Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • En parallèle (parole de Tarkovski)

    « En parallèle au problème de la liberté, se pose celui de l’expérience et de l’éducation. Dans son combat pour la liberté, en effet, l’humanité moderne réclame la libération de l’individu, c’est-à-dire la possibilité concrète de faire tout ce qui lui passe par la tête. Ce ne peut être là qu’une libération illusoire, et la voie… Lire

  • Astres des ébats possibles

    Astres des ébats possibles

    Constellation d’étoiles et de lune blanches dans l’Heure Bleue. Conversations des sens, sans intervention des mots. Car la chair s’est faite silence et le Verbe s’est enfui. Notre religion mêle la croix du Sud et celle du Christ, le football international et les migrations des chenilles. Vieilles pierres et béton armé, mariage partiel, éclipse totale.… Lire

  • Desastre des débats impossibles

    Desastre des débats impossibles

    (Auparavant sur AlmaSoror : Cas de consciences et conscience des cas Une marche humaine Le mariage et la moraline) Plus de 90% d’un certain genre de personnes sont supprimées avant leur naissance alors qu’elles sont en pleine forme. Aussi ce n’est peut-être pas idéal de qualifier ces avortements de « thérapeutiques », puisque ni la vie de… Lire

  • La solitude au milieu des hystéries collectives

    Sortir dans la rue, apercevoir ces gens aux joues peinturlurées, bières à la main, criards, réjouis. Entendre ce chant de haine, « qu’un sang impur abreuve nos sillons », ces phrases que les Républicains chantaient en assassinant les paysans vendéens, les ecclesiastiques, les catholiques et les nobles. Depuis cette époque, chaque fois qu’il faut détruire ou coloniser… Lire

  • Explication

    November, de Max Richter. Et le soir qui tombe extrêmement lentement. La voix d’une crooneuse vieille chante dans l’appartement d’à côté :   J’ai voulu chanter ce chant, voulu chanter ce chant encore Ce chant rend hommage à une femme Il rend hommage à une femme morte Morte, sous les coups d’une femme Les coups d’une… Lire

  • Une intense sensation de liberté…

    … t’aide à mieux respirer depuis quelques jours. Elle coéxiste avec une intense sensation d’oppression, celle d’être cernée par des forces de destruction qui se donnent le doux nom de progrès. (Il n’y avait pas de vieille armoire dans cette habitation ; pas d’étagères débordant de vieux livres, pas de poussière sur des tables d’antan).… Lire

  • Ors du soir

    Ors du soir

    Lorsque tout est nié en nous, lorsqu’aucune collectivité ne nous admet, il faut puiser au creux de soi la puissance fœtale et granitique de projeter son soi hors de soi, dans le monde. Mais il faut le faire avec un masque pour échapper à l’assassinat psychique. Sur AlmaSoror :  Mascara l’évangile de la liberté Soir… Lire

  • Au pays frais des vins et des chansons

    « Vous n’étiez pas un Français bien assimilé. Vous étiez un étranger venimeux pour la nation, la République vous était une étrangère aberrante. Aux murs de votre chambre, les condamnations à mort de vos ancêtres « au nom du Peuple Français et de la nation ». Sur le bois de rose de votre table de nuit, Les Hosties… Lire

  • Locus obscurior

    J’aimerais être la dernière locutrice d’une langue et languir de la peur et du désir de mourir. Toute-Puissance et totale impuissance de la femme-langue des fins dernières, avant terme. Écouter, un dernier été, les grouillements et les chants des grenouilles au bord d’un étang teinté d’éternité. Moustiques de la tiédeur, ronds des carpes. Des moines… Lire

  • Rêve de libellules

    Rêve de libellules

    Sois celle que tu veux être et tout rentrera dans l’ordre et dans l’harmonie. Les musiques qui te plaisent aujourd’hui, tu les trouveras fades demain. Où trouver l’éternité ? Renouvelle ton regard et laisse voleter autour de toi les libellules de la futilité.    Sur AlmaSoror Le poème ou l’image qui viendra Sol occidens Le… Lire

  • Une histoire vraie

    Tu rêvais de ta tante qui avait séjourné, en secret, à Lucerne, en compagnie de Boris de Schoelzer ; je rêvais de toi. Scriabine joué par ta nièce berçait nos silences. Sur la terrasse, le vent chuchotait et mes regards allaient du mont Pilate à la surface du lac, contemplant sans pensée les ponts de bois,… Lire

