Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Où je m’achève, série culte II

    Souviens-toi des anciens téléphones ! Souviens-toi des machines à écrire… Souviens-toi des cognacs au bord des fenêtres, quand les persiennes à demi ouvertes filtraient la suave couleur du couchant. Souviens-toi du clavecin de Tante Martheline. Elle jouait chaque après-midi entre cinq et sept heures, seule, dans le salon de l’étage. Souviens-toi des lettres oubliées, des lettres… Lire

  • L’immanence des vents chauds

    L’immanence des vents chauds m’élève dans les hauteurs d’une transe de sensations extraterrestres. Oui. L’immanence des vents chauds.   L’excellence des cognacs approfondit l’amour qui m’unit à la Terre. Oui. L’excellence des cognacs.   L’insolence des enfants adoucit la sagesse des vieillards endormis. Oui. L’insolence des enfants.   L’indolence des ramages amollit mon corps mince… Lire

  • Ma trompette fait la gueule

    Ma trompette fait la gueule

    « Ma trompette fait la gueule. Alors je la laisse tomber et je bois. C’est dur d’être un musicien. On est des poètes du sable, à la moindre vague notre œuvre est détruite, effacée à jamais. On balance du vent dans les oreilles des gens et ils nous remercient en ne comprenant pas le fond de… Lire

  • La tour de pierre

    Je suis enfermée dans une tour de pierre, solide, certes, de la belle pierre brute, enfermée. je n’éprouve aucun chagrin ! C’est quelque chose qui n’éclot pas, qui macère quelque part à l’intérieur de ce qui s’apppelle moi et dont je suis responsable. Si je n’étais responsable que de moi je serai nue dans le ciel… Lire

  • Port Saint-Rêve des Morts

    Port Saint-Rêve des Morts

    Je me souviens de ta maisonnette à Port Saint-Rêve des Morts. De ta main autour de ta tasse de café, du soleil qui caressait ton visage et le mur.   Lire

  • Où je m’achève, série culte I

    Où je m’achève, série culte Tu n’as pas besoin que l’image s’anime pour lui donner le mouvement de ton inspiration. Émotion perceptible. Comme la femme nommée Swann et qui danse, sans savoir que tu la regardes, sur la terrasse de sa maison perchée. Les images animées ne te trompent pas. Sans illusion, tu constates l’immobilité… Lire

  • Où je m’achève est une série culte.

    Où je m’achève est une série culte.

    Où je m’achève est une série culte. Frustrante, dérangeante, ni belle, ni laide, ni ennuyeuse, ni prenante. Nous ne pourrions même pas dire qu’elle est intéressante. À moins que si. Les auteurs, Siobhan Hollow, Axel Randers, Kevin Motzloviet et Édith de Cornulier-Lucinière, ont été réunis sous l’égide des producteurs Diego Quirvane et Valentine Morning. Budget… Lire

  • Pommes cuites et whisky

    Pommes cuites et whisky

    Un fond d’eau dans une casserole où l’on laissera tomber les morceaux de pommes non épluchées. Les laisser fondre peu à peu, à tout petit feu, durant au moins une demi-heure. Et servir dans de jolies coupelles, en même temps qu’un verre de whisky. Il se trouve que j’écoutais, en dégustant cette perfection, un rock… Lire

  • The bathroom is clear

    The bathroom is clear

    Le 27 décembre 2017, tu quittais ce monde. En tout cas, tu mourais. Dans ta douche, en fin de matinée. Et c’est la première fois que je fais le lien entre ce lieu de décès et la chanson que tu préférais des Doors : Hycinth house. Tu n’as jamais trouvé l’ami qui n’avait pas besoin… Lire

  • Je descends l’escalier du temps – Poème de l’hiver 2020

    Je descends l’escalier du temps – Poème de l’hiver 2020

    Je descends l’escalier du temps. Les secondes s’éloignent pour céder place aux siècles. Et les siècles des siècles deviennent millénaires. Je descends l’escalier du Bien. De grandes guerres demeurent, des charités s’effacent. Le visage du Bien ne lui ressemble pas. Je descends l’escalier d’amour. Ni anneaux de mariage, ni caresses dans les draps. Quelques silhouettes… Lire

  • In splendoribus…

    Ce soir spécial n’est pas froid comme dans les contes de Noël. C’est un vent presque tiède qui souffle à l’intérieur des écharpes. Il y a deux-mille ans, un nouveau-né surgissait du ventre de sa mère dans une crèche, à l’écart des demeures décentes, sur un continent éloigné. Les demeures décentes n’ont pas changé, on… Lire

  • Les recoins du destin

    Les recoins du destin

    Nos enfances sont des châteaux perdus, des taudis abandonnés, des territoires effacés du présent par les bulldozers du temps. De fragiles décors qui paraissaient éternels et que les pas en arrière ne retrouvent plus. Que ton amour de Grand Meaulnes se soit écoulé sur les terres seigneuriales des voisins, au bout du ruisseau d’égoût ou… Lire

