Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

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  • De la décoction vespérale

    Pas dormi. Je soupçonne désormais… Très fort soupçon. Les tisanes ! Les tisanes bues le soir. Coupables ? Ces nuits blanches indues leur sont-elles dues ? Sous leurs airs de plantes des pantoufles, des couvertures et des lampes qu’on éteint peu à peu, ne cachent-elles pas la perversion des grandes idées dévoyées ? Tisanes, je vous hais. Je vous… Lire

  • « barrer son visage par un masque comme on placerait un bâillon sur sa bouche »

    Sur Reporterre, l’écrivain Alain Damasio parle. « L’empreinte du confinement préforme un renoncement. Parce qu’on y expérimente une liberté très restreinte, qu’on s’y sera plié par nécessité, puis par habitude. L’expérience qu’elle tatoue en nous m’inquiète : la « distanciation » sociale, se tenir loin des gens, ne plus se faire la bise, barrer son visage par un… Lire

  • La dame de pique

    La dame de pique évite d’être mangée de l’intérieur par les lombrics de l’actuel, de l’éphémère, du cancan d’aujourd’hui. Et ne pouvant accéder à la gloire de deux heures de l’après-midi qui s’étiole avant même que descende le soir, elle travaille, muette et immobile, pour la grande gloire immortelle qui vient. Ici, à Port Saint-Rêve… Lire

  • Du rôle salvateur de l’ennemi

    L’ennemi est-il la condition de la liberté ? Un monde sans ennemi est-il vraiment un monde de paix ? « Le traité de Versailles a rompu avec la tradition diplomatique normale et seule politiquement logique, en refusant de négocier avec le vaincu et en lui imposant purement et simplement les conditions du vainqueur. L’ennemi était nié… Lire

  • Sur un élément de la lettre d’Hélène

    Sur un élément de la lettre d’Hélène

    Hélène Lammermoor m’écrivit au mois de juillet 2005 que tu m’attendais encore en 1992 à Port Saint-Rêve des Morts. Depuis le 17 juillet, on n’apercevait plus les réverbères et les dômes bleus de Saint-Jean en Ville depuis les dunes et les quais. La bombe avait fracassé cette partie là du port où se trouvait l’hôtel… Lire

  • Les latitudes des jours

    Les latitudes des jours

    Cela se passe de l’autre côté des fameuses latitudes sans chevaux. Mes photos sont souvent ratées, toujours prises avec mon téléphone portable. Je ne les retouche pas, je les laisse parler de ce que je crois vivre. C’est ici que, dans un dévergondage de compétition sociale, je me vante visuellement de mes expériences. Regardez comme… Lire

  • Le primat

    Le primat

    La politique est sans issue. Elle sépare les amis qui s’aiment. Il faudrait toujours se rappeler que l’amitié est beaucoup plus belle, même quand elle nécessite des silences et des diplomaties. Certes, tout est politique, ou tout peut l’être. Alors il faut choisir si l’amour ou la politique vient en premier dans une existence. Et… Lire

  • Calculs bilieux

    Nous calculerons sans doute un jour que le nombre de morts dû au confinement lui-même (enfermement des gens, chute de l’économie, désespoir des isolés) fut beaucoup plus grand que celui provoqué par le coronavirus. Sans doute les gouverneurs de la cité ne le font-ils pas exprès. La lourdeur contradictoire de l’administration, l’incapacité personnelle des gens… Lire

  • Dîner près de la cheminée

    Dîner près de la cheminée

    Souhaitez-vous souper d’un chou braisé de la Grossetière ? Rien de plus simple, voyons. Faites donc revenir échalotes et ail, tandis que vous faites blanchir le chou puis le coupez en lamelles. Ajoutez le chou aux échalotes et à l’ail, ajoutez ensuite une carotte et deux pommes de terre coupées en morceaux, cela dans un… Lire

  • Samedi saint

    D’ici et là… D’ici : « Être un bon chrétien en ce temps de pandémie, c’est être un « citoyen responsable » qui obéit aux diktats sanitaires, qui « reste chez soi », « se confine », « s’isole », « se lave les mains », « se tient à distance » de son prochain, consent « pour son bien » à ne plus visiter ses vieux parents, malades, handicapés, prisonniers… Lire

  • D’un village aquitain

    D’un village aquitain

    D’un village aquitain, LB nous envoie deux images et ces lignes entre les lignes : « … en cette période dont on ne saisit pas les contours temporels notamment, les pensées parfois malmenées par les angoisses trouvent des sentiers inexplorés peut-être   … la violence politique était déjà difficilement supportable, mais aujourd’hui on la vit de… Lire

