Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • Comme un dimanche

      Je descends dans une zone de brume depuis ce matin, je m’enfonce à chaque seconde. J’essaie en tâtonnant des mains dans la tourbe rouillée de trouver des racines, de les arracher pour m’en nourrir à travers ces moments indistinctement laids. J’aurais besoin d’une attelle pour mon âme, d’une assistance respiratoire pour mes relations interpersonnelles.… Lire

  • Conte, fleurette !

    Il me semble que si une petite fleur pouvait parler, elle dirait simplement ce que le Bon Dieu a fait pour elle, sans essayer de cacher ses bienfaits. Sous le prétexte d’une fausse humilité elle ne dirait pas qu’elle est disgracieuse et sans parfum, que le soleil lui a ravi son éclat et que les… Lire

  • Le poème de l’hiver 2017

    Tu disais des poèmes aux quatre saisons. Tu n’es plus. Il faut bien que quelqu’un te succède à cette valse de mots. Voici celui de l’hiver 2017.   Aux grands froids de janvier, quand la foule frissonne, Un glaçon solitaire étreint le souvenir D’un frère.    J’ai prié dans l’oubli. J’ai crié dans la lumière. … Lire

  • Le vélo géant, par Lau Bergey et Nicolas André

    Le vélo géant, par Lau Bergey et Nicolas André

    C’est dans une ferme d’un pays d’Europe de l’Ouest, imaginons une ferme du Bordelais, qu’une fillette reçoit un vélo pour son anniversaire. Adieu tricycle, le nouveau vélo est arrivé !  Les chutes s’ensuivent et se ressemblent, mais un grand garçon étranger vient résider à la ferme.  Il est fort, il est mystérieux, il est chaleureux, et… Lire

  • Jour de chasse

    J’étais parti chasser pour tromper l’ennui… Pour tromper le malheur, j’étais parti chercher la proie, donner la mort. Le fusil en bandoulière, le chien sur mes talons. Nous t’avons pisté. Nous t’avons poursuivi à travers bois et clairières, Tu courais devant nous, inquiet, tourmenté. Un oiseau te guidait vers un lieu de refuge, Un oiseau… Lire

  • Frappée en novembre

    Suite à deux rencontres avec François Bernheim, au Café de l’Etoile manquante et dans le salon Colette de l’Hôtel de Massa, j’ai accepté d’écrire pour le site Mardi, ça fait désordre, un texte sur ce qui m’avait frappée au mois de novembre.  Le voici ici aussi :   Le mois de ceux qui ne sont plus parmi… Lire

  • Franchir la ligne

    Le soir se pose sur la grande ville ; tu bois un verre où flotte un zeste de fleur d’oranger, et tu dors, ou plutôt tu sors du réel. Conscience créative, tu deviens. Aucune musique ne dessine ton image sur le miroir aux alouettes. Tu marches. Le béton sous tes pieds : aréole de sensualité. Tu te… Lire

  • Somnambule, me disait-elle.

      « Somnambule, me disait-elle. Oui, j’ai parfois l’impression d’avoir dormi ma vie, et seulement changé de sommeils ; peut-être ma lucidité, dont j’étais trop sûr, ne fut-elle que la conscience de mes rêves. Suis-je donc enfin réveillé ? Ce grand vertige de lumière, ou de mort… »   Cette phrase que vous venez de lire est l’avant-dernière du… Lire

  • Stabat memoria

      Pergolèse, je suis si vieille par rapport à l’âge que tu connus. C’est toi pourtant qui me ravives et me consoles, les longs soirs de novembre. Jeune homme, ta musique accompagne mieux encore que l’Armagnac la lenteur des ennuis nappés de froidure. À côté de moi, dorment plus d’une vingtaine de tomes édités avant… Lire

  • Les silhouettes des fermes isolées

    Écrire sans inspiration, sans envie, pour la simple raison qu’il y a des décennies l’enfant qu’on n’est plus a décidé d’écrire. Raconter n’importe quoi, comme cette mâchoire bloquée depuis quelques semaines. Une mâchoire qui se bloque le soir, demeure crispée toute la nuit, puis ne se desserre plus pendant les premières heures du jour. Je… Lire

  • Insomnia mundi

    Le monde est insomnie. Musique, images immobiles, images mouvantes, danse des corps, logorrhées ordonnées, les arts puisent à la grande fatigue de ne pouvoir dormir. Le temps de la souffrance est irréductible, celui de la rédemption, imprescriptible. Perspicace, je ne me lasse plus des quelques vers de Baudelaire qui décrivent le lendemain de l’illusion. Chaque… Lire

  • Le dernier mix

    Le dernier mix

    Dernier mix dans la petite ville de l’Ouest pour Siobhan H, qui quitte ce soir la côte par le train de nuit.La deltaplaniste s’est envolée une dernière fois, il y a quelques instants, alors qu’un coup de tabac secouait la côte. Elle a emporté sa machine à mixer dans le ciel, pour un dernier opus… Lire

