Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Orgie d’hypocondrie

    Poursuivre : La première minute La seconde minute La troisième minute La quatrième minute La cinquième minute Lire

  • Nous demandons aux anges gardiens de se manifester

      Marginal, je ne te demande pas qui tu es ni comment tu en es arrivé là, parce que je te ressemble et que j’y ai échappé belle. Entré par la porte de la mouvance festive, te voilà assis sur les marches du centre de première ligne. Tu ne viens pas précisément pour le traitement… Lire

  • fascisme, non sans beauté…

    fascisme, non sans beauté…

    Fascisme, non sans beauté, de l’architecture des grands ensembles. Le spectre esthétique propose toutes les options de la laideur, mais parfois, l’on y décèle quelque chose qui apaise le regard, des lignes, des blocs, un mode de vie qui nous sauverait de toute angoisse. A moins que cela ne soit qu’une illusion, l’illusion de quelqu’un… Lire

  • Le choléra de 1832 à Paris

    Nous reproduisons ci-dessous un fragment d’un chapitre du livre de Louis Chevalier, historien natif de l’Aiguillon-sur-Mer, Classes laborieuses et classes dangereuses, publié en 1958, dans cette belle collection dirigée par Philippe Ariès, Civilisation d’hiver et d’aujourd’hui, qui vit fleurir les œuvres de Michel Foucault, de Victor-Lucien Tapié, de Louis Chevalier et de Philippe Ariès lui-même.… Lire

  • La marée orange

    La marée orange

    La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s’entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d’alliance Tous les secrets tous les sourires Et quels vêtements d’indulgence À la croire toute nue. Les guêpes fleurissent… Lire

  • La bande originale d’une vie

    La bande originale d’une vie

    La vie est un film. Si vous entendiez ma bande sonore, vous danseriez, immobiles, intenses, en contemplant les interstices miraculeux qui se glissent en loucedé dans cette infâme prison mentale qu’est la réalité. Ailleurs/ici : Alix d’air et de feu Autel Lire

  • Le lycée parisien, un personnage secondaire de choix

    Le lycée parisien, un personnage secondaire de choix

    Devant les façades sombres et froides piquées du drapeau français, se dissimulent de véritables palais urbains dédiés aux adolescents. Les lycées de Paris constituent un patrimoine inconnu du public. Anciennes institutions du haut Moyen Âge, casernes d’éducation voulues par Napoléon, bâtisses égrenées par la troisième République conquérante, fleurons Art Déco des Années Folles, concepts bétonnés… Lire

  • La vitalité brute

    Aucune époque future ne parviendra à comprendre le degré de consommation industrielle auquel nous sommes arrivés : nous achetons des dentifrices, des déodorants, des shampoings, de la lessive, sans lesquels nous n’imaginons plus vivre décemment, quand l’argile, le gros sel non raffiné, le vinaigre et le citron peuvent rendre des services inestimables – avec moins de… Lire

  • La quête du courage

      La lecture des sinistres et troubles expériences de Stanley Milgram fait froid dans le dos en dépit du chaud chandail qu’on porte en ces jours hivernaux. Le visionnage du documentaire de Carmen Castillo sur la Flaca Alejandra, cette femme chilienne qui, retournée sous la torture par ses bourreaux, passa une partie de sa vie… Lire

  • Exercice d’un après-midi d’hiver

    Chacun d’entre nous devait tirer trois enseignements de la période écoulée entre le mois de mai 2013 et celui de janvier 2015. Voici ce que j’écrivais dans l’espace réservé à ce petit exercice : 1- L’enfermement est mental, la délivrance est mentale. Même un gros problème minant et insoluble peut se dissoudre dans l’air en… Lire

  • La lente heure du thé

    Comme l’enfant s’ennuie, pendant que les grandes personnes prennent le thé dans le salon sombre et froid derrière l’escalier.   Lire

