Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Deux de l’adolescence

      Dans mon adolescence, j’ai eu accès à deux œuvres qui ont marqué ma pensée en construction. La première fut le film Une journée particulière, d’Ettore Scola. C’est notre professeur d’histoire qui nous l’a passé, par un après-midi d’hiver, au lycée Buffon. Ce film raconte la rencontre entre un homme et une femme, seuls individus… Lire

  • Le moine-soldat (11)

    Dès que tu t’extrais de ta position de victime, ton problème devient ta solution.   (#moine-soldat)   Lire

  • Concert d’opinions communes

    Unanimité : « Fait que des personnes réunies en groupe ou appartenant à une collectivité soient toutes du mêmes avis, aient toutes la même réaction devant un événement ». Cette concentration des réactions extérieures a pour corollaire la déconcentration intérieure ; chaque individu qui participe à l’unanimité s’éloigne de son propre esprit. L’unanimité, concentration des points de vue en… Lire

  • Index Nominum : S

    L’index des noms propres d’AlmaSoror, encore bien incomplet, permet de retrouver d’anciens articles ou de faire la psychanalyse de la tenancière du blog. Au hasard, la lettre S. S Lain Sainclair Il est mentionné dans des thèmes, quelques œuvres Charles-Augustin Sainte-Beuve Il est mentionné dans Auto-(?)censure Il est cité dans La gloire de l’imagination et… Lire

  • Veille

     C’est à toi que je pense ce soir, après ces quelques mots au téléphone, toi que j’ai tant aimé jadis, que j’aime encore peut-être. Toi l’homme qui me donnais ta main, ton beau visage d’ange, ta voix d’airain, toi que j’ai tant désiré, toi qui t’es détourné par un matin sans lendemain. Là où tu… Lire

  • Si les murs étaient peints en noirs

    Je me pose la question des murs noirs, des plafonds noirs, afin de savoir s’ils peuvent se dresser en remparts contre la blafardisation de la lumière, le matin, l’hiver. Revenue dans ce lit avec le café qui fume encore, plongée dans le Rimbaud de Henry Miller, je lève quelque fois les yeux sur un portrait… Lire

  • Lorenzo : les dernières semaines

    Lorenzo : les dernières semaines

    Il était beau et peintre ; c’était un ami de ma mère. J’ai raconté ici la dernière fois que je l’ai vu. Voici le film de ses dernières semaines. « Nuestra película » from Luis Ospina on Vimeo. Lire

  • Itaparica

    Itaparica

    Tu clignes des yeux. Deux clients peuplent lacunairement le bar. Tu te souviens d’Itaparica. « I have no mercy or compassion in me for a society that will crush people, and then penalize them for not being able to stand up under the weight ». The Autobiography of Malcolm X, 1965. Lire

  • La chambre obscure

    Comme l’âme est lourde quand elle ne sait plus qui elle est ni où elle va. Les vacanciers d’hiver vont et viennent sur le remblai, dans les restaurants. Dans le train une femme parlait sur son fils d’un ton si méprisant et arbitraire que je me suis mise à prier pour lui. Que faire dans… Lire

  • préface d’Abd el-Kader à sa Lettre aux français (1858)

    préface d’Abd el-Kader à sa Lettre aux français (1858)

    Emir, philosophe, combattant nationaliste, opposant à la colonisation algérienne par la France, Abd el-Kader écrivit avec autant de panache qu’il combattit. Voici un extrait de sa préface à la Lettre aux Français     La parole du sage est errante. « Apprenez d’abord que c’est une nécessité pour l’homme intelligent de considérer les paroles prononcées et… Lire

  • Sur la paille (endormi)

    « On parle de la douleur de vivre. Mais ce n’est pas vrai, c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d’ombres ? » Lettre d’Albert Camus à René Char   Le solstice d’hiver, puis la naissance de l’enfant Jésus. Dans le choeur d’un orchestre, un homme – une… Lire

  • un adieu banal

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Je vous dirai adieu par un jour si banal qu’on croirait que rien ne peut se passer, rien d’autre que le défilement monotone des petits riens du quotidien. Que la lumière soit douce ou terne, ce jour là nous écouterons… Lire

