Une salle du manoir

Le corps

Salle « Le corps » importée depuis AlmaSoror

◈

  • Firmus ut Cornu

    Firmus ut Cornu

    Ainsi parle le cerf, après des siècles de silence :  I An mille. On les voit naître là-bas, en Bretagne, non loin des bois que je hante depuis toujours. Ils me tuent sans doute déjà, à la chasse. Mais ils ne m’ont pas encore élevé au rang totémique.  II Premier nom, premières fratries. Vaines occupations… Lire

  • La crise d’angoisse

    La crise d’angoisse

    Les poumons rétrécissent, le souffle devient râle, une infinie pitié pour soi-même déforme le visage en une plainte digne des meilleurs mendiants professionnels, un point dans le haut du dos, le bras gauche devient lourd, les jambes flageolent, le ventre noué émet des signaux bizarroïdes, la trachée rétrécit, l’œsophage se ferme, la voix ne sort… Lire

  • Témoignage

    Les anges de l’hiver ont des visages trop aimés. Ils ont des corps enfuis, des âmes qu’on ne veut pas abandonner. Ils ont des secrets au creux des ailes, leur chanson brame encore au milieu de nos nuits hagardes, leur piano tinte un peu dans nos oreilles qui oublient sans vouloir oublier. Leur absence est… Lire

  • La bouteille de l’exil

    Cette pièce fut écrite à l’hiver 2005 et jouée durant le printemps 2006 dans un squat du onzième arrondissement. Depuis, elle était tombée dans le tombeau de l’oubli. D’ailleurs, cette version semble incomplète. Au détour d’un acte, il manque un pan de texte !   Acte premier   1   Un homme, Milos, mince et… Lire

  • Au bord de la D 85 un an après

      Un blues lascif pénètre tous les espaces du bistrot à cheval entre une ville de province et sa campagne agri-industrielle. Un couple improvise une valse quelque peu mâtinée de tango. Je me souviens de la fête : c’était l’année dernière. Un océan de mojito baignait les âmes et les corps. Des lumières bleues et rouges… Lire

  • La rencontre du car

    (J’ai changé les noms des lieux et du petit jeune homme) Enfin le car Sovétours s’approche. Je retire ma chapka, je m’avance vers lui et salue le chauffeur. Un premier regard vers l’intérieur du car me rappelle à quel point je suis vieille. J’avance vers mes trente-sept ans, ici tout le monde a moins de… Lire

  • Autour du testament d’un riche prince russe à l’article de la mort

    Voilà un extrait de la Guerre et la paix de Tostoï, dans l’élégante et fluide traduction qu’en donna Elizabeth Guertik. Les passages en italiques sont en français dans le texte original russe.   Cependant le prince Vassili ouvrait la porte de la chambre de la princesse. La pénombre y régnait ; seules deux veilleuses brûlaient… Lire

  • Les voix et ululements du monde

    Les voix et ululements du monde

    Je disais un soir à Anne que Sofia Tolstoï décrivait, dans son journal, le ululement du hibou comme un son désagréable. En l’écoutant sur internet, nous l’avons trouvé suprêmement beau. Nous nous sommes dit que dans notre monde où la nature est colonisée par l’homme, où la vie sauvage est réduite et lointaine, où tout… Lire

  • La souffrance morale

    Une situation professionnelle est terminée, et soudain, la vie est plus légère, le sourire éclate naturellement sur mes lèvres qui restaient pincées. Je contemple l’incroyable souffrance morale diffuse des dernières semaines et tente de percer ce mystère de l’oppression intérieure. Intérieure ? Non, en fait : cette oppression est venue d’un mail, lui même faisant… Lire

  • Tcha tcha tcha !

    Tcha tcha tcha !

     « – Sur les talus, ces tâches sombres ? – Les gens ». M Duras   Pendant que vous faites la nouba, nous dansons la rumba. Les averses dansent leurs gouttes de pluie dans l’air et le soleil. Une sorte de bleu se pose tout doucement sur la ville, les jardins, les artères et la plage, là-bas. « Il… Lire

  • Jeux

    Jeux

    Photo de Tieri Briet [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Il est loin le temps des jeux. Le temps où les mains cherchaient comment faire plaisir à l’esprit. Le temps où l’on voguait sur les rêves à la dérive, des après-midi entières. Si des drames avaient… Lire

  • Le dernier iftar

    Le dernier iftar

     Sara  à la photographie, Edith de CL au texte.     Dans le ciel iranien ta croix d’obscur Chrétien, tes jambes réparées, ton front pur, mon amour. Dans la chambre de Nasa, ma vie parmi les femmes d’Esfandyar, fils de Bachir, frère d’Assad et ton frère aussi, à toi, Abbas, avant le dernier Iftar. Trois… Lire

