Une salle du manoir

argent

◈

  • Extase

      En passant dans ces quartiers branchés, le boulevard de Sébastopol, Beaubourg, la rue Saint-Martin, la rue Rambuteau, nous songions aux vies des gens à la mode, qui s’écoulent dans la vitesse et le scintillement du temps et des événements, nous nous disions que déjà ceux qui hier buvaient des cafés les cheveux en bataille… Lire

  • Le flot urbain

    Jean Bouchenoire, frère égaré dans des zones mentales, sans ozone imaginaire, nous autorise à publier quelques extraits de son roman Baksoumat. Année 1969. Un vieux village de l’Île de France mourait sous le déversoir des camions de béton : des maisons d’un âge désuet, qui avaient vu naître et mourir des générations familiales à travers les… Lire

  • Aranjuez, d’Edith de Cornulier-Lucinière

    Edith de CL est la barmaid du zinc d’AlmaSoror. Il fallait écrire avant le 7 décembre à minuit, un texte comprenant : oh mon âmele plus vieil été du mondec’était si purta mère absentecoco Aranjuez « Why play so many notes instead of just choosing the most beautiful ? »« Pourquoi faire tant de notes au lieu de… Lire

  • Chronoposologie des Orteaux

    Chronoposologie des Orteaux

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] Entre un coup de soleil et un orage, on voyait là-bas les tours de Bagnolet, on entendait dans la pièce la musique de Cantemir par Jordi Savall. Après quelques verres, on découvrait l’angélique sourire d’une coloc voyageuse.  Encore plus tard… Lire

  • Ta demeure

    Ta demeure

    Sourires dans l’air du vestibule, flottent comme des poissons. Dialogues sur les lèvres.   – À cette jeune femme qu’il appréciait, il avait fait boire le calice de sa propre colère jusqu’à la lie. – Où est le lieutenant Drogo ? – La violence des femmes : morale stupide, passivité coupable, inifinie complaisance pour elles-mêmes… Lire

  • Souviens-toi de l’été dernier

    Souviens-toi de l’été dernier

    «C’était une de ces soirées d’été où l’air manque dans Paris. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêters basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des… Lire

  • Dernier voyage en Amérique

    Dernier voyage en Amérique

    Mais ce que je vous propose ce soir, c’est de mettre la musique d’Angelo Badalamenti et de partir en voyage dans les photographies de Todd Hido. Parce que la buée de sa voiture rend les routes plus floues, les nuits plus mystérieuses ; parce que l’aube américaine s’y dévoile comme jamais. Parce qu’il photographie la preuve… Lire

  • Les visages hâves des parisiens des bas-fonds, les visages lumineux des saints des cieux

    Les visages hâves des parisiens des bas-fonds, les visages lumineux des saints des cieux

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] «Un des spectacles où se rencontre le plus d’épouvantement est certes l’aspect général de la population parisienne, peuple horrible à voir, hâve, jaune, tanné. Paris n’est-il pas un vaste champ incessamment remué par une tempête d’intérêts sous laquelle tourbillonne une… Lire

  • Balzac et un verre de Marsannay

    Balzac et un verre de Marsannay

    Vue de chez Marie Petitjean [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent] «Il est dans Paris certaines rues déshonorées autant que peut l’être un homme coupable d’infamie ; puis il existe des rues nobles, puis des rues simplement honnêtes, puis de jeunes rues sur la moralité desquelles… Lire

  • Peine de cœur

    Peine de cœur

      Papa habite dans une très grande maison loin derrière la ville, avec d’autres papas.  Comme nous, ils mangent à la cantine, ils se disputent dans la cour de récréation.  Comme nous, ils n’aiment pas obéir, ils ont peur du noir.  Comme nous, ils rêvent de jouer à quelque chose.  Papa apprend à fabriquer des boites… Lire

  • In Tlicuilitl, poème nahuatl

    In Tlicuilitl, poème nahuatl

    Ce poème nahuatl, intitulé le foyer, est beau dans sa grande simplicité. Il a été traduit en français par Michel Launey, dans un numéro spécial de la revue Amérindia qui réunissait tous les textes nahuatl compilés par le Mexicain nahua (aztèque) Carlos Lopez Avila, qui passa sa vie à recueillir les éléments de sa propre… Lire

