Autodatés

20220829_115928.jpg

 

 

 

22.03.2026
Head on
the pillow,

I rest on
the sofa

and drift
through the pages of yesteryear’s book

21.03.2026
La joie
législative

dans les enfilades
de couloirs.

L’exécutif
en apesanteur dans l’administration anthropophage.

20.03.2026
Morning coffees


exhale their subtle
Harar smoke,

place Monge,
between the Mosque and the Church.

19.03.2026
Ma
Az abláknál állok, órák óta nézek de nem látok, /

A nap alatt
Ötlettelenül maradok ;

Mert várom,
Hogy a tavasz beboritsa a várost.

18.03.2026
Entrer
encore une fois dans le travail du texte

Il existe encore
une joie

à partager
quand la chair se fait Verbe.

17.03.2026
Stag,
Lord of the woods, your antlers throne

above the urban
appartments’ chimneys

but who
dares believe they deserve your symbol ?

16.03.2026
Là-bas,
L’Orient La Nuit. Fêtes défaites.

Langue de terre,
écrin éteint,

moire immémoire.
Conte d’astres et de désastres.

15.03.2026
Paris
Capital of the nineteenth century

Bay of Olonne
Atlantic immemory

Once again
living this tale of two cities

14.03.2026
Lampe
sous le boisseau, patio

baigné de lune,
crapaud coassant,

tiroir secret…
je bois le vin d’épines.

13.03.2026
Rain
On the pavements

The city drinks
the sky

Just here
I am surfing a whisky wave.

12.03.2026
Feuilles
de Dieffenbachia

Caresse du soleil
Fer forgé

Dalmatien endormi
Effluves du thé à la menthe

11.03.2026
Hope
awaikens –

Yet we must
remain silent,

cautious, concealed…
until our alliance is finally victorious.

10.03.2026
Sables,

Sables d’hiver,
quel songe

à travers
tes étroites ruelles noyées de brume ?

09.03.2026

Stat crux dum volvitur orbis et mundo inconcussa supersto.

Sur la montagne,
une croix

se dresse
et domine les quatre points cardinaux.

08.03.2026

Breton cabinet with a monk’s bust atop

Old linens and
Vintage brandy

Bottles inside.
The spirit of foremothers lingers on.

07.03.2026

« On ne bâtit rien sur l’esclavage,

Sinon des
Révoltes d’esclaves ».

Citadelle était
Ce livre que tu relisais toujours.

06.03.2026

« I loved you, so I drew

these tides of
men into

my hands… »
Book of wisdom, war and sand.

05.03.2026

La chauffeuse de taxi évoque

Les trois justices :
De classe,

De race
Et de sexe. Elle a raison.

04.03 2026

See, how time flies

like a fly –
that fly

flying in
the zenith with a solitary buzz. 

03.03.2026

Exonostalgiques trajectoires givrées,

Évasions bariolées
Du poivrier,

Sentiments variables
Sur les autoroutes du soupir vaporeux

02.03.2026

No, don’t

Say anything more.
Don’t cheat

That shit
To hide that you don’t fit.

01.03.2026

Concerto

Pour deux chalumeaux.
Georg Philipp

Telemann, mon ami,
Mon frère d’un autre temps.

28.02.2026
Les rayons
du soleil combattent pour des territoires de mur

qui rétrecissent
au fur

et à
mesure que midi s’en va.

27.02.2026

Mélanger avec
un café le duduk de Haïg Sarikouyoumdjian,

Les poèmes
De K

Za Win,
la voix rauque de Leïla Shahid.

26.02.2026
I catch
Sight of the mangos and cabbages

On the
Vendor’s stall

At dawn
Through the slats of the blinds.

25.02.2026
Saveurs étranges,
Un peu amères, des amours

mortes et
Des oranges

Sanguines au
Bar du coin de la rue.

24.02.2026
Winter light
on the serving cart.

Empty cups,
Coffee scent.

The faraway
Stairs keep their secrets under shadow.

23.02.2026
Si tu
tirais les verrous

de la
haute nuit ?

Défions une
dernière fois celle qui nous ensevelit.

22.02.2026
The smoke
is gone.

The ashes
remain, frail

and silent.
My life unfolds in the Bastiani Fortress.

21.02.2026
Éclosion
des nivéoles

au bord
des chemins

Les ânes
se sourient tendrement : le printemps revient.

20.02.2026
Time flies


and we
remain on

the verge
of a sweet blurred dream unraveled.

19.02.2026
Car

vous aurez à répondre de toute parole vaine, surtout

si votre
conversion ne

précède pas
celle que vous exigez des autres.

18.02.2026
Here,
The frozen sun’s glittering rays bathing the cup

Of hot
Black coffee,

My forty-something
Caffeine-fueled lips hesitate to kiss you.

17.02.2026
Ainsi
donc, j’aurais vécu ces temps étranges

accrochée aux
pierres d’

une des
plus belles des cathédrales d’Europe.

16.02.2026
Now
This stone wall is my friend

I murmur
and hush

to it
Clutching it to my avid chest.

15.02.2026
Effluves
d’un jour à Hanoï,

Un très
long jour

sans fin ;
Hanoï nous livre à son destin.

14.02.2026
Solitude,
your face is void

Like an
endless nothingness,

your hand
never touches the heart you chose.

13.02.2026
Corps
glacés lointains, amants

silencieux de
Pluton. Sous

la ceinture
de Kuiper, le nuage de Oort.

12.02.2026
Let
it be

and read
Arundhaty Roy’s

Mother Mary .
(Mary-like mothers always come to us.)

11.02.2026
J’
entretiens

la poussière,
joli petit

troupeau moutonneux
qui danse parfois dans la lumière.

10.02.2026
No,


don’t fear
the Lord.

He drinks
whisky and sleeps for long hours.

09.02.2026

Car la réalité n’est pas toujours au rendez-vous

des illusions,
espérances fomentées

au fond
des vieilles valises du passé recomposé.

08.02.2026

Oil portraits of ancestors on the whitewashed walls,

old wardrobes
redolent of

dried lavender,
embroidered sheets in the four-poster beds

07.02.2026

Au Temple du Foyer de l’Âme

La musique
S’est tue.

Résonnent encore
Les rires francs des amis chéris.

06.02.2026

Taxis across Paris, stacked moving boxes

A cheesy
Love song

My memories
And the void of present time

05.02.2026

Entre deux talwegs, l’interfluve

Se languit,
caressé par

Les pluies,
petite France parmi mille petites France.

04.02.2026

On those silent concrete

urban dunes,
the moon

pours forth
its soft whiteness, faraway breast milk

03.02.2026

L’aube blanche

Eau fraiche
Du robinet

Pierre millénaire,
Vert de gris du cuivre oxydé.

02.02.2026

Je crois

en Dieu
le père

tout-puissant
sinon je tombe et je chute.

01.02.2026

Who

Would wait
For me

At dinner
When night is falling on earth ?

31.01.2026
Une étincelle blanche
disparait.

Une
étincelle blanche

reparait par
amour au fond du firmament natal.

30.01.2026
High azure skyline

Long
Red slackline

Cottony clouds
Converging lines on a Bach line.

29.01.2026
Emmanuelle Emmanuelle
Un film et deux chansons, une directrice de collection,

Guerre
Et paix,

Yeux bleus
Tranchant dans le ciel de littérature.

28.01.2026
Who cares ?
A swarm of crows waits on a branch ;

and
the children

endlessly play.
No one sees what is coming.

27.01.2026
Les caisses
de livres et les caisses de vin

autour
de moi

Vieilles amies
des heures creuses et des repas.

26.01.2026
Look : Love
and Pain go down the street

of
endless question

at dawn,
before the wake of the mob.

25.01.2026
Une caresse,
posée sur mon épaule nue,

s’évapora
sans laisser

d’adresse.
Bilitis, je ne t’oublie pas.

24.01.2026
Cold night,

tired thighs, out of

breath,
focused on

avoid thinking,
walking on the slackline of time.

23.01.2026
La marche
sans but précis

et
le café

bien noir :
mes drogues douces depuis l’adolescence.

22.01.2026
Thank you,
Mark Carney,

for
the intelligence,

the composure
and the hope you have offered.

21.01.2026
Richelieu, riche
Lieu

Oblongue
Salle ovale

Discours adjoint-directorial,
Adresse administrative bouleversante aux quatorze départements

20.01.2026
I breathe


In
And out,

silent, motionless
beneath the beams of my past.

19.01.2025
Cortex
Mes deux parents tiennent en son creux en forme

de
noyau dur ;

Amour extrême :
fluide ramassé dans un intense vortex

18.01.2025
Who
Could guess the depths of this burning desire

Flesh
Can’t wait

But flesh
Never ever keeps its limitless promises

17.01.2025
Telemann
En ré mineur pour deux chalumeaux et

orchestre.
Coffea arabica

mousse légère
Pour lèvres sèches et papilles addictes.

16.01.2026
Enter
This winter sunray and dance toward

My
Open hands,

Where a
walnut shell gleams like your skin.

15.01.2026
Voix
Poétique, politique et philosophique, voix/

essentielle ;
Aqqaluk Lynge

Nous emporte
Au creux du peuple des neiges.

14.01.2026
From
The Adagp smart cafeteria

Let’s
Design and

Start up
The fantastic time machine for Sara

13.01.2026
Escale
à l’intérieur

de
soi. Refuge

sans image.
Piano lointain sur mes névroses éternelles.

12.01.2026
Exo-atmospheric
love, gathered

in
the airless

breath of
the violent winds of intergalactic wars.

11.01.2026
Amours exo-atmosphériques

Cueillies
Au souffle

Sans air
Des vents violents des guerres intergalactiques.

10.01.2026
Advanced


Sodium
Technological Reactor

For industrial
Demonstration. Astrid who dared betray you ?

09.01.2026
Tandis que le ciel s’assombrit sur la dense sphaigne,

mares
et marécages,

sablières, tourbières,
luisent sous le tourbillon du Diable.

08.01.2026

I am wandering across the city of Insomniapolis.

Here
I fear

The very
magnetic pull of the Bastiani fortress.

07.01.2025

Sur les branches nues roucoulent les grises colombes

Dès
Potron-minet,

Au jardin,
Près du toit de tuiles ocres.

06.01.2026

In the mood for apocalyptic love

I
Go out

And walk
Across the night in the snow.

05.01.2026

Cables, pipelines : sang informationnel, pompe

invisible
du monde.

Grand Bleu :
l’ensouillage de nos dépendances extrêmes.

04.01.2026

I need a hand

Upon
My mind

I need
A breath to feed my breath.

03.01.2026

Qui a peur

de
Virginia Woolf

dans le
Robin Regent DR400-180 au-dessus du phare ?

02.01.2026

Woodcocks cackling

In
The farmyard.

A chimney
smokes a dream through its flue.

01.01.2026

Naphte.

Bitume.
Or noir.

Bijou liquide,
source létale de vie, empreinte carbonisée.

31.12.2025
Vos derniers feux,
2025,
s’éteignent
ce soir.
Vous fûtes

ambigüe, étrange.
Que nous apportera dame 2026 ?

30.12.2025
Through the window,

swaths
of sands,
swaying moon,

wobbling waters.
Orange lampshades smoothe the bedroom.

29.12.2025
Ce matin,
je pense encore à l’enfant blond au regard
pur,
devenu jeune
homme magnifique,

qui a
foutu le camp à Noël.

28.12.2025
Acid rains
Fall on the windswept desolate islands of Lofoten/
Yet
Acid pains
Return again

And bloom
In the urban forsaken hearts.

27.12.2025
Pluies acides
Sur les forêts profondes de l’Europe.
Hiver
de colère,
Froid courroux,

Ire tordue
Dans le gel des branches.

26.12.2025
How many
bells ring out in this cold
morning ?
Wait &
weep. Withstand.

Once more,
Listen to The Stranger Song.

25.12.2025
Tu glisses
dans un noir silence carcéral.
Tu
crois vouloir
une rencontre.

Tu pries
entre deux asphyxies ; tu chutes. 

 

24.12.2025
Grisaille noyant
les quartiers brutalistes de
Sheffield,
leur apodicticité
sans logos,

Ô architectes !
Vos gyrus cingulaires étaient complètment grippés.

23.12.2025
Blood corpuscles
shine and tarnish
on
a wave
since all

human life
is, first and foremost, dialectical.

22.12.2025
Tenir la
main de
Shahin,
passer l’
écluse, glisser

le long
du fleuve de la périménopause.

21.12.2025
I want
you
opened
and smiling
at dusk

when night
falls on the slate roofs.

20.12.2025
Ondes stationnaires

dans
ce studio.
Trois fenêtres

ouvertes sur
la grande nuit en impulsion.

19.12.2025
Look !
The Vastness attracts our lost car like honey draws /
flies.
And we
have been

riding around
in circles for many nights.

18.12.2025
Sous
ces riches plafonds, les miroirs de la Païva.
silencieuse,
tu montes
les marches

d’onyx
jusqu’à la table de six.

17.12.2025
Neither
sex nor black coffee or music or
poetry
can change
the world ;

But they
certainly help us cross it.

16.12.2025
Mais
peut-être un beau jour voudras-tu
retourner
avec moi
sans paroles

aux confins
dévastés de nos enfers perdus.

15.12.2025
Ségur,
old name, but modern building,
Under
A half-lit
Automn sky.

Searching for
The next place to work.

14.12.2025
Demain,
machines à café, grille-pains,
voitures,
godemichés, seront
fabriqués hors

de Chine,
biosourcés dans l’Europe réhabilitée.

13.12.2025
I
Would like to
Dive
Into a
Bath of

Confidence during
The rest of my life.

12.12.2025
Corps
de pierre
battant
la chamade
et peine

de chair
au coeur des nuits blanches.

11.12.2025
Whose
Dalmatian
is
this, dancing
like crazy

on the
ochre fountain in the patio?

10.12.2025
Quelquefois

Cligner
Des yeux ;
Sentir sur

Les paupières
Le baiser de l’horizon.

09.12.2025

Black skin under a thin sunray, a white mask/
On
The timeless
Rocking chair.

Lips merge
And the hand-to-hand combat begins.

08.12.2025
D’élisions furtives en liaisons impulsives, nos yeux/
noyés
sans équivoque
lentement remontent

des profondeurs
du fleuve de la nuit.

07.12.2025

Emerged from a roman-fleuve, the strong man
takes
me like
nobody did

before and
I shrink down to nothingness.

06.12 2025

Chapka, doudoune, mitaines et bottes noires
Dès
Potron minet
Pour cueillir

L’aurore
Boréale sur une guzzi V7.

05.12.2025

I feel your flesh quivering
under
my hands.
I feel

your skin
gently trembling under my fingertips.

04.12.2025

Un coeur simple en
voyage
d’affaires.
Une appli ;

Un rendez-vous ;
Une chambre à l’étage.

03.12.2025

Lost dreamy thoughts
From
An abandoned
Upstairs room ;

Lost regards
For a faraway past friend.

02.12.2025

Deux cierges
en
la cathédrale
Saint-Florin

de Vaduz,
pour toi et pour vous.

01.12.2025

Froid
de
gueux grand-ducal,
colverts, corbeaux

planant dessus
l’Alzette et la Pétrusse.

30.11.2025
Wave of emotions

under
the
windows of

the former
European Coal and Steal Community.

29.11.2025
Fraîcheur novembrale ;
Le sourire de Raphaël Merlin cité de la Roquette.
Vins,
Dinde,
Lumières multicolores.

Saillies sheraziennes
– et les garages à bites.

28.11.2025
Love it
when raindrops come to slide and die on
the
windows
of my

Parisian existence.
Then November becomes almost seductive.

27.11.2025
Chandail beige ;
le café noir, la pâte d’amande
« agriculture
biologique ».
La flûte

de pan
et le temps des secrets.

26.11.2025
Your skin;
your white skin with its freckles.
Your
hands.
Your lips.

Your hopes.
Your hair, full of dust.

25.11.2025
Chandail noir,
Boucles d’oreilles à terre.
Vespéral
Whisky.
Une rumeur

Au loin…
L’envie d’une caresse.

24.11.2025
Lost room
on a lost highway
on
a
gray day.

Horizon dust.
My hands in your hair.

23.11.2025
Qui saura
guérir ton coeur
lorsque
viendra
le jour

tant attendu,
le jour du grand pardon ?

22.11.2025
Blithe like
a boy
playing
with
his soldiers

and resolving
The greatest battles of History

21.11.2025
L’étoile
chute.
Désastre
de
l’astre ;

Circonvolution céleste
en proie au clinamen lutécien.

20.11.2025
A song

escapes
from
the house

and crosses
the street of the inaudible.

19.11.2025
Comme
les vagues de mémoire se brisant sur la grande /
plage
de
l’insomnie,

ainsi vont
les heures fragiles du doute.

18.11.2025
Flying
Among the white and gray birds
Laughing
In
The air

And swimming
In the age of consent

17.11.2025
Là-bas,
l’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud.
Magie
ultraviolette,
immensité ionisée.

Chasteté sadomasochiste
des ceintures de Van Allen.

16.11.2025
Let’s
enjoy the countryside in the rain.

Heavy
skies,
slight depression.

Thyme, rosemary,
wet twigs littering the ground.

15.11.2025
Destins
cousus de fils de chagrin.
Pourtant,
parfois,
la joie

surgit, inédite,
sur le boulevard du quotidien.

14.11.2025
Far
beyond deserts and seas,
gleam
the
oil rigs :

sensual sculptures
that shape our distant lifes.

13.11.2024
Entrez,
entrez donc, mais
ôtez
derechef
ce couvrechef ;

soyez poli,
Découvrez-vous encore, monsieur Novembre.

12.11.2025
Once
upon a
time…
a
green-eyed, red-haired

maiden who
stood at an open window.

11.11.2025
Il
était
une
fois
le garage

à Jeeps
sous le soleil de Satan.

10.11.2025
Caresses

slow
down.
Over there,

wind turbines
danse in the dusty sunset.

09.11.2025

L’intensité du monde, les subtils pistils du safran ;
Toi,
ta
joie tactile ;

Ma patience
et la montée du torrent.

08.11.2025

Reread Anne Applebaum and sip that old Polish
herbal
vodka,
at night,

in november,
in the realm of Insomnia.

07.11.2025

… amour que j’aimais tant ne dura
qu’
un
clair de

lune – elle
avait le nom de Ninon.

06.11.2025

If the monks in my family,
Had
left
A trace,

I would
understand the Mysteries of sacrifice.

05.11.2025

Les armoires, les commodes en
bois
normand,
les bahuts,

les bretonneries,
renferment les secrets des ailleuls.

04.11.2025

Laughing and showing off
to
mask
the grimaces

that remorse
gradually draws on our faces.

03.11.2025

Ton utérus fut
Ma
Première
Demeure et

Ta tombe
Sera peut-être la dernière, maman.

02.11.2025

Brown rains,
Black
clouds,
Green suns,

Blue frogs
Purple waves and yellow submarines.

01.11.2025

Feux
follets
des
cimetières et

roboratives galimafrées
des chaumières vendéennes en hiver.

31.10.2025
In the cold
kitchen,
potatoes

wrapped in

aluminium foil
are cooking in the fireplace.

30.10.2025
Des mers rouges

S’écoulent.

Je sauve

La face.
Feminité : implacables règles du jeu.

29.10.2025
Tombe-Issoire Street.
Indian Pale Ales on the wooden and formica tables.
Who

Can say

who finally
Kissed the woman in red ?

28.10.2025
Les escaliers
des hôtels de Castries et Gouffier de Thoix,

Labyrinthe
des huissiers,

Où quelquefois
Surgit une trace du passé décomposé.

27.10.2025
Syr Daria –
Where great Crested Grebes and Black Winged-silts
Sing

Aral songs

Far from
Our dry sea of anguish.

26.10.2025
Yesterday, yesteryear,
When I am old, I will
read

von Rezzori

in his
original desolate German poetic language.

25.10.2025
Liquid worlds.
Weak powers and powerful weaknesses
merge.

Deep south,

sharp North ;
And the West can rest.

24.10.2025
Global South
And Collective West are
In

A boat.

The boat
Is sinking to the Northeast.

23.10.2025
Harley-Davidsons for
three old lesbians
who

hate victimization,

transmania, and
Like to remember their 1970s. 

 

22.10.2025
Victor Laszlo
In Casablanca.
Yet

Viktor lazlo

In a
Canoe rose, far from Marienbad.

21.10.2025
Brown skin
Red
smile

Soft hands

Dark sex
And mysteries in your eyes

20.10.2025
Still life

With

Nuts, apples,

And bottles
of wine in a mirror.

19.10.2025
Lazare
on my knees, at the Tridentine Mass concelebrated by
Martinican

and Breton

priests, on
this 19th Sunday after Pentecost.

18.10.2025
Backlights
On our lifes running toward winter ; courtyard, dark
windows,

Gloomy twilight.

Red hair ;
Two glasses kiss on a table.

17.10.2025
Cumulocirrus.
Intertwined hands on the teak wood table ;

Bright eyes ;

Dark skin ;
Half boy and half man.

16.10.2025
Beneath
our tired feet, the rooftops of
Paris

stretch out

as far
as the eye can see.

15.10.2025
Don’t
Cry when night is falling.
Wait

For dawn.

Wait until
You drown in the dew.

14.10.2025
Timothée
Is walking far ahead
In

the gentle

October sun,
slowly healing my autumn wounds.

13.10.2025
I
can’t get enough
of

your love,

I can’t
but what’s driving me crazy ?

12.10.2025
History
of hysteria
Geography

of paranoïa

Linguistics of
the silent waves of solitude.

11.10.2025
The
History
Of

The Decline

and Fall
Of the Roman Empire (Gibbon).

10.10.2025
Heaven ?

Hell ?
Frenzied climax.

Very bad
mix of phenylethylamine and serotonin.

09.10.2025

Salons Hoche. A handsome boy named Sofiane with gold
earrings

is smiling

at Retailleau
at the European competitive summit.

08.10.2025

Hundreds of books litter the studio floor and
Shelves

I hear

Their hissing.
Literature is a transformative power.

07.10.2025

Voices whisper at Nidhe Israel in Bridgetown,
Barbados

וְיַמְלִיךְ מַלְכוּתֵהּ

as dust
floats in the sun’s rays.

06.10.2025

Words of love are coming out
from

her tomb.

Clouds of
sperm brighten the dark womb.

05.10.2025

Eight years old : age of
Honesty.

And so

I completely
disgust you with my lipstick.

04.10.2025

In the secret heart
Of

Its castle,

Does Saint-Georges-de-Pointindoux
ever remember its lost heyday ?

03.10.2025

Land of silence.
Land

of knowledge.

Rare earths
sleep under the innocent river.

02.10.2025

Ubiquitous mother…
Funny

how death

gave you
another way to express love.

01.10.2025

June,
1389

Eternal battle

Kosovo Polje
Nothing could erase this memory.

30.09.2025

All my frustrations,


composted for so long, would make a rich fertilizer
for a

new life
if I had some courage.

29.09.2025
Serene foreheads
do reflect feelings and sensations I have never experienced.

This morning, sitting on the edge of the void,
I sang

a song
for the rise of freedom.

28.09.2025
I wonder
why are our countries driven by good students

rather than magnificent timeless gods like Alexis Ladot and
Titouan Leduc.

The times
of wild horses is coming.

27.09.2025
A slanting
light falls from the sky. Sanderlings race

through the foam border between the sand and the/
Atlantic waters.

I swim
in an April Gornik’s painting.

26.09.2025
Sea of
beeches, oaks, maples, pines and elms ;

waves of leaves in their last green before their
red-yellow agony

and fall.
The Earth feeds on death.

25.09.2025
Long memories.
Ba’asists and Nasserists, enemy brothers

whose sisters were dancing on the old Damas tiles
in 1975.

Your smile
stirred their joy, Bassel el-Assad.

24.09.2025
You want
to be a lesbian

but you don’t know where to start ? Don’t
try me.

Fast fashion
is now also about sex. 

23.09.2025
Dark circles
under my eyes :

I am the one who never sleeps, smile or
weep but

I can
laugh when the thunder rumbles.

22.09.2025
Words of
love are

gone with the ones who loved me true and
I remain

forever lost
in the cold worldly sneers.

21.09.2025
But don’t you

hear « a formless music for the age to come »,
coming through

a pause
between your long dark sobs ?

20.09.2025
Massa mansion


Green gold double doors opening to the lost garden.
Wig tree

Tender gravels
Heritage days in the rain.

19.09.2025
Dreamers
Adjust their weapons in order to aim their rage,

Rage against the machine, A.I.
stuff replacing us, and
Rage, rage

rage against
the dying of the light.

18.09.2025
Parmi
Les cerfs et les rapaces, l’enfant grandit

Sans peur, sans reproche, sans honte ni culpabilité, presque
Libre, presque

Sauvage, tendre,
cruel, auprès de son père.

17.09.2025
Anne
avait emmené ses enfants voir  Bagdad Café.

10 ans, 8 ans, 4 ans. Souvenir
Du boomerang,
Du piano,

Du désert,
De la voix calling you.

16.09.2025
Voix
lointaines, alentours de la rue Saint-Nicolas.

Étirement lent d’un matin blanc comme un linge, /
Fragiles instants,

entre rêve
de ouate et désir flagrant.

15.09.2025
Paysage ;
Théorème de l’axe principal.

Petite musique de jour et grandes angoisses de nuit, /
Théorème spectral.

Commissure labiale ;
Symétries axiales et centrales. 

 

14.09.2025
Éclair,
Coup de tonnerre, foudre. /

Les freux fuient les noirs marécages du ciel troué. /
Je crie.

L’enfant
lâche le tison de Satan.

13.09.2025
Nimbostratus
dessus les prés.

Les freux planent en cercles concentriques sur les marais. /
J’attends.

L’enfant
cueille un tison de Satan.

12.09.2025
So
old photos,

So young faces, in the last drawer of Anne.
We were

Smiling, unhappy ;
Yet she captured our future.

11.09.2025
Murk
comes.

Shoes in the sludge, butt on the hood, dunked,
I stoop

to see
stars collapse in the meadow.

10.09.2025
Inflexions

de la voix de ma mère, à jamais vibrantes,
souvenirs riants.

Nous revoir,
l’an prochain à Jérusalem.

09.09.2025

You’re a piece of shit, no one cares…

Après la messe fervente de l’Île d’Olonne,
les enfants

à tue-tête
hurlent POS dans la LandRover.

08 09.2025

Cette nuit, amis, quand la lune sera haute,

je cacherai ma lèpre sous un chèche de lin.
En Jaguar,

nous fuirons
par la baie des Olonnes.

07.09.2025

Mouettes blanches sur les vastes plages atlantiques

Méchantes et capricieuses, aux ailes recouvertes de sel, lucides, /
Belles, cruelles,

Sans peur,
Planant sur les humains dérisoires.

06.09.2025

Le dogue aux larges babines baveuses

Se meut solennellement sous la colonnade ornementale du perron. /
La Bentley,

doucement ébranlée,
Remonte l’allée du souvenir.

05.09.2025
La maison de l’Atlantique.

Les enfants au piano, les enfants aux fléchettes, rires,
saltos, hotdogs,

jeux interdits.
Le chien fronce les sourcils.

04.09.2025

Au Port Saint-Rêve,

Lorsque l’aurore aux doigts roses chasse la nuit, /
Les réverbères

Soudain s’allument
Pour guider les ombres solitaires.

03.09.2025

Les corps ivres.

Ivre de joie, de foi, de toi, ivre de /
vin perdu.

Semblance trouble,
Fente lumineuse des volets fermés.

02.09.2025

Tu contestais

l’intimité du café matinal au bord du lit. /
Tu préférais

les rires,
les cris des familles nombreuses.

01.09.2025

Jérémie

Blouson de cuir dans le jardin de la démocratie /
La beauté

du visage,
L’eau bleue des yeux.

31.08.2025
Dans les sous-bois
murmure

une herbe folle et volatile qu’aucun feu
ne brûle ;

les druides
l’utilisaient pour penser librement.

30.08.2025
Et ce sera


ma réponse amère à votre question romantique, en
cette matinée


politique et morale s’entredéchirent.

29.08.2025
Ce sera
L’élégance du scintillement argenté à l’horizon lointain/

Ce sera une caresse dérobée à tout regard.
Furtive, sauvage.

Ce sera
La magie de la mort.

28.08.2025
C’est
Le sel de la terre sous le vent,

La terre bleue balayée par les rafales
Du noroît,

Mes lèvres
Asséchées par ses froids silences.

27.08.2025

C’était,
tu sais, le ciel triste d’Oxford.

C’était ta voix, ta main, mon rêve
encore inachevé.

C’était
la rêverie suspendue au temps.

26.08.2025
Ludwig, amples
Habits autour de son long corps

Ses yeux jeunes se plantent dans les miens
Vaguement tristes

Tu sais
Nous allons devoir partir bientôt.

25.08.2025
Hôtel Matignon.
Dans le crépitement du crépuscule,

Somnoler entre les bras chauds de Binyavanga Wainaina. /
Ô Afrique,

Ô Europe,
Ô langues coloniales et décoloniales.

24.08.2025
Bistrot caché
Au village Saint-Paul

Manu chéri le bel ami perdu et retrouvé
Estivale parenthèse

Nous vidons
Une bonne bouteille de Brouilly.

