Une salle du manoir

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  • Paris, Bakou

    Paris, Bakou

    Paris est si laid depuis qu’Anne Hidalgo est mairesse. Des poubelles, des rats, des camps de migrants où les viols, le crack et la gale sont le pain quotidien, un mobilier urbain ridicule – ce qui est beau est enlevé, tout ce qu’on peut érigé de laid est érigé – et je lis des articles… Lire

  • La messe du voisin acnéique

    Je t’ai rencontré dans l’escalier, jeune homme, ton visage est devenu cramoisi lorsque je t’ai demandé où tu en étais de tes remix de Vivaldi. J’ai réussi à t’apprivoiser, au bout des cinq minutes qu’a duré notre conversation, tu tremblais moins, tu souriais presque. Tu as dix-sept ans. Tu as peur. Tu as mal. Ton… Lire

  • La voix d’Ondine Frager

    La voix d’Ondine Frager coule dans mes veines, nettoie mes poumons et vidange mon foie, cela faisait trois mois que je n’avais pas eu ma sophrodose en direct et cela commençait à s’encrasser partout à l’intérieur de moi, tout à l’heure à Montparnasse tout s’est remis en place, l’air circule, le foie fonctionne, les poumons… Lire

  • L’auberge musicale des deux diablotins

    Je me souviens de la première fois que les Radikal Satan sont venus dîner à la maison. Sara les avait entendus dans le métro, alors que, justement, elle avait besoin d’une musique pour son film A Quai. Elle les écouta longuement jouer dans les couloirs souterrains de la Bastille, une première fois ; retourna les écouter… Lire

  • Le choléra de 1832 à Paris

    Nous reproduisons ci-dessous un fragment d’un chapitre du livre de Louis Chevalier, historien natif de l’Aiguillon-sur-Mer, Classes laborieuses et classes dangereuses, publié en 1958, dans cette belle collection dirigée par Philippe Ariès, Civilisation d’hiver et d’aujourd’hui, qui vit fleurir les œuvres de Michel Foucault, de Victor-Lucien Tapié, de Louis Chevalier et de Philippe Ariès lui-même.… Lire

  • Clair-obscur à Alma-Ata

    Clair-obscur à Alma-Ata

      Ceux qui jugent sans avoir vécu ne connaissent pas le poids de leurs paroles.  Ce petit propos est dédié à la mémoire des deux hommes qui, le 26 avril 1961 à Alma-Ata, au soleil, firent un choix opposé ; l’un sauva son âme et perdit sa vie ; l’autre vendit son âme et prolongea son corps.… Lire

  • Oh délivrance

    Oh délivrance

    Comme le rappelle Hervé Coutau-Bégarie dans son Traité de Stratégie, celui qui est en position de supériorité poursuit un but fondamentalement négatif : le maintien du statu quo, tandis que son adversaire poursuit un but positif : la modification du rapport de force. C’est pourquoi le faible qui se bat, s’il a moins de force et de… Lire

  • Encore un adieu

      Affreuses visions de l’hôpital, des parkings, des aides-soignantes qui se traînent dans les couloirs glauquissimes, tragique transformation de Carmina pourvue d’une perruque blonde, maigre comme un clou, décharnée, la peau du visage et du corps jaune, allongée sur son lit, la voix un peu changée, pâteuse. Il y avait ses deux filles Gudule et… Lire

  • Au matin parisien du 4 juillet 2014

    Au matin parisien du 4 juillet 2014

    « Je reviens d’un petit tour de vélo et d’un café au Lino. Là, alors que nous étions seulement deux personnes à occuper le comptoir du bistrot, sonna un sifflet de gendarme. Mais ce n’était pas cela. Il s’agissait de l’annonce du démarrage de la journée de labeur des ouvriers du chantier d’en face, qui… Lire

  • Pensées d’une fenêtre

    Pensées d’une fenêtre

      Un jazz scandinave dans lesquelles se faufilaient quelques notes africaines, et cette femme qui conduisait cette voiture, dont je connaissais le prénom et qui devenait ma mère. Alors j’avais douze ans et des idées sur le monde grappillées ici et là, pour des tentatives de compréhension qui demeuraient en suspension au-dessus du vide et… Lire

  • Classe, caste. Le théâtre de la distinction sociale

    Classe, caste. Le théâtre de la distinction sociale

    Nous proposons l’ouverture de l’ouvrage d’Edmond Goblot, La barrière et le niveau : une histoire de la bourgeoisie française, qui date de 1925. Nous ne serons jamais assez reconnaissants à la Révolution de nous avoir donné l’égalité civile et l’égalité politique. Elle ne nous a pas donné l’égalité sociale. Les hommes de ce temps n’ont… Lire

  • Note sur les pigeons

    Les pigeons des villes sont venus des falaises. Ils sont déracinés. Eux qu’on croirait amarrés aux cités humaines depuis toujours, c’est à partir de leur domestication, dans la haute antiquité, qu’ils sont arrivés, par centaines, par milliers, par grandes vagues de migration, peupler Lutèce. Lutèce est devenue Paris ; les pigeons se sont multipliés. L’exode maritime… Lire

