows of
–
the former
European Coal and Steal Community.
01.12.2025
–
Froid
de
gueux grand-ducal,
colverts, corbeaux
–
planant dessus
l’Alzette et la Pétrusse.
02.12.2025
–
Deux cierges
en
la cathédrale
Saint-Florin
–
de Vaduz,
pour toi et pour vous.
03.12.2025
–
Lost dreamy thoughts
From
An abandoned
Upstairs room ;
–
Lost regards
For a faraway past friend.
04.12.2025
–
Un coeur simple en
voyage
d’affaires.
Une appli ;
–
Un rendez-vous ;
Une chambre à l’étage.
05.12.2025
–
I feel your flesh quivering
under
my hands.
I feel
–
your skin
gently trembling under my fingertips.
06.12 2025
–
Chapka, doudoune, mitaines et bottes noires
Dès
Potron minet
Pour cueillir
–
L’aurore
Boréale sur une guzzi V7.
07.12.2025
–
Emerged from a roman-fleuve, the strong man
takes
me like
nobody did
–
before and
I shrink down to nothingness.
08.12.2025
D’élisions furtives en liaisons impulsives, nos yeux/
noyés
sans équivoque
lentement remontent
–
des profondeurs
du fleuve de la nuit.
09.12.2025
–
Black skin under a thin sunray, a white mask/
On
The timeless
Rocking chair.
–
Lips merge
And the hand-to-hand combat begins.
10.12.2025
Quelquefois
–
Cligner
Des yeux ;
Sentir sur
–
Les paupières
Le baiser de l’horizon.
11.12.2025
Whose
Dalmatian
is
this, dancing
like crazy
–
on the
ochre fountain in the patio?
12.12.2025
Corps
de pierre
battant
la chamade
et peine
–
de chair
au coeur des nuits blanches.
13.12.2025
I
Would like to
Dive
Into a
Bath of
–
Confidence during
The rest of my life.
14.12.2025
Demain,
machines à café, grille-pains,
voitures,
godemichés, seront
fabriqués hors
–
de Chine,
biosourcés dans l’Europe réhabilitée.
15.12.2025
Ségur,
old name, but modern building,
Under
A half-lit
Automn sky.
–
Searching for
The next place to work.
16.12.2025
Mais
peut-être un beau jour voudras-tu
retourner
avec moi
sans paroles
–
aux confins
dévastés de nos enfers perdus.
17.12.2025
Neither
sex nor black coffee or music or
poetry
can change
the world ;
–
But they
certainly help us cross it.
18.12.2025
Sous
ces riches plafonds, les miroirs de la Païva.
silencieuse,
tu montes
les marches
–
d’onyx
jusqu’à la table de six.
19.12.2025
Look !
The Vastness attracts our lost car like honey draws /
flies.
And we
have been
–
riding around
in circles for many nights.
20.12.2025
Ondes stationnaires
–
dans
ce studio.
Trois fenêtres
–
ouvertes sur
la grande nuit en impulsion.
21.12.2025
I want
you
opened
and smiling
at dusk
–
when night
falls on the slate roofs.
22.12.2025
Tenir la
main de
Shahin,
passer l’
écluse, glisser
–
le long
du fleuve de la périménopause.
23.12.2025
Blood corpuscles
shine and tarnish
on
a wave
since all
–
human life
is, first and foremost, dialectical.
24.12.2025
Grisaille noyant
les quartiers brutalistes de
Sheffield,
leur apodicticité
sans logos,
–
Ô architectes !
Vos gyrus cingulaires étaient complètment grippés.
L’autodaté du dernier au premier, plus pratique pour les assidus, c’est par ici !