23.08.2025
Les osmanthes
du grand jardin.

Les politiciers, les militaires, les cuisiniers, les maîtres /
d’hôtel.

Les silences
séditieux de mes lectures clandestines.

22.08.2025
Le train

De Chartres

Et dans l’humide et chaude nuit d’été
La cathédrale

M’accueille
En sa majesté de solitude.

21.08.2025
I am
Walking

Along with the father and the son of
Cormac McCarthy’s

The road,
And my heart slowly heals.

20.08.2025
Jérémie Gallois


Cinq heures quarante-cinq : toi non plus tu ne /
dors pas,

Tu écris
Avant le lever du jour.

19.08.2025
Estival
rendez-vous dans le bureau beige d’un long couloir ;

Avenue de Ségur, les ressources sont humaines, très /
humaines, mais

pas trop ;
Comme une douceur d’État.

18.08.2025

Flairant
la paresse ensoleillée de la ville en suspension ;/

je poursuis sans soucis ma lascive balade dans /
Paris aoûtien…

Humons discrètement
Les secrets du square Récamier.

17.08.2025
Danse
au fond d’un verre de whisky /

tandis que dans la fontaine les poissons rouges /
se gobergent ;

Toute première
fois, la toute première fois.

16.08.2025
Sous
le lagerstroemia, les enfants enchantés chantent /

le chant ancien des mousses amoureux des sirènes /
et dansent

la ronde
joyeuse autour des vieux mariés.

15.08.2025
Ave
Ave Ave Maria Ave Maria

En ville la sainte Vierge à bout de bras /
Ruelles saturées

D’humains,
De saints et d’anges.

14.08.2025
Implacable
soleil rue de Varenne.

Le muscle du coeur pompe et bat avec
hésitation quelquefois.

Nul chant
n’égale le bruissement végétal.

13.08.2025
Podcasts
Toute la journée

Je nage dans les eaux de la banque
centrale européenne

Les voix
Des économistes caressent mon coeur.

12.08.2025
Кино
Souvenir tendre

D’un rock samizdat russe plus beau que
Le rock

rue Boissonade
In my own private Ideal.

11.08.2025
Individus
agglomérés,

perdus au fond de nos silos de certitudes,
pour ne

plus voir
la désaffectation de la vérité.

10.08.2025
жаным…


Le sceau de cet amour si pur brillera
un jour

à Almaty
sur tes yeux grand fermés.

09.08.2025

Quand tu viendras, emporte-moi vers les terres rares,

où les métaux entremêlés alchimisent notre avenir commun.
Ma main

tiendra enfin
la main de l’Europe.

08.08.2025

Love is a stranger in an open car/

It is noble, it is brutal, it shines/
like destruction.

Tempt me
And drive me far away.

07.08.2025

Stasis, engendreuse de guerres civiles ! Enserre désormais /

la République, cette Reine Morte dont le prince
est encore

un enfant,
un enfant à naître monstre.

06.08.2025

Deux images viennent souvent me hanter.

Le fouet de mon père sur cette femme ;
Et ma

mère peignant
femme nue sous homme habillé.

05.08.2025

La vie et la joie,

La création artistique, la lecture nocturne, le libre-arbitre, /
La transmutation

des souffrances :
héritage cédé un cinq août.

04.08.2025

Je finirai seule sûrement

face au Dieu tout-puissant que j’ai inventé /
pour contredire

la mort
et pour pleurer en Lui.

03.08.2025

Une immense solitude

descend sur la ville et accable le studio /
des Quinze-Vingts.

Yeux fermés
je convoque mon peuple interieur.

02.08.2025

Le café

ressemble à l’amour ; il fouette, il caresse,/
il manque ;

il laisse
un goût sur la langue.

1.08.2025

Café

Sur le faubourg saint-Antoine, Catherine depuis trente-cinq ans ; /
Iconographe pointue,

Catalogueuse avisée
Anne t’aimait d’amitié.

31.07.2025
Une péniche stylisée
industrielle.

Un homme et une femme à côté
de moi,

yeux clairs,
visages calmes sur la Seine.

30.07.2025
Grandola, Vila Morena.


Notre terre est une terre de fraternité.
Fraternité invisible,

Fraternité inlassable
des villes brunes sans âge.

29.07.2025
Une araignée
se meut le long de la rainure du parquet.

Un café fume sur le rebord de
la fenêtre.

La nuit
je sais qui je suis.

28.07.2025
À Matignon,
les voix murmurent dans les couloirs sans fin

et les feuilles bruissent dans le hêtre,
les magnolias…

Position fœtale
sur le canapé du bureau.

27.07.2025
Europium, yttrium,
Tulium, lutécium, terbium, dysprosium, scandium, si ductiles

si malléables, aux orbitales difficiles et fructueuses.
Physique, chimie,

Mont analogue
et la géopolitique qui vient.

26.07.2025
Les moines
chantent pour le sauveur du monde.

J’ai il y a longtemps entendu
là-bas,

au Barroux,
l’office du Saint-Sacrement.

25.07.2025
Burning Spear
Dans un grand appartement parisien.

Tandis que les étoiles brillent trop loin
d’ici.

Un jour
ton désir sera mon esclavage.

24.07.2025
Toi, enfant
du port de Brest,

tu connaissais sûrement Barbara de Prévert, mais/
connaissais-tu

déjà alors
le simple mot de Palestine ?

23.07.2025
La honte,
la honte congénitale,

sœur cachée et mère indigne, grand’mère insoupçonnable, /
amante défaillante,

amie perverse,
un jour je te tuerai.

22.07.2025
Hébétude encore
et toujours

Quand la nuit trop courte a laissé
un trou

Qui grandit
avec les heures du jour.

21.07.2025
Bleue, l’
aube

se glisse par la fente des fenêtres.
Trois corbeaux

craillent ; deux
enfants s’enfuient vers le Nord.

20.07.2025
Clarté oblique


venue des rideaux flous à demi tirés.
Heure électrique,

mon ombre
devant la machine à café.

19.07.2025
Été
Lascif été au creux des reins la paresse amoureuse

Au creux des chiens les tiques pernicieuses
Eclipses mentales

Aposiopèse, ellipse
Le sens fond au soleil.

18.07.2025
Tétons
brûlants, peau lisse aux frontières, poils oubliés, ondulations /

saccadées de rires mixés, tempo chaud sur
draps tièdes,

gouttes glissant
le long d’une apnée.

17.07.2025
Rentrons
dans le palais brûlant du prince élu

dans la noire nuit longue du prince
Nobis datus

Nobis natus
Le théorbe geint pour nous.

16.07.2025
Panique,
panique le long des longs couloirs.

Le budget atermoie, se déploie, nous broie.
Ordres, désordre.

Au jardin,
les fleurs exhalent leur mutisme.

15.07.2025
Quelques
noisettes, un verre de lait.

Un air de Villa-Lobos : planto do caboclo.
J’aime

quand tu
fais semblant d’être ailleurs.

14.07.2025
Sex
and the rural area.

Love in the digital age, electric cars
with leatherette

rear seats ;
foreign hands on local thighs.

13.07.2025
Natacha,
depuis l’aurore,

pérore, jase, gazouille, papote, jacasse, potine, caquète, /
babille, bavarde,

bavasse, cancane ;
je bois un cinquième café.

12.07.2025
Sexe
et amitié

plutôt qu’amour et couple. Neveux plutôt
qu’enfants

et transit
plutôt qu’une adresse fixe.

11.07.2025
Esplanade
BNF

Un rêve en noir-gris-blanc de
danseurs urbains

qui déchirent
le ciel et le béton.

10.07.2025
Corentin


poursuivait ce matin son long rêve ferroviaire.
Rail libertaire,

horizon rouille,
anspects abandonnés sur le ballast.

09.07.2025

Louis XIV dans l’ombre de la persienne semiclose,

Corentin endormi sur le fauteuil empire bleusombre –
blondeur tranquille ;

Je récite
la litanie des motardes butch.

08.07.2025

Sur incises, Pierre Boulez, un poème de Cummings /

Anaclase de la carotide, anastase des inclinations /
très amoureuses,

Torsion intégrale
du bassin sous ses mains.

07.07.2025

Les parois de nos lunes trop terrestres,

Ô l’étude sélénographique de nos firmaments contraires !
Astres, désastres :

marées tièdes
dans une valse de Villa-Lobos

06.07.2025

Et tu sors de mon corps,

Fléau sans peine parmi les âmes en peine
Tu glisses

en musique
sur les parois du monde.                                                                                    

05.07.2025

Tu viens dans mon corps

fluide se glissant parmi les fluides rapides/
Tu lisses

les parois
Et la musique nous emporte.

04.07.2025

Le vent ; les ténèbres.

Pange lingua, gloriosi corporis mysterium, les voix /
des moines,

le murmure
du passé dans mes cheveux.

03.07.2025

Gisements d’hydrogène

qui changerez la face de la France,
la Lorraine

de Barrès
vous pressentait en son sein.

02.07.2025

Helen Thompson

connaît par coeur la série Dallas et
les cours

du pétrole,
du vent et du charbon.

01.07.2025

Élévation

Les clochettes du servant de messe signalent /
le miracle

Christus vincit
Christus regnat et Christus imperat

30.06.2025
In illo tempore


Le silence dominait la lumière, Maître,
Et toi,

Tu taillais
Le bois de ce violon.

29.06.2025
Tempus fugit.
Qui se souvient des bourgeons quand l’eté fleurit ?

Je t’aime, je t’aimais
Et personne

Ne sait
Si je t’aimerai toujours.

28.06.2025
Bona fide
j’ai cuisiné cette ratatouille avant midi,

pensant mes amis que vous ne
quitteriez pas

les lieux
avant l’arrivée des montgolfières.

27.06.2025
Zéro étoile ;
chiens hurlants dans la ville de nuit.

Tu expérimentes la faim, la mathématique.
Désiré Désir,

passager clandestin
du train de la soumission.

26.06.2025
Diégèse fluide.
Éclipse du récit, surimpression des impressions.

La pluie écrase la rue accablée
de chaleur

et ravive
la chair et le verbe.

25.06.2025
Alta nox.
La topologie régénère le sang.

Sleipnir cavale sur l’aurore boréale.
Latitudes cadavériques.

Un hypogriffe
court et vole vers Occismor.

24.06.2025
Enfant roi
Tu contemples mes orteils

Tu miaules, tu grimpes, tu ris,
Tu manges

Des fraises
Le temps retient son souffle.

23.06.2025
Tu cherches
la.voie pure

en papier déchiré. Tes doigts
tâtonnent encore,

toujours avides
des mystères de la vie.

22.06 2025
L’Eure
vive glisse ;

poules d’eau, couleuvres à collier,
lavoirs désuets.

Les heures
tendres de l’Eure filent.

21.06.2025
Minuit tiède,
microclimat.

Cette nuit, le solstice d’été
nous rapproche

des contrées
chevauchées par des licornes psychopompes.

20.06.2025
Midi brûlant.


Je savoure un café de solitude
loin de

l’assemblée,
à l’étage des secrets.

19.06.2025
Turin
s’est effacé le long des rails après les Alpes

et l’Europe est un extase
lent, sérieux,

locataire précaire
dans la gangue du temps.

18.06.2025
Si
le jaune est la négation de l’immanence,

le rouge sublime la transcendance ;
si et

seulement si
le bleu désaltère le monde.

17.06.2025
Partie
la femme qui dormait près de moi,

parties les longues jambes blanches, parti
l’énigmatique

léger sourire
laurencien et sa vaporeuse étrangeté.

16.06.2025
Mercurochrome…
Sous les arcades Laurence et Jérémie

noyés dans le capuccino, les miettes

de sucre,
se disputent avec les pigeons.

15.06.2005
Suie
des fortes chaleurs sur Turin

Cappuccino délicieux pour la vieille droite croulante/
Rives calmes

d’Europe :
Un bateau sur le Po.

14.06.2025
Répéter
La fraction du pain.

Pieds de pierre, pieds chaussés, pieds
de nez.

Feux orientaux
(missiles sans âmes, poème blessé.)

13.06.2025
Chat,
Bonhomme de lune,

Sages comme des images de livres
pour enfants

Dormant au
fond des greniers de province.

12.06.2025
Kérygme
des Douze

Souffle spirituel incertain sur la nuit
du monde

Desposynes dispersés,
vos soirs engendrent nos matins.

11.06.2025
Vineuse
ivresse

Hôtel de Massa à la dérive
Jardins lascifs

Directeur flippant
Le cotinus exhibe ses perruques.

10.06.2025
Descends…


… cet escalier de l’intime conviction.
Ne cherche

aucun raccourci.
Chaque marche réchauffe ta volonté.

09.06.2025

La lune se lève sur la pointe du Hourdel ;

les phoques se couchent au loin.
À Saint-Valéry,

Quelques cygnes
glissent sous les fenêtres Art-Nouveau.

08.06.2025

La fierté victorieuse des parents accentue mon isolement.

La poussière du château en décapilotade
me console.

Je monte
dans la chambre du souvenir.

07.06 2025

À Saint-Riquier au pied de l’abbaye,

La table est bonne, la bière
douce-amère ;

Et toi
Tu n’existes presque pas.

06.05.2025

La bibliothèque nationale déploie son manteau

de cotte de maille gris ;
Esplanade fraîche

où fricotent
les soleils des jours calmes.

05.06.2025

La longue route de vagabonde

Nous entraîne à travers la ville
Du temps.

Volcan, Révolution,
Dans la gueule du loup.

04.06.2025

J’abandonne mon téléphone,

condition pour pénétrer dans cet hôtel
des Invalides

que Gange,
ma chienne, rêvait d’explorer.

03.06.2025

Reviennent les temps

du sexe des anges en Sorbonne,
des barbaries

médicales, et
des politiques de terres brûlées.

02.06.2025

Une chambre.

Une chaise paillée, une lampe allumée.
L’amour.

Une mouche.
Deux jambes nues se replient.

01.06.2025

Foule

éclatante de liesse et d’inconscience,
croyant fêter

une victoire,
se dévoile esclave du Qatar.

31.05.2025
Une belle femme
parle

et j’écoute de loin,
timide, consciente

qu’aucun
rêve ne mérite sa divulgation.

30.05.2025
Le silence gronde


dans la vallée du Lötschental.
La chute

du glacier
et le vol des hélicoptères.

29.05.2025
Ici sonnent
les cloches des heures, depuis mille ans ; bourdon Marie

et autres pièces de campanologie.
Aucun angélus

n’estompe
L’attente latente des latences.

28.05 2025
Nuit tendre
lorsque les nuages glissent lentement sur les toits,

Que les brindillent craquent sous
les pas,

Crapaud ému
au clair de la lune.

27.05.2025
Poussière crépusculaire
Éclats d’amitiés au fond des verres

Si l’amour nous lie
tous ensemble

Je crois
que nous traverserons le temps.

26.05.2025
Léger vent
dans les cheveux longs du monde

Il était une fois toi
et moi.

Lourde tache,
celle d’éliminer les fioritures. 

25.05.2025
Je ressens
Un besoin de drogues dures

Un appel du large psychologique
Un frisson

Larguer enfin
Les amarres du bateau ivre.

24.05.2025
Techno musique
Ici dans l’aquarium

Dansent les poulpes de Matignon
Pieuvres, méduses

Léviathan cogne
Dans mon coeur d’otarie

23.05.2025
Brillants, cultivés,
chaleureux, sociaux, aimables,

pensant exactement comme il faut,
sans écart.

Profession : journalistes.
L’ordre moral en souriant.

22.05.2025
La théorie
des motifs ;

nos cohomologies étale et cristalline,
vos foncteurs.

À Cornimont,
la ligne bleue des mathématiques.

21.05 2025
Le temps
passe

comme un vieil ennemi narquois
qui sonne

aux portes
des femmes n’ayant rien prévu.

20.05.2025
Une porte

claque dans le quartier calme.
Café harar,

tu emplis
mes veines de sang noir.

19.05.2025
Subir
Sa propre volonté sans la comprendre, comme une malédiction ;/

Se laisser hanter par soi-même
Et siroter

Sans penser
Une vieille liqueur de vulnéraire.

18.05.2025
Choufleur
braisé dans le curry sur lit de yaourt

Échalottes émincées crues, jus de
carotte gingembre,

Pain noir
Ciel bleu du boulevard Beaumarchais.

17.05.2025
Amour
sombre, vert-de-gris tournant à l’eigengrau, amour /

sans pitié, je t’aime
en coulant

sans nager
dans les étangs d’Insomniapolis.

16.05.2025
Olives
offertes sous le soleil frais

La perceuse des ouvriers chante
se mêlant

à Liszt
Et je crois en Dieu

15.05.2025
Comme
le soir tombais, je vis

Un chien dans un jeu
de quilles

boire sous
une tonnelle un armagnac ténarèze.

14.05.2025
Laurence :
Qui est-elle, silhouette

adolescente de cinquante ans, sortie
de douche,

déjà partie
vers son mystère sans ramage.

13.05.2025
Main
dans la main

Dans le train du rêve
avec elle

Très loin
des regrets et des remords

12.05.2025
Université
de Besançon.

Fille illégitime de ma mère,
j’écoute

les spécialistes
évoquer sa vie, son œuvre.

11.05.2025
Clemens
Rector

Une mélodie grégorienne de Lioncourt
Un dimanche

À Motey-Besuche
Dans la maison des vignes.

10.05.2025
Dolomites :


un poème de Mandelstam ou
de Cavafy

pour entamer
la traversée du jour blanc.

09.05.2025

Le soleil invaincu se dévêt par un matin perdu

Laissant le monde se noyer
de peur

Je croise
Des passants aux yeux éclatés

08.05.2035

L’Orient le jour, l’Orient la nuit,

et l’Orient encore aujourd’hui,
qui finit

en catimini
avec les chercheurs de midi.

07.05 2025

Un larme d’arak avec Marwan Chahine,

un soupçon de tokaj avec
Grecsó Krisztián,

quelques gouttes
de Lagavulin avec Irvine Welsh

06.05.2024

Une douce odeur de cigarette blonde

flotte autour de mes pensées ;
à coté,

je crois
que Laurence lit un roman.

05.05.2025

Chacun me tient une main

dans les rues de Paris.
Fleurs, graffitis,

Motos, bourgeons,
nous humons l’air urbain.

4.05.2025

Sur le klismos, à

l’ombre rétrécie au zénith,
le pâtre

regarde sans
réfléchir la courbe des collines.

03.05.2025

Depuis les montgolfières

le temps distend les vallées,
les prairies,

les rivières
et les pensées sans filets.

02.05.2025

Soliloque sotériologique

(avec un pain grillé beurré,
à Saumur,

au printemps),
les Stromates de Saint Clément.

01.05.2025

Pleurant

sur la troisième consolation de
Franz Liszt,

nous regardons
la pluie mouiller les paquerettes.

30.04.2025
Et sans doute

Faudra-t-il du temps
Pour apprendre

à aimer
sans cathinones ni méthylènedioxyméthamphétamine

29.04.2025
La perspective,
seuls sur la route comme des enfants sans passé

Quand l’avenir nous atteindra
Nous aurons

Déjà compris
la séparation électromagnétique des isotopes

28.04.2025
Balade nocturne
Frère-soeur voix masculine voix féminine, les pas syncopés

aux brèches du désir
politique, artistique

Tu sais,
La frontière de nos destins

27.04 2025
Ballade lectuaire
de nos amours hétérarchiques sur musique électro,

Nul besoin de fouet
pour souffrir

Les caresses
savent faire mal avec tact.

26.04.2025

Murmure silencieux
des soldats désarmés de la citadelle.

Touaregs chrétiens en majesté,
chèches bleus.

Eternelle demeure
de pierre et de foi.

25.04.2025

Insondable souffle
du vide en sa citadelle ;

Craquement silencieux.
Au désert

murmure encore
la voix de la croix.

24.03.2025

Insondable immanence
des hautes citadelles immobiles.

Le vent se suspend
et meurt.

Seules demeurent
la chair et la croix.

23.04.2025

Insondable citadelle
du silence immobile

Le verbe devient minéral
L’eau

s’évapore sous
la pierre et la croix

22.04.2025

Insondable silence
des citadelles

La mienne demeure minérale
Ni eau

ni feu
La pierre et la voix

 

21.04.2025

Une jambe
repliée

Un sourire en coin
Quelques primevères

Le printemps
d’une jeunesse en fleur

20.04.2025

Nycthémère amoureux


dans la lumière rouge
des lampes

Ici aussi
la cage dorée nous ensorcelle.

19.04.2025

Bâtir
dans le secret, à l’écart des terrains convoités,

de solides demeures pour
l’esprit.

Ce seront
mes archives de l’Ouest.

18.04.2025

Tandis
que les incessants progrès techniques accablent ou sauvent,

les âmes demeurent perdues
sans repères,

la peur
ne les quitte jamais longtemps.

17.04.2025

Foehn…
Le vent te rend fou, petit garçon.

Tu dévales
le flanc de Piz-Corvatsch.

Deux Saint-Bernard
te font office de parents.

16.04.2025

Demain
sous vos yeux vieillis j’aveindrai

des tissus de chagrin
et vous

comprendrez pourquoi
les vieilles armoires pleurent quelquefois.

15.04.2025

Passementerie
dans l’obscurité du matin

Poutres fatiguées, chaux épaisse,
vieilles lunes

Le goût
du miel et du café.

14.04.2025

Chartres
était tendre ce soir

Mais dans ma colère
sans paroles

Je ne voyais que l’orme mort.

13.04.2025

Marchent
les jeunes hommes

vers le soleil pur
du destin

leurs pensées
naissent dans le jour tendre

12.04.2025

Lac
de solitude

Souffle court du silence
Soudain surgit

L’angoisse
cette vieille ennemie sans pitié

11.04.2025

Petite
marchande

de prose faviériste en
livraison chez

Jacquemart André
sous le soleil d’Haussmann.

10.04.2025

Aram,


Grand maître des satellites
et Yuko

Oshima, percussionniste,
parade immobile sur le fleuve.

09.04.2025


Mes jambes et mes bras jouent aux tentacules autour

du corps sans défense
du fantasme

Je pique
je me venge des humains.

08.04.2025


Si tu n’existes pas, je me dissous

dans les abysses, dans
les abîmes,

je tombe
et je meurs chaque jour.

07.04.2025


Personne ne sait quand finira la nuit.

Le cercle est formé.
Déjà s’élève

le stupéfiant
Panda chant de Meredith Monk.

06.04.2025


Les sourires, les regards, la choucroute,

les violons, le clavecin, le Riesling,

le temple
du Foyer de l’âme.

05.04.2025


Les fentes des stores strient

les lattes du parquet
place Monge

où lézardent
les agaves d’Amérique panachées.

04.04.2025


Adhérer à la SGDL

au soleil d’avril,
poisson péché !

Jolie pêche
pour conjurer l’angoisse oratoire.

03.04.2025


Jours de lumière

Photographies argentiques venues de
notre enfance

Yeux plissés
Persiennes entrouvertes sur le passé

02.04.2025


Je longe
l’ancien portail armorié,
la Porsche,

la componction
placide du dogue de Bordeaux.

01.04.2025


Chiapas,

Intifadas, Communes de Paris,
printemps berbère,

Nord-Irlande, anti-junte :
je t’aime, éternelle Vendée.

31.03.2025

Entre les peupliers
bleutés

glisse la Maserati
d’Intissar.

La France
se prépare dans le secret.

30.03.2025

Casque noir brûlant


Moto Honda grise
et blanche

Autoroute bleue
Soleil vert à l’horizon.

29.03.2025

Colonnade, ocre
des murs, bleu nuit du ciel et silence sage

des grenadiers… Chante
au loin

le tibibt
qui semble psalmodier toujours : inch’Allah.

28.03.2025

Je regarde
le torse nu d’un jeune homme brun

à la dérobée ;
il fume

square Vergennes,
troisième fenêtre, immeuble en brique.

27.03.2025

Demeure pourtant,
dans le respect du droit, le silence

du doute et l’accueil

des divergences,
un combo salvateur et durable.

26.03.2025

J’attends
les chaudes averses sur nos visages,

au bord de
ta mer.

Caresses inédites
des vents sur les terrasses.

25.03.2025

Là-bas, toujours
les feux éternels d’Abşeron,

et chez nous
l’hydrogène

blanc lorrain.
La terre est encore vierge.

24.03.2025

Silence, don
descendu du ciel calme.

Soleil serein et
ses ombres.

Quelques gouttes
de café au zénith postprandial.

23.03.2025

Nomcebo Zikode,
cette voix rocailleuse,

tes bras fatigués.
Repose-toi,

repose-moi
dans la doulce langue zoulou.

22.03.2025

Café noir
avec vue

sur la rue
Tendre studio

Edredon observatoire
Chantonner au bord du monde.

21.03.2025

L’élégant
visage

d’Anne-Claire surgit
boulevard Beaumarchais,

équinoxe urbaine
dans les vapeurs du soir.

20.03.2025

« Camp 1940 »


Léopold Sédar Senghor,
mon grand’père

vous lisait
au bord de l’étang.

19.03.2025

Quelquefois,
je regrette les temps où j’étais de gauche,

généreuse sans limite
ni surcoût,

le camping dans le camp du Bien.

18.03.2025

Opus.
L’oeuvre invisible se ramidie dans le terreau

de la foule,
sans rumeur

ni médias,
et ad majorem gloriam Dei.

17.04.2025

Seule,
tu tiens ta peur entre tes bras

afin de contenir
son explosion

d’angoisse
sans forme et sans fond.

16.03.2025

Reviennent
les babillages stridents des enfants espiègles

léchant leurs assiettes,
génioglosses tendus,

au fond
d’un restaurant de Denfert-Rochereau.

15.03.2025

Bouleaux
proches, peupliers dans le lointain ;

carabine en joue,
je tire.

Souffle court
dans l’odeur de poudre.

14.03.2025

Comme
une vague qui s’achève

sur le sable
du rivage,

je veux
mourir au bout du rêve.

13.03.2025

Laurence
écoute les PinkFloyd

après la compote.
Elle divague.

Le vin
a fait du bon travail.

12.03.2025

Echos
du lointain,

qui vous entend,
murmures ireux ?

Mare crisium,
qu’aucun navire ne dompte.

11.03.2025

Ministère
délétère

Rage d’ennui
Angoisse tremblante

Parfois, hurler
tout bas dans les couloirs.

10.03.2025

Lierre


dans le contrejour,
café surexposé,

repos matinal
qui s’oppose à la volonté.

09.03.2025

Apprendre à fuir, apprendre à hurler, apprendre à frapper.

Apprendre à porter
secours aussi.

Vigilance, confiance –
et un pas de côté.

08.03.2025

A Vierzon dans le noir l’organiste joue

pour Sainte Perpétue.
Devant moi,

Fabien et
Côme ne font qu’un.

07.03.2025


Pensées de Pascal et pensées des prés

Pierre de taille
Béton armé

Grenades jetées
Dans nos vieilles âmes dégoupillées.

06.03.2025


Gros bourdon, petit bourdon en volée,

Puis le silence,
Des cloches,

Le café,
La lecture des matins calmes.

05.03.2025


La fin de l’hiver

Les oranges pulpeuses
Le miroir

Matin mutin
Rideaux tirés sur nos soupirs.

04.03.2025

Hier Jérémie a dissout

la nuit soufflée.
Ce matin,

à Forschwiller,
Foulques sonde l’hudrogène blanc.

03.03.2025


Givre aux cils

Narcose d’azote
peau bleue

Qui ressemble
aux cousines noyées de Kerguelen ?

02.03.2025


Demi-jour ou

trois-quart de nuit,
il était

une fois
les volutes du café noir.

01.03.2025


Vois

Comme le soleil
Se lève

Il inonde
Les limans de sa lumière.

28.02.2025

La guerre,
tout milieu : terre, air, mer, cyber, espace, informationnel.

Plus humble,
la paix :

quelques noix
sur une table de cuisine.

27.02.2025

Vents nocturnes,
Engoulevents au raz des herbes folles gelées.

Campagne rase,
Etoiles méprisantes.

Je crois
Que je t’aime encore.

26.02.2025

Qui peut
faire de la voile sans vent ?

Qui peut
se lever

le matin
sans pleurer les amours perdues ?

25.02.2025

Oui, longtemps,
j’ai pris les attachements

pour de
l’affection,

les affects
pour de la fidélité. Regrets…

24.02.2025

Elton John
et son chemin de

briques jaunes,
autoroute A11 :

béton moelleux,
nos voix en mode pause.

23.02.2025

Une mare
de mon enfance,

les soirs sans lune ;

la flûte
entêtée de l’alyte accoucheur.

22.02.2025

L’ennui
se faufile

au creux
des jours

et stagne
comme l’eau des étangs.

21.02.2025

Ô guerre
informationnelle,

harcèlement cognitif,
rumeur agitée,

brouillage radio.
L’arsenalisation de l’information.

20.02.2025

Tu mens.


Je ne
t’ai

pas souri.
Je t’ai mordue hier.

19.02.2025

Refuge
rue Saint-Vincent de Paul, lustres, rouges tentures.

A travers
les mondanités,

l’intelligence
de la très vieille dame.

18.02.2025

Peur
et Amour de l’Atlantique jusqu’à l’Oural,

d’Est
en Ouest.