  • L’épisode du violon

    L’épisode du violon

      Le violon posé sur la table parle des années d’enfance, du conservatoire, du grincement des cordes sous un archet démotivé. La musique qui s’écoule de l’ordinateur évoque plutôt les soirées tardives d’une jeunesse d’alcool, de sexualité et de dépression nerveuse. Rien qu’un long malheur sans drame entrecoupé de joies courtes et, surtout, d’énormes crises… Lire

  • INCIPIT C’est idiot de mourir

    INCIPIT C’est idiot de mourir

      Voici l’incipit du roman de Mario Puzo (l’auteur du Parrain) C’est idiot de mourir (en anglais, Fools die), publié en 1978 et traduit en français l’année d’après par Jean Rosenthal. « ÉCOUTE-MOI. Je vais te dire la vérité sur la vie d’un homme. Je vais te dire la vérité sur son amour pour les femmes.… Lire

  • La bouteille de l’exil

    Cette pièce fut écrite à l’hiver 2005 et jouée durant le printemps 2006 dans un squat du onzième arrondissement. Depuis, elle était tombée dans le tombeau de l’oubli. D’ailleurs, cette version semble incomplète. Au détour d’un acte, il manque un pan de texte !   Acte premier   1   Un homme, Milos, mince et… Lire

  • Zone commerciale

    Zone commerciale

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Une femme attend debout au milieu de la zone commerciale. Son regard mouillé embrasse les parois du restaurant macdonald. Elle attend un petit garçon qui déjeune en compagnie de son père et de sa belle-mère. Elle lui avait promis un… Lire

  • Au bord de la D 85 un an après

      Un blues lascif pénètre tous les espaces du bistrot à cheval entre une ville de province et sa campagne agri-industrielle. Un couple improvise une valse quelque peu mâtinée de tango. Je me souviens de la fête : c’était l’année dernière. Un océan de mojito baignait les âmes et les corps. Des lumières bleues et rouges… Lire

  • France-Maroc-Mali – XVII ème siècle

    France-Maroc-Mali – XVII ème siècle

    à propos de la dédicace qui eut lieu à l’Institut du monde arabe samedi dernier (13 décembre 2014) à Paris, voici ce qu’annonçait le site : Le mot de Sarah Rolfo : Dans ce bel album, nous suivons avec beaucoup d’émotions Paul Imbert, marin français dans ses péripéties depuis les dunes des Sables-d’Olonne à la… Lire

  • La domination intellectuelle en douceur

    En 1928, Edward Bernays, fils de la soeur de Freud et du frère de la femme de Freud, publie un ouvrage intitulé Propaganda. Il y distille l’art et la manière de manipuler les peuples, en faisant croire à chaque individu d’une masse qu’il pense par lui-même. Fervent défenseur de cet art, Bernays le théorise et… Lire

  • Bords d’Atlantique

      Grand soleil sur la ville à moitié morte ! Picotements de vents ici et là, la tôle des gouttières tremble doucement. Tiédeur, d’où viens-tu ? Tu te mêles à la fraîcheur et vous formez ensemble l’atmosphère la plus étrange des vingt dernières années. Comme je t’aime, ville ouverte sur l’Atlantique ! Même si tu as perdu jusqu’à… Lire

  • La sonate du remord

    J’ai commis de grands crimes et je ne l’ai dit à personne. Il ne se traduisaient pas en sang, ni en déchirures visibles. Mais ils firent souffrir plus que je ne l’ai su. Comment se supporter soi-même, après avoir accompli tant d’outrages ? Croyez-vous que je le voulais ? Non. Je voulais faire le bien autour de… Lire

  • Les saccages

    Vous qui souhaitez peut-être, par un soir de dépit, rejoindre la cohorte des saccageurs et des saccagés, voici quelques  conseils de base. Pour détruire votre santé, commencez par vous laver le moins possible. Buvez énormément d’alcool, mangez des aliments gras, sucrés et chimiques. Dormez de façon aléatoire et déstructurée. Que vous dormiez peu ou beaucoup,… Lire

  • La maison du fleuve

    La maison du fleuve

    Est-il possible que je vive désormais dans cette petite maison d’une ville au bord du fleuve ? ce fleuve dont, il y a trois années encore, j’ignorais le nom. L’existence d’un fleuve est la preuve de la possibilité du mouvement, c’est la philosophie qui m’échoit aujourd’hui que roucoulent à mes volets les tourterelles qui ne… Lire