  • Mythéréel

    Je ne dois pas me laisser aller à craindre l’horreur de l’intelligence artificielle, du biopouvoir, de la technodictature, parce que ce sont des mythes, autant que la révolution, la non-violence ou l’égalité. Or, adorer ou craindre un mirage équivaut à une perte de lucidité. J’aurai toujours – et mes neveux aussi – des marges de… Lire

  • La vie exposée

    « Ce que nous avons sous les yeux aujourd’hui, c’est en effet une vie exposée comme telle à une violence sans précédent, mais précisément dans les formes les plus profanes et les plus triviales. Notre époque est celle où un week-end produit plus de victimes sur les autoroutes d’Europe qu’une campagne militaire ; mais, parler, à ce… Lire

  • cella mihi caelum

    La cellule est pour le religieux le lieu de l’étude, de la prière et d’un saint repos. Il est seul à y pénétrer. Selon l’adage ancien, « cella mihi caelum », « la cellule est pour moi un ciel ». Ce lieu solitaire et silencieux, ce petit désert, est le lieu de la présence de l’âme à elle-même, « la cellule de… Lire

  • قسنطينة poème du printemps 2020

    Tu disais des poèmes aux quatre saisons. Tu n’es plus. Il faut bien que quelqu’un te succède à cette valse de mots. voici, Le vieux majordome, le poème de l’hiver 2017 ;voici Fazil, le poème du printemps 2017 ; voici Dans la chambrée, le poème de l’été 2017 ; voici Silentium, le poème de l’automne 2017, ; voici Héroïne, le poème… Lire

  • Maraï, persona non grata en pays communiste

    « J’ai l’impression que les communistes s’imaginent que je devrais me couper la tête, étant donné que la culture à laquelle j’appartiens et que, dans une modeste mesure, je représente peut-être dans le champ littéraire, est pernicieuse ; ensuite, il faudrait que j’attrape une bonne touffe de cheveux pour soulever très haut ma tête coupée et qu’ainsi,… Lire

  • Étranges jours d’Europe

    (Étranges jours d’Europe, dont le mystère est absent) Premier jour … chut ! … Second jour Seigneur, Ô maître des moissons, créateur du temps. Dans le silence qui s’installe, je me souviens que des vieilles personnes m’avaient parlé de vous. J’étais enfant, je les croyais. Mais leurs paroles punitives et menaçantes m’ont révoltée. J’ai rejeté… Lire

  • Le rêve marocain

    Voici un fragment de Lyautey l’Africain, sorte de biographie de Lyautey par Jacques Benoist-Méchin, publiée en 1978   « Cette plage extrême de l’Occident sur laquelle ont déferlé Oqba el Nafi et ses cavaliers venus de la lointaine Arabie est d’une richesse insoupçonnée. C’est un pays de montagnes, de pâturages et de plaines qui semble né… Lire

  • Gérer sa vie privée pour rendre son enterrement supportable

    Gérer sa vie privée pour rendre son enterrement supportable

    Quand les gens baisent avec n’importe qui dans des bas-fonds (ou dans les hauts-fonds) et que leurs amis font comme eux, tout va bien. Leurs enterrements ressemblent à des messes du contre-pouvoir, pleines de fraternités et de signes inconnus dans les appartements des bourgeoisies calmes. Quand ils respectent des codes sociaux et moraux précis, plus… Lire

  • Les sirènes (du port) d’Alexandrie

    Encore un extrait de Bonaparte en Egypte ou le rêve inassouvi, de Jacques Benoist-Méchin.   « Lorsque Bonaparte jeta les yeux autour de lui, ce qu’il aperçut le déçut profondément. Nourri de Suétone et de Plutarque, il s’attendait à trouver une cité gréco-romaine mirant dans la mer le marbre de ses palais. Or, ce qu’il voyait… Lire

  • Une longue mélopée

    Un extrait de Bonaparte en Egypte ou le rêve inassouvi, de Jacques Benoist-Méchin. « Le trajet était long, les journées monotones et il était difficile d’occuper constamment les équipages. Ceux-ci ne savaient toujours pas où on les conduisait. Entassés les uns sur les autres dans un espace trop restreint, ils se plaignaient de la chaleur suffocante… Lire

  • Confidence de Napoléon au cours d’un voyage en traîneau

    Voici, tirée des mémoires de Caulaincourt, une confidence de Napoléon Bonaparte à lui-même, au cours d’un célèbre voyage en traîneau. Suite à une tentative de coup d’Etat parisienne, l’empereur Napoléon et son Grand Ecuyer quittèrent la campagne de Russie et des milliers de soldats pris par l’hiver, sans nourriture, sans vêtements, chauds, pour traverser l’Europe… Lire