Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Larmes noires

    Larmes noires, tes larmes noires coulent le long de tes joues, La voix éraillée des femmes d’hier chante encore l’hymne des arrières-cuisines dans ton salon de misère, et tu penses à ceux là qu’on oublie quand ils meurent, et qui tenaient vivants des êtres et des mondes. Et tu penses à ceux là qu’on oublie… Lire

  • Le poids des ans

    Il y a un an, Les silhouettes des fermes isolées. Il y a deux ans, l’hôtel de Massa. Il y a trois ans, la rencontre du car. Il y a quatre ans, Etoffes de pierres Il y a cinq ans, la fugitive. Il y a six ans, Jean-Christophe. Il y a sept ans, la solitude… Lire

  • Succomber à une tentation

    Il doit être un peu avant vingt heures quand j’arrive à l’Hôtel Paternel. La solitude m’entoure, la fatigue m’étreint. Je constate la présence de bières dans le réfrégirateur. « Ne fais que constater », me dis-je, car j’ai prévu de ne pas boire ce soir. Mais les bières attendent dans le réfrégirateur. Je suis capable de manger… Lire

  • Mon beau sapin

    Mon beau sapin

    Mon beau sapin, emporte-moi dans ton silence, recouvre-moi du parfum muet de l’absence. Partons ensemble au pays où la neige efface les formes du monde. Fuyons cette vie vide, que les bruits banals et les atmosphères humaines grises perturbent. Je n’ai pas besoin d’un adagio sirupeux pour  survivre, seulement ton écorce et tes feuilles vertes qui traversent… Lire

  • La messe du voisin acnéique

    Je t’ai rencontré dans l’escalier, jeune homme, ton visage est devenu cramoisi lorsque je t’ai demandé où tu en étais de tes remix de Vivaldi. J’ai réussi à t’apprivoiser, au bout des cinq minutes qu’a duré notre conversation, tu tremblais moins, tu souriais presque. Tu as dix-sept ans. Tu as peur. Tu as mal. Ton… Lire

  • Plume pas mon auteur !

    Plume pas mon auteur !

    Merci à Tom Lévêque pour ce superbe logo et pour le fort article qu’on peut lire sur son blog ! Lire

  • DJ Tricératops, quatrième étage, une semaine sur deux

    Avais-je déjà écrit une entrée aussi sotte que la précédente ? Oui, sans doute. Peu importe. Certains matins oscillent entre le besoin de s’exprimer et la nullité de ce que l’on a à dire. On écoute de la musique, désemparée de toujours la consommer sans jamais la créer. Il faudrait pouvoir cocréer la musique en l’écoutant,… Lire

  • Pirouette, cacahuète

    Pirouette, cacahuète

    Il était un petit homme, qui sait s’il était né à Saint-Christophe du Ligneron ou à Valparaiso ? Il était un petit homme qui avait une drôle de maison construite par un architecte formé à l’Agence d’architecture des Ciseaux-Orties. La maison est en carton (Pirouette, cacahuète) et elle fait un carton. Les escaliers sont en… Lire

  • Le mariage et la moraline

    Le mariage assurait la mémoire claire des lignées et la pérennité des patrimoines jusque vers les années 1970. Depuis, les lignées se complexifient, et se complexifiant, se délitent, tandis que les patrimoines sont réduits en morceaux avant même la mort de leurs possesseurs.  Le thème de la filiation cristallise les douleurs éternelles des uns et des… Lire

  • Angst

    Angst

    Qui suis-je, mon amour ? Toi seul le savait. Je ne vois que mon ombre au zénith et jusqu’au soir, l’inexistence me pourchasse comme une ennemi. Lire

  • Support et contenu

    Support et contenu

    Dans mon rêve, une femme ailée portant un veston en skaï s’approchait de moi et prononçait : « J’adore les photos ratées des années 1980 ». Puis elle éclatait en pleurs et se mettait à rire en s’éloignant parmi les nuages. Il est vrai que les argentiques photos ratées de ces années mortes reviennent quelquefois nous éclater… Lire

  • deux liens

    La suite répétitive pour hautbois d’octobre s’est achevée tandis que Latitude continue son traçage visuel des jours. Lire

  • SBF 250

    Sois sage, Ô mon indice et donne-nous des détails.Balance-toi encore, ton mouvement fait rêver les enfants détraqués par la chiffraille. Fais gaffe, SBF 250, car des tas d’yeux plissés te surveillent à tout heure du jour. 2 fois que tu me joues le joli tour de faire le tour de ton propre atour.5 ans déjà… Lire

