Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • L’equinoxe d’automne, l’existence d’un cahier

    Garder le silence au creux d’une famille, c’est cultiver un cimetière. Combien de tombes arrosez-vous de vos silences ? Combien possédez-vous de terres cachées aux regards, où poussent des arbres que l’on respire sans les voir jamais ? « Celui qui ne peut retenir sa langue est comme une ville ouverte et sans muraille ». On l’attaque,… Lire

  • ?

      Quelle image dort au fond du lit ?   Lire

  • Le moine-soldat (4)

    Mon bonheur n’est pas issu de mes réussites, mais de l’intensité de ma présence au monde. Lire

  • Nocturne estival II : Dans les vagues de la nuit

    {Ce texte fait suite à Nocturne estival I : Sous le royaume des étoiles, que Siobhan publiait ici le 31 janvier 2010}.   La matinée Aucune mélancolie. J’en ai trop éprouvé, trop jeune, croyant à cet âge tendre que j’avais des regrets. Erreur de jeunesse. La jeunesse, cette illusion éphémère, a passé sur mon visage.… Lire

  • Entrevue avec l’insurgé William-Marie Forêt

    Entrevue avec l’insurgé William-Marie Forêt

      Propos recueillis par Max Farmsen, à la prison du Fort Bastiani, Section de haute surveillance  Max Farmsen : William-Marie, il a été difficile d’obtenir l’autorisation de venir vous visiter dans la prison de Fort Bastiani. Vous êtes le chantre de la désadministration. Qu’est-ce que cela signifie ? Prisonnier William-Marie Forêt : Je vais te dire une… Lire

  • Patriciens invisibles

    Avertis par les révolutions romaine, française, russe, les patriciens ont appris à dissimuler leur existence. S’il n’y a plus de têtes à couper, il reste une oligarchie pour empocher. Aussi, plutôt que d’écouter les discours des élus et des responsables politiques, et de jauger s’ils plaisent à notre coeur, nous ferions mieux d’étudier qui paye… Lire

  • Adieu, Sofia Andreevna !

    Adieu, Sofia Andreevna !

    « …j’ai pénétré dans cet univers enfantin charmant et grave, qui nous contraint, malgré nous, à croire en la vie, en son importance, en sa haute signification. » – Edith, puis-je te demander un service ? Ma sœur avançait vers moi, l’expression hagarde.  – Que se passe-t-il ? Elle me tendit un livre. – Peux-tu, si tu… Lire

  • Ici, Nulle-part.

    Ici, Nulle-part.

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Lire

  • Nostalgie du soir

    Il fait nuit. Les passereaux sont endormis dans les arbres. La lune est presque pleine. Ma mère lit un article sur les vieux croyants de l’église orthodoxe et je l’entends murmurer « C’est passionnant… Passionnant… » et plus loin : « Ils sont fous ». Silence, puis : « ça maintient des grandes cultures, d’être aussi radical ». Ce murmure dont… Lire

  • La vie répétitive

    La vie répétitive

      Ce qui frappe, dans le journal de Sophie Tolstoï, c’est la répétition sempiternelle des mêmes souffrances, tandis que s’écoulent les jours, les mois, les années, les décennies. Ses souffrances, vis-à-vis de son époux, de ses enfants, de sa vie personnelle, se suivent et se ressemblent. Autant la répétition des douces et belles choses de… Lire

  • Les voix et ululements du monde

    Les voix et ululements du monde

    Je disais un soir à Anne que Sofia Tolstoï décrivait, dans son journal, le ululement du hibou comme un son désagréable. En l’écoutant sur internet, nous l’avons trouvé suprêmement beau. Nous nous sommes dit que dans notre monde où la nature est colonisée par l’homme, où la vie sauvage est réduite et lointaine, où tout… Lire

  • Irréalité

    Irréalité

    D’où viens-tu blancheur, blancheur extrême ? Tu fais naître mon chant (au bord du monde) Voici que je me tiens entre deux eaux.   Quand s’arrête l’heure, l’heure qu’il est Le temps meurt tout d’un coup (le temps s’effondre) L’espace se déploie sur les deux rives.   J’ai aimé quelqu’un, quelqu’un qui pense J’ai donné… Lire

