Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

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  • L’incertitude, comme maltraitance morale

    Je ne parviens plus à penser, parce que les annonces contradictoires, sanitaires et politiques, me maintiennent en état de tension, d’autant qu’elles revêtent un caractère temporaire et sont remplacées régulièrement par d’autres annonces. La population se retrouve en état d’insécurité, ne sachant pas comment s’organiser, tentant toujours de deviner ce qui sera permis ou interdit… Lire

  • diriger l’effort collectif au bon endroit

    « Existe-t-il quelque part dans les lieux du pouvoir une chambre où quelqu’un se pose et se tait ? Est-il possible qu’un gouvernant se retire, ne serait-ce que quelques minutes, du trading émotionnel qui fait vivre les médias ? Qu’il se mette en écoute des signes des temps, des signaux faibles et forts, des lames de fond que… Lire

  • Kevin Motz-Lovietz, encore un extrait de son journal de Baude Fastoul

    Jeudi 9 octobre 2014 Soleil, pluie, vent, soleil encore, sur la Rancevaudière. Je n’arrive pas à travailler en ce moment ; jachère de créativité, peut-être ? Transformation intérieure ? Ce séjour dans cette Rancevaudière bien-aimée berce mon cœur d’une langueur nostalgique et j’y jouis de l’automne avec fascination. Ramassage de châtaignes, de noix, de figues, de pommes, de… Lire

  • Domenico des nuages

    Domenico des nuages

    Le glacial mouvement des nuages accompagne le souffle chaud du songe. Le souffle chaud du songe accompagne le mouvement glacial des nuages. Et un fandango de Scarlatti, sous les mains d’une dame triste, et ces garçons qui regrettent d’être nés sans dons, et moi qui lève la tête pour oublier le souffle chaud du songe… Lire

  • Santa-Venexiana

    Santa-Venexiana

    Derrière l’église de Port-Saint-Rêve des morts, dans la maison de la vieille femme, l’adolescent humait ses rêves en avalant des séries audiovisuelles. Santa-Venexiana avait été partiellement détruite par les prêtres neufs qui souhaitaient que le surréalisme remplace la religion catholique ; mais il restait une âme à cette église, et il restait une chance au… Lire

  • Europa Europa, sol invictus, lux aeterna

    Europa Europa, sol invictus, lux aeterna

    Qu’est-ce que l’Europe ? L’Europe est ce jardin que des troupes débraillées ont saccagé, parce que les gardiens ont eu honte d’eux-mêmes. L’Europe est ce jardin au mitan duquel ce million d’enfants masqués s’éveillera demain, million de visages uniques, de destins singuliers, d’âmes boréales. À quoi ressemble l’Europe ? Invaincue, l’Europe connaît chaque jour plus de mille… Lire

  • Fidélité au néant

    Fidélité au néant

    La déprime qui me prend toujours après les avoir vus… Cette fidélité au néant, en quelque sorte, cette acceptation que la vie passe sans que grand-chose ne s’accomplisse… Et surtout, cette éternelle litanie de leur mode de vie qui ne change pas malgré d’évidentes et étonnantes névroses. Ces garçons ont été élevés comme des bourgeois,… Lire

  • Baptême

    Ce matin, la jeunesse est revenue! En même temps que le vent glacé de cette journée d’automne, elle est entrée par la fenêtre et s’est agrippée à moi. Qui es-tu ? Qui es-tu ? Hurlais-je, me débattant. Je suis la jeunesse et je reviens t’habiter. T’habiter pour le restant de tes jours. Oublie tes appréhensions, tes préhensions… Lire

  • 42 automnes

    Ce temps qui passe, imperceptible, ce temps passé, indescriptible. Ce temps à venir, compté, incertain. Et les ans qui s’accumulent sur le journal de Baude Fastoul, la naissance du hallux valgus, de quelques cheveux blancs, la ride du lion qui fronce mon front. Des rêves comme des ballons qu’on a pas encore lâchés dans le… Lire