Famille divisée.
Le temps dévérrouillera nos impasse.

17.02.2025
Fumés,
les jours de février, comme un whisky  ;

et tourbés,
ses matins

bancals, banals,
dans la suie des repentirs.

16.02.2025

Seuls
Nous sommes tous vraiment si seuls

Jetés au
Monde comme

Des tourments
Depuis la falaise du destin.

15.02.2025

Islamabad
où le soleil se lève,

Mosquée Faisal ;
un vœu

s’envole
vers les collines de Margalla.

14.02.2025

Intelligence :
j’ai toujours connu

mes limites.
J’ai

toujours compensé
par une faconde claire-obscure.

13.02.2025

Kriegspiel
entre généraux européens.

Sans enjeu,
propos tactiques,

stratégie fantômatique ;
Otan en emporte le vent.

12.02.2025

Peau
de peterbald

et cernes
d’or,

j’entre
dans l’âge des vérités.

11.02.2025

Ecole
militaire

Jeunes hommes
en pagaille

au wargame
du commandement du combat futur.

10.02.2025

Jérémie


Prophète des
Îles froides

Pleureur salin
Dans les vagues du Nord.

09.02.2025


La lueur du téléphone dans la chambre toute noire.

Mon souffle,
ma pensée.

Une habitude :
écouter les bruits du silence.

08.02.2025


Jour de pluie fine ; un pub, deux guinness,

Caroline Mirkovic.
Mes cernes,

nos mères
et ses beaux yeux bleus.

07.02.2025


Pain grillé, échalote et filet d’huile

d’olive,
whisky tourbé,

hier soir,
festin crépusculaire d’ermite chartraine.

06.02.2025


Un soir, t’en souviens-t-il ?

Nous voguions
en silence.

Notre amour
se mourait sur l’onde.

05.02.2025


Croassement noir des corbeaux blancs

perchés sur
les frênes ;

deux éoliennes
se caressent sous les nuages.

04.02.2025


Une soirée de scénaristes ;

archistes, dialoguistes.
Jécoute.

Regretté-je ?
J’aimais l’écriture industrielle.

03.02.2025


Sondes de Forschwiller,

sous le
ciel gris

de Lorraine,
remonterez-vous l’hydrogène blanc ?

02.02.2025


Brunchs branchouilles :

dimanches matins
des bourgeois

qui ne
vont plus à la messe.

01.02.2025


Hassan ?

Raconte-moi
Doura Europos.

L’Euphrate ;
le long mur d’enceinte…

31.01.2025

Tout petit bonhomme
endormi

parmi
les cables,

les bips,
dans ton couffin de verre.

30.01.2025

Cache le secret


sous
tes paroles

puisque tu
ne sais pas te taire.

29.01.2025

Rideau vespéral ;
les choses à leur place et ma bouche fermée.

Silence
d’or

qui recouvrirait
mes paroles inutiles ou regrettées.

28.01.2025

Deux seins
de pierre, deux seins de glace, corps alangui,

tordu,
sourire étrange

en attendant
la caresse des mains noires.

27.01.2025

Masque portruaire :
esplanade traversée de bourrasques,
déchirures du climat ;

bateaux
à quai.

Ambiance mortuaire :
bateaux partis pour l’infini.

26.01.2025

La discrétion
quelquefois ne ressemble pas au mystère.

Parle,
ris, partage ;

ainsi personne
ne devinera ton vrai silence.

25.01.2025

Intérieur nuit,
Hôtel Matignon dans son obscurité

Exultation
des heures

Saudade politique
avec une chanson du Cap-Vert.

24.01.2025

Les pommes
fondent dans le four

Sanglot
du beurre

Sérénade sucrée
Cocon dans une ville fêlée.

23.01.2025
Poignard posé
sur ta peau

jeu
dangereux, bizarre

qui cherche
encore à vaincre l’ennui.

22.01.2025

Baisers caresses
soupirs profonds

chevauchée
sans halte

deux hallebardes
chant épique dans le lointain.

21.01.2025

Amours sans
bagage,

Destin
sans nuages,

J’ouvre
la porte des lendemains vierges.

20.01.2025

Calme, calme.


Chêne
ou roseau,

reste calme,
au centre de la quiétude.

19.01.2025

Depuis
les hauteurs d’Ecouen, contemplons la plaine de France.

Brume,
ciel glacé.

Au loin,
feux de piste de Roissy.

18.01.2025

Face
à celui qui vient te tuer, lève-toi,

tue
le premier.

Haine et
Amour des tréfonds du Talmud.

17.01.2025

Amères,
nos rides, nos langues après l’amour ;

amers,
nos tropiques

du matin.
Amers des cartes marines surannées.

16.01.2025

Plaisir
de vieillir dans le grand miroir :

livre
de vie.

Chaque énigme
sera levée – sauf la dernière.

15.01.2025

Noir
col-roulé, noir futal, nois désir,

Noire
manuelle mémoire,

Noir minuit,
Noires fluidités des caresses expérimentales.

14.01.2025

Vivre
au fil des jours

selon
la liberté.

Aurai-je
dû plutôt choisir l’action ?

13.01.2025In
Bed with Laurence.

McMafia,
épisode II.

Yeux révulsés,
cheveux dressés sur la tête.

12.01.2025

Lourdes
vagues glacées,

fin
sable gelé,

sages enfants
sous les ciels d’Olonne.

11.01.2025

Le chien

dort
avec moi ;

il prend
tout l’espace du lit.

10.01.2025

Rouler


vers l’Ouest.

Au wagon-bar,
un café et Joseph Brodsky.

09.01.2025


Nous plongeons dans l’océan profond de l’Osint.

Calme
rendant addict.

Je sniffe
la poudre blanche des informations.

08.01.2025


Marrons glacés posés sur les rebords des fenêtres.

Lourd
couvercle céleste.

Ni ville,
ni campagne, une banlieue étendue.

07 01 2025


Rideaux tombés sur les vestiges du temps,

poussière
des ans,

pénombre hivernale
dans le studio des amants.

06.01.2025


Puisque la belle Floriane me retient

en sa tempête,

je demeure
provinciale, loin des ministères amers.

05.01.2025


Cigarettes d’Alexandre se consumant

entre
deux chandeliers,

masques tombés
sous une piéta de Carracci.

04.01.2025


Tu conduis nos souffles.

Essentielle,
inspirée, inspirante.

Principe intégral.
Le vent doux se lève.

03.01.2025


Nuée d’étourneaux !

Je
me souviens.

Leurs cris !
Nos visages tendus vers eux.

02.01.2025


Je te

veux,
offerte sous

un manteau
d’étoiles, là-bas à Imenstrom.

01.01.2025


Aurore

Morves
de nuit.

L’inconfort
au coeur du nouveau monde.

31.12.2024

Un long soulier
de
satin,
de magie,
de beauté,

lustre, chants,
joie des heures parfaites.

30.12.2024

Train Chartres-Paris glacé

Rues
sans visages
Je rentre

pour rien
Triste chanson de vagabonde.

29.12.2024

Un if
se balance derrière les toits de petites tuiles plates,
vert
d’hiver,
sombre, massif ;

je crois
qu’il me parle.

28.12.2024

Toi aussi,
écoute la radio dans la nuit impulsive ; bois
brûlant
le café,
le murmure

du vent,
les riffs de Led Zeppelin.

27.12.2024

Ciel serein
Eclats de pure joie et de chocolat
Coeur
du monde
à venir

Tu vois
Je dis n’importe quoi.

26 12 2024

Vous naquîtes
rue Sainte-Félicité, dans le quinzième arrondissement.
Rue
Léon Delhommes,
vous avouez

un secret
cinquante ans plus tard.

25.12.2024

La souffrance,
notre identité la plus profonde ;
elle
qui ne
ment jamais

nous bercera
dans un dernier baiser.

24 12 2024

Un seul,
puis deux, puis dix,
langue
glissant entre
les dents,

noyée dans
le sucre du Liban.

23.12.2024

Le lac
des cygnes noirs
s’ouvre :
prélude ondoyant de forêts,

symphonie lente,
lent désastre des astres.

22.12.2024

Le rap
de Jemon
lancine
ce soir.
Miel pur,

beurre fondant,
si tendres gâteaux arabes.

21.12.2024

Les osmanthes
bruissent,
dans
le jardin
de Matignon :

minuit désert,
sombre, dense et profond.

 

20.12.2024

M’ayant

imposé
ce dîner,
il parlait,

pontifiant, attendri,
m’expliquant la vie.

19.12.2024

Douce,
la voix du jeune comptable en bras de chemise,
rue
de Budapest,
la nuit ;

immobilisations incorporelles
au compte de résultat.

18.12.2024

Comme
des vagues qui viennent de loin se briser
sur
nos rivages,
au bord

du monde,
ta voix me berce.

17.12.2024

Cypherpunks,
les généraux byzantins ont compris leur péremption
et
votre victoire
ne fait

qu’initier
l’insurrection qui vient.

 

16.12.2024

Chats
gris, la nuit, toits noirs sous
blanche
lune ronde,
branches nues

des aulnes,
frissons des échines humaines.

15.12.2024

Une
mer de toits de tuiles
emporte
mon rêve
de sable

au-dessus des
eaux de l’Atlantique.

14.12.2024

Laisse
le souffle des nuits
se
mêler à
ton souffle

de safran
et d’aubépine bleue.

13 12 2024

Carapatée
dans le jardin
désert,
j’entends
la passation

se dérouler
dans la cour débordée.

12.12.2024

De
l’autre
côté
du miroir,
se trouve

l’énigme
de la jeunesse éternelle.

11.12.2024

Je
veux
fuir
ma médiocrité,
partir loin,

par delà
les latitudes des chevaux.

10.12.2024

Prendre

à
la nuit
son suc

tandis que
tout le monde dort.

09.12.2024


poser le suc des jours sur l’étagère poétique
sans
t’oublier,
enfance lointaine,

impressions premières
gravées dans le corps.

08.12.2024


Tant de concertos pour violon, de sonates déchirantes
pour
l’âme.
Ecoutons encore

Samy Moussa
en embrassant Johnny Walker.

07.12.2024


Son nom de Calcutta dans Matignon désert.
Oui,
petite marguerite,
son nom

de Venise
dans Matignon désert désert.

06.12.2024


Dans le flottement du temps, Orion
de
Kaija Saariaho,
boule musicale

traversant lentement
des ciels de pensée.


05.12.2024


Un matin comme un autre
ou
presque comme
un autre,

café noir
et tartine d’incertitude.

04.12.2024


Quelques pommes cuites fondues
dans
du beurre
citronné, saupoudrées

de cannelle ;
un doigt de calva.

 

03.12.2024


Confire les aubergines
sur
les plaques
à induction

en écoutant
Christophe chanter la Dolcevita.

 

02.12.2024


Jours autotéliques,
années
sans logique.
Force pure

des courbures
du temps sans mesure.

01.12.2024


Frère,
oiseau
de nuit,
étendu là,

au sol,
endormi sous mon regard.


30.11.2024

Rue de Varenne,

canapé
noir,
soleil novembral ;

l’attente,
la magie du silence.

29.11.2024

Hôtel Dolomites ;
mon corps prend la forme d’une île déserte.
Pas
besoin
de drogues :

je plane
hors des champs euclidiens.

28.11.2024

Hôtel Saint-Nicolas.
Premiers feux du jour : une joie blanche tinte.
Café,
brioche.
Vivre cachée,

rideaux tirés
sur mon propre mystère.

27.11.2024

De nuit
en nuit, de peur en peur, guerre
et
paix,
souffle, sortilège,

la barque
sur l’onde noire.

26.11.2024

Chaleureux dîner
de juges, procureurs, inspecteurs, notaires possédant
grande
science
étatique et

grande confiance
dans le bienfondé républicain.


25.11.2024

Les rues
des sous-préfectures, rues Constantine, Joffre,
Romain
Rolland,
leurs devantures

graffitées de
kebabs et de pizzerias.

24.11.2024

Salon bourgeois.
Trois Laurence papotent, guillerettes.
Je
finis
le doubeurre

au milieu
des beaux hommes tristes.

23.11.2024

Au milieu
d’une mer
de draps,
qui peut

faire de
la voile sans vent ?


22.11.2024

Le long
du jour
se
traîne
une fatigue

muette, sourde,
lancinante comme l’automne.

21.11.2024

Trois fenêtres
fermées,
rideaux
légers,
deux cafés ;

une langueur
avant l’hiver profond.


20.11.2024

Novembre épaissit.

Froid-
gris,
mouillé-triste.

Pardonnez-moi
si je m’accagnarde.

19.11.2024

Elle
me parle au Foyer Vietnam, mais ses yeux clairs
voguent
ailleurs.
Elle ressemble

au lendemain,
même quand elle divague.

18.11.2024

Peur,
grande peur de l’éditeur face aux egos
illimités,
impitoyables,
des auteurs,

merveilleuses victimes,
outrées, orgueilleuses, suffisantes, médiocres.

17.11.2024

Remix
de Pachelbel, de Morricone et de Bach,
lit
défait
des rêveries

de novembre,
des audaces en solitaires.

 

16.11.2024

Puisque
descend la nuit, prends ton bain
de
tristesse,
ami amer ;

je tiens
ta main qui tremble.

15.11.2024

Ripeur
debout contre sa benne verte,
regard
plein
de grandeur ;

destin obscur
des hommes sans bagage.


14.11.2024

Turbulences.
Vol de nuit intérieur,
ciels
insomniés.
Garçons manqués,

garçons efféminés,
danse avec mes anges.

13.11.2024

Je
vais et je
viens
entre
les reins

des souvenirs
et je les adoube.


12.11.2024

Vapeurs
brûlantes, bains
froids,
corps
se mouvant

lentement entre
les colonnades, temps suspendu.

11.11.2024

Souffle
régulier
sans
saccade,
lit solitaire

au creux
d’une ville tendre.


10.11.2024

Sip-Utca

deux
robes
et puis

un bouiboui
et un reggae bar.

09.11.2024


Les ponts se vident ; le jour a décliné
en
ténèvres
innombrables.
Qui chante ?

Il dort,
le beau Danube noir.
08.11.2024


Par-delà les nuages, là où meurt le vertige :
nappes
cotoneuses,
blanc silence.

Lente descente :
ton oeil bleu-vert s’ouvre.

07.11.2024


Je frappe à la porte des interdits
rouge
sang.
Le fantôme

qui ouvre
ressemble à mon père.

06.11.2024


Minuit ; il est déjà demain. Déjà
je
renonce
au bonheur.

Déjà je
crains, doute et rechigne.


05.11.2024


Le miroir dans le miroir
réfracte
encore
le reflet

du sombre
visage de ma mère.

04.11.2024

Les familles s’effritent lentement
en
province,
mais toi

tu ris
plus fort qu’avant.

03.11.2024


Je t’aime
au
creux
du doute,

quand vient
l’heure du loup.

02.11.2024


La veuze
sonne
encore
au fond

des bois
humides de La Garnache.

 

01.11.2024


Déchirante
solitude
parmi
les familiers ;

larmes secrètes
dans la demeure bas-poitevine.

31.10.2024

Donnez-moi la
chambre
maudite

aux chauves-souris,

sans chauffage,
très loin des enfants.

 

30.10.2024

Dans le train

je

dors debout

bouffée par
les neveux ogres-hurleurs.


29.10.2024

Qui dormit ?
Moi je tins mon quart de veille à Insomniapolis.
Oui,

matelot nocturne

sans navire,
dans les tempêtes sèches.

28.10.2024

Un soliloque,
pas perdus dans les jardins de l’Archevêché.
Fraîcheur

et douceur

sous le
regard de l’ange.

27.10.2024

Grands chiens.
Sons guérisseurs des sonneurs de trompe en
habits.

Parvis mouillé.

Hautes flèches
avalées par la brume.

26.10.2024

Mer étale
de nuages sur les toits parisiens
samedi.

Aucune vague

ne trouble
la ligne du temps.

25.10.2024

Il y
a vingt-cinq ans, passage Dallery
ou

boulevard Montparnasse,

nous quatre
aussi excités qu’aujourd’hui.

24.10.2024

Pénombre douce
des aurores octobrales, silhouettes
familières

des morts

qui oeuvrent
au destin des vivants.

 

23.10.2024

Entrer dans
la nuit comme
on

se rend

au bout
d’une traque inégale.

 

22.10.2024
Et soudain
le travail
devient

intéressant, intelligent,

utile, percutant :
je sers mon pays.

21.10.2024

De longs
nuages
blancs

inondent longuement

la ville,
la grande ville grise.

20.10.2024

Persiennes closes,

brouillard.

Corbeaux endormis.

Le glas
tinte dans le lointain.

19.10.2024

Aube.
L’angélus sonne dans la ruelle, dans mon lit.
Cloches

de Marie.

Une prière,
un café, une pomme.

18.10.2024
Anne,
ton visage profond sur la place Edgar Quinet
sourit ;

nous reprenons

la beauté
de tes maquettes épurées.

17.10.2024

« I
only want to see you bathing in
the

purple rain,

see you
underneath the purple rain ».

16.10.2024

« Here
comes the rain again, falling on
my

head, like

a mémory.
Here comes the rain.

15.10.2024

Mabillon,
la terrasse d’un italien.
Chianti,

guerres, territoires,

immigration, capitalisme,
Aram et Edith ferraillent.

14.10.2024

Charme
des châtaignes qui craquent.
Sortilège

d’automne.

Une sonate
et le ciel gris.

13.10.2024

Insistance
de la faim
matinale.

Laurence glisse,

elfe transparente,
sur le carrelage bleu.

12.10.2024

Comme
un souffle
fragile,

l’esprit

se faufile
entre les âmes éternelles.

11.10.2024

Un, deux,
trois,

quatre, cinq,

six, sept,
huit, neuf et dix.

10.10.2024

Susurre-

moi

des choses ;

je veux
du sucre au cœur.

09.10.2024


Je traverse les couloirs en me demandant comment porter
autrui,

comment aider

les souffrants
perclus dans leurs vies.

08.10.2024


Les policiers en civils, pleins d’yeux mobiles,
veillent,

nous scrutent,

anges gardiens
de Montbrial et Bergeaud-Blackler.

07.10.2024


Une petite lumière orange dans le studio
studieux ;

un café,

un lied 
de Schubert, une pensée.

06.10.2024


Au rectorat de Reims un dimanche
octobral, 

Vincent Stanek

présente Alexandre,
l’enfant tant attendu.

05.10.2024


Tomettes orangées par l’or
solaire.

Orchidoclastes, laissez-

moi entendre
l’appel du lointain.

04.10.2024

Refuser obstinément la carte premium ;

lire dans

le regard
du banquier la désapprobation.

03.10.2024


Le petit Timothée
sourit ;

sa main,

ma main,
sur l’avenue Denfert-Rochereau.

02.10.2024

L’été
enfui,

la ville

redevient sale,
mais son coeur bat.

01.10.2024


Place
Monge

quelques enfants,

quelques marchands,
quelques marrons d’octobre.


30.09.2024

Mavrommatis, rue Daubenton.


Des figures, des visages, des sourires, des regards vifs,
un chant,

des vins
et des petits fours.

29.09.2024

Urbs magique.
Un rap crépusculaire émane lentement de la haute muraille.

De l’autre côté de la prison, quelqu’un écoute…
Boulevard Arago,

voix noires,
pluies transparentes, masques blancs.

28.09.2024

Le Beauceron
fièrement gambade à mes côtés, sérieux, digne, responsable,

sous les aulnes centenaires qui demeurent impassibles lorsque nous
les dépassons.

Ils savent
qu’ils nous survivront.

27.09.2024

L’involucre
d’une fleur d’artichaut, le sucre

de ton sourire lorsque tu tentes une effraction mentale.
Le lucre

des gens
qui vivent parmi nous.

26.09.2024

Volets mi-clos,
Paris en cette fin de septembre.

L’oud de Clarissa Bitar coule dans un appartement
à contrejour,

à contretemps,
berçant les objets oubliés.

25.09.2024

Averses transverses,
l’eau tombe à verse.

A la renverse, la pluie réelle rencontre les pluies
du métaverse.

L’obverse
des eaux du caniveau.

24.09.2024

Cette femme
exprime un malaise profond.

Et je fais face à ma très grande intolérance.
Pourquoi donc

haïssé-je
cet étalage de détresse ?

23.09.2024

Je cours
sous le déluge,

avenue de Villars, dans mon imperméable blanc comme neige,
tandis que

la lumière
troue le ciel mouillé.

22.09.2024

Du houmous 
de sésame

après la grand’messe, dans le salon, rue de Poissy ;
la Seine

se refroidit
sous les meneaux XVIIème.

21.09.2024

Crise d’
angoisse

au soleil matinal, dans la solitude des champs mentaux.
Descendre encore

deux rues
vers le fleuve imperturbable.

20.09.2024

Square Giacometti,


la fraîcheur des feuillages abrite mes rêves d’Immenstrom.
Te rejoindre,

cueillir ensemble
les edelweiss des Alpes.

19.09.2024

Taxis
en cortège dans les rues de Paris au soleil.

Fontaine de l’hôtel de Castries où pique-niquent ensemble
cinquante collègues.

Musique tchèque 
dans un appartement lointain.

18.09.2024

Cherche
et ne trouve jamais car quand tu trouves,

tu perds le désir, tu perds le plaisir et
le sourire.

Cherche, savoure
chaque goutte de frustration.

17.09.2024

Nourrisson
dans nos bras incapables, avenue de Ségur,

nu comme un ver humain dans la ville torve,
un jour

tu destitueras
les vieux rois impétrants.

16.09.2024

Sang
de lumière, lumière de sang, seins

des statues de pierre blanche, seins noires des dames
de bronze.

Veines ivres
sous nos peaux vives.

15.09.2024

Café.
Blick Bassy chante en bassa.

Les livres traînent, la guitare dort, le passé revient
cet après-midi.

Instances immobiles
en attendant l’automne.

14.09.2024

Soleil 
sur la ville saturnale.

Entre la Tombe Issoire et la Santé, les ombres
des silhouettes

se projettent
sur les murs inexpressifs.

13.09.2024

Mangeons 
ces bonnes mirabelles

tombées des arbres de septembre aux premières rosées fraîches ; 
souvenons-nous

de ceux
qui les aimaient aussi.

12.09.2024

Place 
d’Italie,

la grande fontaine ronde sous la pluie de septembre.
Eaux tristes

d’automne.
Les yorkshires ont froid.

11.09.2024

Charme
extrême,

haute malléabilité du jeune homme, gay souriant, chaleureux, bien-pensant,
sans aspérité,

ambitieux, intelligent
et tactile avec tact.

10.09.2024

Elles,

elles bavassent dans l’appartement de la rue Dolomieu,
Laurence sage,

Natacha espiègle ;
moi je m’endors.

09.09.2024


Au-dessus des marais et des marécages, craillent les corneilles,

dans les arbres qui s’effeuillent en cet automne naissant :
chênes, ormes,

charmes, aulnes,
branches caressant les étangs.

08.09.2024


La quiétude de la rue du Vieux Cerf ;

le hululement lointain, très lointain, d’un hibou moyen-duc ;
la fenêtre

qui grince ;
une partition de Liszt.

07.09.2024


Aux heures de grand silence, j’écoute

le vent violent qui souffle dans la haute nuit.
Matelots et

boxeurs ronflent,
échoués sur des poubelles.

06.09.2024


J’aime deux beaux enfants blonds

comme je n’ose le dire à personne, adoration 
muette, calme.

Princes élus,
je vous donnerai tout.

05.09.2024


Un café dans la pénombre

du lit défait, dans la chambre pleine de désordre.
Un café,

noir désir
sur un mensonge blanc.

04.09.2024


Dans la lumière rouge,

deux danseuses se cherchent et se trouvent sans parler,
sans penser,

sans oublier
le poids du corps.

03.09.2024


Encore un soir

de rosé frais, de raisins blancs, de conversations banales,
ici même

où jadis
nous croyions au futur.

02.09.2024


Rue Mouffetard,

les pains et les fromages coûtes les yeux de 
la tête.

Je sifflote
le Pange Lingua gloriosi.

01.09.2024


Vois

le vieux pays, la haute cathédrale, la nuit noire.
Ecoute comme

barbotent encore
les poules d’eau.

31.08.2024

L’Eure coule.

Ouvrir un livre, sourire au pays du matin.
Tandis que

les variations
Goldberg se suivent inlassablement. 

30.08.2024

L’Eure file.


Refermer un livre, renaître au pays du soir.
Liszt encore,

Liszt toujours,
les consolations consolent vraiment.

29.08.2024 bis

Je monte
les deux-cents marches inégales de l’escalier en spirale

Parce que je veux toucher les pierres d’attente
puis éprouver

l’anode
du vieux couple électrolytique.

29.08.2024

Alcôve tendre,
où la statuette que tes mains sculptèrent rue Vavin

attend sagement que je lui parle de toi.
Montparnassienne, sablaise,

puis chartraine,
elle t’aime encore.

28.08.2024

Hommes et
femmes au bord de la crise de nerfs.

Rue de Varenne, les conseillers tombent la veste
et lâchent

les mots
contre celui qui tergiverse.

27.08.2024

Matin blizzard.
Du point de fuite, jaillit l’horizon.

« Le temps qui passe a des reflets bizarres »,
chante Patricia

Kaas, tandis 
que la Porsche file.

26.08.2024

Rires, sanglots,
la voix d’une petite sœur

qui, perdue dans la haine, fut repêchée par 
l’amour

et qui
marche avec nous désormais.

25.08.2024

Tais-toi ;
je m’enfuis cette nuit.

Ne me pourchassez pas : mes angoisses gonflent. Brume,
arbres noyés.

quelqu’un tressaille ? 
Course-poursuite avec les fantômes.

24.08.2024

Krzysztof Penderecki
samedi dans Matignon désert.

Voix d’un homme, utérus d’une femme : 
féconde faconde.

Frisson minéral 
(les statues aussi désirent).

23.08.2024

Rouge sang :
fraises des bois.

Le soleil sur mes épaules nues, mes lèvres
aux abois ;

Gianni Versace
le long des jambes.

22.08.2024

Lascive existence,
paresse sirupeuse,

Dans ma main, le poil devient liane folle,
cactus grimpant,

palmier géant…
Délivrez-moi de moi !

21.08.2024

Sébastien de
Brossard

nous emporte en son vaisseau vers les hauteurs.
Ciel sonore,

voûte créée
à Meaux en 1702.

20.08.2024

Deux teckels,


poils longs et poils durs, baguenaudent et chicanent,
quartier Saint-Sulpice,

humant ça
et là les pipis.

19.08.2024

Estival.
Mes vertiges sont noirs et tes mains sont fraîches.

Lorsque je perds pieds, l’arythmie devient tempo.
Chanson douce,

chanson sombre
des zones d’ombres.

18.08.2024

Nue
derrière les stores baissés, pluie mélangée de soleil,

plants de basilic et pierre de taille parisienne.
Les moteurs

ronronnent ; Liszt
s’écoule du vinyle.

17.08.2024

Habits
prenant leur douche sous la pluie matinale

au ciel blanc de Paris, près des toits,
et toi

souriante encore
dans la cuisine pâle.

16.08.2024

Aurore
le rose des nuages m’éveille

les vieux immeubles craquent comme les vieux corps
La respiration

nous maintient
en vie, ici, maintenant

15.08.2024

Nausée
au lit avec une casserole. 

J’ai peur, j’enfouis ma tête sous
les draps.

Je veux
quitter ce monde affreux.

14.08.2024

Equilibre
entre musique et silence,

minéral et végétal, prière et action, entre solitude
et amitié ;

Balance sentimentale 
entre mystère et clarté.

13.08.2024

Bryan,
ton tatouage fleuri,

ton sourire éclatant de vingt ans, tes gâteries
pour moi,

aux cuisines
de l’hôtel Matignon.

12.08.2024

Hommes
sans qualités

issus de la vieille Europe aux mille qualités,
Ulysses intranquilles,

romans inachevés
des vingtièmes siècles désabusés.

11.08.2024

SM
StabatMater

Une longue nuit sous le fouet de Dvorak
à genoux.

Larmes, sueur,
un grand amour inaccessible.

10.08.2024

Samedi.


Le parvis de la cathédrale scintille au zénith.
Café, Cicéron.

La pastèque
est une boisson solide.

09.08.2024


Les gros glaçons flottent au fond de la carafe ;

feuilles de basilic et zestes d’agrumes immergés ;
apnée en

air libre,
aire de combat intérieur.

08.08.2024


Le journal de Matthieu Galey s’offre à moi ;

premières pages dans le lit défait du matin.
Un ramier

se pose
sur le fer forgé.

07.08.2024


Le corps bonheur et l’argent roi

au milieu de l’été, des rhums arrangés,
des fleurs,

des brasses
entre les vagues salées.

06.08.2024


Viennent les jours, sonnent les heures

des rencontres sans suite et des rhums caressants,
jouir encore

des sortilèges
avant de tirer révérence.

05.08.2024


Les anniversaires sont des rendez-vous.

Ta main tenait la mienne ; je te suis
fidèle, aimante

et libre
comme le vent violent.

04.08.2024


Jérémie, blondeur du dimanche,

sur le quai de Valmy, eaux du canal
et liquide

en poche,
nous achetons une statue.

