Une salle du manoir

AlmaSoror

Le manoir AlmaSoror — articles, fragments et chroniques d’Edith de Cornulier-Lucinière depuis 2008.

  • L’ombre fantôme

    Une ombre s’envole à l’apparition des phares d’une voiture, puis d’une deuxième voiture, tandis que sa silhouette mère demeure plantée dans le mur. Lire

  • L’individu immobile rattrapé par les temps qui courent

    C’est un fait que ce soir là, aux Sables d’Olonne, tu dînais d’une mousse de mogettes à la menthe, accompagnée d’un verre de muscadet, rompant avec ta tradition plus hivernale de la soupe aux mogettes, oignons et raisins secs servie avec un Armagnac. C’est un fait que tu te rendis compte soudainement que depuis deux… Lire

  • Le dimanche, l’hiver et la mort

    Il faudra bien vivre un dernier hiver. Souffrir du froid une dernière fois. Chercher la chaleur des bougies en haut des escaliers dégradés. Regarder les silhouettes difformes des humains et des voitures longer le ravin où poussent des orties. Il faudra écrire une dernière phrase. Anodine ou profonde, anodine et profonde peut-être, tant l’essence de… Lire

  • Les miettes succulentes du drapeau riant de la France

    Quel est le drapeau réel de la France, celui qui survécut, survit et survivra à tous les régimes politiques ? Celui qui fait vibrer les voix de la Gaule et de la Navarre depuis des siècles et des siècles sans discontinuer ? Pardi ! C’est une belle nappe tâchée de graisse et de vin rouge,… Lire

  • Harfang

    Harfang

    Le soir fait tomber la mélancolie sur la petite ville de province. J’ai besoin de retrouver ce tendre rock inuit que nous écoutions en boucle au temps où je conduisais ta voiture. J’avais froid presque tous les soirs. Nous cuisions des pâtes. Nos rêves étaient encore intègres, et malgré la méfiance de ta grand-mère, nous… Lire

  • Sérénade en reggae

    Sérénade en reggae

    C’était ce fou qui jouait la sérénade de Schubert en reggae au bord de sa fenêtre au premier étage au-dessus du bar de l’amitié là-bas dans la ville océane où les vagues attiraient les glisseurs du monde entier vagabonds sans chaussures et sans peur de la mort mais moi c’est une étoile qui m’éclaire de… Lire

  • Teče, voda, Teče (n’épouse pas ce soldat…)

    C’est un chant qui s’écoute par un soir de pluie, quand la nuit tombe trop tôt par la fenêtre. Un chant slovaque qu’écoutait un jeune Français. Il le sifflotait dans les rues de Nantes, il le chantait en prononçant maladroitement les paroles slaves au cours des promenades solitaires entre les arbres des forêts de la… Lire

  • L’énergie du désespoir

    Je m’éveille le matin dans la ouateuse lumière blanche de novembre et je décide de ne pas m’étendre sur les événements que j’ai à-demi vécus, que d’autres n’ont pas vécus du tout, que d’autres encore ont tellement vécu qu’ils en sont morts. Le temps passe sans que je parvienne à l’attraper, à en tirer un… Lire

  • Le gouffre des images

    Le gouffre des images

    Dans une ville du Sud de l’Europe, les huissiers frappent à sa porte. Il n’ouvre pas. Il prend encore ses médicaments qui lui permettent de survivre. Dessine-t-il ? Prostré durant de longues semaines, il émerge soudainement de la boue de souffrance pour dessiner de fantastiques scènes urbaines et routières sur les feuilles qui lui restent.… Lire

  • La ville qui vient

    Quand cessera cette mode de baptiser les rues et les places avec des noms de vedettes de la politique et des arts ? Bien souvent, leur gloire passe en moins de temps qu’il n’en faut pour que leur tombe soit recouverte de mousse. Bien souvent, ils n’ont pas apporté grand chose à leurs frères et sœurs… Lire

  • Un truc à savoir

    (Une méthode infaillible pour deviner ce que sera son avenir : écouter, les yeux fermés, le chœur des pèlerins de Tannhäuser). Lire

  • Dimanche au café grec avant que les feuilles de vigne ne meurent

    Le sais-tu, Dimitri Cantemir ? Trois hommes assis à une table blanche, dans un café grec de France, écoutent ta musique, que le patron du bar joue sur sa chaîne. Les hommes boivent un vin cuit du Portugal. Ils échangent peu de mots. L’un d’eux pense à une femme, Sylvia. Il se dit : « Et… Lire