  • Que ton règne vienne. Journal d’une guerre dont on ne sait rien

    Que ton règne vienne. Journal d’une guerre dont on ne sait rien

    J’ai rencontré une vieille amie de mon ancien quartier. Est-elle cousine, voisine, copine ? Je l’ignore. Je sais qu’elle marche toujours de ce côté du boulevard, où l’on a détruit un vieil hôtel du Grand Siècle pour édifier en béton un nouvel immeuble. Elle marchait en compagnie de son petit-fils, un adolescent au doux regard… Lire

  • Mon frère, je contemple ton visage

    Mon frère, je contemple ton visage

    J’assiste à des débats. J’entends ces expressions : « Dans nos sociétés occidentales riches et confortables » ; « le français moyen », et d’autres encore, qui reviennent à tous les coins de phrases. A Beaubourg au cours d’un débat, j’entendis avec ferveur un homme prononcer cette phrase : le Français moyen n’existe pas. Le Français moyen n’existe pas, pas plus que… Lire

  • Le massage des mondes engloutis

    Le massage des mondes engloutis

    Éveillée dans la ville de Montreuil-sous-bois accablée sous un soleil inattendu, je suis descendue sous la terre et les rails m’ont transportée de l’autre côté du périphérique parisien, au sixième étage d’un immeuble du XXème arrondissement où m’attendait Emily King, auteur de Watashi Tashi Nous au Japon et masseuse, dont j’avais déjà connu un premier massage… Lire

  • autour du périphe

      Oh ma lune, entre ma tisane à la sauge et ses ailes d’ange, et mon rhum ambré et ses cornes rouges, je te regarde à travers le rectangle vertical de la fenêtre PVC. Sur un balcon abandonné, un olivier laissé là remue ses cheveux dans le soir frais qui tombe. Toi, petit croissant, ta… Lire

  • Dolores, Terrae incognitae

    Dolores, Terrae incognitae

    Je t’ai reconnue hier soir au premier coup d’oeil, la douleur. Tu prenais toute la place sur son visage. En regardant cet homme qui ne me ressemble pas, je voyais ma figure des jours mauvais. Et je te contemplais, stupéfiée, saisissant à quel point nous ne te comprenons pas. Nous te portons, la douleur, et… Lire

  • La métamorphée

    Partir à la rencontre de soi-même ? Oh, comme c’est loin ! En voilà un voyage qui ne finira pas. La chute du moral est comme une attaque interne par un affreux mollusque qui mange toute énergie, toute joie pour ne laisser que l’horreur inesthétique de la dévastation. Cette attaque commence doucement, au fond de… Lire

  • délirium très mince

    délirium très mince

      « Le rire est un diminutif de la danse » Malcolm de Chazal [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent]  J’ai bu du rhum et je danse au dessus de la ville, je suis seule dans mon petit appartement et je déboite, je déchire, je trashe, je wow !… Lire

  • L’université de Poitiers rencontre Sara

    Le site de Sara se visite par là-bas… Sara sur Facebook Et sur le pouvoir de l’art visuel, regardez le film de René Laloux d’après la nouvelle de Yourcenar : Comment Wang Fo fut sauvé. Lire

  • Saba

    Saba

    J’écoute une douce musique américaine, d’un de ces nombreux princes versatiles de la ville de New York. Dehors, la nuit est déjà tombée : l’automne s’enfonce vers l’hiver. Quelques fenêtres forment des rectangles oranges ou jaunes, à cause des lumières intérieures qui les éclairent. Le reste de la cour, de la façade, est plongé dans… Lire

  • Extrait II du journal de Baude Fastoul de Kevin de M-L

    Extrait II du journal de Baude Fastoul de Kevin de M-L

      16 novembre 2012 Je découvre l’histoire de Lizzie van Zyl, qui me fait comprendre à quel point Anglais et Américains ont créé les horreurs dont ils accusent les autres en permanence. Faut-il plonger dans le vertige face à l’horreur des souffrances qu’on inflige aux enfants, aux animaux, aux êtres ? Ou bien fermer les… Lire

  • La Noire Idole

    La Noire Idole

    Laurent Tailhade (Tarbes, 1854 – Combs-la-Ville, 1919) fut un poète, écrivain, anarchiste qui usa de nombreux pseudonymes, tels : Azède, El Cachetero, Dom Junipérien, Lorenzaccio, Patte-Pelue, Renzi, Tybalt. Fils et petits-fils de juges, il semble avoir pris le contrepied de la profession familiale, et s’être fait profession de juger les juges et tous les autres… Lire

  • Etoffes de pierre

    Etoffes de pierre

    Je l’avais retrouvée dans la rue d’Aboukir, elle m’avait emmenée manger un sandwich au chèvre, au miel et au pesto, accompagné d’un coca cola et suivi d’un fromage blanc aux marrons. Et puis nous avions erré quelques temps dans un passage des Grands Boulevards, je ne sais plus lequel. J’étais repartie en portant dans mon… Lire