03.08.2024


Anne, mater, soror,

il y a un an souffrance et amour
nous berçaient,

incroyable danse
dans les vagues hospitalières.

02.08.2024


Amères amertumes

au bord des lèvres, au fond du coeur,
commissures tristes.

Où croquerai-
-je le fruit salvateur ?

01.08.2024


Vignes

le long de la route de l’oubli.
Au Mas,

les violons
ont consolé mon coeur.

31.07.2024

Garonne aux remous
lents,

les culottes sèchent suspendues aux crochets ferrés
des volets,

arachnide dans
la chambre du temps.

30.07.2024

L’homme pense


dans la fraîcheur de l’escalier tournant.
Il refuse

la fatalité
d’un destin écrit.

29.07.2024

Je crois
que Dieu connaissait trop les mathématiques de son temps

pour ignorer que sa création un jour
subrepticement glisserait

puis tomberait
au fond du gouffre.

28.07.2024

J’entre
dans la nuit profonde comme dans du beurre.

La saillance de tes muscles, la vaillance
du désir,

la ferveur
des soldats sans armes.

27.07.2024

Tes bracelets
tintent dans la pluie du matin calme.

Comme l’année dernière, tu joues Liszt –
les consolations -,

le piano
plongé dans la pénombre.

26.07.2024

Vitres sales
d’une fenêtre aimant la pluie,

tasses de café fumant près du livre
de Sara,

sourate Al_Kahf
des mendiants du vendredi.

25.07.2027

L’aube
ne sera pas encore l’

aurore, entre deux bleus parsemés d’orangé,
tu effleureras

du doigt
cœur, sexe et âme.

24.07.2024

La manic
résonne dans ma solitude.

Le Québec de mon père, le salon
de Montparnasse.

Ecrivez-moi
des lettres d’amour.

23. 07. 2024

Corentin bien-aimé,
blondeur d’enfance.

Je voudrais t’emmener sur une route
sans fin,

ton rire
serait ma joie parfaite.

22.07.2024

Sex and
the City.

Amour, gloire et beauté – embrasse-moi Lucille,
six pieds

sous terre,
aux frontières du réel.

21.07.2024

Longue apnée ;
expiration.

Les cris des mouettes, la grande mosquée.
Kraftwerk : mitternacht.

Ton baiser
sur mon épaule nue.

20.07.2024

Masques spleenétiques.


Juillet derrière les rideaux ; un dogue allemand,
un figuier.

Preisner accompagne
la décision du jour.

19.07.2024

Jeux
du désir, de la vie et de la mort

quand minuit nous cueille ahuris, instables.
Glassworks (Opening),

piano tendre,
corps avides de caresses.

18.07.2024

Hydreliox.
Accrochée à la gueuse je descends je descends

Mon corps ondule au rythme distendu du silence,
adieu, adieu.

Finir dans
l’ivresse des profondeurs.

 

17.07.2024


pénètre par la fenêtre matinale de Matignon.

Dans le bureau solitaire tonnent, ventent, clapotent
des notes :

Rach 3
remue mes pensées mobiles.

 

16.07.2024

Souffle
sur la mort qui te parle.

Entre dans le Salve regina de Pärt.
Ne crois

plus Satan.
Dieu est assis là.

15.07.2024

Actualités :
conspiration diabolique contre l’intemporalité.

Sous la mousse de l’urgence dorment
les réalités

profondes et
la beauté du monde.

14.07.2024

Eutrapélie
des dimanches de juillet.

Fracas de la vie qui se cherche
encore, toujours,

avec la
poussière dans la bouche.

13.07.2024

Compotes,
gomettes, crayons, peluches

Toute la confiserie du train des enfants.
Une migraine,

la chanson
du taureau de Bilbao.

12.07.2024

Arabology :
Coït me.

Et une notule dans le matricule angélique.
Petites touches,

grands orgasmes
en mon immobilité frigide.

11.07.2024

Emil
Gilels –

inimitables doigts sur les notes de Beethoven.
Vinyles parentaux :

vos choix,
vos traces de doigts.

10.07.2024
Jungle.


Cachée derrière les larges feuilles, dans mon
fort Bastiani,

je sirote
un lait d’orgeat.

09.07.2024

Et c’est une valse pour piano de Merikanto,

loin du syphon bouché de la cuisine
et des

souvenirs mitigés
d’un passé composé.

08.07.2024


Opiniâtre, flegmatique ; pourtant je te trouve tendre aussi.

Planant au-dessus des conflits et des soucis,
sachant toujours

viser juste.
Sans chercher la reconnaissance.

07.07.2024


Nos pas s’éloignent de la cinémathèque ;

l’Ave verum corpus reste avec moi.
Abel Gance

a bercé
notre rêve de France.

06.07.2024


Napoléon lance des boules de neiges

dans la fameuse école militaire de Brienne.
Sept heures

d’émotion
pour notre assemblée fervente.

05.07.2024


Ouvre la fenêtre d’Overton

afin que nous puissions apercevoir l’arbre
qui cache

la forêt
et ses grands cerfs.

04.07.2024


Que ce soit clair.

Give me one reason to stay here
and I’ll

turn right
back around. Ad libitum…

03.07.2024


Mes nuits courtes

mes longues promenades aux aurores sans visages
mes tractations

avec moi-même
sans faire de cadeaux.

02.07.2024


Je ris

mais je pleure et je danse et
libre, je

chante au
fond de ma prison.

01.07.2024


Ciels.

Un long courrier de nuages loin au-dessus
des peupliers ;

sortilège nostalgique
des étés d’enfance.

30.06.2024

Mandorle de pierre,


belle amie chartraine aux yeux figés.
Qui pleure ?

J’écoute
l’avancée du silence.

29.06.2024

Frisson pensif.
Cocoa butter et Mom’s Mercedes, des Shudder to think. 

Mémoire : chat noir et souris lesbienne.
Boulevard Montparnasse

numéro 13.
Une voyageuse sans bagage.

28.06.2024

Sigur Ros.
Je deviens une fougère, je deviens un sous-bois.

Je deviens le végétal, nordique, froid. 
Equinoxe blanc.

Gwenved, éther ;
chevauchée du cheval Sleipnir.

27.06.2024

Silhouettes vieillies.
Les collègues se plaignent de la nourriture, 

des voitures, des horaires, des personnes.
Docteurs en

sciences politiques
ayant dépolitisé leurs vies.

26.06.2024

Franz Liszt
La rue est calme et tranquille

Vos trois consolations arrosent ce mercredi
de gouttes

de douceur
Il pleut sans eau

25.06.2024

Vivre à
Port Saint-Rêve des Morts

Y couler des jours sans soucis,
aux sons

du hautbois 
et des ressacs salés.

24.06.2024

Je descends
la rue Sidi Brahim

vers le soleil, vers ton visage
souriant comme

la fraîcheur
des matins de jeunesse.

23.06.2024

Par une
trop chaude journée,

quelques mazurkas de Szymanowski égrenées par
tes doigts ;

l’après-midi
ronronne comme un chat.

22.06.2024

Chèvre frais
au basilic ;

averse drue sur la rue Saint-Nicolas ;
ma vie

se ressemble
et je l’observe.

21.04.2024

Concertos 
de Marcello.

Le hautbois coule dans le studio
studieux ; intègre,

il aspire
les moutons d’angoisse.

20.06.2024

Juin pluvieux


Le mois des longues assemblées générales
au fond

des théâtres –
Rapports atones, votes aphones.

19.06.2024

Passager de la salle basse, à la porte du Sud,

ton corps, ce vaisseau de souffle,
de sang,

fuit par
les pores du temps.

18.06.2024

Passagers
de la chambre haute, aux fenêtres du temps,

le coeur est une pompe et
l’amour

un mirage
au milieu du désert.

 

17.06.2024
Brume
sur la route tordue, sur le sable.

Des pins, des pas, des tombes,
la promesse.

Aucune parole
n’abîme le silence.

16.06.2024

Vaillante,
ce sourire cynique toujours, vous préférez

les chiens aux enfants, les meubles
aux gens

et Dieu
à vos pâles descendants.

15.06.2024

Aube
sur ma pauvre cuisine pâle.

C’est encore et toujours aujourd’hui
le vertige

des néannts
sans tempo ni boussole.

14.06.2024

Dans
un doux murmure lactique,

tu marches vers mon rêve ; tu
touches ma

bouche sous
l’épicéa de Serbie.

13.06.2024

Emotions
comme des vagues

qui viennent du bout du monde
se fracasser

en séries
sur nos rivages salés.

12.06.2024

Reste,
reste encore.

Le café fume, le gâteau dort.
Vivre fatigue

ceux qui
doutent matin et soir.

11.06.2024

Abdelkader,
souriant

dans cet appartement avenue de Breteuil ;
jeux interdits

entre nous
comme à la guitare.

10.06.2024

Marteau-piqueur


et reflets du soleil sur le mur
de Varenne.

Ma mère
me donne la main.

09.06.2024


A quelle heure sortirai-je cette nuit, mesdames, messieurs,

de cette belle cage dorée gouvernementale
si sage,

et pour
quels destins d’Europe ?

08.06.2024

You could be my unintended choice to live

my life extended et tu pourrais
devenir celui

qui marche
auprès de mon ombre.

07.06.2024


Une chemise à carreaux, un pantalon gris,

une montre noire, un sourire calme,
un instinct,

un humour,
de beaux yeux troubles.

06.06.2024


Marchant vers le déclin du jour,

j’attends le jour sans déclin.
Un chant,

une pensée,
un dernier gros chagrin.

 

05.06.2024


Lorsque la honte s’abat

sur un corps pris au piège,
le rouge

se répand
dans toute l’âme.

04.06.2024


Dans la nuit fade,

J’ai dormi avec Leo Perutz.
Le miroir

me rappelle
les affres du temps.

03.06.2024


La nuit dort.

Moi je ris dans le silence.
Il faut

mille rires
pour recoudre le passé.

02.06.2024


Sensations tristes

dans le tourbillon de la soirée.
Chacun vieillit ;

boire trop
et suppurer l’amertume.

01.06.2024


Nahla

où la ville qui sombre, Beyrouth
méconnu, film

qu’évoquait
souvent Paul, mon père.

31.05.2024

Deutérium et tritium
encapsulés :

au fond de l’hohlraum.
Plasma brûlant…

Confinement intertiel !
La magie du grand totamak.

30.05.2024
Boutons d’or

parmi les rails couleur rouille.
Une gare,

les coquelicots
des bords de route.

29.05.2024

« Didith, Didith !
Est-ce que tu pourras me donner ta bague,

après, quand tu seras morte ? »
Mais oui,

bien sûr,
c’est tout naturel.

28.05.2024

Minuit passé.
La traversée de la nuit commence ; taisons-nous.

Eteignons les petites lampes rouges
et prions

ces dieux
assoiffés d’amour humain.

27.05.2024

Fonts baptismaux
de la collégiale de Mantes-la-Jolie.

Je soulève l’enfant chéri
qui tend

sa tête
vers l’eau bénite.

26.05.2024

L’alcool

d’une très vieille poire
se balance

au fond
du très vieux verre.

25.05.2024

Les rires
au resto d’en bas.

Le printemps pétille en ville.
Un chien,

un Simenon
déjà lu dix fois.

24.05.2024

Déclarations Urssaf
et café au lit

par un matin de mai
sans nuages.

J’oublie
tout sauf l’amour.

23.05.2024

Un oud,
des notes chaudes,

des notes rares et précieuses.
Zénithale tendresse :

ce sourire
à travers les persiennes.

22.05.2024

ጥላሁን ገሠሠ
chante encore

አንቺን ክፉ አይንካሽ et Matignon
vibre discrètement.

Soleil lointain
entre ces murs intemporels.

21.05. 2024

J’entame
dignement

l’engloutissement méthodique des pâtisseries
du Liban…

لبيروت

من قلبي سلامٌ لبيروت

20.05.2024

Christus imperat !


18 000 pélerins sous mes fenêtres.
Missa solemnis

ad orientem.
Lys et coeurs sacrés.

19.05.2024

Porte-fenêtre.
Le cheval à bascul et les piles de vinyles.

La cathédrale minérale d’après la pluie.

Le silence
épouse le temps présent.

18.05.2024

Hyacinthe
Rigaud : au Musée des Beaux-Arts de Chartres


et sous tes lèvres entre
lesquelles pendouille

une cigarette
qui se consume doucement.

17.05.2024

Quand
le bien et le mal se mélangent,

quand la littérature s’en va,
quand tu

écoutes Bachar
Mar Khalifé, kyrie eleison.

16.05.2024

Stéphane
ses étranges souvenirs de jeunesse
dure :

Terre et peuple, le Gud,
Maurice Bardèche,

GRECE, Occident,
les bastons en prison.

15.05.2024

75008
La Sofia, rue de Lisbonne.

Mon huitième conseil de surveillance.
La quiétude

des décomptes,
grands comptes et résolutions.

14.05.2024

Paris,
mai sous la pluie,

livreuse de livres à travers 
les rues,

les scooters
et les marronniers malades.

13.05.2024

Rome
sur mon bureau.

un colisée miniature et Moravia…
… en attendant

l’été,
te revoir Via Margutta.

 

12.05.2024

Anne,
tu apparais

soudain au creux du jour,
belle, vivante,

souriante, aimante,
tu indiques la direction.

11.05.2024

Silence
liminal,

rue de Varenne, samedi matin.
Heureuse solitude.

Aux cuisines,
un zeste de Talleyrand.

10.05.2024

Retour.


J’ai quitté ces rives
vertes inondées,

cette chambre
angevine, cette ardoise bleue.

09.05.2024


Grenouilles de la verte Anjou coassant dans les inondations,

l’ombre chinoise de Simenon,
pâquerettes guillerettes,

la vie
dévoile ses paisibles secrets.

08.05.2024


J’emporte John Abercrombie dans ma douce insomnie.

Stat nox dum volvitur somnum.
Calme dehors,

calme dedans,
Calme des sans-dents.

07.05.2024


Au soleil chartrain, sur la pierre blanche,

je marche vers des lendemains
d’évidence,

sans savoir
pourquoi je souris tranquillement.

 

06.05.2024


Le trouple d’hommes prend place.

Jérôme, Pierre et Jean-Sébastien partagent
le lit,

les familles
et la facétie intelligente.

 

05.05.2024


A Saint-Etienne sous Bailleul,

cueillir l’ail des ours
en chantant

tandis que
les ânes causent tranquillement.

04.05.2024


Hier soir, l’ennui

étendait son emprise, mais elles,
elles voulaient

encore marcher
lentement et deviser longtemps.

03.05.2024


A l’Annexe

de la Petite Périgourdine, attablée ;
un fantôme

du passé
traverse, rue des Ecoles.

02.05.2024


je marche

sous la pluie de Paris ;
j’attends

que vienne
le temps des cerises.

01.05.2024

Insomnia…

et ce déjeuner de soleil
au Nord

de Paris.
Le charme d’Anne-Claire.

30.04.2024

Un café chaud


dans le lit défait.
Un songe

à poursuivre
aux creux du monde.

29.04.2024

Idées noires
sur lit de rythm&blues français et hongrois, syncope

d’une âme bleue
et tempête

de sable
dans une oreille droite.

28.04.2025

Nuit noire.
Je suis seule au monde avec cinq enfants.

Mère d’un soir,
je pense

aux mères
de tous les soirs.

27.04.2024

Cinq enfants :
Cris, jeux bêtes, joie maligne des désobéissances.

Cette vitalité débrode et
nous abat ;

mes cheveux
blanchissent dans le miroir.

26.04.2024

Je mets
mes mitaines, j’enfourche le scooter,

je fends la ville
d’avril,

la route
m’emporte au loin.

25.04.2024

Soleil froid
sur mon grand manteau noir.

Macadam gris-bleu, la musique
hongroise tzigane

Ando Drom
et le café fumant.

24.04.2024

Un rosaire
pour les martyrs arméniens

dans la petite église
de banlieue

avril brisé
de sang à Adana.

23.04.2024
Barres HLM,
champs de colza.

Ici commence la ville
et finit

la campagne.
Sous le soleil exactement.

22.04.2024

Rails rouillés
au soleil

comme des coeurs encombrés
de suie,

nos trains
renversés dans les marécages.

21.04.2024

Se lever
tard

et le regretter amèrement
chaque jour

ou presque
depuis tant d’années.

20.04.2024

Doum, maksoum


dans votre voix murmurant
des banalités.

Tendresse armée
sans pitié, mais pure.

19.04.2024
Khôl
autour de vos yeux noirs, où pointe une ambivalence,

une agressive tendresse, fuyante,
que rien

ne pourrait
désarmer – un baiser, peut-être ?

18.04.2024

Avril,
asperges vertes et blanches, douce rhubarbe – Rheum Rhabarbarum -,

quelques cervoises bien fraîches
et toi

qui sourit
de toute ta jeunesse.

17.04.2024

Oxmo
touche l’horizon, son rap lyrique stimule

les oiseaux de passage.
Je relis

Leibniz, Wittgenstein.
Tu prépares un café.

16.04.2024
Nuit,
tu me fais peur. Nuit, tu

n’en finis pas.
Coke en

rails rouillés,
champs de boue consacrée.

15.04.2024

Ronronnent
les moteurs dans la rue.

Pardonne aux enfants tristes,
leurs fautes

de goût.
Ils tissent la beauté future.

14.04.2024

Toi
qui m’as créée,

tes toiles me recréent
chaque saison.

Leurs couleurs :
fusées vers demain heureux.

13.04.2024

Turin,
y retourner, y

retrouver ce jeune homme
tendre, y

écouter Vivaldi
au bord du lit.

12.04.2024
Respire
la musique,

ce morceau arabo-ambient qui
nous ressemble.

Cette nuit,
écoute l’air frais.

11.04.2024

Manuscrit
sublime.

Soudain tout se justifie,
les livres,

le travail,
le choix de vie.

10.04.2024

Rire


entre vin et fromages,
place Monge,

et parier
sans compter les points.

09.04.2024


Comme un souffle, comme un vent, comme une vague

qui vient de loin
et murmure

en quechua
des choses du passé.

08.04.2024


Nathalie Stutzmann chante et l’Eure me berce.

Il est dix heures
et Léonor

de Récondo
entre en jachère poétique.

07.04.2024


Je traverse le jardin et mon destin ;

fantôme au masque rieur,
mi-consciente, mi-abusée,

je cherche
la porte du monde.

06.04.2024

Des couloirs vides rue de Varenne,

je domine le silence,
je chante

Hôtel California
dans le Salon bleu.

05.04.2024


Je mens tous les jours

avec mon air joyeux.
J’aime

l’éclat
que procure l’illusion.

04.04.2024

Je voudrais souffler sur

ton beau visage intelligent
un zéphyr

qui diffuse
des salves de quiétude.

03.04.2024


Jour de pluie

La lumière passe à
travers fentes

Le café
fume sans rien dire.

02.04.2024


Yéléna, Nord-Macédonienne

aux yeux vert acier,
silhouette androgyne ;

soleil matinal,
traversée de la cour.

01.04.2024


Seule,

ne plus jamais penser.
Juste rêver

et oublier,
grâce à la musique.

31.03.2024

Entre mes hanches
recourbées,

toutes les insomnies
du monde

attendent encore
ton labour à cheval.

30.03.2024

Trois hommes


au Café Français.
Un amour

presque interdit.
Je te regarde regarder.

29.03.2024

Au creux
d’une vie banale urbaine, je suis l’ascète.

Ascète sans maître,
ma vie

se tord
dans des sacrifices invisibles.

28.03.2024

Stabat mater
pour des religieuses, stabat mater pour deux castrats,

Stabat mater pour
une castrée,

Stabat mater 
dolorosa, stabat mater aeterna.

27.03.2024

De nuit,
j’avance vers la porte étroite, moi

voyageuse sans bagage,
sans lumière,

sans rancune,
vers les lagunes paraliques.

26.03.2024

J’emporte 
Mathilde aux beaux yeux clairs souriants

dans mon insomnie ;
me remémore

le temps
adolescent des cigarettes enflammées.

25.03.2024

Encore vivre
au creux de tes reins

des heures courtes,
sans mots ;

se deviner 
sans jamais se connaître.

24.03.2024

Amour fou
pour un enfant lointain

Ne rien dire,
pas penser

Un jour
il sera un homme

23.03.2024

Mets Shurik’n,
démarre l’Alpine.

Je t’aime
un peu…

Mets Shurik’n,
« Si j’avais su ».

22.03.2024

Tous trois
rue Saint-Lazare,

un restraurant lusitanien,
vos sourires ;

joie de
vous aimer si fort.

21.03.2024

Un charme
discret,

des aveux silencieux,
un effleurement,

tacite reconnaissance
de l’attirance mutuelle.

20.03 2024

Une main


caresse le velours.
Un souffle

traverse nos
matinales chorégraphies du silence.

19.03.2024

Sexualité
Dans le mitan du lit nous devisons sans peur

et sans reproche.
Corps mémorables,

visages oubliés,
garçons et filles en-allés.

18.03.2024

Volvo,
tu roules dans la boue de flaques lumineuses,

entre les chênes
d’Amérique

qui longent
ces chemins de fortune.

17.03.2024

Frère,
les vagues bleues splachent devant nos pieds

ce jour spécial.
17 mars :

le sable,
le ciel, les cieux.

16.03.2024

Entre,
entre dans le mémorial des Lucs.

Ici, les morts
se penchent

vers toi
et touchent ton coeur.

15.03.2024

Nus,
les arbres étirent leurs branches

dans les chants
des oiseaux ;

des flaques,
la boue m’appelle.

14.03.2024

File
le train du temps

sur ses rails
sans fin,

par délicatesse,
nous perdons nos vies.

13.03.2024

Par
les forêts paisibles,

nos vains désirs
sensibles troublent

nos coeurs
sauvages pris pour cibles.

12.03.2024

Douche
glacée, péché

mignon, petit plaisir
SM, aucun

gémissement ne
se glisse entre nous.

11.03.2024

Brumes
flottantes

sur la cathédrale,
café brûlant

pour lever
le rideau du jour.

10.03.2024

Laurence,


thé vert et
Saramago ouvert,

quatrième dimanche
de carême à Chartres.

09.03.2024

Le papier déchiré s’envole par avion vers Abu Dhabi,

le Louvre là-bas
t’attend,

bon voyage,
jolie belette de Sara.

08.03.2024


La joie sonore, la joie visuelle, air frais

dans le gris
du soir,

un chant
dans l’eau lointaine.

07.03.2024


Le soleil perce à travers les nuages,

le cours de
l’agix

grimpe et
les filles chantent là-bas.

06.03.2024


La difficulté de tenir une entreprise

contre fournisseurs, urssaf
et clients

me stupéfie
à chaque nouvelle étape.

05.03.2024


Sa voix grave et stoïcienne

enveloppe mon corps.
Il parle ;

jusqu’où
emportera-t-il mon adhésion ?

04.03.2024


Chartres, rue d’Alger.

Un if craque,
minuit sonne.

Des rires

pour recoudre les meurtrissures.

03.03.2024


Envie et admiration

curieusement incompatibles. Quand
j’admire,

j’aime.
J’envie sans estime.

02.03.2024

Le bleu-vert

de tes yeux
me fascine,

ta voix 
vivifie mes zones profondes.

01.03.2024

Merde.

La bière belge
m’entraîne

trop loin
de ce Fils&Chips mayonnaise.

29.02.2024

Dame Souris
trotte sur le tapis, à l’auberge du Hibou,

dans Lutèce 
un soir,

un soir
de Chinon, de laitue.

28.02.2024

Je savoure
le calme d’un studio empli de souvenirs.

Mes parents
le connurent ; 

leur amour
glisse entre les instants.

27.02.2024

Semblance adolescente,
ayant poignardé la banalité des jours rances,

tu fends
les rues,

à cheval 
sur ta vespa blanche.

26.02.2024

L’actualité,
cette grande dévoration de l’existence,

ennemie de
la beauté,

implacable entrave
à la haute civilisation.

25.02.2024

Yeux fermés
Oublie les tracas, les fracas,

au creux
du silence

tu découvres
des territoires d’éternité.

24.02.2024

Nuit cryptomaniaque
Ecrans Binance et Kraken

L’agix
en percée

Maillon sur
la chaîne des blocs.

23.02.2024

Eveil brutal :
Mp3 des hurlements

du beau-frère.
Trois tout-petits

pleurent sous
les nocturnes mugissements hystériques.

22.02.2024

La peur
de vivre.

La peur 
d’aimer.

La peur
des nuits sans lune.

21.02.2024

Tes yeux
clairs.

Ta maison
de Clisson.

Comme toujours,
La concerto de Sibelius.

20.02.2024

Jeunes hommes


Corps magnétiques
Mots étranges

Nylon distordu
Souvenirs vinyles, rock progressif.

19.02.2024

Frères
les heures partagées, les planches de surf, les crépuscules

les pizzas
les Adelscott

la jeepwrangler
et Milele de makeba.

18.02.2024

Départ.
Longue traversée en solitaire d’un océan inattendu

Points cardinaux
des Osismes,

des Touaregs
la Croix du Sud. 

17.02.2024

Invisible,
tu maintiens toute chose à sa place ;

tu souffles
la vie,

l’esprit
et l’amour infini.

16.02.2024

Clair-obscur,
j’aime tes lueurs très pâles.

Tes petites
ombres indochinoises.

Ton ambivalence 
tiède et comme irrésolue.

15.02.2024

Février,
fraîche douceur des matins calmes. 

Enfants roux,
café chaud.

Miel soleil
coule dans blanche faisselle.

14.02.2024

Ennui 
doux comme du coton.

Je voudrais
un barzoï

pour briller
dans les rues élégantes.

13.02.2024

Chers
Paul et Anne.

Soleil invaincu,
chêne immortel.

Nos verres
d’eau-de-vie « Vendée militaire ».

12.02.2024

Flamboiement
du soir,

nuits égrenées
d’insomnies,

Grand Œuvre 
aux vapeurs d’antimoine.

11.02.2024

Silence
dominical.

Tu dors.
Je pense.

Volutes caféïnées,
blêmes lueurs d’hiver.

10.02.2024

Vents


de février,
pas perdus

au bord
de l’Eure calme.

09.02.2024


Lorsque les dominicaines entonnaient le Te lucis ante terminum,

à Pontcallec,
février dernier,

je pressentais
que ces temps viendraient.

08.02.2024


Corps aplati sur le lit refuse de bouger

Souffle obscur
Fonction naturelle

Sempiternel cauchemar
des sonneries de réveil.

07.02.2024


Au Cordon Bleu, le cocktail du CRSI.

Des visages, des figures,
du champagne.

Des lumières
sur le fleuve nocturne.

06.02.2024


Souviens-toi du docteur Jivago, 1992,

en hypercapnie
à Bâle,

fauteuil capitonné
à côté d’elle.

05.02.2024

Destin confus comme le brouillard,

je procède
à tâtons ;

peut-être préféré-
-je les horizons noyés.

04.02.2024


Les rires, les vins.

Amis brillants,
beaux destins.

Une tablée,
ton regard, ta main.

03.02.2024


L’avenue Denfert-Rochereau

m’offre
air frais

et solitude
après les enfants fous.

02.02.2024


Méchant miroir.

Cernes moirés,
ride léonine.

Qui devinerait
le feu du désir ?

01.02.2024


Ainsi

la tristesse
rend tristes

ceux qui
veulent croire au monde.

31.01.2024

Soleil hivernal, hôtel
Matignon.

Guerre
des fauteuils,

des titres,
des honneurs et servitudes.

30.01.2024
Je me souviens


et
le souvenir

devient vraiment
l’instant présent réunifié.

29.01.2024

L’amour,
sanglante blessure originelle, saint breuvage auquel nous sommes addicts,

saillance,
plaie ouverte,

quête avide
de nos âmes hyènes.

28.01.2024

Je cuve
les bulles de Veuve-Clicquot, de Pommery, de Heidsieck,

de 
Dom Pérignon

et Ruinart,
en la basilique mineure.

27.01.2024

Vers Reims,
le soleil danse sur mes paupières closes.

Faste
des lieux.

Le rectorat, 
rue du Grand Cerf.

26.01.2024

Ferme donc
la vieille armoire aux passions tristes ;

écarte 
les rideaux,

que pénètrent
les lampées de jour.

25.01.2024

Comment évacuer
ma honte d’être assimilée

aux
collègues encroûtés,

face à
l’élégante conseillère interloquée ?

24.01.2024

Un lit
près de la fenêtre ;

mer 
de toits,

ciels poussifs,
le café fume encore.

23.01.2024

Un an
loin de Charonne,

loin
des Vignoles.

(Si je
t’oublie, vingtième arrondissement…)

22.01.2024

Nuit des
désirs venteux

Vent
si vigoureux

qu’il 
emporte loin les vertiges.

21.01.2024

Seule avec
Oberman

entre
deux neiges

à Imenstrom
dans le chalet fraternel.

20.01.2024

Suffocations, saignements,


hurlement
dans Matignon

désert. Perte
d’une mère exceptionnelle.

19.01.2024

Tiens
la main gauche de la nuit, entends les djinns

murmurer ;
cache-toi

tandis que
bourdonnent les acouphènes expiatoires.