  • Paupières

     Dans ce rêve je me mouvais ostensiblement dans les tableaux d’Osbert et de Le Sidaner, une fleur de lys dans la main gauche, un sourire flottant sur les lèvres, et j’attendais avec passion que rien n’advienne. Ma fièvre de vivre encore ce moment en instance, cet instant prolongé, plissait quelque peu mes paupières. Mes paupières,… Lire

  • Devinette

      Nous ne sommes ni scandinaves, ni latins. Il pleut dans nos patios trop blancs pour être italiens, trop gris pour être grecs. La musique n’est pas espagnole, no vamos de vinos, et s’il coule du vin entre deux coups de vent, solo lo bebemos aqui en la casa, et si la ville n’excède pas… Lire

  • Une nuit de février 1999

    Une nuit de février 1999

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent]   Elle conduisait la jeep volée dans la nuit basque. Je ne me souviens de presque rien, hors l’extrême lucidité de savoir que j’accompagnais une telle personne par une nuit sans étoiles, et la confusion absolue dans laquelle me plongeait… Lire

  • La crise d’angoisse

    La crise d’angoisse

    Les poumons rétrécissent, le souffle devient râle, une infinie pitié pour soi-même déforme le visage en une plainte digne des meilleurs mendiants professionnels, un point dans le haut du dos, le bras gauche devient lourd, les jambes flageolent, le ventre noué émet des signaux bizarroïdes, la trachée rétrécit, l’œsophage se ferme, la voix ne sort… Lire

  • Le pays des hommes

      La société dans laquelle nous vivons se crispe de plus en plus, et il devient presque impossible d’ouvrir la bouche sans choquer à l’extrême la personne que nous avons en face de nous, quelle qu’elle soit. Les gens, devenus très moralistes, considèrent comme un délit immoral, voire un crime, de penser des choses en… Lire

  • Beauté noire et bleue

    Beauté noire et bleue

    Je savais qu’ils m’attendraient à la sortie. J’ai longuement regardé mon petit jouer avec son père, j’ai souri aux personnes inconnues dont je rencontrais le regard. Je savais qu’ils prendraient leur temps. Je savais qu’ils le feraient de toute façon. Devant l’imminence de la situation, face à ces implacables combattants de la vengeance, j’ai oublié… Lire

  • Un nombre impair en quête d’une table

    Trois amis voulant festoyer ce samedi décident de réserver une place au restaurant. Un coup de fil, deux, trois, quatre coups de fil, des coups de fils dans les restaurants sur trois communes voisines : toujours la même réponse. « Nous sommes désolés, tout est réservé pour la Saint-Valentin ». D’autant que notre nombre est impair : nous sommes… Lire

  • Le règne de la pluie

    Glauque est la pluie qui tombe sur la terrasse salie par l’hiver, morne le ciel presque blanc posé comme de la vieille ouate molle sur les toits, fatigantes les traces grasses de doigts sur les vitres de la porte-fenêtre, impavide la musique du groupe Empyrium, alors j’ai éteint la lumière, allumé une bougie qui me… Lire

  • La pierre de taille

    La pierre de taille

    S’aventurer en des lieux anciens avec un regard neuf et réécrire les principaux piliers de sa trame de vie – c’était son activité. Il apprenait à sculpter des guitares et désirait devenir un grand luthier, dont les guitares traverseraient les décennies, peut-être même les siècles (c’est lui qui m’avait expliqué que la propolis fabriquée par… Lire

  • Le fils de Dieu, l’horloge et l’église

    Il paraît que Mara a demandé à sa mère ce matin, sur le chemin de l’école maternelle : « Maman le fils de Dieu, il a fait quoi, lui, dans la vie ? » Bonne question, ma petite chérie. Il a commencé à apprendre le métier de charpentier avec son père, mais très vite il s’est rendu… Lire

  • Préscience et conscience

    Les cloches de Saint-Jean Bosco résonnent dans la chambre où nous nous reposons en regardant les toits. Nous sommes au sixième étage d’un immeuble entouré d’immeubles, à l’endroit où, il y a quelques siècles, des vignes attendaient le retour du printemps pour fleurir. Au loin, les arbres du père Lachaise donnent un air de campagne.… Lire