Une salle du manoir

Le corps

Salle « Le corps » importée depuis AlmaSoror

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  • Paul et Anne

    Mon dieu cette pile de livres, ces fauteuils défoncés, ces tapis, cette malle, ce plateau et ces tasses de café oubliées. Ces disques vinyles, mon amour, mes amours, mes parents. C’est dans la perdition lointaine d’une ville de province pourtant proche, mais toutes les provinces endormies sont si loin des capitales vives. Ce sont vos… Lire

  • C’est l’été des guirlandes de bave entre les langues

    C’est l’été des guirlandes de bave entre les langues, des demoiselles d’honneur aux petits cœurs roses, des herpès mystérieux, des bulles de champagne rosé, des mains qui s’enlacent, des bartholinites prolongées, des yeux dans les yeux et de l’adolescence à cinquante ans.  C’est la désespérance.  On a tout raté. On n’a plus qu’à s’embrasser. Si… Lire

  • ces grands corps d’État en déshérence snob

    Toujours passionnante Revue Conflits, qui propose un article sur la chute des ports français :  Faillite des ports français : la responsabilité du Corps par REVUE CONFLITS Dans un récit vivant et cinglant, Paul-Antoine Martin transmet son expérience de douze années de travail au sein des grands ports français. Mais alors que le commerce international n’a cessé… Lire

  • Aux saules de la contrée, Avertissement de l’autrice

    Si j’avais su que les rêves sont réels et le monde illusion, j’aurais inversé ma vision de la liberté et celle de la prison. Mais les menteurs amers disent décriant les images qu’elles sont illusoires, et nous entraînent dans leur « réel » qui n’existe que dans leurs sombres couloirs. Édith Morning   Les nuits d’insomnie ressemblent à… Lire

  • Le crachat de Drakulie Pandor, banale citoyenne d’Echthrapolis #Répulsion

    Dimanche, j’oublie les cloches des églises pour me concentrer sur la laideur sonore des camions de poubelles verts qui traversent les allées de béton sale de notre ville en phase de tiers-mondisation. Arythmie du cœur, haleine fétide, fluides sortant par les orifices, épaule coincée, peau flasque, cheveux incoiffables, mon corps est de plus en plus… Lire

  • Encore un extrait du journal de Kevin Motz-Loviet

    (entrée du jeudi 7 août 2014) Je tente de laisser un commentaire sous un blog et la page affiche : « Veuillez prouver que vous n’êtes pas un robot ». Injonction tout à fait idéale pour analyser notre société étonnante. Kilian se passionne pour les high-liners, ces funambules qui traversent un fil tendu entre deux… Lire

  • Pour un remix intime de mon être

    Pour un remix intime de mon être

    Remixez-moi, que je souris comme une étudiante à lunettes aux longs cheveux sur les épaules au chandail trop long au regard encore chaud de l’enfance qui s’enfuit. Remixez-moi au tempo d’une transe longue et trépidante, mais immobile, au milieu du temps qui ne passe plus, qui demeure comme un halo de protection. Remixez-moi avec un… Lire

  • « barrer son visage par un masque comme on placerait un bâillon sur sa bouche »

    Sur Reporterre, l’écrivain Alain Damasio parle. « L’empreinte du confinement préforme un renoncement. Parce qu’on y expérimente une liberté très restreinte, qu’on s’y sera plié par nécessité, puis par habitude. L’expérience qu’elle tatoue en nous m’inquiète : la « distanciation » sociale, se tenir loin des gens, ne plus se faire la bise, barrer son visage par un… Lire

  • Tristesses de rue

    C’est une semaine avec ses tristesses de rue : devant le jardin des Plantes, à l’orée de la rue Buffon, un homme accroupi, agrippé par deux petits garçons haletants qui l’enserrent de leurs bras, se collent à lui en émettant des sons de semi-sanglots retenus. À quelques mètres d’eux, une femme blonde, raide, debout, regarde. Les… Lire

  • Les coulures

    Tu apercevras les coulures de lumière dans les feuillages verts des arbres froids. Quand le Maître des forêts sommeille, que l’hiver avance, à la hache, entre les essences végétales qu’il dépouille, tu renais. Enfant des villes, éclot dans le béton vertical, tu nais réellement lorsque ton pied foule la terre mouillée, puante de vers, et… Lire

  • Jeux d’enfants

    Jeux d’enfants

    Dans vos petites mains, je lis l’espoir du Nord, je lis l’espoir du Sud, je lis notre avenir. Vous marchez en pensant, courez dans le jardin, sautez sur le ruisseau avec les chiens. Dans notre salon brut, résonne la kora qu’un ami africain nous offrit autrefois. C’est lui qui nous apprit, par ses mots profonds… Lire