18.01.2024

Rachmaninov.
Ecoute. Les vigiles de la nuit me sauvent.

Délivrance
du Mal.

Doute, foi,
Espérance, consolation, consolation, consolation.

17.01.2024

Brouillard,
Laurence, silhouette glissant à travers l’aube

hivernale,
adolescente éternelle,

énigme suspendue
à son sourire lointain.

16.01.2024

Croassement
du freux sur la flèche chartraine.

Silhouettes
des solitaires.

Tristes rives
de l’Eure grise.

15.01.2024

Eclats
des rires dans la nuit

rue
Cardinal Pie.

Une solitude,
les persiennes qui grincent.

14.01.2024

Tinte
le fouet des cloches,

geint
le vent ;

brûlure glacée
sur les âmes pénitentes.

13.01.2024

Aurore
au froid blême,

mords
ma peau

et couvre
ma ville de givre.

12.11.2024

Clic
clic clic

clic
clic clic

Née humaine,
je suis devenue cyborg.

11.01.2024

Tumulte
absurde.

Convoquer
la quiétude,

cette amie
douce comme un secret.

10.01.2024

Expiration ;


inspiration.
Au froid,

souffle chaud.
L’argile devient chair.

09.01.2024


Le cheval à bascule, tout près de la fenêtre,

regarde
les flocons,

les brasseries,
l’église presque ensevelie.

08.01.2024


Bouleaux et frênes, nus le long des rails

et
l’espérance,

mon front
appuyé sur la vitre.

07.01.2024


La guitare de Ry Cooder se glisse

rue
de Varenne

et balaye
les grands couloirs vides.

06.01.2024


Ligne de vie, train Chartres-Paris,

œuvre au noir,

fragments jetés
pour les temps futurs.

05.01.2024


Capitaine de ma propre clarté,

en
haute mer

je navigue
vers le phare insubmersible.

04.01.2024

Vinyle : musique de Bilitis,

amorce
floue… Moi,

je reste
fidèle à David Hamilton.

03.01.2024


le temps passe

et
je rajeunis

en désirs
et en secrets sacrés.

02.01.2023


Quel voyage

préparer
pour
se propulser

à travers 
toutes nos marottes consuétudinaires ?

01.01.2024


Buffet,

bergère,
carrelage carmin ; 

esquisse immobile
dans la nudité matinale.

31.12.2023

Les enfants jouent
bruyamment
puis 
se taisent
et regardent

le vent 
par la fenêtre.

30.12.2023

L’aube noire ; 

tacticiens
et stratèges
se déchirent. 

La guerre 
de l’ombre.

29.12.2023

Pourquoi dormir ? 
Il y a l’insomnie. Pourquoi étreindre ? 
L’onanisme
existe. 
Pourquoi combattre ? 
Le fleuve

est ami
du vrai stratège.

28.12.2023

Ecoute cela : 
après le temps du déclin vient le tournant. 
Pas 
de blâme.
Cadence rouillée ; 

le cœur 
est une pompe.

27.12.2023

Soleil
sur la trêve des confiseurs, pas perdus
rue de Varenne.
Jardin désert,

confident hivernal
de mes rêves.

26.12.2023

Les peupliers
sous le ciel blanc ; la terre
humide,
la boue,
les flaques,

mes bottes 
sur les chemins.

25.12.2023

Le ciel
d’un gris très clair
mange
les tuiles
des toits.

Vol d’
un corbeau freux.

24.12.2023

La lueur
des chandelles, le silence.
Pas
perdus, lointains.
Un livre ; 

le Loupiac,
verre d’espérance.

23.12.2023

Silence chartrain.
Lecture, écriture, sinécure,
désir
de vivre
en maître,

dans et hors
du monde.

22.23.2023

Lumières, éteignez-
vous ; jour
étouffé
d »hiver,
lueur lupanar,

rappel peinture
de La Tour…

21.12.2023

Hôtel particulier
pluvieux,
mère
Chaumet-Hermès,
rue résidentielle,

jeunes hommes
lisses en apparence.

20.12.2023

L’âge

ne
compte pas.
Deux ans,

quarante-cinq,
le même rire.

19.12.2023

Corentin,
quelle fraternité me rapproche inexorablement de tes yeux bleus ?
Mystère
des personnalités,
rencontre fortuite

des rires
qui se ressemblent.

18.12.2023

Avent.
Aux Sables de l’aurore, emplissons les camions.
Hommes,
vous portez
les miroirs.

Je tinte
mes bracelets sonores.

17.12.2023

Eveil
au creux des cloches, café Claudio Magris.
Bois
du cerf,
chant hivernal.

Messe tridentine
sur l’Eure.

16.12.2023

Lustral
bleu de tes yeux doux plissés.
Rythmique
cantique cardiaque.
Désir factuel.

Auroral café
avant le destin.

15.12.2023

Trouée
lumineuse, amourettes d’Aliocha Schneider
inondant
le bar.
Barre-toi,

Édith, au
bout du monde.

14.12.2023

Intimité.
Profondeurs lourdes du psychisme.
Fuir,
fuir, fuir,
courir vers

les montagnes
de la liberté.

13.12.2023

Cœur,
sexe et poumons,
méridien
du désir ;
régate lunaire

en mer
de la Sérénité.

12.12.2023

Crêperie
du Port.
Bruine,
orage lumineux.
Le cidre,

les sirènes
des vieux chalutiers.

11.12.2023

Million
d’
oiseaux
d’argent,
grande plage,

joie pure
des bécasseaux sanderling.

10.12.2023

Atlantique,

Sables
d’hiver.
Ma doué,

la joie
des bécasseaux sanderling !

09.12.2023

Réverbères des petites villes de province – Chartres ou Esztergom-,
que
réverbérez-vous ?

Vieille Europe
aux lourds secrets.

08.12.2023


A chaque embranchement, prendre la route qui brille,
asphalte
du bonheur,
horizons scintillants

comme vos
mers du Sud.

07.12.2023

Rue des Tristesses, auberge des vieux amis.
Calva,
demi-sourires, col-roulés,
variations Goldberg.

Matins ennemis
de mauvaise froidure.

06.12.2023


La rue de l’Étroit Degré
percluse
de vieilles
pierres blessées.

La safrane,
son hayon rouillé.

05.12.2023


La rue du cheval blanc
écluse
le vent
de décembre.

Le safran
et l’ambre.

04.12.2023


L’oubli du jour
ressemble
au vide,
au deuil,

aux naissances
des grandes détresses.

03.12.2023


Nocturne, la cathédrale
penchée
vers moi,
fantôme gris

me berce
dans mon lit.

02.12.2023


Le commissaire
allume
sa cigarette.
Au loin,

la flèche
de la cathédrale.

01.12.2023

Toi
qui
m’aimais,
connaissais-tu

le poème
de Cesare Pavese ?

30.11.2023

Les eaux dormantes,

étangs
stériles,
lemna minor,

la sexualité
combat la mort.

29.11.2023

Trois mandarines
près d’une amphore en pierre claire ;
rayon
de
soleil presqu’hivernal ;

John Dowland
sur ton luth.

28.11.2023

Ce matin,
le congrès de Vienne s’achève avec le café,
lit
défait,
yaourt céréales,

droit fluvial
et préséances diplomatiques.

27.12.2023

Je ronronne
dans la moiteur du conseil de surveillance,
boulevard Saint-Germain.
Ô Sofia,

joli prénom
et mignons millions.

26.11.2023
L’angélus
sonne dans le soleil de novembre.
Secrets
perdus,
combats naissants.

Chacun prédit
la Guerre civile.

25.11.2023

Frère sœur
la Nissan et le macadam
Olonne
Chartres
nos silences

des ponts
pour la traversée.

24.11.2023

Escalade nocturne
du mur du cimetière.
Vigny :
Mort
du loup.
Lune, arbres
et ta pyramide.

23.11.2023

Samuel, prenons
la route nocturne.
Roulons,
pensons,
conversons longuement,

évoquons celle que nous aimons.

22.11.2023

Je parle
de moi,
toujours
volubile.
Ego malade,

fatiguée de
toi, je dors.

 

21.11.2023

Vérité, arbre
nu,
décharné,
isolé
au milieu

du champ
des illusions fauchées.

20.11.2023

Monsieur Novembre

passe
lentement
le long

du mur 
de l’ennui.

19.11.2023

Curry
de demi-lune et son satellite de gouttes de pluie
arrosé
de
vin cendré

pour fêter 
la neige violette.

18.11.2023

Discrètement,
le médecin de peste est entré dans Chartres,
fourbu,
accompagné 
du Roy

son malade,
et de Sara.

17.11.2023

Rue
du soleil d’or, silhouettes en contrejour.
Larme
sèche,
cri muet,

ville pimpante,
cœur sans bagage.

16.11.2023

Jeudi : 
gouttes de pluie avant le lever
du 
jour.
Noroît lointain ;

la buée
sur les vitres.

15.11.2023

Enfin
trois années de guerre littéraire
finissent, 
Emmanuelle
et Edith

signent majestueusement
le contrat Sussmayr.

14.11.2023

Monte
par vagues, rouleaux incessants,
déborde,
submerge,
étendue infinie,

l’océan
de la tristesse.

13.11.2023

Demeurera
le fantasme inassouvi – 
étatique 
ou
en entreprise -,

d’insertion
dans un cadre.

12.11.2023

Ambition
jamais dévoilée,
profonde,
indicible ; 
timide, opiniâtre,

je marche
vers mon but.

11.11.2023

Traits
tirés,
joues
creuses,
souffle syncopé,

je suis 
ton alter ego.

10.11.2023

Mains,

veines,
cernes,
aide-moi

chaque jour
à te ressembler.

09.11.2023


Un rayon de soleil automnal balaye la table dressée,
gypsophiles
séchés,
agrumes confits ;

Théotime caresse
la harpe celtique.

08.11.2023


Laurence vaque à des opérations don les bruits
familiers
distendent
le matin.

Place Monge,
rue du destin.

07.11.2023


Natacha et Didith tremblent comme des feuilles
rue
Broca : 
la sorcière

de Mouffetard
est si méchante !

06.11.2023


Léonor aux chandelles dans le ciel
de 
Charenton,
calme vespéral

des dames 
du temps présent.

05.11.2023

Les cours pavées de solitude,
Ô
Matignon,
grand désert,

un violon
berce ton jardin.

04.11.2023


Les matins d’automne
étangs
corneilles
feuilles mortes

poches sombres
sous mes yeux

03.11.2023


Tu meurs presque
de
détresse
si seul

si triste
en ce monde.

02.11.2023


Vents violents,
bourrasques,
trombes,
rafales, tornades,

gros temps,
coup de tabac.

01.11.2023


Premier
novembre
pluvieux,
sainte cohorte,

le long
convoi Stratus Nebulosus.

31.10.2023

Majesté d’Ingmar
Bergman.
Images,

visages, propos,

pure fascination : 
Fanny et Alexandre.

30.10.2023

Aube : ténèbres cathédrales : 

lueur.

Au lointain,

hymne acathiste
par des anges.

29.10.2023

Couloirs vides ;
rires étouffés des commis de l’office, Atom Heart
Mother.

Pink Floyd.

Je veux
de la drogue.

28.10.2023

Nuit Quirvane,
jour Varenne, words don’t come easy to me.
Pluie,

plateau repas,

cheap musique
et vraie déglingue.

27.10.2023

Étranges nuits
d’Europe, dont le mystère se fait
sang ;

étrange tourmente,

étrange étang
d’affreux tourments.

26.10.2023

Arvo Pärt :
Sarah was ninety years old, tintinnabule
ici,

Voix baltiques,

Hôtel Matignon,
dans les communs.

25.10.2023

Je pénètre
dans le congrès de Vienne.
Bals,

négociations secrètes,

traités, gastronomie,
amours et diplomatie.

24.10.2023

Vol concentrique,
craillement sérotinal des corneilles.
Galerne,

petite Ourse,

les clausules 
du douloureux rosaire.

23.10.2023

En contrebas 
de la maisonnée éveillée,

le vent

fait frémir
les hêtres centenaires.

22.10.2023

La grand’mère,
avec acuité,
joue ; 

les quarantenaires

perdent encore
contre l’aïeule. 

21.10.2023

Le beau-frère
crie, 
hystérique.

Les enfants

demeurent cois,
mornes matins éventrés.

20.10.2023

La secrétaire

espionne

les cadres,

les haïssant
depuis trente-cinq ans.

19.10.2023

Sara,
ton esprit flotte sur la foule des visages aimés,
Toi,

Mystère, déchirure,

folie massaïote,
les amis démultipliés.

18.10.2023

Souffle,
le souffle de l’avenir chasse le souffle
passé ; 

inspire, expire,

la respiration
épure les dissensions.

17.10.2023

Salpêtrière.
Nous voici encore aux urgences du coeur.
Laurence, 

pâle soror,

aux bras
des beaux pompiers.

16.10.2023

Imperturbable,
docteur NGuyen me pique d’aiguilles.
Beethoven

(Emil Guillels),

ma mère
vient me chercher.

15.10.2023

Normandie
A l’écart du village
Tourbe

Chat sauvage

Cour déserte
Manteau d’étoiles

14.10.2023

Joie,
étrange sensation de paix,
confiance,

tendresse amusée,

voilà vraiment
mes sensations préférées. 

13.10.2023

Tourbillons,
torsions végétales, chênes,
roseaux,

le vent

se moque 
de nos destins.

12.10.2023

Bioluminescence
des fantômes.

Luciférine,

froides lueurs,

matières autoengendrées,
non pas créées.

11.10.2023

Cruelle,
impitoyable
enfant,

j’achète,

offre, porte,
et tu boudes.

10.10.2023

Solitude.

Soliloques.

Subordination douce.

La République
manque de fantaisie. 

09.10.2023


Le bleu du ciel, le blanc des murs
dehors.
Octobre :

#flux informationnels,

#émotions bloquées.
L’air frais.

08.10.2023


Deux hommes drôles et secrets remplissent le camion
dimanche.

Tsahal goy.

Jérémie, Samuel,
prophètes de bonheur.

07.10.2023


Altitudes glacées : givre de mes sondes Pitot,
décrochage.

Cockpit mental : 

l’exaltation 
et la joie.

06.10.2023


Une nuit malade comme un chien,
épouvante

d’épouvantails.

Cheveux dressés
sur la tête.

05.10.2023


L’esprit, ce pays intérieur
inparcouru.

Un amour.

Un appel ? 
Secretum meum mihi.

04.10.2023


Ô nuit, balade mentale,
ballade,

infinie destinée,

Le Caire,
Fontenay-Saint-Père.

 

03.10.2023


Nuages, feuilles rousses,
marrons.

Eternel Luxembourg,

sempiternellement arpenté.
Quelle étrange mélancolie.

02.10.2023


L’angoisse
monte.

Haute vague.

Ne pas
combattre le flot.

01.10.2023


Mort
sémantique.

Cueillette sauvage.

Supérette givrée.
Apocopes et paragoges. 

30.09.2023

Grand avion restaurant


survolant un indéfini désert peuplé d’oasis en métal. 
Trois femmes,

un haut-fonctionnaire,
une musique trouble.

29.09.2023

Un jour, 
il faudra que j’apprenne à me coiffer correctement.

Les cheveux des gens, ces crinières tristes d’animaux
de zoo

me dépriment. 
Comment rester vivants ?

28.09.2023

Onzième heure.
Je déchire les voiles de la prison mentale.

Comme un rêve, très ancien, qui vient de loin,
une invitation,

une lumière,
une vague Mavericks.

27.09.2023

Une main
se pose sur mon épaule et reste

quelques discrètes secondes, le temps du surgissement du désir,
puis tout

redevient banal,
boulevard de Port-Royal.

26.09.2023

Coulure lumineuse
Prosopopées des demi-éveils aux aurores septembrales

Epiphanies scintillantes sur l’océan calme de l’absence
Méridien (Greenwich)

Langue avide
(nerf glossopharyngien).

25.09.2023

La solitude
est une cage d’échos ;

les sons du Deus absconditus y réfractent leurs résonances
et soudain,

du néant 
surgit l’amour.

24.09.2023
Calme étrange
d’un dimanche matin.

Les feuilles des néfliers frémissent, le tremble me parle
du silence.

Claquement lointain
d’une porte.

23.09.2023

Intimité, premier
jour d’automne.

Vivre est devenu quelque chose de distant, une activité temporaire
du cœur,

une annexe
de notre histoire.

22.09.2023

Je deviens 
agent étatique.

Mes veines accueillent le sang de la grande administration.
Ô matrice,

j’entre 
dans ta mer.

21.09.2023

Centre Ségur.
Agents,

écoutons les voix normatives des sous-directeurs et secrétaires généraux.
Orgasme blanc,

exotisme étatique,
noyade presque douce.

20.09.2023

Lentement, mystérieusement,


le jour se lève ; par la fente s’immisce
la lumière,

presque bleue,
comme une écchymose.

19.09.2023

Spleen 
aux effluences douces, étrange ennui, maussade bien que vivace,

spleen de Màrai Sandor sur les plages que tournent
mon doigt,

flegme de
fin d’été.

18.09.2023

Déluge,
pluie heureuse sur nos visages dans une cuisine,

ruissellement des façades, carafes de vin jaune, tes gestes ; 
vaisseau urbain,

cheminées rouilles
sur les toits.

17.09.2023

Crâne,
laisse passer la douleur, détends tes vaisseaux.

Les désirs avides, les hontes ; les angoisses, les détresses
se dissoudront

demain, parmi
les herbes folles.

16.09.2023

Calme
après le dîner des cousins surexcités.

Le chien Sid et moi nous soupirons, épuisés, fraternels.
Silence. Dehors, 

s’endort 
le Vexin français.

15.09.2023

Laurence
glisse prestement sur le parquet

de la cuisine rouge à la salle de bains 
bleu clair,

adolescente cinquantenaire
aux yeux secrets.

14.09.2023

Plongée
dans les raisons profondes

des confessions d’un bourgeois de Màrai Sandor, langue
de fer,

langue de
frère, sans doute.

13.09.2023

Bruits
de cette cour ; 

la vie sensitive emplit l’âme, eau des gouttières 
s’écoulant,

barbacane à 
tête de truite.

12.09.2023

Heures
de travail,

au lit, le soir, tout ce que tu faisais 
pour Quirvane

pèse lourd 
sur mes épaules.

11.09.2023

Plage
infinie,

infinitésimales molécules qui forment la matière du paysage serein,
horizon calme,

scintillement ondulatoire
sous mes yeux.

10.09.2023

Bahut


plein à craquer de verres en cristal pour boire
ce Muscadet,

argenterie armoriée,
colonnes de porcelaines.

09.09.2023


Lorsque nos égrégores graves, gores et grèges se désagrègent,

nos gruges n’engrangent plus que grabuge et gabegie.
Grondement des

groupies grégaires.

08.09.2023


Dans les reflets, ma silhouette prend du ventre.

Il faudrait reprendre en main le pilotage du destin,
pensé-je

en dansant
avec la magistrate.

07.09.2023


La fatigue s’amoncelle, je la combats

dans le ring banal d’un quotidien sans héroïsme.
(Ce soir,

une panthère
me regarde fixement).

06.09.2023


Un mois d’approfondissement de toi

afin de rester pour toujours reliée à ton destin.
(Affinité élective).

Je resterai
ton fidèle satellite.

05.09.2023


Un mois de douleur dissimulée

derrière le calme de la vie sociale, un sourire
aux lèvres,

encore bercée
par ton amour.

04.09.2023


Gorges nouées, cœurs serrés,

les enfants dans le matin marchent vers leurs destin.
Multitude, solitude.

Souvenirs terrorisés
de la rentrée.

03.09.2023


A la chandelle,

recueillons-nous dans la joie silencieuse de la nuit.
Guillaume Dufay,

Charles Péguy
et notre apaisement…

02.09.2023

Septembre pénètre


à travers l’entrouverture de la haute fenêtre Nord.
Tasse ébréchée,

la fumée
du café martiniquais.

01.09.2023


Aurore…

… aux doigts de rose, café de Harah, un silence
de solitude,

septembre attend
derrière les rideaux.

31.08.2023

Sous un manteau
étoilé,

entre l’érable et le bouleau, la slack
remue doucement.

Nous funambulons,
minuit se déshabille.

30.08.2023

Je t’aime


et je te vois et je t’entends
toujours, partout,

tu es la Reine mère.

29.08.2023

Un livre
sur les genoux, assise à côté de la fenêtre,

j’attends l’automne, vieil ami des tisanes. 
Lire, attendre.

J’aime
ne rien faire.

28.08.2023

Vieille poliorcétique
appliquée à la ville intérieure de la famille,

comptes, décomptes, recomptes, à rebours et à rendre,
citadelle célibataire,

nous sommes
la cinquième colonne.

27.08.2023

L’ami
de jeunesse a encore vieilli, il parle,

les défauts toujours vifs, mais l’énergie enfuie,
miroir fatigué,

il prend,
il faut donner !

26.08.2023

Varenne, Matignon.
Le grand silence saturnal, presque effrayant. 

Mohamed dit le Fadjr, Edith les laudes et
il rient. 

Laïcité arrangée, 
thé au miel.

25.08.2023

Nous, égarés
dans le désert des Tartares.

Lorsque tu évoques la condition éxilique du salarié,
je souris

en silence,
face au mur.

24.08.2023

Vieille pendule
sur la console ouvragée,

angelot de métal, verres à pied rouges, coupelle,

chandeliers argentés,
crâne de lièvre.

23.08.2023

Homme pudique,
penseur, poète, militaire,

historien au style pur, aux belles phrases claires,
tel fut

Marc Bloch,
assassiné en 1944.

22.08.2023

Carré frais
de fenêtre

avant l’accablement du jour ; café chaud, consolation lisztienne ;
tu vois,

je veille
encore sur toi.

21.08.2023

Des fous
jouent

le requiem de Florian Gassmann dans une chapelle
de Maintenon

mais omettent
de l’enregistrer.

20.08.2023

A 4.


Bitume, asphalte, goudron, en fiat ou en maserati,
avec Bashung

ou Allegri,
rouler la nuit.

19.08.2023

Icône,
écrite un soir d’août 1913 sur une rive

du Danube, sainte Anne et sa fille, pleines
de rouge,

rue Guynemer,
appartement russe blanc.

18.08.2023

Certitudes,
qui peuplez les esprits de tant d’hommes,

vous m’avez quittée depuis si longtemps. Demeure
la foi,

ce pari
des grands enfants.

17.08.2023

Solitude,
cela faisait longtemps que tu étais partie.

Tu me prends par la main ce soir,
nue, diaprée,

soudain tu
montres ta sollicitude.

16.08.2023

Vivre.
Par un matin perdu, ville sage ; 

dire par cœur les poèmes de mes parents.
Leurs mots

m’emplissent
d’oxygène psychique.

15.08.2023

Corps
de ferme, enclos des lapins.

La motte castrale domine le vallon – Ô nuit,
tu inondes

de mystère
les Ave Maria.

14.08.2023

Cachée
sur un canapé noir,

dans la pénombre d’un grand bureau oublié,
je finis

ma nuit
rue de Varenne.

13.08.2023

Chut…
Remémorez-vous simplement

Saumur, Sablé-sur-Sarthe, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, ces maisons des tantes veuves,
leurs nouettes,

leurs gelées
au nèfle sauvage.

12.08.2023

Matérialité
des toiles,

matérialité de la civilisation que tu as construite,
huiles, papiers,

prière incarnée
dans les créations.

11.08.2023

Rêve
intact.

Une lecture traverse l’après-midi aoûtien, odeurs jaunies,
vieux papiers,

l’amour
de la liberté.

10.08.2023

Semence.


Jeunesse généreuse et folle dans sa ferveur, espoir
de demain,

beauté intemporelle
des jeunes cousins.

09.08.2023


De l’église au cimetière en suivant le convoi

lent comme un escargot sous le ciel vendéen,
nos pas,

nos litanies
jusqu’à la pyramide.

08.08.2023


Les jeux des enfants brisent le grand silence ;

les silences des adultes ressemblent à des mensonges.
Quelques grillons.

Été vendéen,
toile de Jouy.

07.08.2023


Je dors dans la chambre du moustique ;

ton cercueil repose dans le salon de billard.
La Grostière…

Vanitas vanitatum
et omnia vanitas.

06.08.2023


Je regarde la mort en face

et mon cœur est fatigué après la bataille.
Seigneur, tuez

en moi
le vice verbal.

05.08.2023

Tu es née ce matin

à 8 heures ; ton fils tenait ta main ;
je marche,

je chante,
je t’aime

OU :


Entre dans cette nuit, maman, 

cette nuit d’été fraîche, douce, presque enchantée.
Voici venue

la nuit
de ta naissance.

 

04.08.2023


Tu reprends ton souffle.

Tu t’es assise, torsion impossible au corps
en berne.

Détresse respiratoire ;
je te souris. 

03.08.2023


Non ; cette nuit,

je ne jetterai pas la radicalité du poème
de Daumal

aux transis
traversés de lumière.

02.08.2023


Mitan estival.

Les jeunes bouchers de la Grande Epicerie préparent
de minuscules

tartares pour
tes derniers repas.

01.08.2023


Amis,

saluez le prieuré, les statues, les transis, saluez
dame Cécile,

festoyez ensemble,
je vous aime.

31.07.2023

La station spatiale
315 ;

les chariots abandonnés, les yaourts pas mangés,
les tuyaux,

Voyage voyage,
glissent des ailes…

30.07.2023

Ciel bleu nuit. 


Un quartier calme comme un désert résidentiel. 
Des Maserati. 

L’argent 
à chaque fenêtre.

29.07.2023

Fleurs sauvages,
un pré parisien qui ressemble aux vacances d’enfance ;

ce vaste appartement, vue sur le Luxembourg,
cette théière,

cette âme
en fer forgé. 

28.07.2023

Briques rougeâtres,
fenêtres industrielles au premier plan, dômes orthodoxes derrière,

j’enclenche le lubitel, à l’aube, 
presque heureuse,

presque libre, 
presque encore jeune.

26.07.2023
Je suis
le loir d’armoire de Matignon.

Je gratte dans mon antre noir, clic !
clic ! clic !

je furète
dans le jardin.

25.07.2023

Un chien,
élégant barzoï promenant son maître,

un banquier qui fut beau et qui
reste riche,

matin et
soir, rue Daru.

24.07.2023

Tu dors ?
Oxygène, grésillement de cigales.

Jour et nuit se divisent ; sombre soleil,
France pure,

Voie lactée,
Ô mère ténébreuse.

23.07.2023
Canche cespiteuse,
herbe de feu,

houlque laineuse, armoise, chélidoine, Véronique de Perse,
brome stérile,

fumeterre, coquelicots,
mouron des oiseaux.

22.07.2023
Cri silencieux
la nuit.

Le masque de la douleur me regarde
sans parler.

Dehors, bruits
de l’insouciance.

21.07.2023

Une fleur
rose,

très pâle, délicate comme un amour immense,
éclot encore,

éclot toujours,
ne mourra jamais.

20.07.2023

Vagues intérieures.


Une faible lampe à côté du lit.
Talleyrand, Sun Tzu,

l’océan
de mes impensés.

19. 07.2023

Effervescence
dans les couloirs, au fond des verres, tout pétille,

remaniement ministériel et paracétamols, ferme les yeux,
deux minutes,

convoque Apollinaire,
sa Nuit rhénane.

18.07.2023

Harpe,
quelques notes égrenées, mi-celtiques, mi-arabes, un chant,

harpe de vie, harpe de joie, harpe
de combat,

le combat
de la douceur.

17.07.2023

Rez-de-cour,
la chapelle intime de Saint-Jean de Dieu,

un chant de moine, au loin, là,
un encens,

les traces
d’une présence.

16.07.2023

Nuit
si courte, vêtue des atours estivaux,

ta robe légère s’enfuit déjà, aux aurores
tu disparais,

amante evanescente
au pas léger.

15.07.2023

Couloirs
de l’Hôtel de Matignon,

mes pas perdus troublent mon propre silence ;
j’erre.

En France,
rien de nouveau.

14.07.2023

Liberté : 
posséder son propre temps. 

Pouvoir : écrire un monument intemporel sans succomber
aux modes.

Et puissance : 
prier sans supplier.

13.07.2023

Marteau-piqueur
dans la ruelle.

Shehnaï de Philippe Hersant, une fougère silencieuse
et toi,

toi qui
lui ressembles tant.

12.07.2023

Ceux
qui cherchent

à compliquer les procédures, rallonger le travail,
par ennui,

pour oublier
le vide intersidéral.

11.07.2023

Moteurs
ronronnant

en bas, dans la rue Saint-Nicolas.
Café fumant,

rideaux remués
par le vent.

10.07.2023

Oui.


Nous écoutions face à l’océan Le
Grand Bleu,

la nuit,
à seize ans.

09.07.2023


Chaux blanche, pan de mur ocre, poutres, une madonne,

un dessin d’enfant, un deuxième café,
l’ennui

du dimanche,
le muscle cardiaque.

08.07.2023


Qu’est-ce que le pouvoir, la puissance ?

Contraindre par la force, créer la beauté ?
Qui tient

le gouvernail
de ce monde ?

07.07.2023


Mur du vestibule : la carte du Tendre ;

je longe le couloir jusqu’au chambres. 
Campagne humide,

brume perfide,
Imenström s’oxyde.