  • La vie tranquille de Dylan-Sébastien M-T

    La vie tranquille de Dylan-Sébastien M-T

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent]  Tu t’appelles Dylan-Sébastien M-T et tu vis dans une maison du port des Sables, qui comporte trois étages d’une pièce chacun (le salon-bar, la chambre, le bureau-chambre d’ami), une toute petite cave, un jardin ; tu te lèves vers huit heures… Lire

  • Extase

      En passant dans ces quartiers branchés, le boulevard de Sébastopol, Beaubourg, la rue Saint-Martin, la rue Rambuteau, nous songions aux vies des gens à la mode, qui s’écoulent dans la vitesse et le scintillement du temps et des événements, nous nous disions que déjà ceux qui hier buvaient des cafés les cheveux en bataille… Lire

  • Demain, Paris

    Demain, Paris

    Quand je traverse le treizième arrondissement de Paris, j’imagine toujours qu’un jour, ces tours construites sans amour, sans esthétique, sans grandeur d’âme, ne seront qu’un souvenir du temps où l’on entassait les gens à l’intérieur de tubes et de carrés de béton, de métal et de plastic. Nous marcherons au milieu des jardins, des cours… Lire

  • Chronoposologie des Orteaux

    Chronoposologie des Orteaux

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Entre un coup de soleil et un orage, on voyait là-bas les tours de Bagnolet, on entendait dans la pièce la musique de Cantemir par Jordi Savall. Après quelques verres, on découvrait l’angélique sourire d’une coloc voyageuse.  Encore plus tard… Lire

  • Ouverture de l’histoire de l’Afrique noire

    Ouverture de l’histoire de l’Afrique noire

    Pour vous intitier à ce grand livre, la première histoire africaine écrite par un Africain, voici l’avant-propos d’un homme voltaïque devenu, au cours de sa vie, un homme intègre… Puisque le grand historien et penseur Joseph Ki-Zerbo est né en Haute-Volta, colonie française, et mort au Burkina Faso, « pays des hommes intègres ». Une terre, deux… Lire

  • Souviens-toi de l’été dernier

    Souviens-toi de l’été dernier

    «C’était une de ces soirées d’été où l’air manque dans Paris. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêters basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des… Lire

  • Où vont les âmes des esclaves ?

    Où vont les âmes des esclaves ?

    «N’an laara, an saara»Si nous nous couchons, nous sommes morts «Au-dessous du vernis du christianisme qui se limitait souvent à la hâtive formalité du baptême, il s’agissait surtout des dieux animistes de la Côte du Bénin. C’est la tante du roi Ghézo qui, déportée par Adandozan, aurait introduit le culte des vodouns de la famille… Lire

  • Les visages hâves des parisiens des bas-fonds, les visages lumineux des saints des cieux

    Les visages hâves des parisiens des bas-fonds, les visages lumineux des saints des cieux

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] «Un des spectacles où se rencontre le plus d’épouvantement est certes l’aspect général de la population parisienne, peuple horrible à voir, hâve, jaune, tanné. Paris n’est-il pas un vaste champ incessamment remué par une tempête d’intérêts sous laquelle tourbillonne une… Lire

  • Balzac et un verre de Marsannay

    Balzac et un verre de Marsannay

    Vue de chez Marie Petitjean [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] «Il est dans Paris certaines rues déshonorées autant que peut l’être un homme coupable d’infamie ; puis il existe des rues nobles, puis des rues simplement honnêtes, puis de jeunes rues sur la moralité desquelles… Lire

  • Trois photographies

    Trois photographies

    Toutes trois ont été prises à Paris par votre serviteuse, Edith de Cornulier Lucinière ; la première en 2006 dans une pièce sombre d’un appartement de Montparnasse, un soir de fête, de littérature et de photographie. La seconde, en 2011, rue de Rennes… Merci à celle qui posa. La troisième en 2012, dans le quartier… Lire

  • Carvos Loup, Place VH

    Carvos Loup, Place VH

    Carvos Loup intervient le vendredi sur AlmaSoror, avec une photo illustrée par une phrase ou deux. Le soir dardait ses bières et les mains des gens faisaient peur. Un grand silence baignait le bruit des villes. Mon cerveau travaillait hors contrôle. Je cherchais. Lire

  • Insomnie bretonne à Paris

    C’était lors d’une insomnie, à Paris. J’ouvris la fenêtre et les mains qui vivaient alors à côté de moi mirent le disque sur le vieux tourne-disque. Il n’y a plus de disques ni de tourne-disques aujourd’hui, il y a des blogueuses à Insomniapolis, qui tuent le temps en sauvant quelque chose de l’espace mental. Le… Lire

  • Un billet sur Mongo Beti ?

    Un billet sur Mongo Beti ?

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Jean Bouchenoire, que nos lecteurs n’apprécient pas tous, mais qi’ils lisent souvent avec fébrilité, nous livre ses réflexions alors qu’il est plongé dans la lecture de l’écrivain franco-camerounais Mongo Béti. Pour donner un contrepoint passionnant à son nationalisme identitaire militant,… Lire