Une salle du manoir

argent

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  • Où est la maison ?

    Où est la maison ?

    Phot Sara Les maisons, ces lieux où l’on se sent chez soi quand le soir tombe, les maisons se perdent avec le temps, les vicissitudes de l’âge et de l’argent. Les familles, ces maisons aux recoins poussiéreux et secrets, s’accroissent et se délitent, se réunissent et s’éparpillent, pour n’être presque plus, avec le temps, les… Lire

  • Le petit Lanstier

    Quant à mon rêve de campagne, quel est-il ? La nature perdue – mais j’ai peur des errants, de la nuit. L’hôtel de la vieille ville – mais j’ai peur des voisins, des conflits humains. L’exploitation agricole – mais j’ai peur de me faire mal avec des outils, d’être infirme sur le plan technique. Loin du… Lire

  • Duo pour ouvrir un exode

    Il n’y a qu’Haendel pour vous aider à dire adieu aux maisons qu’il faut vendre, malgré la poussière intime des souvenirs qui nous ont constitué. Je ne le savais pas encore il y a cinq ou six ans, lorsqu’il fallait accomplir le deuil du lieu de vie. J’entrai dans l’ère des lieux de survie, où… Lire

  • 1999

    Tu jouais des ondes Martinot, Luc critiquait le remembrement de la France et nous nous adonnions à des jeux noirs et blancs au fond d’une maison de Montreuil-sous-Bois, sans bois ni abeilles, que du béton et des chansons qui depuis sont mortes. Amour, jeunesse, joie et tristesse, je trônais au centre des étoiles, lune en… Lire

  • Dans la chambrée

    (Tu disais des poèmes aux quatre saisons. J’ai pris ta suite. Il y eut le poème de l’hiver 2017. Il y eut le poème du printemps 2017. Voici celui de l’été 2017).    Un salve regina coule dans la chambrée. Le soleil catapulte la pierre blanche. Dans les embrasures, les pigeons bâtissent des nids de… Lire

  • La Parole attendue

      Esmerine ta musique coule dans la maison au bord de la route et accompagne mes aspirations en déroute. Sainte Thérèse d’Avila, deux ou trois phrases de toi lancinent mon cœur, oscillation de ton océan spirituel inaccessible. Louis XVII, tu ressembles aux enfants d’aujourd’hui qu’on suicide et qu’on bat dans le silence feutré des appartements.… Lire

  • Les grillons

    Les grillons

    Le chant des grillons monte peu à peu. Un jour il finira par tout recouvrir : les voix des gens et les cris des tourterelles, la maison et les prés, le bois de Saint-Charlot. Je mourrai emportée par le chant des grillons, mon corps sans vie deviendra bourdonnement, il n’y aura plus que le ciel,… Lire

  • Les gens bien

    Ces deux dames du bus, leurs conversations, leurs métiers d’infirmières et d’enseignantes-infirmières, leurs jugements pleins de bienveillance et de moralisme sur leurs étudiants. Leurs conjoints bricoleurs, leurs enfants, leurs maisons, leurs jardins, leurs terrasses, les hérissons qui picorent les restes qu’elles y ont laissés, les chats qu’elles traitent bien, leurs voitures, leurs vélos, leurs familles… Lire

  • Ta lettre

    Ta lettre

    Ta lettre est arrivée cet après-midi, salie par son long voyage. Elle disait tes efforts en Argentine et ton désir de retour. Je savais bien que tu partais sans penser à demain, je ne comprenais pas que tu puisses m’oublier aussi bien. Encore quelques années, deux, trois peut-être, et puis tu reprendras l’avion définitif du… Lire

  • La première porte de garage

    La première porte de garage

    C’est la première porte de garage que je photographie (avec mon téléphone). Elle se trouve dans une toute petite commune au bord de l’Atlantique, en face de l’église (construite en 1200, modifiée en 1600, restaurée au début du XXème siècle), une toute petite commune, donc, dont les anciennes maisons ont été éventrées afin de construire… Lire

  • Nostalgie à l’Armagnac

    Anne, ce soir, t’en souviendra-t-il ? Il y avait ta bouteille d’Armagnac dont il fallait faire quelque chose de beau et de grand. Alors ce fut une entrée de salade de roquette aux radis et aux pignons de pin, que nous fîmes suivre par des pommes de terre au four dans lesquelles un roquefort trempé… Lire

  • Le choléra de 1832 à Paris

    Nous reproduisons ci-dessous un fragment d’un chapitre du livre de Louis Chevalier, historien natif de l’Aiguillon-sur-Mer, Classes laborieuses et classes dangereuses, publié en 1958, dans cette belle collection dirigée par Philippe Ariès, Civilisation d’hiver et d’aujourd’hui, qui vit fleurir les œuvres de Michel Foucault, de Victor-Lucien Tapié, de Louis Chevalier et de Philippe Ariès lui-même.… Lire

  • Les rues d’une ville de l’Ouest

    Mon Dieu ! Pardonnez-nous : nous ne savons pas qui nous sommes. Je vis dans une ville où surabondent les instituts de beauté, les salons de coiffures, les officines de pharmacie, les agences immobilières et les maisons de banque et assurances. Peu de rues qui n’en possèdent pas, et même, peu de boutiques qui n’appartiennent pas à… Lire