06.07.2023


Pluie et vent sur Télumée Miracle

Son nom de Venise dans Calcutta désert
et aussi

les dimanches
de Jean Dezert.

05.07.2023

Soulève ce vieux chandail troué,

vois comme la poussière est belle, ramasse
ce blouson

de vieux
cuir de vachette.

04.07.2023


Café entre deux livraisons,

ma vie commerciale dans Paris estival motorisé ;
des guêpes,

des pigeons
et des livres.

03.07.2023


N’évoque plus

les torrides matinées de la rue Agripas,
en mars,

mars 1997,
à Jérusalem-Ouest.

02.07.2023

Nuit avancée

dans les rues de Méru sans lumières.
Nacre silencieuse,

la soirée 
nous a déboussolées.

01.07.2023


Oh, 

Douchanbé, la grand’place et ton appartement bizarroïde,
et moi,

ici à
Laboissière-le-Déluge.

30.06.2023

Et je sais


que vous dînez ensemble ce soir
à Almaty,

au fond
du café матрос.

29.06.2023

Trois tapisseries
années cinquante, une fresque de Souverbie, un beau discours,

la beauté massive, l’élégance mastock
de Perret.

Intime/extime
place d’Iéna.

28.06.2023

Encore, toujours,
deux poids et deux mesures, et l’impossibilité

de parler franc, de parler vrai,
en attendant

la délivrance
ou la mort.

27.06.2023

En face,
la tôle du toit chauffe au soleil.

Alentour, les silhouettes vont et viennent.
Le revoilà,

l’ennui
de l’enfance.

26.06.2023

Tu sais,
à cinq heures, la ville est

si belle que je me pâme
d’amour

pour elle,
Ô urbs aurorale.

25.06.2023

Désert dominical.
Comme j’aime cette solitude !

Osmanthes faux houx, motards lointains, murs
Varenne, Babylone ;

destin abstrait
que le mien.

24.06.2023

Café-croissant,
Prigojine sur les écrans ;

dans les couloirs vides de Varenne,
je marche

en suivant
le rayon lumineux.

23.06.2023

A distance,
je me décompose.

Éveil onirique des métastases hépatiques, ballet
des molécules.

Embolie mozartienne,
embellie pulmonaire givrée.

22.06.2023

L’été
s’ouvre

par la porte de la joie
avec Mozart

planeur musical
sur la Seine.

21.06.2023

Hier soir
encore

vos yeux clairs, bleus, verts, gris,
ma jalousie,

clarté fascinante
des regards européens.

20.06.2023

Liqueurs amicales


Récifs au milieu de la ville.
Je veux

rajeunir et
défier le temps.

19.06.2023

Oublier,
juste oublier tout ce qui n’est pas là,

ici-même, dans le moment présent,
exister pleinement

le temps
d’un instant.

18.06.2023

Cour
de l’immeuble, une lumière au quatrième étage

en contreplongée, un grésillement, un fumet,
à minuit

la voisine
cuisine un steak. 

17.06.2023

Mangue,
vanille, chocolat blanc, les magnums glacés fondent

dans nos bouches colorées, tandis que
les arbres

remuent doucement
dans la cour.

16.06.2023

Lourdingue
et sans pitié, le soleil tombe

sans retenue sur la ville dépressive,
il écrase

sans distinction
nos âmes damnées.

15.06.2023

Bleu
à travers les barreaux noirs.

Les gendarmes glissent dans les couloirs.
Le soir

coule lentement 
rue de Varenne.

14.06.2023

Déjà
le café du matin,

les figures souriantes de l’office,
les escaliers,

le flux,
le lourd reflux.

13.06.2023

Mozart
drôle d’oiseau

Petite musique de nuit, quartier lointain
de lune

halo blanc
dans la cuisine.

12.06.2023

Arbres,
ciel blanc.

Le vent souffle dans le jardin
de Matignon

et sur 
ma tête farcie.

11.06.2023

Chaleurs
haïes.

J’aime tant la vie fraîche,
sans manteau,

mais avec
un col roulé.

10.06.2023

Léonor


s’avance sur la route libre.
Elle enjambe

les doutes
du fleuve Amour.

9 bis. 06.2023 BIS


Le soleil des Récondo se réfléchit sur un balcon

face à la mer de toits.
Je contemple

l’amour,
cette geôle romantique.

09.06.2023


Loin sur le faubourg, les klaxons, les sirènes nocturnes ; 

je suis allongée sur mon lit.
Je pense

à Dieu, 
à autre chose.

08.06.2023


Damien, cheveux flottant dans la lumière, un déjeuner

près d’une fenêtre entrouverte. Plantes,
reflets verts,

serviteur muet ; 
la conversation meurt. 

07.06.2023


Tu bois pour oublier que je bois,

que le temps passe, que jeunesse
s’efface.

Comment séduire
avec des rides ?

06.06.2023


Boucliers transparents, les hommes en noir

marchent lentement vers le combat rapproché. 
La fillette

silencieuse, consternée,
assiste aux affrontements. 

 

05.06.2023


Dans la belle allée Velasquez,

à l’hôtel de la Scam, 
grincheux, teigneux,

bilieux, incompétents,
les auteurs réclament.

04.06.2023


Au mas de Villebonne,

je te rejoins dans le lit ;
tu pleurais ?

Leurs rollex
ont trop brillé.

03.06.2023

Vingt amis réunis.

Cyprès, cigales, crapauds, chemises blanches repassées,
eau bleue,

Bulles dansantes,
champs de coquelicots.

02.06.2023


Les jumeaux 

s’égaillent dans le jardin secret
de Massa.

Moi, je
pense à toi.

01.06.2023


Folie,

ne m’emporte pas trop loin.
Je crains

ton aiguillon
sur mon destin.

31.05.2023

Sourire aux lèvres,
Orsolya

me suit dans la noyade
au fond

du poème 
d’Ady Endre.

30.05.2023

L’étrange cœnesthésie


que provoque la voix grégorienne
m’emporte

par-delà
les zones connues.

29.05.2023

Je glisse
sur l’éclisse d’Oren Ambarchi, dans l’après-midi,

avec le plaisir du faune : 
un désir

en suspension, 
une impulsion inachevée.

28.05.2023

Dimanche mayen.
Esprit-Saint, langues de feu sur les apôtres.

Pergolèse, je suis très amoureuse
de vous.

La soirée
SM s’efface.

27.05.2023

Samedi calme,
le lit, le rayon et l’ombre,

et les pages du livre ; 
un café,

un moustique,
la voisine folle.

26.05.2023

Omar Sharif,
votre furtif baiser à Julie Christie

et tout ce qui s’ensuivit :
la neige, 

et la 
chanson de Lara.

25.05.2023

Un déjeuner
au jardin de la chasse ;

les moineaux sautent de buis 
en buis ;

je chasse
un vieil ennui.

24.05.2023

Ô caverne 
dont je m’extirpe ! 

Négocier un salaire après tant
d’années

sans salaire, 
un défi surréel.

23.05.2023

Aube bleue, 
fumante, fraîche, liquescente,

quelques notes perdues se saluent
au détour

d’un piano
quart de queue. 

22.05.2023

Aux arènes
de Lutèce,

deux sandwichs sur un banc
sustentent ensemble

dix ans
d’amour tendre.

21.05.2023

Viens, touche
encore

la paume de ma main ; 
le rayon

de soleil
attrape les poussières.

20.05.2023

Tu évoques


l’année dernière à Hanoï ; 
j’invoque

le dieu
des promesses suspendues.

19.05.2023

Entre
les pins palpite, entre les tombes, temple du temps,

beau ciel, vrai ciel montparnassien,
cimetière terrien,

plus terrien 
que nos silences.

18.05.2023
Planquée, 
recroquevillée, accroupie derrière le vaisselier de la cuisine,

j’avale pain au raisin
et café

à la 
barbe des enfants.

17.05.2023

Inspire
dans l’air frais du matin bleu ;

expire à l’heure vespérale.
Profond apaisement

au clair
de la lune.

16.05.2023

Vagues
de vide, au clair du jour.

Flux et reflux d’absurde.
Onde abstraite,

barque fragile 
sur le néant.

15.05.2023

Draperies
soyeuses du désespoir qui descendent

lentement sur nos vies poussives
et enveloppent

nos âmes 
de laque noire.

14.05.2023

Dolomites,
le vieux parquet craque.

Asperges blanches et rouges fraises,
timide soleil.

Pourquoi fermes-
-tu les rideaux ?

13.05.2023

Chantilly
Chevaux se cabrent

Enfants se demandent pardon après
la dispute

Poney Shetland
Calva au hameau

12.05.2023

Lucas
et Kevin

jeunesse inconnue, beaux garçons aux
idées étranges,

extraterrestres que 
j’aimerais séduire. 

11.05.2023

Extournes
2022.

Bilan et compte de résultat ;
produits, charges.

Stocks. Voix
monocorde du comptable.

10.05.2023

Païva.


Un dîner portugais aux chandelles.
Tendres Champs-Elysées :

caissons dorés
du Second Empire. 

09.05.2023


Il faut savoir danser toute seule avec Marvin Gaye,

sans peur et sans reproche,
Sexual healing

et crêpes 
caramel beurre salé. 

08.05.2023


Les chants lointains, le vent frais, jour férié :

tous les ciels du pays
se succèdent

au-dessus 
de nos têtes.

07.05.2023


Alcool, ébullition mentale, tachycardie, criard drapeau tricolore,

des nuits même pas fauves,
sans oubli,

ni discernement,
des nuits maladives.

06.05.2023


Elle élégantissime, intelligente, tendre et drôle,

lui beau, cultivé, mordant, sérieux,
Lefébvristes cachés, 

hauts commis
de l’Etat. 

05.05.2023


Tu chantes la sourate al-Falaq ;

je chante le Pange lingua.
Musique, drogue

des guerres 
et des paix.

04.05.2023


Fluides, fluide fluide, fluides,

fluides fluides fluides fluides fluides
Fluide fluide

Fluides fluide
fluides fluide fluides.

03.05.2023


Zelda la rousse

beauté fatale aux yeux verdure
m’effleure

Devant nous
la skyline scintille.

02.05.2023


Rue Daguerre.

Le jour décline, le mur
s’assombrit.

Je pense.
Les enfants dorment.

01.05.2023


Jérémie,

Tendre prophète des jeunesses éternelles ;
à Saint-Savin,

brume douce
sur la Gartempe.

30.04.2023

Mon poumon droit


ventile mon bras gauche.
Souffle profond,

quel méridien
stimule ton flux ?

29.04.2023

Du déambulatoire
de Notre-Dame la Grande où sainte Radegonde nous sourit

jusqu’au balcon rustiqué,
nous pérégrinons

en attendant
les burgers vespéraux.

28.04.2023

Les voitures
ronronnent sur la rue Nationale et l’armoire

grince avec le vent.
Vent-coulis,

coulis rouge
sur la nappe.

27.04.2023

L’Atlantique
offre ses huitres et sa grisaille agitée

aux vacanciers chanceux, promeneurs
en attente

du frais 
muscadet de midi.

26.04.2023

La demeure
de Sablé-sur-Sarthe demeure intacte (meubles, rideaux) ;

grand miroir me reflète :
quadragénaire acnéique.

Les poussières 
étoffent le souvenir.

25.04.2023

La joie
monte souvent dans la solitude

des champs de pensée.
Je vibre

tant que
je me transforme.

24.04.2023

Belinda et 
Jérémie, la petite Thérèse,

les bêtes empaillées, les 
privilèges, les

gauches mortes,
les tartes flambées.

23.04.2023

Laurence mijote
un bœuf bourguignon

du chef Sébastien Baud.
Fumets croisés

rue Dolomieu
dans la cuisine.

22.04.2023

Eve avait
l’éclat

métallique de l’été ; 
j’attends

la promesse
de mon adolescence.

21.04.2023

Beauté
des images.

Journal intime de Meszaros.
Scénario profond.

Langue magnifique.
Beauté des visages.

20.04.2023

Se souvenir…


Rue Allix, à Saumur, 
le bureau,

la fumée 
bleue des cigarettes.

19.04.2023

Salons,
Union Interalliée : la beauté au service de l’argent. 

C’est plus élégant, 
pourtant, quand

l’argent
sert la beauté.

18.04.2023 

Bach
aux notes dilatées dans l’oeuvre de Nystedt.

Immortal Bach, emportez-moi
plus loin,

plus loin que mes chagrins.

17.04.2023

Incommensurable
ennui de la vie familiale, Ô dysharmonie.

Les objets, les cris,
vide moral,

désaffection intellectuelle,
tribulations sans envergure.

16.04.2023

Conversations
à maux couverts des villageois désespérés.

Maisons salafistes, muezzins sauvages,
indifférence institutionnelle. 

Blondinettes converties
à quatorze ans.

15.04.2023

Aube. 
Terre mouillée, les bergeronnettes pépient.

Sept coups au clocher.
Chien et

enfants étalés
dans mon lit.

14.04.2023

Aurore
sur les champs gras.

Mes yeux plissés scrutent 
l’épervier

qui fend
sur le lapin.

13.04.2023

Vexin. 
Les enfants dorment. 

Dans le grand lit,
me rejoint

le chien
de la maison.

12.04.2023

Gouttes
de pluie,

tôle des toits, cheminées,
ciel blanc.

Je crapote
un poème cendré.

11.04.2023

Il 
hurle

« Connasse ! Connasse ! Connasse ! » devant
les enfants

et se
roule par terre.

10.04.2023

Hétérosexuelles


profondeurs : Bagration et Rachmaninov,
j’aurais 

brûlé pour
vos hautes statures.

09.04.2024


Par la tonalité en mi mineur des ciels purs,

« nos jours s’échappent
du silence »

à Imenström
(amertume des caresses).

08.04.2023


Assise à la Rotonde au soleil du printemps,

exaltée par la solitude,
ma joie

de vivre
palpite au vent.

07.04.2023


Sur le lac de Genève, en 1841, 

Sturm et Colladon jouent.
Enfants sages

devenus grands,
leurs barques immobiles.

06.04.2023


Je m’enfonce dans l’Europa

de Georges-Henri Soutou,
pour conjurer

le chaos,
accueillir la clarté.

05.04.2023


Dans la nuit sans lune,

petite Thérèse posée là,
cœur ouvert :

chapelle intime
de la nuit.

04.04.2023


Une bière, des livres,

et cet air tendre 
de Tarrega.

Un baiser 
sur mes lèvres.

03.04.2023


Messe des oiseaux

pour choeur de femmes,
Dynam-Victor Fumet.

L’art
des hautes cimes.

02.04.2023


Le bleu,

la neige, les chalets, 
les sapins,

les épicéas,
la mystérieuse Anne-Claire.

01.04.2023


Mourir

à l’aube, renaître
à midi,

vivre encore
jusqu’au dîner.

31.03.2023

Deux bébés endormis
respirent

sur mon sein
en contrepoint.

Angelots potelés,
valets de cœur. 

30.03.2023

Au Florentin, cafés,


croissants, fragiles pouvoirs :
la monnaie 

du roi,
les réseaux Foccart.

29.03.2023

La revoilà,
l’exaltation, avec ses cafés noirs, ses textes forts,

ses envolées lyriques,
ses rires,

son requiem :
Franz von Suppé.

28.03.2023

La Visitation.
Dans la chapelle, j’entends le coq chanter !

La ville disparait
avenue Denfert-Rochereau.

Belles dames
derrière les grilles.

27.03.2023

Rodogune, Cléopâtre,
se détestaient ce soir rue Charles Fourier,

et le cidre
nous enivrait,

in memoriam
Cécile Hussherr-Poisson.

26.03.2023

Ici, café
dans la lumière ; là-bas, cris aigus,

secouages, immobilisations, reproches
du chevelu.

Mon café
refroidit un peu.

25.03.2023

Fatigue morale
de suivre jour et nuit

ce cauchemar psychique 
de maltraitance.

Un beau
chemin de croix.

24.03.2023

Les poubelles 
flambent dans la ruelle.

A ma fenêtre,
j’écoute

les sirènes
strier le faubourg.

23.03.2023

C’est 
donc la terreur

qui prévaut ici
rue Daguerre.

Courage, sœur,
courage, enfants chéris.

22.03.2023

Je dors
par terre.

Vue sur mère, 
conversations allégées.

Ma vie,
ce film français.

21.03.2023

Premier matin
printanier,

éternel premier matin.
Regrets, espérances.

Cadence plagale 
de nos vies.

20.03.2023

Plage Monge.


La septième symphonie de Bruckner,

du tzatzíki,
des feuilles de vigne.

19.03.2023

Exil
auprès des hautes fenêtres, pour chuchoter au cerisier fleuri

que sa fraîcheur 
me sauve,

sa fraîcheur 
calme et rose.

18.03.2023

Soudain
J’ai fui les conversations, subtilisé la clef…

Bergère de merisier, 
merle siffleur,

quiétude solitaire
du grand bureau.

17.03.2023

Silence.
Faible lueur rosée, émergeant de la plante ; 

L’âme tranquille,
bruits lointains.

L’attente 
vespérale des amis.

16.03.2023

Fascinée
par la finance comportementale – émotions liquides-,

tes longues mains
qui frémissent,

mon frère
au visage calme. 

15.03.2023

Ouvrir
les fenêtres du cœur, laisser

entrer le vent,
siffler Ipanema,

se servir
un second café.

14.03.2023

Chut !
Une quinte de loup

chuinte sans cesse.
Bruit fantôme,

harcèlement cruel
depuis vingt ans.

13.03.2023

Ici
et partout, poubelles,

sacs, déchets répandus ;
à minuit,

dans Paris,
les rats festoient.

12.03.2023

Remets
le requiem

d’Osip Klozowsky,
qui distille

la paix
dans les alarmes.

11.03.2023

Remix
vivaldien,

nappes électros de
Terje Rypdal,

les cimes,
vers les nuées.

10.03.2023

Nox


ton manteau noir
m’enveloppe

j’écoute
mon propre cœur.

09.03.2023


Un café sur les bords de la Seine brune

par un frais 
matin parisien ;

les platanes
frémissent de joie.

08.03.2023


Rejoins-moi sur l’Île des morts de

Rachmaninoff, mon amour,
en Uber : 

le chauffeur
exhalera Fahrenheit (Dior).

07.03.2023


La nuit je ne dors plus jamais ; 

je m’enfuis
en souriant

au fond 
des pensées floues.

06.03.2023


Les carabines, les hermines, le Viré-Clessé

sous les massacres
de cerfs,

en compagnie
des trois brigands. 

05.03.2023


Une fenêtre ouverte, un aboiement,

un chant vosgien,
ton coeur

n’a 
jamais quitté Cornimont.

04.03.2023


Graviers dans le silence,

un épagneul somnolant,
la cour,

le figuier
allongeant son ombre.

03.03.2023


Déjeunons au club

telle une vieille
tante célibataire

en compagnie
d’autres hurluberlus.

02.03.2023


radiateurs troués,

toiles d’araignées,
hibou mort,

parquet écroulé,
quelques loirs heureux.

01.03.2023


Lecture

du schtroumpf financier,
magistrale leçon

de sociologie
et d’économie.

28.02.2023

Les ruelles
bleues et roses derrière le port de pêche

les cris
des goélands

quelqu’un siffle
« Adieu cher camarade ».

27.02.2023

Famille, ennui
sempiternel des cris, des tartines, des pipis,

des promenades,
des jeux,

des emmitouflages,
des journées enfantines.

26.02.2023

Le chevalier
de Malte et sa Dame se

vouvoient sur
l’Atlantique

dans leur
salle à manger.

 

25.02.2023

Cheveux longs,
bide bien gras, odeur pestilentielle,

voix castrée,
crises nerveuses,

obsessions pointilleuses,
voici mon (mot autocensuré) !

24.02.2023

Aimé-je
étendre le linge humide

pendant que
la bouilloire

chauffe pour
un café éthiopien ?

23.02.2023

Faisselle, miel
et Kristin Lavransdatter

aux aurores
d’hiver.

Europa, Europa,
mon amour identitaire.

22.02.2023

Saint-Jean
de Dieu.

Des chimiothérapies
en intraveineuse,

des cendres
sur le front.

21.02.2023

Lutèce, premier
matin. 

Vivre libre : 
un café. 

Hiver tendre
comme un amour.

20.02.2023

Rajeunir doucement…


Qaada Chaabi
de Guerouabi. 

Le passé
irrigue le présent.

19.02.2023

Certes,
point besoin de refuge autre que la grande lame ; 

ange lucifuge,
ta nuit

se meurt
dans le cristal.

18.02.2023

Quitter
les baies vitrées, les vastes pièces, les tours,

le ciel,
la périphérie,

pour un
nid à Lutèce.

17.02.2023

Abandonne
ces affres culturels, artistiques, ces pièges littéraires

et plonge
avec délice

au fond
des plaisirs financiers.

16.02.2023

Comptabilité,
lentement, j’apprends à t’aimer.

A te 
trouver créative,

séduisante et
même hypnotisante, parfois.

15.02.2023

Neige,
tu m’entoures, tu tourbillonnes.

Blanc rêve
m’emporte

au pays
des âmes invaincues.

14.02.2023

Regarde
le visage de Laïla.

En vieillissant,
il embellit,

s’affine
et devient mystérieux.

13.02.2023

Tricoter
à mains nues

la couverture
bleu marine

deux mètres 
sur deux mètres.

12.02.2023

Poutres,
chaux, tomettes,

un massacre 
au mur,

la campagne
du quartier latin.

11.02.2023

Eternelle
Notre-Dame,

expérience immersive,
réalité virtuelle,

J’adhère
à la magie.

10.02.2023

Bach


(Jesus bleibet
meine Freude)

et nems
aux petits légumes.

09.02.2023

Dans le Uber, pont d’Austerlitz, oublier les métastases

et revoir
Christophe, Laurent,

Laurence, Léonor
danser la vie.

08.02.2023


La voix du frère, injection d’énergie sacrée.

Soleil hivernal,
trêve heureuse.

Je crois
au patriarcat magnifique.

07.02.2023

L’enfant regarde ses muscles avec application ;

je bois
mon café.

Qu’aura
été ma vie ?

06.02.2023


Et les jours passent, se suivent,

se ressemblent :
chocs, habituations,

la turbulence
est devenue banale.

05.02.2023

Sur un piano Gustav Rösler,

à Eledény,
tu égrenais

des notes
de Raimann Rudolf.

04.02.2023


Connais-tu la beauté

des énantiosèmes ?
Ils insufflent

l’immensité 
de la complexité.

03.02.2023


Minuit des douleurs.

Morphine douce.
Quelques mots,

mère coriace
défiant le temps.

02.02.2023


courbatures sans

sport. Hématomes
sans coup.

Sang sans
liquide. Amour mort.

01.02.2023


Amours,

vous reviendrez
me prendre

en vos
doux bras clandestins.

31.01.2023

Mendiante de nuit,
solitaire,

tu prends
ta marche

en patience
jusqu’aux aurores.

30.01.2023

Je dors encore,


éveillée, 
parce que

je ne
veux pas voir.

29.01.2023

Briques ensoleillées
du mur d’en face, vastes terrasses minérales, végétales, 

Saint-Jean-Bosco,
cloches dominicales.

Quelques baisers,
un roman XIXème.

28.01.2023

Murs ocres
assombris par les longs rideaux. La mémoire dort,

douteuse ; 
je chante

une ode
à la tristesse.

27.01.2023

… par sa
douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et

pour
le monde

entier, par 
sa douloureuse passion…

26.01.2023

Quatrième étage,
un immeuble cossu du seizième arrondissement.

Soieries, 
vieux bois,

le passé
s’est recomposé.

25.01.2023

Le smog
descend sur la rue Pétrarque

Ulule 
une chouette

La ville
s’efface complètement.

24.01.2023

Tu chevauches
la jument des nombres

entiers,
jusqu’aux

terres blanches
de l’infini.

23.01.2023

Insomnia mundi
Les angoisses universelles

remplissent
la nuit

d’infimes
poussières d’étoiles

22.01.2023

Plein froid,
chevaux bruns.

Courses
de Vincennes.

La majestueuse
Flamme du Goutier !

21.01.2023

Baies vitrées
végétales,

adieu.
Bientôt vous

ne serez
qu’un souvenir.

20.01.2023

Rachmaninov facétieux


Rayons 
de janvier

Petite danse
dans mon cœur.

19.01.2023

Hiver : 
au jardin de l’Observatoire, la guerre des jumeaux.

Lutte
sans merci,

bestiale concurrence
autour du toboggan.

18.01.2023

Ici
saint Jean de Dieu et tous les saints,

toits
d’ardoise,

clarté au
jardin des malades.

17.01.2023

Quelquefois,
deux jours se suivent comme en rêve,

blancs,
sans moteur,

en transhumance
dans la déréliction.

16.01.2023

Quelquefois,
le jour passe comme en rêve,

blanc, 
sans action,

en déshérence,
dans la culpabilité. 

15.01.2023

Oblique
lumière, tombant sur la fenêtre

Parallèle
des caresses

trapèze dorsal
sur le plancher.

14.01.2023

Bougie
écorce d’orange, parfum

corsé,
deux mains

s’effleurent
rue Emile Richard.

13.01.2023

Plus 
une seule nuit

sans 
Nuit rhénane,

d’Apollinaire,
entre les reins.

12.01.2023

Prince, 
tu chantes

que 
la neige

tombe parfois
en plein avril.

11.01.2023

Sourire
coquin,

mystère
savamment entretenu,

charmes discrets
du beau Jérémie.

10.01.2023

Janvier


2024 :
viendrez-vous

aux bains 
chauds de Budapest ?

09.01.2023


Nous nous enfoncerons toujours plus loin, entre les hêtres,

dans
la forêt

du passé,
haute, sombre, marécageuse.

08.01.2023


Dans le soleil dominical de janvier,
les cloches

de
Saint-Jean Bosco

font vibrer
le village Charonne.

07.01.2023


Dès l’aube, nous plantons ce mirabellier

et 
tu évoques

l’école
mathématique de Lwow.

06.01.2023


Un dîner intime à la campagne.

Amitié,
tu demeures

le pilier
d’une vie.

05.01.2023


Sur le fauteuil d’osier

Pomaré, 
tu regardes

la nuit
qui s’effile.

04.01.2023


Rue Saint-Nicolas, Amalia Rodriguez,

fado.
Pourquoi travailler ?

Mon cœur
préfère vraiment chanter.

 

03.01.2023


Eça de Queiroz

Lente,
calme lecture,

les arômes
chuintants du Portugal.

02.01.2023


Pénombre douce,

tendresse.
Un café,
une tartelette,

mon travail
et ma solitude.

01.01.2023


Paillettes,

raisons.
Transe danse.

Le retour
de l’avenir.

31.12.2022

Dans ma tête
un
piano-bar,
quelques notes
et puis

se retirent
au loin.

30.12.2022

Cette âme triste
jusqu’à
la mort.
Ce calice

qui ne 
s’éloigne.

29.12.2022

Midi, Cerfroid. 
La cuisine de l’église universelle : piment vietnamien, boulettes
nigérianes,
vin kazakh,
vanille marquisienne – 

Merci Jean
de Matha.

28.12.2022

Heure sainte
(tous ces lits de morts, tous ces affligés),
nuit
du monde.
Les grelots

du cortège
des pénitents.

27.12.2022

La cloche
ponctue la nuit ; elle divise le silence. 
Douceur
des Vigiles,
pas perdus. 

Les renards
du Valois.

26.12.2022

A Cerfroid,
Tahitiennes, Malgaches, Versaillaises, Bretonnes, Antillaises, Calédoniennes.
Silence 
des arbres.
Nos cellules.

Maison trinitaire,
pierre blanche.

25.12.2022

Hiver mental.
Emmanuel de Michel Colombier, soudain
tout
me revient : 
l’adolescence,

ses ennuis,
ses matins.

24.12.2022

Marche vespérale. 
Les hautes portes cochères.
Petite
pluie fine
sur Port-Royal.

Pourquoi pas
India Song ?

23.12.2022

Bœuf bourguignon,
fromages coulants, Bordeaux,
miel
sur banane,
temps doux ;

un air
de Rabelais.

22.12.2022

L’appartement
en face : 
masturbation, 
voisin perdu
au fond

du rêve
sexuel-amoureux.

21.12.2022

Nos stocks
fondent
et
se reconstituent.
Nos livres

s’accompagnent
de cidre.

20.12.2022

La veille

de 
l’hiver,
une vanité

lancinante comme
un tourment.

19.12.2022

75005.
« Celui qui marche vers la mosquée dans l’obscurité
de 
la nuit »…
Ecoute, écoute

l’homme 
de foi.

18.12.2022

Bivouac.
24 m2 : grand’mère ronflant, enfants étendus, tante insomniaque.
Rires éteins.
La ville

soudain devient
colline inspirée.

17.12.2022

Rideau.
Le serviteur muet chargé de fruits tendres.
Tenture.
Deux enfants
murmurent sagement ;

sœur pestouille,
frère gribouille.

16.12.2022

Exaltation ! 
L’elevaverunt de Mondonville, fleuve vocal,
Drogue
psychédélique sonore…
Ma sœur

guérie, miraculée
du chœur. 

15.12.2022

Moxas.
La maison de la mère,
minuscule,
embaume, exhale
l’armoise.