  • Une langue qui sauve, un arbre qui calme

    Nous sommes sortis le 11 mai du confinement, mais nous ne sommes pas sortis de l’étrange. Nos cerveaux confus s’affolent face à la toute puissance des politiques et à notre propre impuissance. Nous n’avons plus grand chose qui tienne debout dans notre psychisme même si notre pays ressemble encore à un pays riche. Et c’est… Lire

  • Une information

    De temps en temps, Emmanuelle Favier s’installe sur son fauteuil Pomaré et décline les invites du téléphone. Il est midi éternellement, l’osier craquelle sous le poids des rêves, Emmanuelle fume une pensive litanie. Entre ses doigts la cigarette devient cendres, au-delà du zénith, par derrière les oisives lubies.  Lire

  • Toutes les pluies nous attendent

    Toutes les pluies nous attendent

    Toutes les slacklines nous appellent. Elles dansent entre les arbres, désirant nos pieds nus. Le 13 août 2013, ton petit sourire et tes mains, en ravissement, décrivaient les pigeons haut-volant et culbutant, alors que nous déjeunions sur la place Edgar Quinet. Ce 13 août, la chaleur du Liban et de la France font succomber les… Lire

  • Yougoslavie

    Sarajevo ? Oui. Mes idéaux. Mes choix. Sarajevo, une autre fois ? Oui. Des souvenirs d’une guerre, comme toutes guerres, décidée dans des salons d’un pays étranger. Sarajevo, encore une fois. Des ponts détruits, un amour mort, des enfances comme des fruits coupées pour une salade de pays. Sarajevo, des écrivains désespérés. Sarajevo, jeunesse trompée.… Lire

  • Verbatim des temps morts

    Verbatim des temps morts

    La parole, le sexe et la mort sont trois grandes zones de liberté et de censure. Quand le sexe est licite, la mort devient obscène. Quand la mort est assumée, le sexe devient illicite. Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. Il vivra parmi nous jusqu’à ce que la chair devienne… Lire

  • Ne déglingue rien

    Ne déglingue rien

    C’était une passacaille de Haëndel sous tes doigts. C’était un bébé goéland qui criait sur le toit. C’était un monsieur qui mourait près de nous, doucement. C’était un confit qui cuisait dans la cuisine, lentement. C’était un après-midi qui n’en finissait pas. Et c’est ta peau encore, presque vieillie mais toujours tendre, qui s’éveille à… Lire

  • & la mécanique…

    « L’année 1952 est en outre celle des fameuses 4’33’’. Inspirée par les toiles blanches de Rauschenberg, 4’33’’ de silence pour n’importe quel(s) instrument(s) est l’œuvre que John Cage jugera la plus décisive, la plus radicale de toutes celles qu’il a pu écrire. Il s’y référera sans cesse et confiera même qu’il y pense toujours avant… Lire

  • Pour un remix intime de mon être

    Pour un remix intime de mon être

    Remixez-moi, que je souris comme une étudiante à lunettes aux longs cheveux sur les épaules au chandail trop long au regard encore chaud de l’enfance qui s’enfuit. Remixez-moi au tempo d’une transe longue et trépidante, mais immobile, au milieu du temps qui ne passe plus, qui demeure comme un halo de protection. Remixez-moi avec un… Lire

  • Ce que tu nies te soumet

    Ce que tu nies te soumet

    Les maîtres savent ce que le peuple ignore, mais le peuple voit ce que les maîtres ne voient pas. Lire

  • Pour en finir avec la colère stérile

    Pour en finir avec la colère stérile

    Considérant que : L’État français a, par des suites de ratifications, transféré les éléments nécessaires à sa souveraineté à une autre entité (l’UE), d’une part ; puis, a réduit son Parlement à l’état de marionnette, via la technique des ordonnances et l’agenda législatif du quinquennat, d’autre part ; Nous devons constater que, malgré les statuts de la… Lire