  • La chambre obscure

    Comme l’âme est lourde quand elle ne sait plus qui elle est ni où elle va. Les vacanciers d’hiver vont et viennent sur le remblai, dans les restaurants. Dans le train une femme parlait sur son fils d’un ton si méprisant et arbitraire que je me suis mise à prier pour lui. Que faire dans… Lire

  • La maison du fleuve

    La maison du fleuve

    Est-il possible que je vive désormais dans cette petite maison d’une ville au bord du fleuve ? ce fleuve dont, il y a trois années encore, j’ignorais le nom. L’existence d’un fleuve est la preuve de la possibilité du mouvement, c’est la philosophie qui m’échoit aujourd’hui que roucoulent à mes volets les tourterelles qui ne… Lire

  • Encore un adieu

      Affreuses visions de l’hôpital, des parkings, des aides-soignantes qui se traînent dans les couloirs glauquissimes, tragique transformation de Carmina pourvue d’une perruque blonde, maigre comme un clou, décharnée, la peau du visage et du corps jaune, allongée sur son lit, la voix un peu changée, pâteuse. Il y avait ses deux filles Gudule et… Lire

  • Entre deux sentiments

    Entre deux sentiments

      Nostalgique tristesse des jours de pluie ; langueur envahissante des jours fériés. Il ne m’a pas suffi pour apaiser l’ennui vague, de marcher sur l’herbe humide à quelques pas de la maison. Évidemment, quand la lecture ne se laisse pas prendre, quand l’ordinateur fatigue les yeux, quand l’autre ou les autres vaquent à leurs occupations… Lire

  • L’equinoxe d’automne, l’existence d’un cahier

    Garder le silence au creux d’une famille, c’est cultiver un cimetière. Combien de tombes arrosez-vous de vos silences ? Combien possédez-vous de terres cachées aux regards, où poussent des arbres que l’on respire sans les voir jamais ? « Celui qui ne peut retenir sa langue est comme une ville ouverte et sans muraille ». On l’attaque,… Lire

  • L’homme et la brique

    Un père pontier à l’usine à Flins, une mère serveuse à L’oie d’Or, et moi j’ai créé une briqueterie artisanale. Cuite ou crue, peinte ou nue, ocre ou grise, ma brique est terre et elle rendra douce ou mystérieuse l’ambiance où vous ferez grandir vos petits. Murs et murets, tables et bar intérieur de cuisine,… Lire

  • Au matin parisien du 4 juillet 2014

    Au matin parisien du 4 juillet 2014

    « Je reviens d’un petit tour de vélo et d’un café au Lino. Là, alors que nous étions seulement deux personnes à occuper le comptoir du bistrot, sonna un sifflet de gendarme. Mais ce n’était pas cela. Il s’agissait de l’annonce du démarrage de la journée de labeur des ouvriers du chantier d’en face, qui… Lire

  • Pensées d’une fenêtre

    Pensées d’une fenêtre

      Un jazz scandinave dans lesquelles se faufilaient quelques notes africaines, et cette femme qui conduisait cette voiture, dont je connaissais le prénom et qui devenait ma mère. Alors j’avais douze ans et des idées sur le monde grappillées ici et là, pour des tentatives de compréhension qui demeuraient en suspension au-dessus du vide et… Lire

  • Le ménage moderne

    Le ménage moderne

    Dans un passage d’Orlando, Virginia Woolf prête à son personnage, capable de traverser les époques, une lassitude face à l’organisation sociale du XIXème siècle, toute orientée autour du couple, cette alliance de deux personnes qui partagent une vie à la fois amoureuse, administrative, familiale et sociale. Orlando regrette les siècles précédents, où, dans les jardins,… Lire

  • La tourelle du hibou

    La tourelle du hibou

      Le temps passe, madame. Et bientôt ce que nous sommes ne sera plus qu’un souvenir qui s’efface. Comment conjurer l’impression vertigineuse que la vie nous traverse sans que nous ayons prise sur elle, ni sur nous-même ? Enfant, j’avais songé à transformer la face du monde ; la tâche m’ayant effrayée, j’ai préféré une autre mer… Lire

  • Sagesse des vélos de nuit

    Il est dix heures et le bleu nuit vire au noir ; l’air est frais ce soir des premiers jours de mai. La sortie du métro Robespierre (ce doux agneau) m’offre un vent si doux que je voudrais le caresser. Mais c’est lui qui me caresse et me pousse à prolonger mes pas au-delà de… Lire

  • Classe, caste. Le théâtre de la distinction sociale

    Classe, caste. Le théâtre de la distinction sociale

    Nous proposons l’ouverture de l’ouvrage d’Edmond Goblot, La barrière et le niveau : une histoire de la bourgeoisie française, qui date de 1925. Nous ne serons jamais assez reconnaissants à la Révolution de nous avoir donné l’égalité civile et l’égalité politique. Elle ne nous a pas donné l’égalité sociale. Les hommes de ce temps n’ont… Lire