  • Ce sentiment

    Tu as raison. Dès que le moral remonte, j’aime cet appartement qu’auparavant je haïssais. J’aime sa sombre ouverture sur une route passante, l’écrasement de ne pas voir le ciel, la longueur du couloir et la cour rectangulaire. Ce sentiment qui m’a plombée, qui pourrait trouver sa place dans le Dictionnaire des chagrins obscurs, se métamorphose… Lire

  • Les petits refus

    Tous ces petits refus pour essayer de rester quelqu’un qui décide son destin. Refuser d’être un numéro, un membre d’un troupeau, cela commence au magasin d’habits du Faubourg Saint-Antoine, quand la vendeuse goguenarde, qui vous a donné un numéro de métal « 2 » pour indiquer vous avez pénétré dans la zone d’essayage avec deux articles en… Lire

  • Hors-piste

    À notre époque « médiatique », il est difficile de penser par soi-même. Le commentaire médiatique s’impose et impose les sujets du jour, reléguant au domaine de l’ineptie ou de l’inexistence tout ce qu’il ne prend pas en charge. Aussi, parler d’une littérature non médiatisée, c’est comme ne pas parler de littérature du tout aux yeux de… Lire

  • Extrait d’une lettre trouvée dans une poubelle de ma rue

    « Votre oncle jugeait chaque être humain sans aucune considération de nom, de diplôme, de statut, de style, de beauté, mais simplement comme un être immense, enfant unique et chéri de Dieu, qui accomplit son destin hors de toute sociologie. » Cette lettre était déchirée, parmi tant d’autres lettres qui semblent dater de quelques dizaines d’allées, jetées… Lire

  • Des flambeaux pour la Vierge Noire

    Des flambeaux pour la Vierge Noire

      (Phot Sara)   Écoutez ! La Vierge Noire de Rocamadour est arrivée ! Elle est arrivée aux Sables d’Olonne. Elle a fait bon voyage, sur un bateau à voiles, encadré par les pêcheurs sur leurs chalutiers ! Et pour l’accueillir à Notre-Dame de Bon Port, une procession l’attendait sur le quai Guiné. La fanfare en habits, des… Lire

  • Ar c’hoad

    Je m’éveillais en bordure de forêt. Des oies groupées se dandinaient vers un flot de lumière. Les âmes celtiques, près des fontaines druidiques, chantaient dans une langue que je ne connaissais pas. Oies spirituelles, guidez-nous vers les forêts de l’abondance et de la fidélité.    Sur AlmaSoror : Insomnie bretonne à Paris La roseraie d’Aztlan… Lire

  • Inattendu d’automne

    Je dois lui demander le code pour entrer dans l’immeuble où j’ai grandi et vécu jusqu’à 35 ans. Je passe devant le marronnier planté par mon petit frère lorsque il avait sept ans, marronnier toujours si chétif, à jamais maigre et nain, toujours si mignon, émouvant, dans le bac en bois qu’il avait construit avec le… Lire

  • Immobile

    Immobile

      Une vie, c’est à la fois une errance et une construction. Les deux vont de pair. La vie, à la fois une apparence et une profondeur. Les deux se reflètent quelquefois, quand une eau trouble recouvre leurs surfaces.   Comment enregistrer l’expérience intérieure face à un soleil sur mer bleue ? En la vivant… Lire

  • Saul dans la ville atlante

      Il sortit pour marcher dans l’air vivifiant de la nuit. A mesure que le grand ascenseur aux parois de verre descendait les quarante-deux étages, l’atmosphère s’épaississait et se chargeait de chaleur et de vie. L’air de la rue bariolée le gonfla de bonheur. Il suffoqua presque d’hyperventilation et se souvint que cela faisait quelques… Lire

  • Ancienne prière, prière vive

    En ces temps où le Dieu des chrétiens a été enterré vivant sous des strates d’athéisme, on n’a pas toujours le cran de bigoter en se signant face à une église vide ou en récitant le Notre-Père avant d’entamer en compagnie un repas sans gluten dans un restaurant cher du onzième arrondissement de Paris. Une… Lire

  • Quatre gros livres près de la bouteille d’Armagnac

    J’ai acheté il y a quelques années, dans une brocante des Sables d’Olonne, les quatre tomes des Mémoires du Chancelier Prince de Bülow, diplomate allemand, traduits par Henri Bloch. Ces mémoires s’écoulent de 1849 à 1819. Dans le second tome, le Prince y décrit un rassemblement patriotique organisé par les pouvoirs publics français au début… Lire

  • L’hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de Lettres

    L’hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de Lettres

    Photo Sara   Puisque cette année, je suis responsable du patrimoine de l’hôtel de Massa et de la Société des Gens de Lettres, j’ai participé à l’accueil du public lors des Journées du Patrimoine, le 17 septembre. Je relate ici l’histoire de notre Société et de l’hôtel de Massa, à ma manière, bien que le… Lire