Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Un appartement non loin d’un lac

    Un appartement non loin d’un lac

    J’écris ces histoires de personnes qui habitent le même immeuble et se parlent tous les jours et partagent de grands laps de vie et s’entraident et s’entraiment et s’entredétestent, mais moi je ne connais pas le prénom de mes voisins, nous nous saluons sans même nous regarder. Et pourtant nous n’habitons pas un immense immeuble… Lire

  • Frater

    Frater

    « Seigneur ! Toute notre vie, nous attendons une seule chose : qu’hier revienne. Hier, que nous avions fui pour toujours ». Frère Emmanuel de la S.C. Lire

  • Silentium

    (Ami défunt qui écrivais un poème pour chaque saison, il fallait bien que quelqu’un prenne ta suite. Il y eut le poème de l’hiver 2017. Il y eut le poème du printemps 2017. Il y eut le poème de l’été 2017). Voici celui de l’automne, qui vient de commencer).   Silentium Je te cherche à… Lire

  • Délirium très mince II

    Délirium très mince II

    Qui a pu nous plonger, tous, dans l’illusion de la séparation ? Le temps ! Nous avons des rides et que nous allons mourir parce que le temps tel un miroir nous renvoie cette image. Mais c’est lui ! C’est lui qui est vieux. C’est lui qui est laid. C’est lui qui meurt à chaque instant, et nous… Lire

  • Extrait du journal de Kevin Motz-Loviet

    Extrait du journal de Kevin Motz-Loviet

    Extrait du journal de Baude Fastoul (entrée du 23 septembre 2012) de Kevin Motz-Loviet. La confrérie de Baude Fastoul, créée en 2012, se dévoile par ici.   « Je me suis éveillé tôt ce matin, ou plutôt pas trop tard pour quelqu’un qui s’était couché tard, après une soirée arrosée chez Florence Nimorfman et Servan Rassoir,… Lire

  • Septembre

    Septembre

    Septembre, poème de Georges Chennevière (1884-1927) La ville tout doucement crie. Ô murmures le long des rues. Une femme lave du linge Dans une cour qui s’assombrit.   C’est déjà la nuit de sept heures, Celle qu’on avait oubliée, Qui s’avançaient depuis des mois Sous les beaux soirs qu’elle rongeait.   Mais qu’importe le flux… Lire

  • Langue de feu, esprit de sécheresse

    Il eut fallu que la langue fut notre ramage charmant, notre plumage fier et sauvage, plutôt qu’un outil à saccager la nature et la vie, l’amour et la sexualité, la fraternité et la joie. Elle eut dû nous servir à traverser le temps, plutôt qu’à le compter, à baigner l’espace, plutôt qu’à le quadriller, à… Lire

  • Stances d’existence

    Stances d’existence

    Dans d’autres siècles, la mort avait sa place au soleil, on la côtoyait souvent d’une manière familière, tandis que le sexe était tabou (caché, atténué, dissimulé, menti). Sexe et mort ont inversé leurs pôles : la mort est exclue (cachée, atténuée, dissimulée, mentie), le sexe a pignon sur rue. L’humain civilisé est aujourd’hui celui qui pleure,… Lire

  • Le piéton sobre

    Un jour il y a quelques années, Paul de Cornulier s’amusa à broder sur le thème du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud, une sorte de jeu avec les thèmes et les expressions du poème. Cela donna le Piéton sobre :   Entre deux bornes, moi je recherche des Guides,Car je veux me sentir bridé par des… Lire

  • Vox lactea

    Ta voix voilée, lunaire, s’écoule dans mon réseau de veines comme un rayon de lune qui purifie le passé et allume la blancheur des saisons de paix.  Lire

  • Messe des morts à quatre voix

    J’ai lu Etunwan, de Thierry Murat. Sur le radiateur auprès du lit, elle a posé Les derniers géants, de François Place. Même thème, même beauté du style littéraire et des images. (Je me souviens de l’enfance, la civilisation et le monde sauvage). Les tours aux milliers de pâles lumières scintillent dans la nuit très bleue… Lire

  • La gambiste d’hier

    La gambiste d’hier

    Phot Sara Ton dernier regard fut semblable à la caresse d’un rayon de lune sur le mur du patio où chantait le crapaud. J’étais debout contre la porte et je savais que ce n’était pas à moi que ces yeux s’adressaient, mais à l’ensemble des êtres et des choses que tu quitterais bientôt. Au croassement… Lire

