Âmes-soeurs et corps-frères

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En écoutant Solitude, de l’électro-guitariste norvégien Terje Rypdal, Edith tente de percer le mystère qui engouffre tant de vies.

J’entends les gens chercher des âmes-sœurs, chaque âme cherche l’âme-soeur qui l’accompagnera dans son destin.
Je vois les gens chercher des corps-frères, chaque corps cherche le corps-frère qui l’enserrera dans sa nuit de repos.
Ils cherchent, ils ne trouvent pas, puis ils trouvent et ne me téléphonent plus. Ils disparaissent dans l’ouate amoureuse d’où ils me regardent avec pitié, avec dédain.
Puis ils trouvent qu’ils s’étaient trompés d’être, ils se séparent de l’âme-corps défraternalisé. Ils me téléphonent à nouveau. Ils réapparaissent aux portes de l’amitié et lèvent des verres à ma santé, à nos mémoires partagées.
Et la quête recommence.
Parfois ils trouvent l’âme-soeur, enrobée d’un corps étranger. Parfois, ils trouvent le corps-frère, qui abrite une âme étrangère. Alors la souffrance les étreint et ils en veulent à celui, à celle qu’ils ont cru pouvoir aimer.

Le triptyque aux trois volets : ébats sauvages, caresses fondantes, murmures secrets, n’existe que pour quelques heures, quelques jours, quelques mois, quelques années. Et pour avoir sa place dans ce retable de l’amour, qui n’y sacrifierait pas une grande part de soi-même ?

L’amour est le nom que l’on donne à toutes les causes perdues.

Toutes les âmes sont mes sœurs. Tous les corps sont mes frères. Je suis seul(e) face au coeur-océan.

Édith de CL
20 janvier 2012, 14h26

Une réponse à “Âmes-soeurs et corps-frères”

  1. Anonyme

    et…
    quelque chose que j’ai écrit il y a plus d’un an… qui est, on le comprendra, assez personnel, et basé, justement, sur l’absence

    Au sommeil l’abandon
    Les bras de Morphée
    Seront-ils assez longs ?
    Et, si c’est long, cet abandon
    Si c’est vite, ce sommeil arrivé
    Si c’est long, long, la nuit
    A te regarder dormir
    Et puis peut-être rire
    Au creux de tes rêves
    Lovée dans tes courbes
    Tu fais les plus beaux Modi
    Epousant plis et plis
    Courbes et volutes
    Cheveux répandus
    Pesanteur oubliée
    Le rythme régulier
    Du tiède qui , de souffle
    Soulève ta poitrine
    Le bras léger sur le mien
    Où que tu sois dans l’oubli
    Le temps d’aborder le jour
    L’ absence
    Je veux te regarder dormir