  • Eléments pour un départ en Bulgarie

    Eléments pour un départ en Bulgarie

      Je vous entendais parler, hier, vous aviez peur des lois qui s’abattent comme la vérole sur le pauvre monde, interdiction de se chauffer au feu de cheminée, interdiction de veiller ses morts chez soi avant l’enterrement. Voici ce que vous murmuriez, dans ces fauteuils usés, l’un tout près de l’autre, vos coeurs étreints par… Lire

  • L’ombre d’une foi

    L’ombre d’une foi

    Between the bars, le verre d’alcool s’exprime à travers la voix d’Elliott Smith, ce matin je vois le monde en noir et blanc. Le Christ s’est arrêté aux Sables d’Olonne, probablement à cause de la brume poussiéreuse qui balaye les plages et les vagues. Mousse d’écume, musique douce, silhouettes passantes, ordinateurs statiques. Moi intérieur stoïque,… Lire

  • Novembre ou autre

    Novembre ou autre

    Je n’ai jamais eu envie de fournir un morceau d’amour mort à une femme infirme ou un homme imberbe. Je n’ai jamais cru en autre chose qu’à une bouteille de Pommard qui t’attend au fond d’une cave. J’ai lu plus de mille bandes dessinées, bu plus de dix-mille cafés lyophilisés. J’attends que le sens de… Lire

  • Un don doux et amer

    Un don doux et amer

    « Le temps d’une vie est une opportunité donnée à l’homme pour prendre conscience de lui-même et de son aspiration à la vérité en tant qu’être moral. Un don à la fois doux et amer. Une vie alors est comme un délai au cours duquel l’homme peut, et a le devoir, de mettre son esprit en… Lire

  • L’immersion mécatronique

    Quand la mécanique, l’automatique, l’électronique, l’informatique, unissent leurs génies en un seul et même système, il s’agit d’un système mécatronique. Ces systèmes interdisciplinaires sont dits autonomes et intelligents. Autonomes, parce qu’ils sont programmés pour réagir par rapport aux événements, sans intervention de l’homme. Intelligents, parce qu’ils s’adaptent et se déclinent en fonction de la demande… Lire

  • Le repli et l’ouverture

    Une vieille rengaine éculée, agrémentée souvent d’un soupir de mépris, dit que les jeunes Français qui se déclarent en faveur d’une fermeture des frontières, d’un chacun-chez-soi et de la remise en valeur des modes de vie traditionnels et locaux sont les victimes, non innocentes, et même coupables, d’un « repli identitaire ». Ce repli serait négatif, mesquin,… Lire

  • Umor Bacchi

    « Si aqua désigne l’eau comme objet, unda sera, le plus souvent, l’eau en mouvement, et l’on s’en servira pour évoquer les vagues de la mer : mare plenum undarum, écrira Plaute. Lumpa est l’eau des sources, qui surgit miraculeusement des entrailles de la terre, et qui est d’une grande transparence – d’une grande « limpidité » disons-nous encore.… Lire

  • Ne pas tomber.

    Ne pas tomber.

    Suivre le fil du temps qui reste, incertain, mais présent. C’est ce soir que je suis seule. C’est ce soir que je suis ivre. C’est ce soir que je suis libre. Une musique d’ambient m’accompagne. Dans ses silences, se prolonge le silence qui m’entoure. Parce que la route est cachée par des arbres qui se… Lire

  • Ô filiation

    J’étais donc seule, seule et seule, à ce dîner brillant, seule à penser qu’une loi qui modifie la filiation en autorisant la procréation médicalement assistée, en préparant le terrain pour la gestation pour autrui, j’étais donc seule à trouver que cette loi est inique. J’osais à peine le dire et chacune de mes paroles, pourtant… Lire

  • Une oeuvre libre avant la fin

    Une oeuvre libre avant la fin

    Une œuvre libre Comme un enfant qui braille Ou dort ; Un homme trop grand Pour haïr ses ennemis ; La saga-cohorte des nuages Que le ciel blanc déroule Depuis la nuit du temps.   J’ai grandi dans une liturgie De pins parasols et de verbes d’antan, Là-bas. À l’Ouest où se confondent Les lignes de terre… Lire

  • Bâtir pour tuer l’espérance : l’architecture d’aujourd’hui

    Merci à monsieur Guillaume Blanc pour son article désespéré et lucide sur l’architecture des bâtiments publics d’aujourd’hui et l’état de l’université : Au cœur d’une université d’excellence. En gare de Nantes, tout à l’heure, ma compagne de voyage et moi-même soupirions en observant la misère profonde des bâtiments de béton qui poussent d’année en année,… Lire

  • ND des sept douleurs à Saint-Eugène

    Notre-Dame des sept douleurs, messe du 15 septembre 2019, dans cette église Saint-Eugène où le maître de chapelle, Henri Adam de Villiers, propose à ses choristes, paroissiens amateurs, de déchiffrer le matin même un stabat mater de Marc-Antoine Charpentier pour les religieuses, qu’il faudra chanter pendant la longue procession de communion. Clotilde Cellier entame la… Lire