Kodaly Zoltan
(Veni Emanuel)

14.12.2022

Canards
glissant sur l’onde 
brune.
Eaux mortes,
arbres nus.

La barque
s’endort.

13.12.2022

Glacée
l’eau jaillit,
fuse
la joie
du corps

tendu vers
l’impulsion.

12.12.2022

Miroir,
regarde-moi
et
donne-moi
le courage

d’être 
moi-même.

11.12.2022

Homélie
du 
père
Kévin Anastase,
lumière jaillissante

à Notre-Dame
de Lorette.

10.12.2022

Gorge

vin 
de bouche,
liqueur sombre

chaudes amours
de décembre.

09.12.2022


La fougère excroissante dans la chambre surchauffée se meut
et
m’enserre,
liane violente.
Peur, panique,

le végétal
se venge.

08.12.2022


Sur le pont Maria Valeria, les amants hongro-slovaques
langoureusement
s’étreignent.
Ils recousent

les nuits 
d’Europe.

07.12.2022


L’habituation hédoniste nous blase,
le vent
souffle
aux fenêtres
et les

idéologies millénaristes
se réveillent.

06.12.2022

Le chat miaule sur le toit
rue
Saint-Nicolas.
Téméraire félin,

que faire
pour toi ?

05.12.2022


Les litanies de l’humilité
égrennent
leurs fruits.
Soyez béni,

Cardinal Merry
del Val. 

04.12.2022

Ballade de la dépendance
sexuelle.
Ô berceau
des dominations.

Main gauche 
des nuits.

03.12.2022


Le vingtième arrondissement,
son 
pain naturel,
son tutoiement,

ses Vignoles,
sa Réunion.

02.12.2022


Le visage
laurencien,
feintes nacrées,
sa dissolution

en mer
de Timidité.

01.12.2022


Volontairement
casser
la voix
pour oublier

les éveils 
sans joie.

30.12.2022

Pigeons, cailles, colverts,

perdreaux,
faisans,
lièvres, biches,

sanglante tristesse,
têtes séchées.

29.11.2022

Sables novembraux.
Le mystère des armoires, la beauté de l’Atlantique.
Et
puis
l’âme

des chorals
de Bach.

28.11.2022

Vos yeux, 
bars, merlans, soles, pagres, dorades, ombrines, seiches, limandes,
morts,
globuleux,
vos corps

froids, translucides,
vos écailles.

27.11.2022

Passive, oisive,
envieuse de ceux qui se lèvent tôt
spontanés,
énergiques,
je voudrais

en moi
un moteur.

26.11.2022

Temps immobilisé.
Le pavillon, 13 boulevard du Montparnasse.
Passé
vivace,
visages vieillis ;

visages surgis,
intime histoire.

25.11.2022

Eux sages,
moi noyée dans le Fixin.
Étrange
Laurence !
Mystérieux Hector…

Fabuleux Porte-Christ
chez Elle.

24.11.2022

Me languir
en rêvant, adolescente encore
éternellement
transie
de rêve,

rêverie éternelle
des lendemains.

23.11.2022

Méchante inspiration !
Tu t’enfuis.
Écrire
alors
devient bête.

Mais scribo
ergo sum.

22.11.2022

Pâte brisée,
crème, poireaux,
œufs,
échalotes,
ce soir,

avec Talleyrand
de Waresquiel.

21.11.2022

Rivers of
light
de
Esenvalds,
inondez-moi

pour que
je pleure.

20.11.2022

Beau samouraï,

viens
dans 
mon rêve…

Combattant perdant
avec panache.

19.11.2022

Fumerons
dans la chambre, chaleur irradiée, quelques paroles, hululement dehors.
Lentement,
lentement,
très lentement,

je surmonte
la vexation.

18.11.2022

Aube
le feu crépite encore dans la cuisine froide,

châtaignes,
pommes,
chat sauvage.

Faisons cuire 
le pain.

17.11.2022

Retour
à Saint-Etienne sous Bailleul, la ferme carrée
froide,
boueuse ;
avoir faim

et revoir
les étoiles.

16.11.2022

Mercredi,
temps frais sur la ville pâle,
feuilles
mortes,
et toi

qui traduis
du thèque.

15.11.2022

Trinité.
Un ami sous la pluie.
Déjeuner
parisien.
La montée

des idéologies
de demain.

14.11.2022

Seule
danser comme une furie,
gorge déployée,
hanches renversées,

vie folle
à délier.

13.11.2022

Varenne,
vastes bureaux vides,
café
froid ; 
confidences dominicales,

saga des
espérances déçues.

12.11.2022

Lavialle,
Millésime 1978, 
or liquoreux.
Lustre baccarat ; 

la nuit 
s’enivre.

11.11.2022

Plantes
vertes,
succulentes
cactées,
évasion sauvage

au milieu
des immeubles.

10.11.2022

Clarté :

empyrée
enfuie,
matin perdu ;

poussière blanche
du fleuve…

09.11.2022


Au pays des lumières, de Gérard Mourou et des gabegies,
les
platanes
me toisent

en perdant 
leur feuillage.

08.11.2022


Je rêve d’échafauds en fumant mon houka. 
Miroir : 
ennui. 
Jours : ennui.

Occupations : ennui.
Ennui profond.

07.11.2022


La main tremblante de Parkinson, la théière –
thé,
brioche -,
une cousinade…

Souvenirs de
Menthon Saint-Bernard.

06.11.2022


Fine pluie sur le Père Lachaise
Là-bas
Au-delà des toits.

Et Laurence
qui dort.

05.11.2022


Tigre tapi dans l’âme
Ô colère
toujours tue

Pénombre mentale
sur Atlantique

04.11.2022

La nuit, la toux
se
mêle
au vent.

Deux bronchiolites
se mélangent.

03.11.2022


Bleu d’Atlantique.
Etendue
plane.
Aurore suspendue.

Un zeste
de nacre.

02.11.2022


Souffle vent.
Gronde
bébé.
Ici, tempête.

Les hauts
de Hurlemarmaille.

01.11.2022


Pique,
passe,
traverse,
Échappe ! Tricoter

une fuite
sur place.

31.10.2022

La marmaille hurle
abondamment.
Navrance.

Cernes violets.

Matin déchiré
d’automne.

30.10.2022

Tes désirs francs

ravivent

les sens

d’un
corps affaissé.

29.10.2022

Dersou Ouzala !
Dans le noir de la cinémathèque, huit cents yeux
contemplent

la taïga,

le feu,
les hommes.

28.10.2022

Je marche.
Au téléphone, les sanglots étouffés d’une sœur.
Tombe-Issoire.

Qui dira

le désespoir
du quotidien ?

27.10.2022

École buissonnière.
Nous essayons les scooters de la ville,
tranquilles,

errantes, manantes,

sous les
feuilles tourbillonnantes.

26.10.2022

Un banc. 
Compote, pain au lait et chocolat.
Corneilles.

Feuilles mortes.

La tante,
la nièce.

25.10.2022

Reste ici.
N’allume pas la lampe. 
Ecoute…

Au loin,

le murmure
des rues.

24.10.2022

Se lever
pour écouter un hymne
national

qui ressemble

au sanglot
du Danube. 

23.10.2022

Si conventionnelle,
si sérieuse jeunesse,
blafarde, 

jusque dans

ses fêtes 
sans pitié.

22.10.2022

Provence (rue
de), amitié,
conversations,

Police nationale,

tapenade sur
les rails.

21.10.2022

Boulevard Saint-Germain,
Sofia : 
répartition,

licences commerciales,

copie privée,
café crème. 

20.10.2022

Utopistes engagés,

collectivistes.

Planète, tolérance,

nouvelle religion
du bien.

19.10.2022

Sillage
de ces familles hongroises de Compiègne, littéraires, financières, musicales,
dynamiques,

double élégance,

double culture,
double fierté.

18.10.2022

Octobre,
ivre de vin perdu, ivre de mots jetés,
octobre,

verres bus,

baisers donnés,
baisers volés.

17.10.2022

Ocre,
se noyer dans les nuances d’ocre,
puisque

pour nous,

parler vrai
est interdit. 

16.10.2022

Solitude
belle comme le soleil qui caresse,
demeure

en moi !

Microscopie en
champ sombre.

15.10.2022

Oblique
lumière d’automne sur mon
éveil,

oblique sourire

au fruit 
du jour.

14.10.2022

Vivante
encore, sortie de clinique.
Marcher,

deviser, rire : 

la mort
dort encore.

13.10.2022

Tambourinage
de la pluie, 
chambre

claire ; immobiles,

deux femmes
se taisent. 

12.10.2022

Radio,
rap polonais.
Pluie

de lumière.

La Talisman 
file droit.

11.10.2022

Buxtehude,
Saint-Nicolas,
instances…

Ma honte

de toujours 
trop parler.

10.10.2022

Peurs,

craintes.

Lumière orange.

Ennui diurne,
mélancolie nocturne. 

09.10.2022


Ocre du mur, Hora lunga par Tamestit, air frais.
Epure ; 

ville spectrale. 

Messe dominicale,
fruits frais.

08.10.2022


Je t’aime en ce matin doux, musique
tonale,

lorsque, mutine,

tu quittes 
les autoroutes.

07.10.2022


Au jour hypothétique de mes 80 ans, 
que

veux-je 

regarder dans
le miroir ?

06.10.2022


Pour ce garçon de vingt ans,
enfui

une nuit. 

Météore inconnu.
Prénom : Sacha.

05.10.2022


Sienne et Matera en mémoire,
Gesualdo,

café tendre,

matin long,
automne lent.

04.10.2022


Le frère, voix chaude,
sympathie,

regard brun,

charnel malgré
la pudeur.

03.10.2022

Ton âge tendre
éclôt.

Mon ange, 

mon âge 
mûr fond. 

02.10.2022


Octobre, pluie
monotone.

Ta voix

à nulle
autre pareille.

01.10.2022


Corpuscules,
ondes.

L’amour

comme volonté
et représentation.

30.09.2022

Le soir tombe.


Enveloppée dans une couverture, j’entre dans le requiem
de Fejtö.

Autriche-Hongrie,
belle éternelle.

29.09.2022

Zestes de
cucumber Martini entre les neurones, éoliennes par la vitre,

Attila Jozsef sur les genoux, café sur la tablette,
un sourire

sur mes lèvres gercées.

28.09.2022

Nous, cyborgs,
nourris en enfance de grands romans d’aventure,

noyons nos yeux au fond de l’étang triste
des écrans.

Cristaux liquides,
eaux mortes.

27.09.2022

Train absurde
du sommeil immobilisé sur la voie insomniaque…

… dans ce combat, dans cette guerre qu’on ne
commence jamais.

Une tisane
pour rustine.

26.09.2022

Fuir loin
des grandes hontes de la veille.

Sur la scène du théâtre de la distinction sociale,
je saccage

mon rôle 
très flou.

25.09.2022

Village dominical
de Charonne. Bleu ciel horizontal,

qu’apportes-tu aux bêtes avides que nous sommes ?
J’attends

ta sonate
d’automne.

24.09.2022

Rue Daguerre,
les enfants se redécouvrent

et le ciel se couvre. L’Armagnac s’apprivoise,
profond, chaleureux ;

dehors, passent
les passants.

23.09.2022

Salle bleue
du comité : réunion…

La belle Léonor enroulée dans son châle s’ennuie
peut-être autant

que moi,
peut-être pas. 

22.09.2022

Le goût
du travail,

matériel et immatériel, ses odeurs, ses ambiances, ses fichiers
informatiques classés,

ses banals
temps morts.

21.09.2022

Tout demeure
immobile

dans l’amour vespéral des histoires, dans les rires
des enfants

et des
grandes personnes.

20.09.2022

Murs ocres


Tracer les lignes du projet sur le temps long.
Etat profond.

Hora lungà
de Ligeti.

19.09.2022

Pourquoi
les plus grandes joies émergent-elles du minuscule studio ?

La reviviscence des exaltations estudiantines, peut-être, ou l’exultation
de transmuter

la matière 
en prière ?

18.09.2022

Silence.
Sous l’Ondée de Cécile, le travail calme,

lent, fécond, ressemble à l’orage muet, au feu
sans craquement,

aux pluies 
sans eaux. 

17.09.2022

Oyez !
Mesdames, messieurs, voici l’hôtel de Massa,

son histoire amusante, ses meubles, son jardin, ses missions,
son âme, 

sa fatigue,
son avenir.

16.09.2022

Cloches
de Saint-Jean Bosco dans le lointain ;

tendre tiédeur du petit déjeuner au creux du lit.
Conversation laurencienne –

toitures infinies –
nimbostratus – café…

15.09.2022

Déjeuner
au rez-de-chaussée, notre condition bien-aimée,

à ras de cour, face aux troncs, aux faux-pas
des visiteurs

de l’
immeuble parisien.

14.09.2022

Paris.
Riche Richelieu, palmiers, façades

Labyrinthe de livres précieux, somptueuses collections royales, délicatesse, raffinement,
deux femmes : 

Marie vendéenne,
Isabelle algérienne.

13.09.2022

Marteau-piqueur
perçant les rues,

omelette aux fines herbes et travail aux petits oignons.
Décor sempiternel

des travaux 
et jours.

12.09.2022

Oublier
les détails,

oublier les soucis quotidiens, se noyer dans la voix
grave de

Latinovitz Zoltàn,
en cachette. 

11.09.2022

Moucherons 
minuscules

dansent au creux du rayon de soleil, filet fumant
du café,

liturgie des
heures douces.

10.09.2022

Solitude. 


Soliloques blancs, comme des ondes sur l’étendue lisse
du temps.

L’esprit 
au repos.

 

09.09.2022


Les hommes d’action et de combat, Ernst Jünger,

Les femmes fortes qui tiennent le foyer, feu éternel,
définitivement morts

ou prêts 
à renaître ?

08.09.2022


Lorsqu’il pleut sur la ville, en septembre, 

il faut, entre deux labeurs, relire Antigone de Sophocle,
féroce miroir

de nos 
conflits insolubles.

07.09.2022


Comme il pleut sur la ville atlantique

et comme l’espérance est violente, l’angoisse piquante,
l’attente

éternelle, douce,
incertaine, palpitante.

06.09.2022


La troisième sonate d’Ysaÿe glisse

dans l’appartement de septembre partagé entre lumière et
secrètes ténèbres.

Douce tristesse
des instants. 

05.09.2022


Dans la grande armoire normande,

j’ai attrapé la liquette brodée de tante Marthe
(1894-1976).

Je flotte
en dentelles.

04.09.2022


Les cris des mouettes.

Nous nous sommes baignées dans l’Atlantique, de nuit.
Halo lunaire.

Au lit,
Paul Thureau-Dangin.

03.09.2022


Terres grasses, arbres,

la Beauce dans le brouillard auroral et Charles Péguy
en mémoire.

Gallia vulnerata,
Europa invicta.

02.09.2022


Je cherche

l’affectataire qui me guidera vers le poste songeur,
celui où

je servirai
le Rêve.

01.09.2022


Septembre…

Souvenirs d’une scolarité brutale, terne, destructrice, méprisante, hermétique,
éliminer psychiquement

tous ceux
qui dénotent.

31.08.2022

Engrangé tant de
lumière – 

« Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire » –
et allumé

tant de
cierges là-bas…

30.08.2022

Ciel de nacre.


Les fils électriques sur les foins ; les semis
d’avenir

et mon 
muscle cardiaque.

29.08.2022

Frais matin,
deux garçons blonds et moi dans une porsche noire,

vers la chapelle du temps de Brem, encore
close, encore

vierge de
supplications humaines.

28.08.2022

Adulte encroûtée,
exténuée par les présence harcelante des petits enfants,

je m’enfuis dans les recoins d’ombre
pour respirer

mon café
de solitude.

27.08.2022

Avec patience,
et en la présence sonore d’Ockeghem,

faire des ménages littéraires pour renflouer les caisses
et tenir

l’an
qui vient.

26.08.2022

Voix grégoriennes
dans la nef de l’église

Repos divin entre deux plages d’engrais littéraire
et commercial

Heureuses entrailles
beata viscera

25.08.2022

Basses oeuvres
d’une mercenaire du verbe.

J’écris sur commande pour de l’argent
en rêvant

d’une délivrance profonde.

24.08.2022

Songe matinal
au café du Harar,

Considérations sur les opportunités des jours à venir,
lovée dans

la chaconne 
de Bach.

23.08.2022

Ciels de
Neuilly sur Seine,

petit peuple international d’enfants joyeux et malades
qui jouent

aux étages 
des petscans. 

22.08.2022

Nous avons
réellement besoin

d’îlots de confiance, d’océans d’exploration, 
de tendresse,

d’art,
de chiens.

21.08.2022

Prends
ma main.

Glissons le long du quatuor pour la fin
des temps. 

Messiaen messianique
à contre-jour.

20.08.2022

Pourquoi donc


fuis-je toujours la lumière qui s’approche ? 
Est-ce 

par peur,
par choix ?

19.08.2022

Vincent,
Doigts d’or, à l’orgue de la Madeleine,

borde savamment les draperies du Super Flumina Babylonis,
fleuve lourd

d’Egypte,
à Paris. 

18.08.2022

Rosée. 
Cruel Maine-Coon, ton loir mort empèse l’aurore.

Le clafoutis à la rhubarbe sur la table
refroidit et

les fougères 
arborescentes boivent. 

17.08.2022

Pleuvent
les regrets de monsieur de Sainte-Colombe

sur la cour close de la ferme isolée,
gouttes musicales

qui ne
mouillent pas.

16.08.2022

Nuages,
la charpente, les pierres, les graviers,

esquisse topologique d’un corps de ferme normand,
les pommes,

la trompette, 
les vins.

15.08.2022

Mets
robes de bal et bottes,

descends vers le marécage, la barque t’attend,
tu rameras

et le 
fleuve jaillira. 

14.08.2022

Clic-clic
Ouvrir les réseaux sociaux

Voir défiler les océans, les enfants, les amours,
les maisons,

les réussites,
bonheur pornographique.

13.08.2022

Addiction 
aux douches froides,

plaisir accru du giclement froid sur ma peau,
je succombe

plusieurs fois
par jour. 

12.08.2022

Moi
je poignarderai

les trop fortes chaleurs et leur sang giclera.
Je jouirai

aux émulsions
de froid. 

11.08.2022

Fais 
attention ;

la ville dont le prince est un enfant
a perdu

ses eaux
et flambe. 

10.08.2022

Hébétudes.


Parallèles dévorants pour une ville existentielle, longitude du silence ; 
tendres coordonnées

des jours
sans fin…

09.08.2022


Nedjma et Nadja, filles littéraires de Kateb et Breton,

le long créneau de la Saab du voisin,
le temps

enrayé, le 
tempo rayé.

08.08.2022


Le lierre frémit dans la courette aux poubelles

au tout petit vent du matin d’août,
je doute

encore mais
j’avance.

07.08.2022


Axe majeur de Cergy-Pontoise, descendre, monter, souffler.

Fermentation de nos colons, nous devenons barils agricoles.
Puissance ventrale !

Maubuisson : panier
de légumes.

06.08.2022


Sur la rivière de la nuit

glissent les petites barques sombres de l’angoisse.
Etoile mélatonine,

conduis-nous
au répit.

05.08.2022


La vase des étangs solognots,

les cerfs, les bécasses, les tanches, les marcassins,
les soleils

à travers
les futaies.

04.08.2022


Assise sur le saule

pleureur, la longue marche à travers la théorie
de Galois

souffle sur 
ma sève.

03.08.2022


Chez l’aieule.

Tous les retours du monde ont leur matin,
leurs grenouilles,

leurs corneilles,
leur poison.

02.08.2022


Chez elle, 

le couloir de ma chambre abrite des chauves-souris : 
amies bizarres

aux portes 
du grenier.

01.08.2022


Vieille

et l’esprit plus large que vingt jeunesses
95 ans

le fief
la poussière

31.07.2022

Désir, plaisir, surprise,
extase.

Buvons encore une dernière fois, jeune inconnu,
et oublions

cette parenthèse
presque scoute.

30.07.2022

Lève-toi, observe


la table de nuit et le bidet,
le crucifix,

le paravent,
le flacon.

29.07.2022

Nox terribilis.
Petite Lily-Swann habitée d’agitations, souvenirs obscurs de maltraitance.

Je connais son passé, caresse ses cheveux
et récite

un rosaire
de guérison.

28.07.2022

La famille,
cette catastrophe sans cesse recommencée, cette came tueuse,

ce venin amoureux qui nous tient malheureux
et soumis,

étrangers à
toute liberté.

27.07.2022

Rugissements sauvages
des enfants reclus dans la chambre rose.

Rires de fous furieux, yeux de drogués,
cris hallucinés.

Tout près,
grand’mère dort.

26.07.2022

La Loire
aussi a ses fluxions mathématiques fluides

qui chevauchent les siècles, se jettent dans
l’océan

et défient
les axiomes.

25.07.2022

Deux foncteurs
sur le treillis des ouverts

se muent en faisceaux étales de topos.
Indécidabilité dissoute –

qui résoudra
l’énigme ?

24.07.2022

Cahin-Caha
le train des Sables

vogue sur la mer rouille de rails
et décoiffe

les blondeurs
et rousseurs fauves.

23.07.2022

Amer pétrichor
Jardin de nuit

Comme un ouragan de Stéphanie de Monaco
nous dansons

nues, riant
aux éclats.

22.07.2022

Les ombres
m’encerclent

et nous dansons la ronde en riant,
en sautant

Par dessus
le temps.

21.07.2022

Pêches cuites,
Armagac. 

Seins nus dans la fontaine de bronze,
tu fredonnes

un nocturne 
de Chopin.

20.07.2022

Lendemains rêveurs


aux arômes d’olives et de mathématique.
Poèmes charnels,

confits spirituels
d’aubergines.

19.07.2022

Minuit
Les gouttes fraîches sur nos visages au Delaville Café

Frictions politiques, amour, rires du souvenir, sensualité,
six vies,

six voyages,
six destins. 

18.07.2022

Krismenn
rappeur entre cieux gris et pluie d’été

La tiédeur de nos vies sans intersignes
Le bruit

Cette musique
cette route

17.07.2022

Lacération
Tailler dans les veines du corps mystique passé

Aimer tellement souffrir et ressentir la joie
de vivre

cette douleur 
en entier.

16.07.2022

Jambe
de Laurence sur les toits calmes

Charonne village l’été, dixième été, baies
vitrées poisseuses,

fine voix
d’éther. 

15.07.2022

Ici,
la chaleur n’étouffe pas.

Entrez dans la maison de la mémoire.
Venez, voyez

les chandeliers
du désir. 

14.07.2022

Fentes
à travers les volets

la lumière coule du lit au sol
et Brahms

avale toute
la passion.

13.07.2022

Voix
de Joan Baez :

Diamonds and rust, la rouille du temps
et les

diamants de
l’amour.

12.07.2022

Pistolets
à eau

Enfants trempés rieurs comme des chiots foufous
Corps miniatures

Tétines, glaces,
jus délicieux. 

11.07.2022

Lendemains
fatigués

emplis encore des longues heures de chant ;
bella ciao, 

le monde 
est ressuscité. 

10.07.2022

Garonne.


Sous le soleil du temple des madrigaux,
une femme

en plâtre
nous contemple. 

09.07.2022


Angélique à la harpe sous les corps de Félix

et la ressouvenance de cette femme rousse.
Tante Astrid,

soeur Marie-Madeleine
en religion.

08.07.2022


c’est un palais florentin en pays agenais

et les dames au violon, au clavecin,
le champagne,

l’écureuil,
la joie. 

07.07.2022


Les remix du bon Vivaldi s’enchaînent,

Vivaldi remixé me déchaîne, hiver  électro dansant,
dansant endiablé

l’été
impulsif, immanent. 

06.07.2022


Le Grand Maître sous l’Oeil.

Les Frères : leurs cannes, épées, foulards maçons :
procession fascinante. 

Christian Roblin
parle longtemps. 

05.07.2022


Les cousins virevoltent, tournent, pavanent, 

sous les charmilles, auprès des vieux vélos.
Quelques chevaux, 

le Saint-Hubert,
madame Champmartin. 

04.07.2022


Sous les chênes-lièges,

le camp des gitans ; leurs guitares magiques. 
Mais, seule, 

je quitte
les lieux. 

03.07.2022


huitres pleine mer,

Gewurztraminer, hymne des chérubins sur le tourne-disque,
la langueur

du dimanche.
L’espérance.

02.07.2022


pull marin

au fond des yeux de la fille.
Chlore piscinal ;

poissons jaunes,
piscos sour.

01.07.2022


Cavac

sur le port de pêche et ratatouille
en cuisine,

fatigue profonde,
bonheurs simples.

30.06.2022

Rails de Loire.


Caténaires de nos vies sans merci,
nuages bleus,

Ifs et
éperviers vifs.

29.06.2022

La carafe
aux armes du sanglier écoule son pommeau de 1933.

Le temps s’arrête à Senlis,
chère madame,

et sur vos paupières.

28.06.2022

Réunionite, palabres,
vingt administrateurs sous le bel arbre à perruques.

Un ordre du jour, un désordre,
une romance

administrative et
délicieusement décatie.

27.06.2022

Force pure
d’un frère, voix grave, muscles saillants ;

pomme d’Adam, plaisir d’Eve.
Enfants innés,

Comme vous seriez beaux !

26.06.2022

Boulevard Arago, 
la prison, le couvent, les marronniers ; 

les allées où mon coeur chante
à contretemps ; 

le tango
du soleil.

25.06.2022

Anouar Benmalek
résonne au temps des insomnies

pour ceux qui savent aimer debout
quand Arès

revient hanter 
nos villes. 

24.06.2022

Diane danse, 
Aram sert le champagne,

le jazzband sort les vieux standards
et Massa

s’allume
la nuit. 

23.06.2022

Boulevard Haussmann, 
Les beaux garçons,

costumes noirs, regards bleus, sourires conformes ; 
j’effleure,

frémissante, vos
vies corporate. 

22.06.2022

Enfant roulée
en boule

autour de ses rêves sans souci.
Je regarde

sa nuit
s’évider. 

21.06.2022

L’eau
vive

a rafraîchi l’heure de midi. 
Jambes nues,

temps suspendu
de quiétude. 

20.06.2022

Légère ivresse


d’une blanche chemise repassée, tendresse
étrange, et

si je 
t’aimais ?

19.06.2022

13
boulevard du Montparnasse, perchée sur ces hauts talons verts,

je foule à nouveau les herbes
d’enfance,

caresse les 
lilas nocturnes. 

18.06.2022

Lointains…
Y vivre d’amour et d’eau fraîche –

sur les hauteurs calmes d’Imenström –
avec Oberman,

mon amant, 
mon frère. 

17.06.2022

Je 
peux faire de la voile sans vent

et je peux t’étreindre encore
une fois,

sans larmes
d’adieu.

16.06.2022

Songe
au son du violon d’Ingres

dans la fraîcheur des grandes nuits
de juin,

sans étoiles
ni souci. 

15.06.2022

Nuit : 
Pouvoir politique et classes sociales.

Je retrouve étrangement ce livre de
Nicos Poulantzas. 

La bibliothèque
du père ?

14.06.2022


où finit ton corps,

s’ouvre le poème, aux interstices
de silence ; 

Grâces à 
Fouad El-Etr.

13.06.2022

Ô
passacaille de Haendel,

tu sautilles sous les doigts dextres
du garçon,

Europe savante,
sourire polonais. 

12.06.2022

Jour
de torpeur

Les étals du marché se vident,
badauds amorphes…

Les battements
du cœur.

11.06.2022

Tatouages
partout

dessins, poèmes, blasons sur les cuirs
des humains

au soleil
du marché. 

10.06.2022

Ether…


L’intérieur des livres, leur peau.
Chasse gardée.

Le fusil
du lecteur. 

09.06.2022


Assise à côté de l’inventeur du Poème autodaté,

Bel homme, beaux yeux, belles histoires,
cigarette électronique –

et toute cette attente.

08.06.2022

Sur mon stand, mes petits livres tous frais !

Comme une maraîchère littéraire, place Saint-Sulpice,
mes étals,

Poings sur
les hanches. 

07.06.2022

De l’autre côté de la frontière,

nos corps régénérés oublient la pression
des interdits

politiques du
pays muselé. 

06.06.2022


Sous les troubles tropiques, peaux déchirées. 

Chaines, cuir et dentelles : cousu main
pour soulever

un cœur
de pierre. 

05.06.2022


Tout meurt dans l’orgue. 

Tout renaît sous la voûte sulpicienne. 
La chair,

l’amour,
la foi. 

04.06.2022


Saint Ephrem le Syrien

Vous veillerez avec nous ce soir
quand descendra

sur nous
l’esprit. 

03.06.2022


Face aux toits

de la ville lumière toute grise
Léonor fume

une cigarette
de tendresse. 

02.06.2022


Nuit blanche

La longue nuit des familles désunies
Brûlures, déchirures

Nuit noire
du cœur.

01.06.2022


Ensemble

fêtons l’éveil des âmes psychédéliques
et savourons

la nuit : 
crapaud, tisane. 

31.05.2022

Epuisement des corps
sado-masochistes,

perles de sueur, de peur,
peaux sauvages.