  • Desastre des débats impossibles

    Desastre des débats impossibles

    (Auparavant sur AlmaSoror : Cas de consciences et conscience des cas Une marche humaine Le mariage et la moraline) Plus de 90% d’un certain genre de personnes sont supprimées avant leur naissance alors qu’elles sont en pleine forme. Aussi ce n’est peut-être pas idéal de qualifier ces avortements de « thérapeutiques », puisque ni la vie de… Lire

  • Une histoire vraie

    Tu rêvais de ta tante qui avait séjourné, en secret, à Lucerne, en compagnie de Boris de Schoelzer ; je rêvais de toi. Scriabine joué par ta nièce berçait nos silences. Sur la terrasse, le vent chuchotait et mes regards allaient du mont Pilate à la surface du lac, contemplant sans pensée les ponts de bois,… Lire

  • Requiem pour la personne que je n’ai pas rencontrée

    Introït Laisse-moi reposer dans la lumière de ce jour sans fin, comme je te laisse errer dans ta nuit incomplète.Tes deux visages ressemblent au mien, féminin et masculin.Nous aurions marché, main dans la main, aux cris des enfants et des mouettes,aux abords des écoles et sur les plages océanes. Kyrie Le maître du temps nous… Lire

  • Textos d’un dimanche après-midi

    « Il y a des soirs si beaux, en cette saison, dans ce pays, qu’ils vous tordent le cœur comme une serpillière. Et l’on ne sait pas si c’est à cause de tout ce qu’ils offrent, ou bien de tout ce qui nous manque à travers eux. Nous n’avons pas la jeunesse, nous n’avons pas l’amour,… Lire

  • France

    Une opinion politique que l’on ose pas dire à table. Pourtant elle nous tient à cœur, plus que tout. Tu sais qu’un jour, elle pourrait devenir à la mode et alors les mêmes qui t’exclueraient aujourd’hui la reprendraient à leur compte, s’imaginant qu’ils lui sont attachés depuis toujours. Car celui qui suit le mouvement ne… Lire

  • T 21

    T 21

    « Cette enfant était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut ». Général Charles de Gaulle Lire

  • Ta musique, ma disparue

    Bilitis, tu me reviens… à l’heure où pourtant tout est fermé, comme mort, un 25 décembre comme les autres, où à l’intérieur des foyers on mange ou on digère, tandis que des ombres pressées osent traverser les rues désertes. Ta voix presque noyée apparaît à l’horizon du paysage sonore, elle chante à nouveau ces mélodies… Lire

  • Le mariage et la moraline

    Le mariage assurait la mémoire claire des lignées et la pérennité des patrimoines jusque vers les années 1970. Depuis, les lignées se complexifient, et se complexifiant, se délitent, tandis que les patrimoines sont réduits en morceaux avant même la mort de leurs possesseurs.  Le thème de la filiation cristallise les douleurs éternelles des uns et des… Lire

  • Un appartement non loin d’un lac

    Un appartement non loin d’un lac

    J’écris ces histoires de personnes qui habitent le même immeuble et se parlent tous les jours et partagent de grands laps de vie et s’entraident et s’entraiment et s’entredétestent, mais moi je ne connais pas le prénom de mes voisins, nous nous saluons sans même nous regarder. Et pourtant nous n’habitons pas un immense immeuble… Lire

  • Saul dans la ville atlante

      Il sortit pour marcher dans l’air vivifiant de la nuit. A mesure que le grand ascenseur aux parois de verre descendait les quarante-deux étages, l’atmosphère s’épaississait et se chargeait de chaleur et de vie. L’air de la rue bariolée le gonfla de bonheur. Il suffoqua presque d’hyperventilation et se souvint que cela faisait quelques… Lire

  • Mélanie des Vosges

      Deuxième atelier avec Patrick Goujon, le 11 mai, dans le cadre de sa belle résidence : deuxième aventure incertaine, transformation intérieure subtile. Nous, auteurs, devions écrire à partir d’éléments biographiques d’un lycéen du micro-lycée de Sénart.   Mélanie des Vosges 1 Le dimanche, elle se levait avec l’aube et marchait vers les hauteurs de… Lire

  • La nudité

      Il m’est devenu difficile de m’exprimer depuis que je suis très heureuse. Les secondes passent, mon bien-être varie mais demeure et se déploie. Les perceptions agréables et les sentiments de bonheur se succèdent et ne se ressemblent jamais comme deux gouttes d’eau. J’ai perdu toutes les motivations qui me tenaient et me tenaillaient auparavant :… Lire

  • Marketingue

      Tu t’es baigné dans l’océan au soleil couchant ce soir, mais tu n’as pas de compte facebook pour le partager avec tes centaines d’amis. Personne ne te regardait. Personne ne sait que tu as connu des sensations merveilleuses quand ton corps est entré dans l’eau. Si tu te pinces pour savoir que tu existes,… Lire