  • Bâtir en terrain non convoité

    Bâtir en terrain non convoité

    [Lecteur Grooveshark — service fermé en 2015, à remplacer par un lien Spotify/YouTube/Bandcamp si pertinent]   Pour ceux sur qui la compétition et la concurrence avec les autres êtres humains pèse trop lourd, pour ceux qui se sentent incapables de gagner une quelconque lutte, pour ceux qui ne veulent pas se battre dans l’arène –… Lire

  • Hameaux-tombeaux, quelles tristesses ont clos tes derniers yeux-fenêtres ?

    Hameaux-tombeaux, quelles tristesses ont clos tes derniers yeux-fenêtres ?

    Un billet d’Esther Mar Photo volée ici Ô France, Ô ma belle, Ô ma morte,  où erre l’écho de tous ces cris d’enfants, libres, qui résonnaient dans tes hameaux ? Combien de maisons, d’églises, de ruelles abandonnées par les morts, après la première guerre mondiale, après la seconde – combien de vieux sont morts dans… Lire

  • L’échec social et la mort

    L’échec social et la mort

      Philippe Ariès, dans L’homme devant la mort (tome I : le temps des gisants) discute la naissance de la notion d’échec social. Ses idées nous ont paru intéressantes et étranges. Voici un extrait.   « Chaque vie de pauvre a toujours été un destin imposé sur lequel il n’avait pas de prise. Au contraire, à partir… Lire

  • La mort et les matérialistes

    La mort et les matérialistes

      Nous avons peine aujourd’hui à comprendre l’intensité du rapport ancien entre les hommes et les choses. (…)Le déclin des croyances religieuses, des morales idéalistes et normatives, n’aboutit pas à la découverte d’un monde plus matériel.   Philippe Ariès, dans son beau livre sur la mort, nous soutient que notre monde moderne n’est pas matérialiste.… Lire

  • Un petit bout de liberté

    Un petit bout de liberté

      par Calélira     Calélira raconte son pays : Équihen-Plage. Nous la remercions pour cette belle déclaration d’amour à une terre qu’elle connaît par coeur – par coeur, dans les deux sens du terme.  Équihen-Plage, Équihen ne va pas sans plage, car lorsque l’on prend la rue principale, on arrive à la descente à… Lire

  • Bourg choisi

    Bourg choisi

        bourgeois dans une vague         Extrait de La barrière et le niveau, d’Edmond Goblot. Une étude de la bourgeoisie écrite en 1925 par ce sociologue. On peut lire le texte en entier sur le site de l’Université du Québec à Chicoutimi   « Nous ne serons jamais assez reconnaissants à la… Lire

  • Où étaient les enfants ?

    Où étaient les enfants ?

      Photo : Mavra Nicolaievna Vonogrochneïeva   Extrait de Philippe Ariès :   « L’art médiéval, jusqu’au XIIème siècle environ, ne connaissait pas l’enfance ou ne tentait pas de la représenter ; on a peine à croire que cette absence était due à la gaucherie ou à l’impuissance. On pensera plutôt qu’il n’y avait pas de place pour… Lire

  • état civil, état des personnes

    état civil, état des personnes

    Photo : Mavra Nicolaievna Vonogrochneïeva   Ainsi s’ouvre le livre de Philippe Ariès : L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime : « Un homme du XVIème ou du XVIIème siècle s’étonnerait des exigences d’état civil auxquelles nous nous soumettons naturellement. Nous apprenons à nos enfants, dès qu’ils commencent à parler, leur nom, celui de leurs parents,… Lire

  • Les deux hypocrisies

    Les deux hypocrisies

              Les deux plus grands tentateurs de l’humanité depuis l’aube de l’histoire, le sexe et l’argent, se partagent la gauche et la droite. Chaque pôle son hypocrisie et son diable. La gauche hait l’argent et s’en met plein les fouilles en douce. La droite hait le sexe et se déprave entre… Lire