Matin calme ;
Soleil, café.

30.05.2022

Nostalghia de Tarkovski


La beauté sauve le monde,
Ô prince !

Lev Mychkine,
soyez éternel. 

29.05.2022

Larmes chaudes
sur les joues d’une amie près du clavecin

Ô l’amour ce piège,
cette illusion

Ce mirage
du désert. 

28.05.2022

« … nous c’
est une illusion d’amour, un éclat de

rire en plein cœur, une
histoire de

rien du
tout, nous… »

27.05.2022

Coquelicots, œillets, 
houlques laineuses sur la prairie du château.

Les lapins, le tuffeau angevin.
A table ! 

Fer forgé, 
vieux cognacs. 

26.05.2022

Votre cœur
s’en est allé si loin

que je ne sais plus
très bien

s’il 
existe encore. 

25.05.2022

Rue Cassini,
dans la fraîcheur du matin,

je cours derrière la trottinette
de Natacha

au milieu
des pollens.

24.05.2022

Le café
les lampées de soleil

Le chêne ciré du parquet
et toi

qui joue
Fernando Sor.

23.05.2022

Le café
La pluie drue

Le pin ciré des chaises
et toi

qui joue
Francisco Tarrega.

22.05.2022

Subtile prestance
des ombres. 

Tactile présence des morts absents. 
Tu sais,

plus faciles
à aimer. 

21.05.2022

Guérissez, chérobophes,
avant

que ne tombe le ciel
de Teutatès

sur nos
têtes hirsutes.

20.05.2022

Il pleut ;


ton secret est une tombe.
Regarde, enfant,

ce chien
qui attend.

19.05.2022

Ratatouille,
je te cuisine lentement, à trois fourneaux, fenêtre ouverte

tandis que le matin passe
très tranquillement.

Légumes, épices,
bahut Louis XIII. 

18. 05. 2022

Danse,
pendant que le vieil Erard chevrote ses notes.

Chorégraphie sur la troisième consolation.
Fenêtre entrouverte…

Dehors, remue
le tremble. 

17.05.2022

Prends
deux trois gouttes d’hydrolat de romarin ;

assieds-toi sous la fougère
– tracheophyta, ophioglossophyte –

écoutons encore
Dimitrie Cantemir. 

16.05.2022

Torpeur
face à la crise de rage. 

Puissance monstrueuse de la haine
de soi. 

Frustration expressionniste,
normes fracassées. 

15.05.2022

Chez
les sœurs de la Visitation,

le temps, suspendu au silence,
s’écoule

une goutte
par siècle. 

14.05.2022

Dormir
avec Halil Hamid Pacha. 

Manger et rêver avec Halil
Hamid Pacha

à Saint-Germain
des Près. 

13.05.2022

Secrets 
du registre noir

et des sacrements sous condition.
Ce soir,

Tu fais 
mon initiation.

12.05.2022

Esprit,
souffle, glaise,

vere tu es Deus absconditus.
Ces voix…

Ce plain-chant
innervé, endophasique.

11.05.2022

Moi,
impie,

je crois au refroidissement climatique,
en Dieu,

et aux 
opérades algébriques. 

10.05.2022

Imiter


de saint Charles de Foucauld
l’abandon.

Evoquer Saumur
à mi-voix.

9.05.2022


Comme un souffle, comme un rêve à l’aurore,

glisse ce corps d’ adolescente
presque cinquantenaire 

Atemporelle silhouette,
mystère laurencien.

08.05.2022


La douceur de l’herbe dans la roseraie

et les chants des oiseaux
à Provins

en contrebas
des remparts. 

7.05.2022

Deux frères s’aiment d’amour tendre

et sous le cerisier printanier
de Chaumontel,

leur bonheur
se partage. 

06.05.2022


Le loup est revenu en Bretagne,

signe du retour aux forêts. 
Adieu Urbs. 

Ton règne
prend fin. 

5.05.2022


Lueurs bleues de l’aube

(les derniers dilemmes se déchirent),
yaourts réchauffés.

Champs ionisants.
Uranium fissile. 

04.05.2022

Je couds une nappe. 

La joie crépusculaire s’épand. 
En arabe,

tu murmures 
la talbiya.

03.05.2022


Le piano inonde

la verte vallée d’Obermann ;
ciel matinal,

afflux neuf de vitalité. 

02.05.2022


sexte, none,

les chants monocordes des frères,

leur miel,
leur pain. 

01.05.2022


Vexin

La brume de l’aurore
Les bourgeons

Les clous
au mur

30.04.2022

Dans le lointain


retentissent les cloches épiscopales. 
Tout proche,

la grive
sifflote, joyeuse. 

29.04.2022

Il faudrait
larguer les amarres, quitter ce port lascif et laid,

il faudrait vivre avant
de mourir. 

Connaitre enfin
l’existence. 

28.04.2022

Emile Ollivier,
j’entre dans votre journal pour une retraite ; 

Je vivrai cette année
avec vous,

étrange républicain,
démocrate spirituel. 

27.04.2022

Le soleil
s’immisce par les fentes des volets

Sa majesté des mouches
est revenue

J’assassine 
les insectes. 

26.04.2022

Lueur orange,
pain grillé, confiture de fruits rouges ;

Les épais rideaux dissimulent
l’aube ;

La pénombre, 
l’entre-deux. 

25.04.2022

Voyage immobile
dans le labyrinthe d’Insomniapolis

Les formes de pensée
se noient

Nue clarté
des démissions. 

24.04.2022

Stabat mater
pour deux castrats napolitains

et cette armoire ancienne,
ce lutrin…

Pluie vendéenne
pour Pergolese.

23.04.2022

Le chalutier
glisse au loin

Nuée de mouettes rieuses
en furie

Port distrait
Lune diurne

22.04.2022

Le train
des Sables

Le sang des rails
au Ponant

La rouille
du temps

21.04.2022

Le hérisson
lape

l’eau de rosée
du sureau. 

Homme, passe
ton chemin.

20.04.2022

Hallux valgus


Vague à l’âme
Bémol tendre

Note bleue
des Contre-jours

19.04.2022

Marche 
dans le désert du doute, sans monture, sans eau,

avec juste une sourate,
un désir,

le courage 
en bandoulière.

18.04.2022

Silhouettes
palpables, sepulchrum Christi viventis et gloriam vidi resurgentis ;

comme un lundi heureux,
lève-toi

au soleil
de midi.

17.04.2022

Crainte.
Le hibou et le sanglier des écussons

Suggèrent les rouges aurores
des combats.

La guerre
s’éveille…

16.04.2022

Silence. 
Et les mélodieuses jérémiades d’Allegri. 

Le dernier cierge éteint, 
Ténèbres ! Strepitum ! 

Dehors, païennes
artères animées.

15.04.2022

Ciel
chaud dégoulinant dans la chambre

par les baies vitrées
plein Sud,

Furtifs baisers
du jour.

14.04.2022

Tricoter – 
pique, passe, traverse, échappe –

près de la fenêtre
et siroter

le soleil 
du matin. 

13.04.2022

Entendre
ce chant malinké

Les soleils des indépendances
de Kourouma

(la nuit
je lis)

12.04.2022

Golgotha
sanglot sanglant.

Le lieu du Crâne
s’approche. 

Leçons ténébreuses 
du Christ.

11.04.2022

Sable
innombrable,

ruelles étroites tombant sur
l’océan ;

aucun amour
ne sauve.

10.04.2022

Olonne…


Je vous attends, citoyens,
rue Constantine,

huitres vernales,
troussepinette fraîche.

09.04.2022


Un filet d’air frais, l’appel du vent

Poumons emplis de joie
Sourire latent

A quoi
penses-tu ?

08.04.2022


Et la pluie doucement berce la rue Saint-Nicolas ;

je me rappelle Saumur,
la vigne-vierge,

la grille,
les dalmatiens.

07.04.2022


Voici le ciel blanc fin du monde,

Voici le temps perdu
puis retrouvé,

Et voici
l’heure. 

06.04.2022


La blondeur des quatre frères savoyards

ouvre en mon âme
un désir

des lacs, 
des cimes. 

05.04.2022

Chuchotements en tenue de soirée

Smokings et robes longues
Impression mitigée

Haute couture
Basses manœuvres

04.04.2022


Le shiatsu du matin,

les étirements, les pompes,

la respiration ; 

bourgeons éclos,
ombres dansantes.

03.04.2022


Mots d’hier

Contrejour de l’aurore
La chaise

Le rideau
L’enfant

02.04.2022


Ezéquiel prophétise :

les os retrouvent chair. 
Sépulchres entrebâillés…

Ainsi souffle l’Esprit. 

01.04.2022


Citadelle : 

bibliothèque d’un père,
cimetière vivant. 

Voix profonde : 
Mouloud Feraoun.

30.03.2022

Laurence et Paul


Leurs yeux clairs. 
Leurs lectures. 

Leur raideur. 
Ma fascination.

29.03.2022

Vingtième arrondissement.
Le survivaliste entrepose et amoncelle dans la cave voisine ;

la fonction exponentielle
devenue folle,

les murs
de sardines.

28.03.2022

Youssef Chahine,
traverser la nuit dans ses images et soudain,

Gare centrale, ou
gare Montparnasse,

revoir enfin
ma jeunesse.

27.03.2022

Chambre rose.
Ton corps endormi dans le lit visité

par le soleil.
Cloches dominicales,

effluves grillés.
Rouvrir Metternich.

26.03.2022

Jours raccourcis.
Les pins parasols, le lac salé,

et l’écriture
du temps.

Café tombé
sur Metternich.

25.03.2022

Ciel nacré
sur la baie d’Olonne.

Sables d’or,
goélands fous.

Mémoires jaunis
de Metternich.

24.03.2022

Peupliers, peupliers !
Ô bord des routes…

Sous le soleil,
les prés,

les blés,
les toits.

23.03.2022

Le bonheur
s’en revient. 

Son pas approche, 
son contrejour

dépose du
suc visuel. 

22.03.2022

De Skagen,
elle écrit

qu’elle songe
au passé. 

Rubjerg Knude
la retient.

21.03.2022

Ta peau
étoilée,

Ton mystère intact,
doux sourire,

Yeux troublés,
voix infime. 

20.03.2022

Soleil dominical.


Quelques douceurs viennoises,
fruits frais.

La table 
du matin. 

19.03.2022

Vivre
Dans la partie cachée, celle qui fomente en secret

tous les avenirs 
du monde.

Féconds ferments
du temps. 

18.03.2022

Carafe
Le vin rouge chatoie à travers le cristal

Pot-au-feu
aux chandelles

Crème glacée
d’amande

17.03.2022

Découverte…
Profond bonheur technique, sérénité matérielle, joie administrative ! 

Corps très léger,
cerveau frais,

Voici venir
la liberté. 

16.03.2022

Fasciapulsologie : 
mains lentes le long des tissus ; 

régénération des balises
du moral. 

Le corps, 
cet inconnu.

15.03.2022

Entrouverte,
la fenêtre aux rideaux frémissants ; 

recouvertes de poussière, 
les étagères,

Où dorment
les Benoist-Méchin.

14.03.2022

Paris, 
capitale du XXIème siècle :

contre le coq 
de Charonne,

les voisins
pétitionnent. Cocoricons !

13.03.2022

Humer
l’air frais,

hauts bambous bercés,
terre fertile,

petits oiseaux
des nuées.

12.03.2022

Villa-Lobos,
cette guitare…

Suite populaire brésilienne.
Pisco sour,

pour noyer
la peur. 

11.03.2022

Jours
abouliques.

Le vide avale
mon existence. 

J’avale
mon café.

10.03.2022

Mars ;


La ville ensoleillée,
Luxuriantes plantes ;

Poèmes de
Jaroslav Seifert.

09.03.2022


Le bâtonnier d’Amiens raconte cette drôle d’histoire,

la grande meute
de chiens,

la foule 
en suspicion.

08.03.2022


Vois, la candeur atlantiste darde ses derniers feux. 

Les nouvelles puissances
le savent : 

Les pôles se redessinent. 

07.03.2022


Lourmel et Boucicaut, ces zones trop fonctionnelles.

Cette Seine grise, 
fleuve malade. 

Cette promenade 
bien involontaire. 

06.03.2022


La chaux blanche, le parquet blond.

Lampées de ciel ;
flaques miroir.

Hortus delicarium,
chants éternels.

05.03.2022

Lenteur obscure de ma vie, 

boulets si lourds…
Et parfois,

une clarté 
m’appelle. 

04.03.2022

Par delà les nuages,

ton lubitel attrapait
des éclats

du ciel
éternellement juvénile. 

03.03.2022


Hier les cendres…

Et quarante jours,
et quarante nuits.

Douce montée
vers Pâques.

2.03.2022


Se taire,

Unique vraie sagesse
de ceux

qui pensent
trop différemment. 

1.03.2022


Moxa

Senteur d’armoise
Tapis afghan

Horloge comtoise
Samovar russe

28.02.2022

Firmament noir;
Des astres ; le vent coulis ; la Talisman glisse.

La petite
nièce dort.

L’immensité 
des routes. 

27.02.2022

Nostalgie atlantique –
Février fuit dans les ruelles du port ;

Tu lis
Saramago encore…

J’écoute
ton silence.

26.02.2022

Planquée, immobile
entre la colonne et la tenture,

ai fui
la marmaille

le temps
du café.

25.02.2022

Enfants barbares
pigneurs, piailleurs, pilleurs, hâbleurs, hurleurs,

vous ressemblez
au fléau

mongol, sublime
nuée destructrice.

24.02.2022

Matin glacé
Parmi les enfants joyeux

Chars lointains,
café brûlant

(Tolstoï déjà
savait tout).

23.02.2022

Nuit Armagnac
avec Dame Léonor.

Foie humain,
foi divine.

Diplomatie de 
Henry Kissinger. 

22.02.2022

Mon amour
sans joie,

nous irons
sans foi

au phare
sans lumière.

21.02.2022

Camion de 
poubelles

La rue 
s’ensoleille

La vie 
se renouvelle. 

20.02.2022

Cernes, poches,


zones lourdes.
Entre, vieillesse ! 

Fais comme
chez toi. 

19.02.20232

Muet,
l’horizon s’en va sur les rails noirs.

Une chanson
gitane romani…

Maudite tendresse
sans retour. 

18.02.2022

Pénombre, 
Slack tendue entre bouleau et chêne, lointains rossignols
_
– Café thermos,
silence mental –
– 
L’écriture 
du journal. 

17.02.2022

Réunionite : 
regarde les cèdres décoiffés par le vent

Fais semblant
d’écouter

près des 
hautes fenêtres. 

16.02.2022

Étranges
jours d’Europe dont le mystère

est absent. 
Étrange larme

d’incertitude.
Étrange tourment.

15.02.2022

Ichimoku !
Appartement acousmatique rue d’Aumale

Ondes spectrales,
Tristan Murail. 

Courbes Atom,
Terra Luna. 

14.02.2022

Rue 
de Damiette, du Nil, 

Petite Égypte
(patronyme grec) ;

Les petits
Quirvane livrés.

13.02.2022

Cousin
en son presbytère,

rue Choron.
Glaise, fusains. 

Enfance mystérieuse,
pays englouti. 

12.02.2022

Au Fort Bastiani,

les jours
se consument ;

Je guette
ma vie. 

11.02.2022

Samuel
code :

Mains frémissantes,
cavalcade clavier. 

Balises, café,
logiciel commun.

10.02.2022

Négociations


Salon feutré
de Massa

Je conserve
le silence

09.02.2022

– 
Rais lumineux filtrés tombant penteusement dans le studio serein ;

café, immanence. 
Jeunesse ressuscitée

Au soleil
d’hiver. 

08.02.2022


Beaux jeunes hommes musclés dans leurs vêtements Norrøna


Barbes de
deux jours

Aventuriers amarrés
aux salons. 

07.02.2022


Survivaliste dans la cave du vingtième arrondissement

planqué là, 
batterie hightech,

réchaud, conserves
de poissons. 

06.02.2022


Fabriquer des bougies dans la nuit

Je doute
de nous. 

Glacis urbain,
avenir flou. 

05.02.2022


Trois squelettes en noeud papillon

Salon Renaissance, 
Whisky fumé,

Cigares et 
Guerre civile.

04.02.2022


Assis près du feu

tu penses
aux structures

de la 
langue tchèque. 

03.02.2022

Dans mes espérances, 

une lumière
vient guérir

la lourdeur 
des matins. 

02.02.2022


Jardin privé

Maison secrète
en ville

Le kangal 
m’observe. 

01.02.2022

Février

Laurence évoque
Ingmar Bergman

Plan rapproché
sur nous. 

31.01.2022

Les rideaux pâles 
tremblent

dans
le vent

janvier fuit
tout doucement. 

30.01.2022

Petit matin brun


Absence
du silence. 

Grouillement bruitiste
des cités. 

29.01.2022

Rue Traversière,
le concerto en mi mineur pour violon de Mendelssohn

répand
sa beauté. 

Depuis quelle
fenêtre mélomane ?

28.01.2022

La brume
lèche le béton de la ville trop sale.

Fermer
les yeux

pour ne
pas voir. 

27.01.2022

Complot ferroviaire
Derrière une vieille grille du cinquième arrondissement

Jérémie,
éternelle jeunesse.

Les livres,
le vin.

26.01.2022

Visage endormi
auprès du Seigneur de l’Aurore

loin
des Envieux

Sourate 113
Al Falaq.

25.01.2022

La slack 
remue entre les deux tilleuls

silhouette 
se balance

Lac Daumesnil
équilibre mental.

24.01.2022

Les cimes
du mont de Joie

Blancheur
des neiges

Grande chaleur
des corps

23.01.2022

Dracaena, rappel
qu’ailleurs existe.

Papyrus,
Kentia, Dieffenbachia, 

et puis
le lierre. 

22.01.2022

Ciryl Gane
Francis N’Gannou

Anamnèse
de combat.

Ce soir
l’Histoire.

21.01.2022

Haute tension
tendre.

Extrasystoles : 
Rock ? Jazz ?

Tout simplement 
très classique.

20.01.2022

Une bruyère


Entrouverte,
une fenêtre.

Des persiennes ;
cour intérieure.

19.01.2022

Tendre
vers le but, vers cela qui me rendra vivante

Etendre
mes bras

Je changerai
mon nom.

18.01.2022

Viens, 
nous marcherons ensemble dans les champs de Liouville ;

Ami,
nous descendrons

l’escalier
de Cantor.

17.01.2022

Aube
La silhouette de buis dans la pénombre

Café
Pain, miel

Mère voûtée,
si serviable

16.01.2022

Ferveur
Vers Thérèse-Bénédicte de la Croix

Sainte
Edith Stein

« Allons pour
notre peuple ». 

15.01.2022

Flamands
de l’Œuvre au noir

Flamands
en peinture

Flandres musicales
Adrian Willaert.

14.01.2022

Bar 
de la Vieille Grille

Livres
Quartier latin

Poches sous
les yeux. 

13.01.2022

Suspension
Vos vies parfaites

Idéaux
Réseaux sociaux

Maisons, bonheur,
neige, soleil. 

12.01.2022

Vent
Rue froide

Mâtines
Voix rauques

Beau Val
de Grâce.

11.01.2022

Muscle
Pompeur

Coeur,
Fidèle cœur, 

Contraction, propulsion,
rouge poing. 

10.01.2022

Henry-Louis


de 
La Grange

Passion intense
Gustave Mahler.

09.01.2022

La cheminée fume sur le toit d’en face

Tuiles
de ville. 
– 
Toitures sur
ciel gris. 

08.01.2022

S’il te plait, rends-moi ma liberté

Oh,
ou alors

donne-moi
ton cœur. 

07.01.2022

Sandor Maraï au creux de la nuit

Littérature
élégante, passive. 

Révolte impuissante,
pensée solitaire. 

06.01.2022

Rue de Varenne, pavés des cours.

Examen, 
léger recul. 

Retour vers
le passé.

05.01.2022

Un rendez-vous dans la ville

Pluviôse.
Narcose bleutée,

Ivresse profonde
des rencontres. 

04.01.2022

Regardez, petits, ces immeubles

Humez
cet humus.

Pierre taillée, 
Béton armé. 

3.01.2022

Nos lectures roumaines… 

Évidemment, 
tu relis. 

Deux cafés, 
oui, merci. 

02.01.2022


(Confidentiel Défense)

Anxiétistan,
Haut-Commissariat.

Latcho drom,
omerta nomade !

01.01.2022

Enfances

Candeur
Joie pure

Force vitale
Vents frais

31.12.2021

Magnus liber organi :
Léonin,
Pérotin,
entrailles bénies
du déchant. 

Notre-Dame
immortelle. 

30.12.2021

Ta Nissan Xtrail

Ô 
mon frère
rue Guynemer, 

Ta voix 
chaude. 

29.12.2021

Tours, tours ! 
Grisaille de Charonne défiguré, du périphérique, du boulevard Davout,
Immigration :
accueil béton,
Familles parquées.

Poumons enfantins
abîmés. 

28.12.2021

Destin contrarié
Une vie entière à se porter soi-même
vainement.
La lutte,
le souffle

Vents obscurs
perpétuels

27.12.2021

Nuit psychédélique
Corps de plante verte, lente émersion lunaire
Pôles
Monacale danse
Transe monocorde

Carl Gustav
Jung. 

26.12.2021

Au Luxembourg
les statues blanches, les arbres nus.
Conciliabules.
Le Sénat,
L’Observatoire.

Promenade postprandiale
Éternité.

25.12.2021

Douce nuit
Serviteur muet chargé de fruits
Tintinnabulement
Pleines ténèbres
Effluves boisées

Hautes grilles,
Gui.

24.12.2021

Le boulevard,
La closerie des Lilas.
Loupiac,
Domaine Lavialle.
Viens, enfant…

Ante luciferum
genui

23.12.2021

Des huitres
sur le port
et
ton amour
si proche

Les années 
passent

22.12.2021

Eliane Radigue
Laurie Spiegel
1970
New York City
Silhouettes musicales

Longs cheveux
bouclés

21.12.2021

Col roulé
Gants
Bottines
Le sable
L’océan

Le port
originel. 

20.12.2021

Maison morte

Je
te réveille ;
maison vide

Je te
repeuple.

19.12.2021

Boum !
La lampe chinoise tombée sur ma tête m’éveille
Arnica
Bosse caboche
Café brioche

Et dodo
encore

18.12.2021

Buchelier
Les fagots de derrière les fagots, le chien
épagneul,
La fillette
des bois

des prairies hivernales

17.12.2021

Feu
dans la cheminée ouvragée de l’aïeule
Fauteuil
93 ans
Une crapète

La vieillesse
ensoleillée

16.12.2021

Dévaler
Troupeaux de nuées, troupeaux de brebis,
Paysage
bleu froid
Nuages métalliques

Chlorophylle phospohorescente
addictive.

15.12.2021

Pulsation
Moteurs internes, moteurs externes, machinerie
Spectre
Éliane Radigue
Musique drone

Alaska mental
excessif

14.12.2021

Cueille
au creux du jour
gercé
la nudité
des arbres

Brouillard bleuté
Dormance

13.12.2021

Barque
Saule pleureur immergé
Vase
Eaux mortes
Carpe méfiante

Ploc ploc
Ramer

12.12.2021

Symphonie
pour une 
femme
qui cherche
l’accomplissement

Temps présent
insomnié

11.12.2021

Jeune
viril
militaire
Carrure élégante
Sourire doux

Hélice tournoyante
Envol

10.12.2012
Instance.

Insistance.
Te fuis, 
Shadenfreude, méchante. 

Te désire,
Mudita.

9.11.2021


Hôtel de Massa, salle du comité, camaïeu de bleu
soporifique
Budget, gestion.
Majestueuses fenêtres,

Jardin secret
dehors. 

8.12.2021


La truite se glisse dans l’allegro vivace,
Clarté
Eaux vives,
Danse ichtyomane

Arpèges polissons
joyeux.

7.12.2021


Déjà commence le grand voyage d’hiver
Winterreise
Climat sonore
Temps suspendu

Paysages nus
Manteau

6.12.2021


… occultum lapidem invenies, promesse d’alchimiste
V.I.T.R.I.O.L
Acide gothique
Pierre philosophique

Âme philosophale
éblouie

5.12.2021

Asphyxie lente des psychismes épuisés.
Torsions.
Molécules attendues.
Ciel blanc.

Rêve : mort
heureuse. 

4.12.2021

Morphine à libération prolongée
Skenan
Douleur domptée
Humour noir

Assas : camping
sauvage.

3.12.2021


L’asperges me
dans
le vestibule.
Sept heures

Laudes, psaumes,
messe.

2.12.2012


Vague sonore,
Tube
électronique ambient,
Ether palpitant,

Emporte-moi
Au-delà.

1.12.2021


Toi,
libre,
si libre,
si douce,

si pure,
inexistante. 

30.11.2021

Soupe d’électrons

recette :
Ions,
Gaz fragmenté.

Aurore boréale
Plasma. 

29.11.2021

Miserere mei
Si je flanche au moment de te rester fidèle
et 
abandonne
le courage

Miserere mei
Deus

28.11.2021

Cette nuit,
Ma main se rétracte, la peur se dilate,
Service
commandé
du Diable

Satan sans
pitié.

27.11.2021

Il neige
Ce matin sur la ville de Plombières
Les 
Bains
Épicéas, oiseaux

Intense prière
Blanche.

26.11.2021

Champagne obligatoire
Poison inévitable, piège mondain, piège fatal
Ennemi
Tueur
Infect breuvage

Pancréas torpillé
Larmes

25.11.2021

Tu traduis
du tchèque jusqu’en français
impassible
concentré
ce poème

Le lierre
écoute

24.11.2021

Pommes fraîches
Pure eau de source
Légère 
Fatigue
Amours lasses

Sorores : fraternité
irréversible.

23.11.2021

Tout transformer,
Changer de monde, 
Répudiation,
Métamorphose,
Idéaux brûlés.

Idées renouvelées,
élévation !

22.11.2021

Pianiste charmant,
tu mens ? 
Yeux
bleus,
mains délicates

Technique pure
mélodieuse.

21.11.2021

Fourrés remuants,
meute,
Chiens
courants
Saint-Hubert

Sonneurs, piqueurs, 
Cors ! 

20.11.2021

Palpitations cardiaques

Avenue
Kleber
Frog XVI

Edouard Ferlet :
Vendry

19.11.2021

Nuit
Les pas de l’inconnu dans la ville vide
étranger ?
étrangère ?
Rue sombre

Boulevard lointain
Effacement

18.11.2021

Endofoncteur
du hêtre peuplant la hêtraie de la clairière,
monade
végétale
faînes tombés

fagus sylvatica
endomorphique

17.11.2021

Sonde,
épiderme des tuyaux, dissipation statique, formulations variationnelles.
capteur
sensible,
…cortex plié…

lignes célestes…
VOR

16.11.2021

Ittoqqortoormiit.
grande maison, tôle et neige, fjord,
Glace,
Kangertittivaq
Narval délicat

Nerlerit Inaat
 Voyage.

15.11.2021
Feuilles
tourbillonnant dans le vent frais
fauteuil
roulant
Hémiplégie gauche

Hémisphère Nord
temporal

14.11.2021
regarde
les eaux très dormantes
et
prie
l’étang

l’étang
lugubre

13.11.2021

Attente.
Ouate musicale, nappes
sonores…
Andante,
mouvement lent.

Passagère anxiété
bienfaisante.

12.11.2021

Brouillard
Du Vexin
Café
Harar
Fillette endormie

Maison biscornue
Corbeaux

11.11.2021

Cris
Jeux
Disputes
Rires
Chien, enfants

Ô silence
perdu !

10.11.2021

Gésir…

Perfide
Réel ;
Sortilèges écartelés.

Arbre dépouillé,
vaincu.

9.11.2021


Battements arythmiques du cœur dans la rue Saint-Nicolas
Légère
Angoisse
Moteurs lointains

Lumière pâle
Pensées.

8 11 2021


Sérénade schubertienne au creux de l’immense insomnie.
Intimes
ténèbres.
Silence minéral,

Terrarium embué,
Cosmos.

7 11 2021


Blafarde émersion, saleté des vitres, euphorbe transie,
Altostratus,
Chauffage,
Café lyophilisé

Intestins dominicaux
ruinés.

6 11 2021


Il était une fois l’attente
novembrale,
organique,
douce amère…

Sucs miscibles,
endosmose.

5 11 2021


Les tours de la banlieue
bleutées
béton
baie vitrée

Cactées succulentes
déracinées

4 11 2021


Fin de la pluie.

Paris,
Novembre,
Lierre mouillé.

Hôpital Quinze-Vingts,
Tranquillité.

3 11 2021


Persiennes, bois blanc ;
brume
urbaine,
focale matinale.

Fractale automnale,
Café.

2 11 2021


Bach résonne,
religieux,
auprès
du vaisselier.

Fleurs séchées,
mandarines.

1 11 2021


Silencieux
Immobile
Éternel
Christ vert

Buisson ardent
Invaincu

31 10 2021

Rousseur des platanes
Charonne
Dominical

Froide douceur

Vouloir encore
Vivre

30 10 2021

éveil des plantes

verdeur

Végétal rêve

songe végétal
immobile

 

(Poème en sens inverse par ici)

20220803_213205.jpg