  • J’ai nagé tristement dans une brume laiteuse

    J’ai nagé tristement dans une brume laiteuse

    Une famille bruyante, une promenade à l’écart, le souvenir d’un charmant fils mort un peu avant ses sept ans, et une plume voluptueuse et calme ou excessive selon les jours. Voici Sophie Tolstoï, la fille du médecin du tsar, l’épouse de l’auteur de Guerre et Paix, elle-même auteur de La faute à qui ? et… Lire

  • Convulsions

    Convulsions

    « Tu autem eras interior intimo meo et superior summo meo » Sanctus Augustinus Hipponensis [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent]   Miroirs, sur AlmaSoror : Les litanies de la bonne mort Les yeux, les tombeaux, l’esclave Lire

  • Index nominum : D

    Index nominum : D

    (Tous les D d’AlmaSoror ne figurent pas dans ce frêle début d’index, car nous sommes débordés par la tache infinie du recensement des noms (propres) pour la constitution de l’Index Nominum AlmaSororis. Ceux qui sont ici indiquent déjà la voie partiellement tracée que nous avons entrepris de suivre). D Roald Dahl Il est mentionné dans… Lire

  • La rentrée des classes

    La rentrée des classes

    LB   L’ogre croit qu’il est bon. Il pleure dans sa maison d’une vieille ville d’Europe, dans une région où les chemins sentent bon la lavande et les oliviers. Il oublie les coups qu’il a donnés, les mensonges de ses yeux, les douceurs fielleuses de sa bouche. Il ne comprend pas que l’entoure la solitude.… Lire

  • (Le vrai bonheur est si pur que personne ne l’envie). Lire

  • Le moine-soldat

    Si j’ai un ennemi, qu’il ne s’en doute jamais. Si j’ai un ami, qu’il le sache. Lire

  • La gloire de l’imagination et l’industrie de la gloire

      Sainte-Beuve, dans la Revue des deux Mondes, en 1839, méprisait la littérature industrielle : « (…) De tout temps, la littérature industrielle a existé. Depuis qu’on imprime surtout, on a écrit pour vivre, et la majeure partie des livres imprimés est due sans doute à ce mobile si respectable. Combinée avec les passions et les… Lire

  • A la tombée du soir, traquer les loups ?

    Quand le soir tombe, quels crépitements de la nature n’entend-on pas loin des connexions civilisées. Nous déclinons dans ce billet, un peu plus bas, le soir de Tourgueniev, et celui de George Sand. Ils se répondent et se ressemblent. Mais quand le compositeur-arrangeur de l’album musical La Llorona, de Lhasa de Sela, parle du loup… Lire

  • Les chances grises

      Prélude « Vous avez de la chance d’aller à l’école, les enfants. Si vous traînez les pieds, que vous rechignez, c’est que vous êtes de petits inconscients. Vous n’avez donc aucun respect pour les pauvres enfants qui n’ont pas la chance, comme vous, d’être nés ici dans notre pays ? Eux donneraient tout ce qu’ils ont… Lire

  • à la vesprée mathématique

    « Ils commencèrent à dénombrer (compter, classer, mesurer, ajouter, soustraire, et dans un second temps : multiplier, diviser), et lorsqu’ils devinrent habiles à ces dénombrements de routine, ils s’amusèrent à digresser intellectuellement d’après ces exercices. Ils s’occupaient désormais de dénombrer des choses qui n’existaient pas, qui pourraient exister. Ils se rendirent compte que ce système de… Lire

  • Le parchemin de la cabane d’Anselme

      Ne te fâche avec personne. Reste calme, chaleureux, un peu distant et courtois. Ne fais pas de choix en vue d’obtenir de la valeur aux yeux des autres ; ce serait un fourvoiement. Mène ta propre vie en acceptant de n’être pas compris pendant un temps. Il n’y a aucun intérêt à avoir un enfant,… Lire