  • L’auberge musicale des deux diablotins

    Je me souviens de la première fois que les Radikal Satan sont venus dîner à la maison. Sara les avait entendus dans le métro, alors que, justement, elle avait besoin d’une musique pour son film A Quai. Elle les écouta longuement jouer dans les couloirs souterrains de la Bastille, une première fois ; retourna les écouter… Lire

  • En perpétuelle partance

    L’enivrante et tendre douceur des lieux de passage, où l’on se sent chez soi pour un soir ou une semaine, l’intimité profonde s’installe mais la lourdeur de la vie quotidienne et administrative ne descend pas. La liberté effleure l’instant, c’est une rencontre avec un autre soi-même. J’ai connu ces moments à Beaune, à Milton, où… Lire

  • Massa

    Le jardin de l’hôtel de Massa est si beau que je reste encore longtemps après la fin du Comité, dans cet après-midi frais et doux, à contempler l’immobilité des arbres et la magnificence de l’automne. Un certain silence calme mon cœur. Au premier plan sonore, mon acouphène et les cris épars des oiseaux. Au second… Lire

  • La chaleur glacée des souvenirs

    Le 23 septembre 2012 à 23h, j’ai commencé mon journal de la Confrérie de Baude Fastoul. Depuis, j’ai quitté ma vie parisienne et « mon » appartement du fond d’une cour du 13, boulevard du Montparnasse, où je recevais à dîner et à lire au coin du feu, toutes les semaines, durant de longues années. Je ne… Lire

  • Latitudes recomposées

    C’est ici que, dans un dévergondage de compétition sociale, je me vante visuellement de mes expériences. Regardez comme ma vie est belle, oh oui, whisky le soir devant un coucher de soleil urbain en écoutant la guitare de Ry Cooder se promener dans les étendues du Texas. Ou simplement une vague, ne t’inquiète pas si… Lire

  • Le choix du regard

    Le choix du regard

    Drôles de penseurs et drôles de rebelles, qui pérorent sur l’urgence de la rébellion, de la révolte, de la résistance, dans des médias nationaux conjuguant l’appartenance à des groupes côtés en bourse et la subvention de l’État. Mais, qu’importe. Le parc est si beau ! L’automne est au rendez-vous des belles solitudes et des causes… Lire

  • Cactus sur béton

    Il est 10h38 ce matin et le ciel est affreusement gris et triste par la baie vitrée du salon. Des travaux ont lieu dans la rue, des camions stationnent en laissant tourner le moteur, et je pense à la chanson de Tom Waits, In the neighborhood. Nous quittons nos clochers isolés et fleuris pour venir… Lire

  • Honni soit qui mal y gère

      La honte financière ressemble à la honte sociale, à la honte sexuelle : elle est très répandue, et pourtant, on serait prêt à tout pour en cacher la réalité nue. Cela ne concerne pas seulement ceux qui manquent d’argent, en témoigne la honte financière de C……, enseignante, qui faisait croire qu’elle habitait dans la… Lire

  • La nudité

      Il m’est devenu difficile de m’exprimer depuis que je suis très heureuse. Les secondes passent, mon bien-être varie mais demeure et se déploie. Les perceptions agréables et les sentiments de bonheur se succèdent et ne se ressemblent jamais comme deux gouttes d’eau. J’ai perdu toutes les motivations qui me tenaient et me tenaillaient auparavant :… Lire

  • Aurore

      Tu pars. Tu cries, tu ricanes, tu caches ta souffrance derrière la haine. J’ai eu des insomnies, des tapages intérieurs, des hurlements assourdissants et des plages de vide. Je reste seule, et j’apprends à mixer. Une chose est sûre, la vie s’écoule, mais comme je mixe, je peux suspendre l’instant. Suspension dans le temps… Lire

  • Après la pluie le beau temps

    Après la pluie le beau temps

    Vivre et regarder vivre, ou bien s’asseoir à côté d’une fenêtre. En quelques heures, la situation a entièrement changé ; l’inspiration n’est pas la même. La motivation morte est ressuscitée. Climats de mon cœur, de quoi dépendez-vous ? Vous dépendez peut-être d’un sourire reçu, d’une promesse tenue – mais surtout à soi-même. D’un reflet dans… Lire