  • au jour le jour, images téléphonées

    au jour le jour, images téléphonées

    Sur Latitude, la trace visuelle des jours qui fuient. Mes photos sont souvent ratées, toujours prises avec mon téléphone portable. Je ne les retouche pas, je les laisse parler de ce que je crois vivre. C’est ici que, dans un dévergondage de compétition sociale, je me vante visuellement de mes expériences. Regardez comme ma vie… Lire

  • Liquéfaction

    Devant l’écran d’ordinateur, toi, devant l’écran d’ordinateur, moi, chacune à quelques mètres de distance, sur des chaises, nous tournant le dos. Les fauteuils sont vides. Dans la bibliothèque, les livres dorment. Par les stores, le crépuscule dissout peu à peu les lumières. Nous ne voyons pas les ombres qui se tordent sur les meubles et… Lire

  • Des désirs secrets

    Une purification, malgré la lourdeur des mots, la banalité des intentions. Un voyage qui se créée malgré l’absence d’harmonie. Des halages, des pauses, la chanson de Johnny Guitar qui rappelle des étés, des bières dans des bars, des attentes trop chaudes. Des halages, des pauses, des désirs secrets. Des non-dits, des impensés, des tentatives de… Lire

  • Banale exctraction du jour

    J’ai descendu dans mon jardin pour y cueillir du romarin et une vague de tristesse est montée dans mon cœur, sans doute à cause d’un vent venu d’ailleurs. Je me suis allongée au divan des nuages et j’ai laissé venir l’intrication des tristesses, ma tristesse musicale, ma tristesse universitaire et ma tristesse cinématographique. Un paysage… Lire

  • Lecture par un après-midi trop chaud

    Torpeur sur l’appartement plein de lumière dans lequel je viens de lire un article de Cécile Rastoin/Soeur Cécile de J-A « La pensée moderne se caractérise par une conscience aiguë de l’historicité des normes et leur remise en cause, la difficulté à penser des frontières et la fascination de l’hybridité, une exigence d’égalité universelle et… Lire

  • Gwerzioù

    Je cherche une langue pour exprimer mes peurs et que la sonorité de leurs mots les dissolve dans la lumière. Je marche sur une route sans panneaux indicateurs et à chaque carrefour, je vais où sont les fleurs. Il y avait un château dans mon enfance lointaine, et près des écuries, les crapauds croassaient quand… Lire

  • Au seuil du deuil crépusculaire

    Au seuil du deuil crépusculaire

    Ce jour là, je m’en souviens. Il y avait cette lumière, ma lecture de Jan Zabrana et la chanson Kukushka de Kino (Кино). Je m’étais photographiée au téléphone, on voyait ma tête dans la glace et l’ombre de ma silhouette sur le mur.   Sur AlmaSoror : Deuil d’une illusion Lire

  • 1999

    Tu jouais des ondes Martinot, Luc critiquait le remembrement de la France et nous nous adonnions à des jeux noirs et blancs au fond d’une maison de Montreuil-sous-Bois, sans bois ni abeilles, que du béton et des chansons qui depuis sont mortes. Amour, jeunesse, joie et tristesse, je trônais au centre des étoiles, lune en… Lire

  • Geminae

    Derrière ma politesse, cette sempiternelle gentillesse qu’on ne m’envie pas, tu n’as pas deviné à quel point je suis sans pitié. Je te regarde tomber avec un sourire intérieur. Toi, tu me méprises parce que tu te crois ferme et tu me trouves trop douce, trop faible, trop affectueuse. Tu ne sais pas que chacun… Lire

  • Ce qui pourrait avoir lieu

      Ce qui pourrait avoir lieu est né au bord de tes lèvres hier quelques secondes avant midi. Ce que tu pourrais devenir s’inscrit quelquefois entre tes deux sourcils. Ce que je pourrais vivre m’appelle du tréfonds de mes profondeurs et crie dans la nuit. Ce que nous pourrions partager glisse sur une vague qui… Lire

  • Maudit M

    M (de l’index des noms de ce blog) Pierre Mac Orlan Il est cité dans Des inconvénients qui naissent de leur inconsistance Amandine Maissiat Elle est mentionnée dans Musique d’un exil provincial Émile Mâle Il est cité dans Saba Il est cité dans Étoffes de pierre Il est cité dans Naissance de saint Jean Baptiste… Lire

  • Naissance de saint Jean Baptiste à travers les arts

    Un fragment du livre d’Emile Mâle, Les Saints Compagnons du Christ, écrit en 1952 et publié à titre posthume en 1958.   « L’Annonciation de saint Jean Baptiste est suivie de sa Nativité. Elle se présente sous des formes qui ne varient guère. Élisabeth est dans son lit ; des servantes s’empressent autour d’elle et généralement deux… Lire