  • Steppe de glucose

    Steppe de glucose

    Rue du départ : « A part d’un père, je ne manque de rien, PMA sans père, douleur sans fin »   Vous qui n’avez jamais connu les pères qui se tirent et les mères qui battent, militants de la Famille bénie par Sainte Nitouche et Saint Glinglin (absents du calendrier romain), adultes qui avez avorté la… Lire

  • Soigner mes dimanches

    Ni diagnostic clair, ni pronostic pour l’avenir, ni ordonnance ni prescription, juste une recherche de la bonne posologie pour que mon foie, ma bile, mon cerveau, ne cessent pas de fonctionner le dimanche, dès le matin, quand les cloches sonnent de loin mais que je n’ai pas de paroisse, que les familles vont au jardin… Lire

  • La voix d’Ondine Frager

    La voix d’Ondine Frager coule dans mes veines, nettoie mes poumons et vidange mon foie, cela faisait trois mois que je n’avais pas eu ma sophrodose en direct et cela commençait à s’encrasser partout à l’intérieur de moi, tout à l’heure à Montparnasse tout s’est remis en place, l’air circule, le foie fonctionne, les poumons… Lire

  • Non

    (Extrait du journal de T.S.) A la sortie de la jeunesse, non, les révoltes ne s’apaisent pas : elles sont écrasées comme l’armée écrase la fronde, parce que l’individu sent qu’il est incapable de se vivre. A la sortie de l’ivresse de la jeunesse, ce n’est pas le goût du vin qui fait défaut ; c’est la… Lire

  • Johannes Ockeghem, vu par Lucien Rebatet

    Dans Une histoire de la musique, dont l’édition corrigée par l’auteur date de 1973, Lucien Rebatet (un méchant) taille un charmant portrait du compositeur Johannes Ockeghem (XVème siècle). Johannes Ockeghem (vers 1420-1495), malgré son nom, était Hennuyer, c’est-à-dire natif du Hainaut. On pense toutefois qu’il fit ses études à Anvers, puisqu’on l’y trouve chantre de… Lire

  • L’écriture minimaliste – ou répétitive. Suite de poèmes répétitifs pour hautbois.

    L’écriture minimaliste – ou écriture répétitive, s’est attaquée à nous (Edith de CL et Edith M, miroirs l’une de l’autre), le premier matin du mois d’octobre 2017 aux Sables d’Olonne, dans un second jour de l’appartement du rez-de-chaussée, aussi sombre que la lumière dehors était éclatante – mais je restais dans le second jour. Voici… Lire

  • Séries (écriture, consommation)

    Séries (écriture, consommation)

    Sommes-nous des écrivains ? Parfois on nous révoque ce titre, parfois on l’invoque pour parler de nous. Peu importe. Ce qui est certain, c’est que nous écrivons. Nous écrivons toute la journée. Nous racontons des histoires. Nous inventons des personnages, des dialogues, des paysages, nous faisons sonner les mots, nous mélangeons les styles ou bien, au… Lire

  • Douche tiède

    Douche tiède

    Affreuse procrastination qui me pourchasse l’âme depuis plusieurs jours, je rêve de devenir quelqu’un d’autre, je passe mes jours à décider de tout ce que je ferai demain, pour ne pas sentir qu’aujourd’hui je ne fais rien, mais « demain on rase gratis ». Certes les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… Mais dans mon cas,… Lire

  • Vivaldi remixé fait trembler les meubles d’un antre solitaire

    Vivaldi remixé fait trembler les meubles d’un antre solitaire

    Le matin je joue les études de Chopin quand je suis en forme, le petit livre d’Anna Magdalena Bach quand j’ai mal dormi ou bu la veille. L’après-midi, je passe en boucle, sur ma chaîne hifi puissante, les quatre saisons de Vivaldi remixées façon techno. Le salon devient un espace festif dans lequel personne ne… Lire

  • Avertissement illégitime

    AlmaSoror est un bar blogal et à notre zing virtuel poussiéreux nous servons toutes les bières, même celle que la réglementation interdit ou surtaxe ! Par delà les frontières idéologiques, nous cherchons la beauté et, si nous en sommes capables, l’intelligence. Nous avons soif d’une eau qui ne donne plus jamais soif, mais en attendant… Lire