  • Et cum spiritu tuo

      Dominus vobiscum. Je me détache de toute émotion pour que ma miséricorde soit pure. La demande d’une grâce doit-elle suivre un protocole précis ? Il me semble qu’il est encore et toujours midi, malgré que l’ordinateur indique 17h31. Midi, elle n’était pas encore là. Midi, dans le jardin mental du oui et du non.… Lire

  • Cathédrale de plastique et de béton

    Le centre commercial : cathédrale des temps modernes dédiée au dieu Mammon, qui exauce toutes les prières de ceux dont la carte bancaire a accès à de grandes ressources et laisse les autres dans des torsions de désirs et de regrets. Titanesque centre où s’enfilent des boutiques proposant toutes des prix très bas pour des produits… Lire

  • L’ennui : un très vieil armagnac

    Ne rien faire, sans se culpabiliser, sans chercher à trouver ce qu’on pourrait faire, mais ne rien faire du tout, pas la moindre occupation. Attendre sans attendre quelque chose – sans rien attendre. Goûter l’ennui comme si c’était un très vieil armagnac. Goûter le temps, sans se mesurer à lui. Le laisser nous rapetisser, le… Lire

  • Tristesse balnéaire, béton désarmé, stations essence, séniors en culottes courtes

    Je parcours ces longues allées de béton. Ni rues, ni routes. Entre les deux. Elles portent les noms d’obscurs anciens responsables politiques qui n’ont rien apporté au monde mais à qui la ville servile, la nation obséquieuse, rend hommage. Je croise des personnes âgées de soixante ans et plus, marchant deux par deux, la plupart… Lire

  • Rêverie médiévale

    Je partage trois extraits d’un petit livre de Joan Evans, La civilisation en France au Moyen Âge, traduit de l’anglais par Mademoiselle E. Droz, et publié chez Payot en l’an de grâce 1930. « L’esprit de Dominique et de François se faisait sentir d’une façon aussi naturelle que l’esprit de Cluny s’était reflété dans les premières… Lire

  • Camp 1940

    C’est un grand-père vendéen, se promenant au bord d’un étang d’algues et de boue, dans les allées que foulaient ses pères, ses tantes au siècle précédent, c’est un grand-père enclin aux fidélités inutiles, qui lisait ces Hosties noires et qui comprenait ce chant. Le chant des guerres perdues, des traditions compromises, des espérances fauchées, des… Lire

  • Le père-abbé

    Le père-abbé

    Chaque soir, pour atteindre la cuisine ou pour en revenir, je marche devant toi. J’ai honte de vaquer dans le monde alors que tu priais à l’écart de lui. Mais je devrais vous vouvoyer. Nous nous ressemblons malgré les très graves égarements que j’ose suivre vis-à-vis de la religion que vous avez respectée pas à… Lire

  • Intense sensation céruléenne

    Intense sensation céruléenne

    Intense sensation céruléenne, qui voile aux yeux du monde le noir miasmatique intérieur. La photographie éclate de bonheur. Ment-elle ? L’image constitue une béatitude en elle-même, l’image surgit comme une joie contradictoire avec la réalité du jour. Créer une image permet de transformer le tourbillon du moral en impeccable stase visuelle. Lire

  • La vie magique

    La vie magique

    Un jour que je déprimais, j’eus l’idée de me demander comment je raconterais ma vie si je possédais un compte sur un réseau social (ou plutôt, si j’étais dépossédée de moi-même par un réseau social au moyen d’un compte). Comment j’écrirais la beauté d’une existence pour donner une bonne image de mes jours et de… Lire

  • Sapristi !

    Toi, flagorneuse éprise d’un garçon maussade, aux yeux lugubres, au coeur pentu comme un glacis, tu fourbis tes charmes pingres, par les soirs vétustes, quand les heures tombent en ruines dans la démangeaison du temps gercé. Lire

  • Dans la chambrée

    (Tu disais des poèmes aux quatre saisons. J’ai pris ta suite. Il y eut le poème de l’hiver 2017. Il y eut le poème du printemps 2017. Voici celui de l’été 2017).    Un salve regina coule dans la chambrée. Le soleil catapulte la pierre blanche. Dans les embrasures, les pigeons bâtissent des nids de… Lire

  • Paul et Anne

    Paul et Anne

    Paul récite Le bateau ivre à Anne, le 29 juin 2017 vers 17h. Lire